Cours d'instructions familières sur les principaux événemetns de l'Ancien Testament et sur l'abrégé des vérités de la foi et de la morale

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INSTRUCTIONS FAMILIÈRES.

TOME SEPTIEME.

Tout exemplaire non révolu de

ma

signature est

réputé contrefait. Le

successeur et acquéreur de tuutes les propriétés

raires de

i'.l'.é-

M. Rusand.

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Lyon^ impr.

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INSTRUCTIONS FAMILIÈRES

%mkume

jQhmttmrolr.

INSTRUCTIONS POUR LES DIMAIVCUES LES FÈ ES ET AUTRES JOURS REMARQUABLES DE LAMAÉE. I

,

DEPUIS LA PENTECOTE JUSQU'A L'AVEINT.

NOUVELLE ÉDITION COCftlGSB, AUClIEKTii.2 ET MJSiJ DAKi UN MEILLEUR

Ver.i

mju

OP.

DRU.

I.

Dogme

sermoi Cor. i.

in sublimilale

,

et Morale.

TOME SEPTIEME.



>-s^s
LYON LOUIS LESNE, IMPRIMEUR- LIBRAIRE Grande rue Mercière

,

26.

ancienne maison ru sand

Paris, Poussielgue-Rusand

,

rue Mal tefe cille,

1843

i|

,&"-

^Oftawi^,

9.

,

sur l'avent.

2

autres. Elle espère , par celte crainte salutaire

,

nous

conduire à l'amour qu'exige de notre part un Dieu qui nous a aimés jusqu'à se faire homme pour nous sauver; à se charger de nos infirmités, pour nous en délivrer ; à s'unir intimement à nous , pour nous élever jusqu'à lui, et nous transformer en lui. Entrons dans ces vues, M. G. F., et pour cela, comprenons ce que c'est que l'Avent; quel mystère particulier en est l'objet; de quelles pensées notre esprit et notre cœur doivent s'occuper en ce temps privilégié ; quels sentiments doivent animer nos prières et nos vœux dans l'attente du jour solennel de la naissance de notre Sauveur; et enfin, par quelles bonnes œuvres nous devons nous y préparer. Instruisons-nous exactement de tout cela parce qu'il est certain qu'on ne participe à la grâce des solennités et des mystères, qu'à proportion de la piété de la ferveur et des dispositions qu'on y ,

apporte.

Le saint temps de l'Avent est ainsi appelé dans parce qu'il précède et annonce la célébrité de l'événement du Messie c'est-à-dire la fête de la naissance temporelle du Sauveur des hommes. Ilien de plus édifiant que la manière dont on sancl'Eglise,

,

tifiait

autrefois l'Avent.

comme

en carême;

On

y jeûnait tous les jours, y étaient plus longs

les offices

on y recevait la sainte communion au moins tous les dimanches tout ce saint temps était employé à la prière et aux bonnes œuvres. Mais si le relâchement des fidèles a depuis et plus multipliés

;

:

énervé la discipline de l'Eglise à cet égard, il n'en a pas changé l'esprit; et encore aujourd'hui, dans sanctifier le cours de l'Avent, son objet est de nous

.

,

SUR h AVENtf la grande fête de la Nativité de Jésus-Christ, Dieu-homme, et le Verbe fait chair, comme parle saint Jean. Mystère admirable et bien

et

de nous pt^pitrer à

nous, dont cette sainte Eglise mémoire dans ses offices et dont nous devons nous occuper nous-mêmes, pour nous conformer à ses intentions et à son exemple. Depuis quatre mille ans, le monde était dans le besoin et dans l'attente d'un libérateur. Dans cette attente, il gémissait dans l!horreur des ténèbres de l'idolâtrie, et se plongeait dans l'abîme des vices et des passions. L'homme , livré aux désirs déréglés de son cœur , ne rougissait plus de rien. Le petit nombre d'âmes fidèîes qui se préservaient de ce torrent d'iniquités ne cessaient de pousser des cris vers le ciel pour accélérer la venue d'un Sauveur Cieux disaient-ils sans cesse , envoyez d'en haut sur la terre la grâce et la miséricorde, comme une salutaire, rosée, pour faire naître et sortir de son sein le Sauveur d'Israël. saints Patriarches hommes de désirs, Prophètes, vos vœux vont être remplis! Enfants d'Adam, monde perdu, consolezvous. Enfin les promesses sont près de s'accomplir, et le règne de la miséricorde est proche. Il va venir nous sauver, ce libérateur du monde, ce Messie tant désiré et depuis si longtemps promis à la terre. Déjà je vois que le Seigneur de l'univers lui a préparé une mère digne de lui, et il ne faut plus que son consentement. Un esprit céleste est député pour cette grande affaire, et descend sur la terre. Mais où est-il envoyé? A qui s'adresse-t-il ? Est-ce aux impératrices de la superbe Rome. ou aux reines de l'Orient? non Dieu regarde les grandeurs humaines d'un autre œil que les mortels. L'eussiezvous cru juifs terrestres et charnels Celle à qui

intéressant pour

célèbre maintenant la

,

,

,

:

:

,

!

1.

4

su h l'ave^t.

Fange du Seigneur vient rendre hommage, est une jeune vierge du sang de vos rois , qui vit au milieu de vous dans un état obscur et dans une pureté angélique; une vierge engagée dans la société conjugale , et néanmoins consacrée à Dieu et à la plus parfaite chasteté 5 une vierge par excellence et sans exemple, que le Saint-Esprit s'est réservée pour épouse , sous le voile d°un mariage ordinaire. ïci, quel sujet d'étonnement et de vénération tout ensemble, pour l'ambassadeur du Très-Haut, à la vue de l'incomparable Marie, dont la timidité modeste se trouble, rougit et baisse les yeux! l'Ange, saisi d'admiration , considère avec respect ce mélange merveilleux de modestie et de dons éminents, ce contraste d'humilité et de grandeur. Tandis qu'il lui annonce les desseins de Dieu sur elle, il la voit inspirée, et comme absorbée dans le sein de la divinité. Dans ce saint ravissement, Marie dévoile

l'économie delà Providence dans le saint du monde, et dans le plan de la religion. Elle lit dans les décrets éternels la première félicité de l'homme dans l'état de grâce et d'innocence, sa disgrâce ensuite ; et son malheur après sa chute et son péché; sa réconciliation, enfin, par le mystère de l'incarnation et par les mérites d'un Homme-Dieu. Elle voit que l'heureux jour où doit se commencer le grand

œuvre de la rédemption du genre humain est arrivé elle-même cette femme privilégiée qui doit briser la tête du serpent infernal qu'elle est ;

qu'elle est

;

cçtte vierge prédite et choisie de toute éternité

pour

enfanter le libérateur d'Israël , leSauveur du monde et que sa virginité même, loin d'être un obstacle à ;

une condition essentielle. Etonelle admire, elle adore, elle l'instant la vertu du Très-Haut la

sa maternité, en est

née, ravie, extasiée,

consent; et h

5 SUR L'ÀVExNT. couvre de son ombre. Le Saint-Esprit vient en elle, y forme de son plus pur sang un corps humain très pur que Dieu unit à une âme immortelle d'une excellence admirable. En même temps, le Verbe éternel descend du sein lumineux de son Père dans ce sein virginal, et s'y unit personnellement à notre humanité qu'il adopte. De cette union ineffable résulte le composé adorable de l'Homme-Dieu; et Marie plus privilégiée que l'arche d'alliance, porto pendant neuf mois dans ses chastes entrailles la plénitude de la divinité et le salut du monde. profondeur ô abînie de grandeur et d'abaissement tout à la fois: de grandeur dans Marie, d'abaissement dans le Fils du Très-Haut! Quel double prodige en ce profond mystère ! un Dieu F4ls de l'Homme et une vierge mère de Dieu ! Or, voilà, M. F., l'étonnante merveille qui fait l'objet du culte de l'Eglise pendant i'Avent et dont elle s'occupe alors d'une manière toute spéciale. Elle médite elle contemple, elle admire , elle *-idore, elle invoque le Fils éternel de Dieu, incarné dans le temps, et renfermé dans le sein virginal d'une mère mortelle. Elle nous invite à l'honorer avec elle dans ce premier état d'anéantissement, et à sentir comme elle, toute la grandeur de ce mystère, toute la gloire qui doit en revenir à Dieu, tout l'avantage et l'honneur qui en rejaillissent sur nous-mêmes. O heureuse faute d'Adam! l'esprit incrédule et borné demande pourquoi donc la sagesse de Dieu vous avait permise? Le voilà c'était pour mieux faire éclater les richesses et la magnificence de sa grâce par l'incarnation du Fils de Dieu c'était même pour la gloire de l'homme, aussi bien que pour celle de son Auteur, et pour l'embellissement de l'univers, dont la sainte humanité de Jésus-Christ devait être le plus bel ornement* ,

!

,

,

,

?

:

,

;

,

G

SUR L'AVEXT.

Grand Dieu! que j'admire

ici la

hauteur

et la

sagesse de vos desseins sur nous, l'étendue de votre justice et de votre miséricorde! Hélas! l'homme

coupable était à vos yeux un sujet ingrat et révolté incapable de réparer dignement par lui-même votre gloire outragée , quand môme vous l'eussiez anéanti dans votre juste colère. Mais , par une profonde ressource de votre providence , c'est votre propre Fils incarné qui vient réconcilier le monde avec vous qui vient nous sauver, et vous venger. Tout impasles infirmités de la sible qu'il est de sa nature nôtre , dont il s'est revêtu les mettront en état d'être ,

,

sacrifié

pour nous

à votre justice* et i^n

même temps,

sa divinité, ses grandeurs rendront cette nouvelle

victime infiniment digne de vous. Père éternel Jetez

donc un regard de complaisance sur ce Fils adorable , anéanti devant vous sous a forme d'un enfant 1

jetez sur

;

nous-mêmes un regard de miséricorde.

homme,

s'écrie saint

grand mystère,

Bernard, pensez à ce

et recueillez-en les fruits précieux.

Vous étiez égaré , le Fils de Dieu vient vous chercher ; vous étiez dans l'esclavage, il vient vous racheter ; vous étiez couvert de plaies et condamné à la mort, il vient vous rendre la santé et la vie ; vous étiez faible et aveugle, il vieni. vous apporter la

lumière et la force. Eh! quelle faveur! que ferezvous pour vous préparer à sa venue bienfaisante ? Ce sera le sujet de la seconde réflexion.

Ce n'est pas assez, pour se préparer dignement grande fête de Noël, de méditer et d'honorer le mystère ineffable de l'incarnation, qui fait l'objet du culte de l'Eglise pendant l'Avent il faut encore connaître et goûter les différentes pratiques de à la

:

,

sur,

l'ave nt.

?

temps par lesquelles nous devons tacher do

religion qui consacrent particulièrement ce

précieux, et le sanctifier.

Première pratique de religion la mortification pour nous inspirer ce sentiment, que FEglise, pendant l'A vent, se couvre d'habits de deuil cesse le chant joyeux du cantique :

et la pénitence. C'est

,

des anges, et qu'elle interdit la solennité des noces» Si elle ne nous oblige plus, comme autrefois, à jeûner tous les jours de TA vent, du moins faisons quelques privations dans nos repas , retranchons sur les plaisirs permis, sur les visites, sur nos goûts sur nos aises. Pratiquons surtout la pénitence du cœur , sondons-en les plis et les replis pour en faire sortir le péché , et préparons-nous à le purifier par une bonne confession. C'est là une disposition essentielle, et que l'Eglise nous recommande particulièrement pour être dignes de recevoir le Dieu Sauveur qu'elle attend. Disposition absolument nécessaire pour ces chrétiens lâches qui , depuis les Pâques, ne se sont point approchés du sacrement de pénitence. ,

,

Seconde pratique une fervente communion. C'est là que nous entrerons dans les vues du Sauveur qui ne vient sur la terre que pour se communiquer à nous, habiter en nous, et nous transformer en :

par

lui.

Autrefois les fidèles devaient

communier

tous

dimanches de l'Aven t. Quelle honte s'ils s'en trouvait quelques-uns parmi nous, qui ne se disposassent pas à la communion même à la grande fête les

,

de Noël

!

Troisièmement la pratique de toutes les bonnes œuvres qui sont en notre pouvoir Si l'on doit tou:

jours opérer le bien, faire

il

est dto

temps où

il

faut le

encore plus fréquemment , plus abondamment.

,

o

SUR L'AVEIVT. Pl

ferVCUr EC ° Ut0ns ,à ' dessus ««in» ruades Charles, archevêque de Milan, dans cette belle

Zt

-

-i.re de sanctifier l'A vent et de se préparer grande féte de NoeL Pour ce]a>

à l,

i^g^f

-.que

leur propose-t-il ? L'exercice de toute* sortes de vertus et de bonnes œuvres, la prière rectore la méditation des choses saintes , , l'assiduité a laparole de Dieu, à la sainte messe, la con-

h

ession,

la

volontaire ,

pour

le

communion,

le

la mortification

prochain,

la

jeûne, la continence des sens , la charité

miséricorde envers les mal-

neureuxja libéralité pour les pauvres l'aumône et 1 aumône prodiguée en quelque sorte dans un ;

temps, dit-il, où la charité prodigue du Père éternel nues donne dans son propre Fils un

irôsor infini principe de tous les biens. Quatrième et dernière pratique l'assiduité aux offices de l'Eglise et à la prière ; mais une prière Plus iongue, plus humble, plus fervente, plus accompagnée de saints désirs et de sentiments vifs pour Dieu. L'Eglise nous y invile, et nous la

source et

lu

:

en donne

l'exemple

particulièrement dans ce saint temps ou son chant devient encore plus dévot, plus tendre,' plus touchant; dans ces acclamations amoureuses,' où elle exprime les vœux et les désirs de son cœur .soupirant après la venue du Messie et l'établissement parfait du royaume de Dieu sur la terre. Gieux s'écrie-t-elle , ouvrez-vous, et faites pleuvoir sur ,

Juste. Que la terre s'ouvre, et germe le Sauveur. Venez, Seigneur, et ne tardez pas davantage. Oh si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre ie

!

pour

nous racheter! Partageons, M, F. les religieux sentiments dont animée, Sentiments de foi, d'espérance et ,

elle est

sïjr

l'avent.

9

de désir à l'exemple de l'ancien peuple de Dieu dans l'attente du Sauveur d'Israël. Sentiments de piété et de ferveur , dans la pensée que l'heureuse époque de notre rédemption est enfin arrivée, et que la solennité de Noël, à laquelle nous nous préparons , doit bientôt nous en donner un gage consolant. Sentiments de compassion et de reconnaissance, à la vue d'un Dieu-Enfant, souffrant pour notre amour. Sentiments d'humilité et d'anéantissement, en contemplant Jésus dans le sein de Marks Jésus dans la crèche. Sentiments d'amiration et do retour sur nous-mêmes , en envisageant dans le Verbe incarné notre humanité élevée au-dessus des séraphins en considérant dans un seul mystère tant de mystères ensemble; Dieu fait homme, et l'homme en quelque sorte divinisé; le démon confondu le monde racheté, et le Très-Haut glorifié. ,

,

;

,

Telles sont, M, F., les pratiques de religion qui

sont propres au temps de l'Avent, qui doivent le sanctifier, et nous sanctifier nous-mêmes, pour nous disposer à la solennité prochaine de la naissance du Messie. Ah! si nous étions bien pénétrés de la grandeur de cet ineffable mystère , et plus

désireux de ses fruits salutaires ; si nous connaismieux le prix des grâces , des faveurs que le ciel verse alors abondamment sur les âmes purifiées sions

et

véritablement pieuses;

si nous avions une foi bien une espérance bien vive, une charité bien fervente, quels efforts ne ferions-nous pas pour nous y préparer dignement! Dites-moi, M. F. si un monarque de la terre, si un héros du monde,

éclairée,

,

porté sur le char de la victoire et couronné de lauriers, devait bientôt entrer triomphant dans notre ville;

s'il

venait nous délivrer, nous affranchir d'un

joug étranger

et

fyrannique, de Compression, de !..

$0 SUR I/AVENT. l'esclavage, de la proscription ; s'il nous apportait avec lui la liberté, la paix, les biens, l'abondance,

que de préparatifs ne ferions-nous pas Avec quel maisons et les rues où il devrait passer Avec quel concours, avec quelle !

zèle n'ornerions-nous pas les !

pompe

quel cortège honorable n'irions-nous pas au-devant de lui! Avec quels vœux empressés et quelles bénédictions ne le recevrions-nous pas Mais qu'est-ce qu'un prince de la terre, auprès ,

!

du Roi des cieux, du Maître de

l'univers entier? Qu'est-ce qu'un vainqueur des faibles humains,

devant l'enfer

reux

,

le

triomphateur du péché

,

du monde

et

de

Qu'est-ce que le plus grand, le plus généle plus bienfaisant des mortels , en compa!

raison d'un Dieu, d'un Dieu sauveur, d'un Dieu rédempteur, d'un Dieu libérateur? Il ne vient pas

en conquérant cela est vrai il ne paraîtra point environné d'étendards flottants et de cohortes armées ; mais une troupe immortelle d'esprits célestes sera envoyée par le Dieu de paix pour honorer sa venue et la célébrer ; mais un astre miraculeux va annoncer sa gloire jusque dans l'Orient mais des rois Mages, abaissés à ses pieds, se feront gloire d'être au rang de ses sujets et de ses adorateurs. Il est donc bien au-dessus des rois ; il mérite donc bien davantage nos empressements , nos hom,

;

,

,

;

mages, notre admiration, notre attachement, notre amour. La puissance des grands du monde et leurs bienfaits sont passagers comme eux mais le règne de notre divin Libérateur sera immortel , et ses récompenses seront éternelles. Que ne devons-nous donc pas faire pour nous disposer à le recevoir! Mais, si tous ces motifs ne nous touchent pas encore assez, pensons, M. F à son dernier avènement, Troisième réflexion;

u

,

,,

SUR L'ATENT.

On,

pensons que

ff

nous ne profilons pas de la visite miséricordieuse de Jésus-Christ, il nous jugera dans toute la rigueur de sa justice, lorsqu'il reviendra sur la terre au dernier jour. Oh que ce second avènement du Fils de Dieu sur la terre sera différent du premier ! 11 y aura alors, dit l'Evangile des signes effrayants dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles et sur la terre les hommes seront dans le trouble et dans rabattement, la mer faisant un bruit effroyable par l'agitation de ses Ilots et les hommes sécheront de frayeur dans l'attente de M. F.

»

si

!

;

;

ce qui doit arriver à l'univers, car les vertus des deux seront ébranlées. Alors ils verront le Fils de l'homme qui viendra sur une nuée avec une grande puissance et une grande majesté. Dans son premier avènement, Jésus-Christ est venu sur la terre en qualité de législateur , de sau-

veur et de modèle; il y reviendra, dans son second avènement, pour nous juger, avec les mêmes qualités

et les

mêmes

Comme

titres.

législateur,

il

nous jugera selon son Evangile; comme sauveur, il nous jugera selon ses grâces ; comme modèle il nous jugera selon ses exemples. Et si nous n'avons pas suivi ses exemples si nous n'avons pas profité de ses grâces, si nous n'avous pas vécu conformément à son Evangile il nous rejettera , il nous condamnera il nous précipitera dans les abîmes éternels. Profitons donc du temps de sa miséricorde pour n'être pas les victimes de sa justice. Ah! M. F., si nous voyions ces signes avantcoureurs de ce terrible jugement, le soleil et la lune éclipsés pour toujours, la mer hors de ses bornes, tous les éléments confondus la terre ébranlée jusque dans ses fondements Dieu , dirions-nous qu'est-ce que ce monde périssable, et quelle folie ,

,

,

,

,

,

:

$2

de

SUR L'A VENT. s'y attacher

seul êtes

!

Il

va périr,

immuable

il

va disparaître. Vous mon Dieu Vous

et éternel, ô

!

pour juger les hommes. Hélas je suis du nombre de ceux qui vous ont offensé; pardonnez-moi mes péchés je reviens à vcus je ne veux plus travailler qu'à fléchir votre justice par le sacrifice de mes larmes et par celui de mes allez bientôt paraître

î

,

;

penchants. Voilà sans doute ce que nous dirions tous si la fin du monde était proche. Mais, M. F. il est certain ,

,

que le monde finira bientôt pour nous, puisque nous devons bientôt finir nous-mêmes. Or notre propre fin est la fin du monde à notre égard; et à T^otre mort, nous subirons chacun ce jugement particulier et irrévocable , dont le jugement universel ne fera que confirmer ies arrêts. Et nous n'y ,

pensons pas! O prodige d'aveuglement et d'insensibilité! La fin du monde nous jetterait dans la consternation; et la nôtre ne nous alarme pas! Nous sécherions de frayeur et de crainte, en voyant périr ce qui est hors de nous et à peine songeonsnous que nous allons bientôt périr nous-mêmes Devenons plus sages, M. F.; préparons-nous à ce terrible jugement, en nous jugeant nous-mêmes sans miséricorde ; en retranchant de nos cœurs tout ce qui les souille en renonçant aux passions qui nous entraînent en nous réconciliant sincèrement avec Dieu. Jésus-Christ vient nous apporter ;

!

;

;

les

moyens d'opérer

cette réconciliation par la pé-

nitence et les sacrements, et par l'onction de sa grâce. Recourons-y donc, M. F. ; et, suivant l'avis

de saint Paul, vivons désormais avec piété, dans de l'avènement de Notre-Seigneur JésusChrist, afin qu'après avoir participé aux fruits inestimables de soapremier avénemem^nouspuissions

l'attente

SENTIMENTS DE JÉSUS.

13

paraître pleins de joie et de confiance

dans l'éclat de sa majesté souveraine rendre à chacun selon ses œuvres. Ainsi

,

,

lorsque il

,

viendra

soit-il.

POUR LE SECOND DIMANCHE DE L'AVE NT.

Sur

les

sentiments de Jésus dans

le

mystère de

l'Incarnation. Quodin câ natum conçu dans

le

est

,

de Spirifn Sancto

sein de Marie

,

est.

L'Enfant qui a été

a été formé par le Saint-Esprit,

S.Mutth., 1.

Tout le temps de l'Avent étant consacré à nous rappeler et à honorer le mystère de l'incarnation, je ne saurais, M. F., choisir un sujet plus convenable, que de vous entretenir encore de ce mystère Nous avons vu, dimanche dernier, compourquoi le Fils de Dieu s'est fait homme dans le sein de Marie où il a été comme les autr- s enfants, renfermé pendant neuf mois. Qu'y faisait-il? de quoi s'occupait-il? Voilà sans doute un sujet bien digne de notre attention, de notre sensibilité de notre compassion, de notre reconnaissance, de notre culte de nos adorations. En contemplant aujourd'hui le Sauveur du monde dans ce premier état d'obscurité et d'anéantissement, nous y découvrirons un mystère caché qui nous remplira d'une grande admiration et d'un tendre amour pour ce divin Enfant. En voyant ce qu'il fait pour notre salut, ne nous sentirons-nous pas enfin animés d'un saint zèle pour y travailler, et pour réparer la ineffable.

ment

et

,

,

,

,

Mi SENTIMENTS DE JÉSUS. négligence que nous avons eue jusqu'à présent h cet égard ? C'est le fruit que j'attends de cette instruc-

où nous verrons quels furent les sentiments de Jésus dans le mystère de l'incarnation. Suivezmoi avec toute l'attention dont vous êtes capables. tion,

Le divin

Fils

de Marie, bien différent des autres

enfants dont l'âme est d*afeord enveloppée de ténèbres , eut , dans le sein de sa mère , toutes les con-

naissances et les lumières de

un degré éminent.

la

raison parfaite dans

commença

dès lors à exercer de Verbe incarné et d'Homme-Dieu , de grand et parfait adorateur de son Père, de modèle accompli d'humilité et d'obéissance , de pénitent austère et souffrant, de victime et d'hostie pour la réparation du péché , de médiateur et de réconciliateur entre Dieu et les hommes , de rédempteur et de sauveur du monde. Envisageons-le donc , M. F. ? dans le sein de sa Mère, sous ces divers points de vue, et entrons dans les sentiments de religion que des objets si touchants doivent nous inspirer. Jésus dans le sein de sa Mère, Verbe incarné et Homme-Dieu. C'est là que vient de se faire l'alliance ineffable de la divinité et de l'humanité dans la personne du Fils du Très-Haut. Que de grandeur et de faiblesse tout ensemble ïl est l'image du Père, la splendeur de sa gloire, la figure de sa substance; Il

l'office

!

et

en

même

de la nôtre.

temps Il

la figure terrestre et

est éternel; et

il

matérielle

n'est pas encore né.

est immense, infini dans son essence; et il est borné, dans son petit corps , à une situation étroite. Il connaît tout , il voit tout ; et ses yeux ne sont pas encore ouverts. Il est le Verbe, la parole éternelle de Dieu ; et il ne parle pas encore. Il est la force et

Il

SENTIMENTS DE JÉSUS. 13 de Dieu et c'est un faible enfant. Il soutient, il porte l'univers par sa toute-puissance; et il est soutenu porté lui-même clans un vase fragile. Il met tout en mouvement dans le monde; et il es* lui-même sans action. Il est impassible de sa propre nature; et il souffre dans la notre. Il est glorieux, exalté, triomphant dans le ciel ; et il est ici humilié, obscurci, ignoré. Mais clans cet humble sanctuaire il n'est pas moins l'objet des compl aisances de son Père céleste et son Fils bien-aimé que sur le trône resplendissant de sa gloire. Déjà les séraphins l'y contemplent avec admiration , et adorent ses abaissements. Regardons-le nous-mêmes, M. F. , avec les yeux de la foi, clans le chaste sein de Marie, et qu'il y soit aussi l'objet de notre piété, de notre vénération , de nos hommages, de notre amour. Pourquoi le Fils de Dieu prend-il ainsi la faiblesse et les infirmités de notre nature? Pour nous élever jusqu'à lui. hommes! reconnaissez donc votre dignité, et n'allez pas maintenant l'avilir par la bassesse et le désordre du vice et du péché. Jésus, dans le sein de Marie, grand et parfait adorateur de son Père. Qu'est-ce qui l'occupait? qu'est-ce qu'il faisait dans ce premier état d'obscurité et de silence? Ah! M. F., il honorait, il glorifiait son Père par une contemplation sublime de ses infinies perfections par des hommages profonds et parfaits. Jusque-là le Seigneur n'avait point encore reçu dans le ciel ni sur la terre d'adorations parfaites et par là même dignes de lui. Les chœurs des anges , la voix des hommes , le sang des victimes, quoiqu'agréables à ses yeux, étaient toujours bien peu proportionnés à sa grandeur suprême. Mais ici, dans le Verbe incarné en Marie, la dignité la vertu

;

,

>

,

,

,

,

SENTIMENTS DE JÉSUS» personne divine communique déjà à ses sen^ timents à ses hommages, à ses abaissements un mérite une valeur, un prix infini. Et par cet Enfant qui n'est pas encore né , Dieu est souverainement adoré comme il est souverainement adorable. Et 16

de

la

;

,

,

, un des effets de l'incarnation du Fils de Dieu. Rendons-en grâces au Seigneur ; réjouissons-nous de cet accroissement de sa gloire et joignons nos propres adorations à celles de son Fils. Jésus, dans le sein de sa Mère, modèle accompli

voilà, M. F.

,

d'humilité et d'obéissance. Saint Àmbroise admire

que

le Fils

de Dieu n'ait pas eu horreur de venir

habiter dans le sein virginal de Marie, si

pur,

pour

si

néanmoins

sacré. Et saint Paul dit qu'il s'est anéanti,

ainsi dire

,

en y prenant la forme d'un esclave

d'un pécheur, d'un enfant. Mais ce divin Enfant sait que c'est la volonté de son Père, et il s'empresse de l'accomplir. Il accepte d'avance tous les mépris, toutes les injures, toutes les souffrances dont il sait

que sa vie sera remplie. Oh quelle profonde humilité! quelle généreuse obéissance Contemplons cet exemple, M. F., et efforçonsnous de l'imiter. Sa bouche ne saurait encore s'ouvrir pour nous exhorter à le suivre; mais son obéissance même, cette obéissance si humble, si parfaite, ne parle-t-elle pas assez fortement à notre cœur, pour le faire rougir de son orgueil, de sa de sa révolte de son indépendance délicatesse contre la volonté de Dieu? !

!

,

,

Jésus, dans le sein de sa souffrant.

r

Combien une prison

ere si

,

déjà pénitent et

étroite et

dut-elle être dure et pénible à cet

Dans

Pour lui, il voit

ses

la

obscure !

Providence a sagement raison, le sentiment réfléchi.

les autres enfants

ôté à leur faiblesse

si

Homme-Dieu

,

la

yeux dans

les ténèbres, sa

bouche

SENTIMENTS DE JÉSUS.

dans

mains

17

dans les liens tous ses membres dans la gêne, son esprit même et sa raison tristement affectés de l'obscurité où il est. Ne fut-ce pas pour lui un véritable tourment? Cependant il ne fait que d'entrer dans cette carrière de souffrances et de mortifications qui sera son partage. Et pourquoi souffre-t-il dès lors? Ah! M. F., souvenons-nous que c'est pour nous. Souffrons donc aussi avec lui, faisons pénitence comme lui, et témoignons-lui, par la sensibilité de notre cœur, la vivacité, la tendresse de notre reconnaissance. Jésus, dans le sein de sa Mère, hostie vivante et déjà immolée pour la réparation du péché. Toute le silence, ses

et ses pieds

;

un sacrifice continuel. commencement et les prémices. Dès

sa vie mortelle devait être

En

voici le

lors

il

adressait à son Père ces paroles qu'il avait

inspirées, bien des siècles auparavant, à l'un do ses prophètes Seigneur , vous avez trouvé l'oblation des anciennes victimes trop insuffisante par elle:

même

pour effacer le péché, et trop peu proportionnée à votre infinie grandeur; vous avez résolu de les rejeter et de les abolir. Mais j'ai dit dans mon

Me

voici prêt à suppléer à

ce qui leur manque. Je viens

me sacrifier moi-même

zèle

pour votre gloire

:

à votre justice dans ce corps mortel que vous venez de me former. C'est à moi de vous satisfaire pleinement et de vous venger. Oui, déjà il offre à Dieu pour notre salut , son incarnation , son enfance, sa mission ses sueurs, ses travaux, ses opprobres , ses larmes , son sang , sa croix , sa passion future; car tout cela était déjà présent à son esprit. ,

,

,

Contemplons donc avec attendrissement celte nouvelle victime déjà vouée au sacrifice avant que

,

18 SENTIMENTS DE JÉSUS. de naître; déjà offerte, souffrante, immolée sur ce premier autel de son amour. Ah! M. F., seronsnous indifférents et ingrats pour cet adorable Enfant

qui

commence

si tôt

à

nous aimer

et à se livrer

pour

nous? Jésus, dans le sein de sa Mère, déjà médiateur et réconciliateur entre

Dieu

et les

hommes.

Qu'il a

de supériorité sur les autres enfants! Ceux-ci, conçus clans le péché , ont besoin d*être remis en ici

grâce; mais celui-là. conçu du Saint-Esprit, celuilà, qui est le Saint des Saints, tout petit qu'il est

peut faire grâce lui-même, et a plus forte raison la mériter pour nous. Fils de Dieu et Fils de l'homme en même temps il devient à ce double titre, auprès de son Père, l'avocat et le protecteur de ses frères. Déjà il intercède en leur faveur, déjà il traite de F alliance et de la paix qu'il vient rétablir entre le ciel et la terre, suivant ces belles paroles de saint Paul: Dieu était en Jésus-Christ, réconciliant le monde avec lui. (II. Cor. Lu) Oui, M. F. , Jésus-Christ a travaillé à cette réconciliation , même avant que denaître.Il s'est mis dès lors entre Dieu et l'homme, pour les rapprocher , pour les réunir, pour réparer la gloire de Dieu et obtenir la grâce de l'homme. Oh! comprenons donc enfin quel bienfait nous pro,

,

,

cure

le

mystère de l'Incarnation

Jésus, dans le sein de sa Mère et

sauveur des

hommes

,

!

f

déjà rédempteur

qu'il vient délivrer

de

la

servitude du péché. C'est sous ces traits de Sauveur et de Libérateur , que l'ange le désigne à Joseph. Cet Enfant, lui dit-il sauvera son peuple , et le déliet c'est vrera de la servitude du péché Matth. 1. même avant sa naissance , qu'il travaille au salut du monde. Ce grand mystère du Verbe fait chair en ,

(

Marie

,

a

) ;

donc quelque chose de bien intéressant

,

SENTIMENTS DE JÉSUS. pour nous, M. F., puisque c'est de notre salut et demption.

le

19

fondement commencement de notre réle

admirable Enfant! Dieu caché dans le sein d'une que la foi me montre de grandes choses d'Objets touchants et consolants, sous ce voile obscur qui vous couvre, et sous lequel mon cœur vous admire et vous adore Que sera-ce lorsque vous vous manifesterez au monde, et que vous attirerez à vous les anges du ciel les pasteurs de Bethléem, les rois de l'Orient, les peuples de la Judée, et les nations de la terre? Ce temps heureux s'approche 5 où la lumière va succéder aux ténèbres la vérité, aux ombres; l'Evangile, à la loi ; la grâce , au péché; le règne de l'Eglise, à la synagogue réprouvée ;le triomphe delà vraie religion, à l'empire de Uidolatrie. Râtez-voi s donc de venir rompre les chaînes de tant d'esclaves de l'erreur et du démon. Apportez avec vous sur la terre la bénédiction et la paix. Venez nous ouvrir la voie du salut et rentrée mortelle

!

!

,

;

du cieU

II

20

HAINE AU PÉCHÉ.

POUR LE TROISIÈME DIMANCHE DE L'AVENT. Antiennes 0. Sur et les Rorate terra le

,

et

Juste

,

,

cœli

9

la

haine de Dieu pour

châtiments dont desuper

germinet Sal valorem» Cieux

comme une douce

rosée

fasse naître le Sauveur. Isa.,

;

,

que

le

péché,

le punit.

nubes pluant

et

,

il

faites

Justum;

aperiatur

descendre d'en haut

la terre

ouvre son sein

,

et

45.

C'est surtout vers la fin de l'A vent, que l'Eglise, dans sa ferveur, adresse au ciel ces belles paroles du Prophète, par un vif sentiment des vœux empressés qu'elle fait pour que la divine miséricorde se hâte d'accorder enfin à la terre ce Sauveur si solennellement promis si ardemment désiré si longtemps attendu» Voilà dans quel esprit, pendant les neuf jours qui précèdent la vigile de sa nativité, elle chante avec tant de majesté et d'éclat les antiennes qu'on ,

,

appelle O. Ces antiennes sont autant d'invocations et d'expressions animées de ses désirs enflammés pour la venue du Sauveur. Elle ressent,, en ce saint temps, tout ce que son avènement et sa

pressantes

,

vont apporter au monde de lumières, de grâces, de vertus. Elle désire, elle demande avec ardeur qu'il remplisse l'attente d'Israël et le vœu des nations; qu'il sorte enfin du sein de sa Mère pour se montrer à la terre; qu'il vienne instruire le monde loi

et

le

régler, corriger les

mœurs

et détruire le

péché réformer l'homme et le sauver. Entrons dans ses desseins, M. F. , et pendant ces ;

,,

HAINE AU PÉCHÉ.

21

jours excitons-nous à une vive douleur de nos péchés ; purifions-en nos cœurs par une bonne confession

,

et veillons

désormais sur nous pour n'y

plus retomber.^

Mais pour fuir le péché avec toute l'horreur qu'il mérite , et pour le pleurer dignement après l'avoir commis , il est nécessaire d'en connaître l'énoimité. Saint Pierre connut ce que c'est que le péché dès que son divin Maître eût jeté sur lui un regard ;il sortit pour pleurer amèrement sa faute. Sainte Magdeleine connut aussi quel Malheur c'est d'avoir offensé Dieu ayant renoncé à ses désordres , ses yeux s'ouvrirent à un torrent de larmes qui ne finirent qu'avec sa vie. D'où vient que le saint roi pénitent livra son âme à des regrets si amers, qu'il détrempait tous les jours son pain de ses pleurs , et en arrosait son lit toutes les nuits ? C'est, comme il s'en exprime lui-même qu'il connaissait son péché, Peut-on pleurer ses péchés sans les connaître comme aussi peut-on les connaître sans les pleurer? Oh si l'on connaissait ce que c'est que le péché mortel, le commettrait-on avec autant d'indifférence? Pourrait-on le commettre de propos délibéré? Pourrait-on, après l'avoir commis, y persévérer avec autant de sang-froid, ne pas recourir aux moyens d'en sortir, ne pas en faire pénitence? Je viens donc vous apprendre aujourd'hui quel grand mal c'est que le péché et pour cela je ne m'attacherai qu'à une seule considération , la haine que Dieu porte au péché. Donnez-moi , je vous prie :

,

!

;

toute votre attention.

le

Pour pouvoir comprendre la haine de Dieu pour péché , il faudrait pouvoir comprendre l'infinie

, ,,

2*2 II AISE ATJ PÉCHÉ. sainteté de Dieu. Dieu étant essentiellement saint, hait essentiellement le péché, et s'il cessait de le

haïr,

point

il

cesserait d'être Dieu. Mais jusqu'à quel

le hait-il? c'est

cevoir.

Nous pouvons

ce que nous ae saurions contoutefois

nom en

former une

idée par les différents châtiments qu'il en a tirés, puisque Dieu, étant infiniment juste, ne saurait punir le péché au-delà de ce qu'il mérite. Ne nous arrêtons pas à ces châtiments échappés

de temps en temps à la justice divine et qui sont rapportés dans l'Ecriture. Portons notre attention sur les quatre théâtres principaux où Dieu a exercé ,

sa justice , et où il semble avoir fait éclater davantage la haine qu'il porte au péché ; je veux dire le ciel, la terre, l'enfer et le Calvaire. Si, quelque faible que soit le tableau que je vais vous en tracer

vous n'en êtes pas touchés j'ose dire que vous êtes impies ou endurcis. ,

Comment es-tu tombé des cieux, Lucifer, demande ïsaïe? Hélas

répond-il, c'est pour

un péché de Très-Haut m'a écrasé de sa colère, et que j'en porterai éternellement le poids, avec tous mes complices. C'est pour une seule pensée peur un péché d'un instant que Dieu m'a traité avec une extrême rigueur il ne m'a pas donné un moment pour faire pénitence ; mais il m'a précipité du plus haut degré de gloire et de félicité dans l'abîme de tous les maux» pensée, que

!

le

,

:

Oh ! M. F. , des anges , de sublimes intelligences sont précipitées pour un seul péché de pensée dans l'abîme de tous les maux A quels châtiments ne !

devez-vous donc pas vous attendre, vous dont toute la vie n'est qu'un tissu de péchés! Peut-être vous flattez-vous

rebelle

?

que vous êtes plus excusables que l'Ange pour excuser votre péché

Peut-être

,

,

HAINE AU PÉCHÉ. *2o m'aiièguerez-vous que l'Ange rebelle pécha avec plus de lumières et de connaissance ? Mais si celte circonstance aggrava son péché, combien d'antres circonstances qui aggravent le vôtre! Remarquez-le. L'Ange n'avait commis qu'un péché, qu'un péché d'un moment et vous offensez Dieu tous les jours , peut-être à toutes les heures. L'Ange n'avait commis qu'un péché de pensée, et vous vous livrez aux actions les plus détestables. L'Ange avait péché avec plus de lumières, cela est vrai; mais vous péchez avec plus d'ingratitude. Les anges , n'avaient pas abusé, comme vous, des grâces de Dieu le Fils de Dieu ne s'était pas abaissé à prendre leur nature comme il s'est abaissé à prendre la vôtre ; il ne s'était pas livré à la mort pour eux , comme il s'y est livré pour vous. Les anges n'avaient vu aucun de ces châtiments terribles par lesquels Dieu manifeste sa haine pour le péché; et vous en avez mille sous les yeux , et on vous peint tous les jours l'enfer ouvert sous vos pieds. Le péché des anges n'était conçu que dans leur esprit ; et vous vous portez au péché avec un penchant violent , et vous le commettez avec une affection ardente, avec une volonté déterminée au mal. Méritez-vous donc plus d'indulgence que les anges? Mais, je vous entends Dieu, dites-vous , ne nous a pas créés pour nous perdre. Dieu est trop bon pour perdre éternellement ses créatures. Non , sans doute, non, Dieu ne vous a pas créés pour vous perdre; eh! s'il eût voulu vous perdre, serait-il mort pour vous? vous aurait-il donné un esprit capable de le connaître, un cœur capable de l'aimer, une loi dont l'accomplissement l'engageât à être :

;

:

lui-même votre récompense? Mais quelque grande que soit sa miséricorde, croyez-vous que sa justice

HAINE AU PÉCHÉ.

24

moins? Quelles créatures plus parfaites que les anges? Et il ne les a pas épargnés? Ce qui vous entretient dans vos désordres, ce le soit

qui vous autorise à y persévérer, c'est peut-être le le même cas que vous. Combien, dites-vous , qui ne vivent pas mieux

nombre de ceux qui sont dans

que moi! qui vivent plus mal que moi! Si je suis damné, il y en aura bien d'autres.,.. extravagance digne d'un torrent de larmes! Comme si, parce que la multitude des coupables est innombrable Dieu ,

pouvaitoublier les droits de sa justice et de sa gloire; comme si Dieu n'était pas assez puissant pour punir tous ceux qui oseront s'élever contre lui! Voyez des millions d'anges qui forment contre lui

un complot

d'un coup il terrasse leurs légions innombrables. Fouvez-vous comparer vos forces avec leurs forces ? Votre puissance égale-t-elle leur multitude? Vous couvrez à peine la terre, et ils remcriminel

,

:

Vous n'êtes que de du Dieu des armées. Cependant, à peine ont-ils péché, que Dieu entre en colère Je jure par moi-même, dit-il, que je me suffis à moi seul et que je perdrai ces esprits plissent les airs viles créatures

,

;

dit saint Paul.

et ils sont la milice

:

,

téméraires.

Il

dit

:

et à l'instant le ciel s'entr'ouvre,

un étang de feu ; d'anges deviennent des démons et la fumée de leurs tourments montera dans les siècles des siècles. Voilà comme Dieu a puni le péché dans le ciel. Comment le punira-t-il sur la terre ? C'est le second théâtre où éclate sa haine pour le péché. ils

sont précipités dans

qu'ils étaient

Adam fait,

corps

et

,

ils

Eve avaient été créés dans un

quant au corps f

ils

,

H

état par-

quant à l'âme. Quant au

n'étaient sujets ni à la douleur, ni

aux

HAINE AU PÉCHÉ. infirmités

l'âme ,

ils

2S

ni à la maladie, ni à la mort.

,

Quant a

avaient reçu une liberté pleine et entière,

volonté droite et portée , une sans aucun penchant au mal ; et, ce qu'il faut bien remarquer, Adam n'avait pas reçu tous ces avantages pour lui seul il devait les transmettre à tous ses descendants. Mais quel changement un seul péché n'appcrte-t-il pas dans le monde!

un

esprit accompli

vers

le

bien

,

,

Adam mange du

fruit

défendu. C'est un péché peu ; et, toutefois, pour ce

considérable en apparence

péché, Adam est maudit de Dieu. Dieu le dépouille de toutes ses prérogatives. Adam s'était révolté contre Dieu ; et tout se révolta contre Adam. Son âme devint esclave de la concupiscence et d'un funeste penchant au mal ; son esprit fut couvert de ténèbres épaisses ; son corps fut assujetti aux intempéries de l'air, aux misères de la vie, à toutes sortes d'infirmités. Chassé du paradis terrestre il fut condamné à travailler la terre à la sueur de son front; et, après neuf cents ans de pénitence , il subit l'arrêt de mort qui avait été porté contre lui. Ce ne fut pas sur Adam seul que Dieu fit tomber la punition de sa désobéissance, il voulut que toute sa postérité fût enveloppée dans sa condamnation. Nous naissons tous coupables de ce premier péché, et nous avons besoin de prendre une nouvelle naissance dans le sang de Jésus-Christ , pour nous purifier des souillures delà première. Mais quoique la tache du péché originel soit effacée en nous par le baptême les peines dont Dieu le punit demeurent toujours. Nous naissons non-seulement sujets à l'ignorance, au penchant au mal , à une foule de passions qui nous tyrannisent, mais encore à une Multitude innombrable de misères qui nous accompagnent depuis le berceau jusqu'au tombeau, ,

,

T031E vu,

w

v

,

2

, ,

26

IIÂI?,E

AU PÉCHÉ»

Qui pourrait calculer toutes les funestes mises de ce péché? qui pourrait compter toutes les infirmités et les maladies qui nous affligent, toutes les calamités et les chagrins qui nous abattent et nous rongent, toutes les amertumes dont notre vie est

abreuvée? Tout cela est la peine de ce premier péché. Sans ce péché, la terre aurait été un séjour de délices; par ce péché elle a été changée en une vallée de larmes. Représentez-vous M. F. , tous les fléaux du ciel tempêtes, les grêles, les orages; tous les fléaux de la terre la stérilité des campagnes , les rigueurs de l'indigence, les douleurs des maladies et de la mort, la noirceur des cachots ,

les foudres, les

,

tous les supplices, toutes les tortures, toutes les cruautés que la fureur des tyrans a inventées on

pourra inventer dans la suite, jusqu'à la consommation des siècles rien de tout cela n'aurait été sans le péché originel. Allez encore plus loin, et rassemblez dans votre esprit tous les crimes , tous les désordres, tous les scandales qui non-seulement désolent la terre aujourd'hui mais qui l'ont désolée depuis son commencement, et qui la désoleront :

,

jusqu'à son dernier âge, jusqu'au dernier jour:

d'un seul péché ; et nous pouvons le Prophète, que la terre entière est remplie des traits de la justice de Dieu « Justitià

tout cela est

l'effet

nous écrier avec

:

plena est dextera tua. » Oui tout cela est l'effet d'un seul péché; et remarquez-le bien d'un péché dont nous sommes coupables sans l'avoir commis, d'un péché qui ne nous est pas personnel. La justice de Dieu, la haine qu'il porte au péché, ,

,

peut-elle aller plus loin?

toute la

Hommes

,

instruisez-vous

Non, ce n'est pas encore ht l'effet de haine que Dieu porte au péché, ces peines

et tremblez.

HAINE AU PÉCHÉ. 27 renferment en elles-mêmes des vues de miséricorde sur le pécheur ces peines sont médicinales. Ce n'est pas encore ainsi que Dieu punit irrévocablement le péché; il veut plutôt par-là nous amener à en solliciter le pardon, terrible vérité si c'est ainsi que Dieu pardonne le péché , comment le punit-il donc ? Descendons, en esprit dans l'enfer, qui est le troisième théâtre sur lequel Dieu exerce sa justice ; et 9 parmi cette foule immense de réprouvés qui souffrent dans ce lieu de tourments, distinguons-en un qui y ait été précipité pour un seul péché mortel il n'en manque pas assurément. Arrêtons nos regards sur cette victime infortunée de la justice divine. Considérons l'ardeur du feu qui le dévore , l'horreur de la prison qu'il habite, l'amertume du désespoir qui le consume la violence des tourments qu'il endure sans relâche. Demandez ce qui l'a plongé dans cet abîme de maux. C'est un seul péché mortel. Sans ce péché, il aurait été éternellement dans l'aimable société des anges et des bienheureux pour ce péché, il sera éternellement dans celle des démons et des réprouvés. Sans ce péché, il aurait été enivré d'an torrent de délices dans le ciel pour ce péché, il sera en proie à des tourments sans bornes dans leur étendue ainsi que dans leur durée. Avant son péché , il était le chef-d'œuvre de la puissance de Dieu, l'abrégé de ses merveilles; Dieu se complaisait dans son ame, comme dans son image il l'avait ornée de ses dons , comblée de ses faveurs il l'avait régénérée dans les eaux sacrées du baptême, confirmée du sceau de son esprit, nourrie de sa propre chair et de son sang adorable. Depuis son péché, Dieu n'a plus vu dans ce réprouvé qu'un ennemi qu'il ne cessera de poursuivre avec une justice inexorable. Les siècles passeront, et il n'f ;

!

:

,

:

:

;

;

%

,

53

IIAINE AU PÉCHÉ. aura point de terme ni d'adoucissement à ses peines ; ses iarmes ne cesseront de couler , et elles n'étein-

dront jamais l'ardeur du feu qui le dévore. J'en jure par moi-même dit le Seigneur, je n'aurai point de pitié de lui et ma colère le poursuivra sans relâche : « Kon parcet oculus meus, nec iniserebor. » Eh! qui est-ce qui punit ainsi le réprouvé? Ah! M. F. ou renonçons à notre foi ou ne regardons le péché qu'avec horreur. Je ne dis pas que c'est un Dieu infiniment éclairé, qui ne saurait se tromper dans l'idée qu'il a conçue du péché, dans le jugement qu'il en porte; je ne dis pas que c'est un Dieu infiniment juste qui ne saurait punir le péché audelà dece qu'il mérite ; mais je dis , un Dieu sauveur, un Dieu rédempteur. Renouvelez votre attention. ,

,

,

,

,

Un Dieu qui meurt pour les hommes, et qui réprouve ces mêmes hommes qu'il a aimés jusqu'à mourir pour eux ; un Dieu qui verse son sang pour les

hommes

iarmes

;

,

et qui fait couler

un Dieu qui

souffre

éternellement leurs

pour

les

hommes

les

plus cruels tourments, et qui les condamne à das supplices sans bornes! Ah! M. F., pourrions-nous désormais envisager le péché de sang-froid? Car,

que n'a pas enduré Jésus-Christ pour le salut des Transportons-nous pour le considérer sur le Calvaire qui est le quatrième théâtre où nous verrons éclater surtout l'extrême sévérité de Dieu,

hommes ?

,

,

rigueur de sa justice sur son Fils bienaimé, sur ce Christ qui s'est donné pour servir dans son sang de propitiation pour le péché, pour faire éclater la justice de son Père, dit l'Apôtre. Que voyez-vous sur le Calvaire? Un Dieu attaché à une croix. Mais pourquoi est-il ainsi attaché à un

et toute la

29

HAINE AU PÉCHÉ. gîhet infâme

Je vous répondrai avec îsaïe

?

,

que

cause du péché de son peuple. au Fils de Dieu de ne pas se charger du péché des hommes ; mais dès qu'il en fut revêtu volontairement , la justice de Dieu ne vit plus en lui qu'une victime dévouée à ses coups. A une offense infinie , il ne fallait rien moins qu'une réparation infinie; en sorte que tout ce que ce divin Sauveur eut à souffrir dans le cours de sa passion , c'est à Il

était libre

,

les

opprobres,

les

crachats, les fouets, les épines , tourments qu'il endura sur la

les clous et tous les

croix

dont sa

;

il

s'était

mort sur Mais

du péché des hommes, fallut pas moins que

tout cela fut la peine

chargé

la croix,

;

et

il

pour

ne

l'expier.

comme ce spectacle vous est devenu familier,

que par là il cesse de vous toucher, supposons vous soit présenté pour la première fois. Portez M. F. portez les yeux sur cette sanglante me effigie placée sur nos autels. Quel est celui demanderez-vous qui est attaché à cette croix? C'est vous dirai-je le Fils de Dieu Dieu lui-même, égal en toutes choses à son Père infini comme lui en grandeur, en gloire, en puissance, en sagesse. Quel est le supplice qu'il souffre ? C'est le supplice et

qu'il

,

,

,

,

,

,

,

,

des plus infâmes scélérats. Mais qui

l'a

ainsi attaché

à cette croix? C'est son Père, vous répondrai-je.

Ceux que vous voyez autour de cette croix, ces bourreaux , ne sont que les agents et les ministres de son Père : c'est son Père oui son Père qui le retient là suspendu. Quoi son Père qui l'aime autant qu'il s'aime lui-même, qui en a fait éternellement l'unique objet de ses complaisances, c'est ce bon Père qui a été insensible à ses gémissements, à ses cris, à ses larmes, à sa prière, lors,

,

!

qu'il le conjurait d'éloigner

de

lui

ce calice

!

C'est le

ôO HARCE AU PÉCHÉ. plus tendre de tous les pères qui accorde à son Fils la grâce qu'il lui demande pour ses bourreaux, et qui la lui refuse à lui-même; qui le force à se plaindre du cruel abandon auquel il le livre! Mais

d'où vient donc en Dieu une telle rigueur, une si étrange sévérité à l'égard de son Fils? Vous voulez le savoir, M. F. ? Ah! ce Fils s'est revêtu des apparences du péché , de l'ombre seule du péché ; car le péché n'a jamais eu de prise sur lui eh bien c'est pour cela que son Père lui-même l'a frappé « Attritus est propter scelera nostra. » Or, devez-vous vous dire, suis-je moins coupable que le Fils de Dieu, couvert seulement de l'ombre du péché? Puis-je penser que Dieu aura pour moi des égards qu'il n'a pas eus pour son Fils? Puis-je m'appuyer encore sur sa bonté tandis que je vois qu'il traite avec tant de sévérité son Fils unique le tendre objet de ses complaisances? Dieu qui ne l'a pas épargné, m'épargnera-t-il davantage moi:

!

:

,

,

même?

Si le bois vert, l'innocent est ainsi traité, à

quoi doit s'attendre le bois sec, le coupable.... un coupable de tant de crimes?.... M. F., reconnaissez-vous devant Dieu, que vous avez péché, que vous avez violé sa

loi sainte,

trans-

gressé ses commandements? Ah! si vous craigniez de le confesser, que de témoins s'élèveraient contre

vous Les gens de votre maison , vos voisins ceux que vous avez scandalisés , les complices de vos péchés, votre ange gardien, votre propre conscience : que de témoins qui vous accuseraient, qui vous condamneraient au jugement de Dieu Reconnaissez-vous que non-seulement vous avez péché, mais encore que vos péchés sont énormes qu'ils sont innombrables? que vous êtes plus coupables que le premier Ange, qui n'avait commis !

,

!

t

HAINE AU PÉCHÉ. SI çu*un péché de pensée, vous qui avez failles actions les plus détestables? que vous êtes plus coupables que nos premiers parents , qui ne désobéirent qu'une fois à Dieu en mangeant du fruit défendu, vous qui avez tant de fois, sans raison, foulé aux pieds les lois de l'Eglise , et violé les abstinences et les jeûnes qu'elle vous avait prescrits? Ne voulez- vous pas cesser d'offenser Dieu ? Aujourd'hui que vous connaissez ce que c'est que le péché, voulez-vous continuer à le commettre ? Aujourd'hui que vous connaissez quelle est la malice du péché, l'injure qu'il fait à la Majesté divine, l'ingratitude qu'il renferme, la haine que Dieu lui porte voulez-vous y persévérer ? Parce que Dieu est bon , continuerez-vous à être méchants ? N'esl-il pas temps de renoncer à vos désordres , à votre vie criminelle? n'est-il pas temps de cesser d'offenser Dieu, quand, pour la plupart, vous allez cesser de vivre? N'est-il pas temps de quitter le péché, quand le péché est sur le point de vous quitter; quand vous avez déjà un pied dans le tombeau , et l'autre dans l'enfer? Ne voulez-vous pas, enfin, venir déposer vos péchés aux pied.s. du^n^injstrc de votre réconciliation avec Dieu?^ Ah! maudit péché, comment me résoudrai-je à te commettre encore? comment pourrai-je ne pas ,

cause de toutes les misères que nous avons éprouvées et que nous éprouvons encore; c'est toi qui as enfanté et qui enfantes encore tous les maux que nous souffrons dans cette vie et dans l'autre. C'est toi qui as creusé l'enfer; sans toi, il n'y aurait point d'enfer, ni de démons. C'est toi qui as causé à Jésus-Christ une sueur de sang; c'est toi qui l'as attaché à la croix ; te détester? C'est toi qui es la

c'est loi qui lui as

donné

la

mort.

SUR LA FÊTE

S2

Ah! Seigneur, inspirez-nous toute Phorreur que mérite le péché , une partie du moins de la haine que vous lui portez. Si nous comprenons bien l'injure que le péché vous fait, la malice et l'ingratitude qu'il renferme, les maux affreux auxquels il nous livre, nous serons plus soigneux à l'éviter, plus zélés à le réparer; nous mêlerons nos larmes avec votre sang, pour l'expier; nous consacrerons notre vie à pleurer des péchés pour lesquels vous êtes mort, et notre pénitence ne finira qu'à notre dernier soupir. Ainsi

soit-ii,

TOUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE L'AVENT. Sur

la solennité

Ilodiè scietis quia veniet

gloriam

videbitis

cjiis*

doit venir vous sauver

sa gloire.

Dominus

de Noël. ,

et salvabiî

vos

Vous saurez aujourd'hui que ,

Exod. , ^G% i

et

le

,

et

demain au matin vous verrez

P

wanè

Seigneur éclater

"*"/

Que ces paroles sont consolantes, M.

F.

!

quelles

annoncent de grandes choses! qu'elles sont propres à exciter nos empressements et à enflammer nos cœurs Nous touchons enfm au terme de nos vœux, à l'accomplissement de nos désirs à l'objet de nos espérances. Nous allons célébrer l'époque mémorabledela venue du Messie, et dès.... les cérémonies d'une pompeuse solennité feront éclater à nos yeux la gloire et les merveilles de sa naissance. Préparons-nous donc à cette auguste fête par les sentiments de religion, de joie et d'espérance, avec î

,

,,,

DE NOËL.

83

lesquels l'Eglise va nous l'annoncer. Voyons quelles sont les cérémonies qui la distinguent. Connais-

sons-en

l'esprit

,

pour en

retirer les fruits de grâces

et de salut qui y sont attachés. Rien de plus digne

de votre attention.

La solennité de la grande fête de Noël en l'honneur de la naissance corporelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu fait homme, Sauveur et Rédempteur du monde commence dès la veille et l'Eglise a voulu que cette solennité fût distinguée par plusieurs endroits remarquables l'observation d'un jeûne préparatoire , la dignité du service divin ,

,

;

:

l'office

de

la

nuit, le

rit

extraordinaire de trois

messes par chaque prêtre , messe solennelle de minuit, messe de l'aurore, messe du grand jour* Entrons dans l'explication de tous ces points, et dans l'esprit de la religion. Une excellente disposition aux grâces de Dieu, et à la participation de ses mystères, est, sans contredit, la mortification , la pratique des austérités, la pénitence. C'est, en effet, dans cette vue, que l'Eglise prescrit à ses enfants un jour d'expiation un jour d'abstinence et de jeûne, la veille des grandes fêtes. Et il est sans doute peu de solennités qui méritent mfeux une pareille préparation, que celle de la Nativité d'un Dieu fait homme pour expier le péché. Mais afin de rendre cette pénitence extéil faut y joindre pénitence intérieure et sacramentelle; une bonne confession un cœur purifié est bien plus propre aux faveurs du ciel et aux saints exercices

rieure plus efficace et plus salutaire ,

encore

la

:

de

la religion.

Une autre

particularité qui distingue la veille de 2..

SUR LA FÊTE

T-h

Noël, est

la dignité

commence

l'Eglise

du service divin, où

l'office

de

à être solennel dès le matin.

Quoi de plus beau, M. F., de plus touchant, que magnifiques dont elle se sert pour nous annoncer d'avance F avènement de r HommeDieu! « Purifiez-vous aujourd'hui, nous dit-elle, « et soyez prêts, parce que demain vous contem« plerez au milieu de vous la sainte majesté de Dieu. « Oui, ce jour heureux qui va vous luire, vous « représentera celui où le Messie est venu effacer « l'iniquité de la terre et le Sauveur du monde « régnera sur vous. Accourez en esprit au devant « de lai, et saluez en sa personne le Dieu fort et « puissant, le Dominateur des nations, le Prince

les expressions

:

«

« k

«

de la paix; ce Prince de la paix, ce Roi pacificateur du ciel et de la terre, est plus glorieux dans l'humilité de la crèche, que tous les monarques du monde sur leurs trônes. Réjouissez- vous donc,

et sachez que le royaume de Dieu n'est pas loin. Levez la tête avec confiance voici que votre ré« demption approche. » C'est aussi une prérogative propre et particulière à [cette grande fête, que l'office public et solennel de la nuit de Noël. Il n'est aucune nuit dans le cours de Tannée, qui soit honorée et sanctifiée par la religion avec autant de zèle et de splendeur. L'Eglise nous rassemble au pied des autels dans tous ses temples, pour chanter avec elle les louanges du Sauveur et ses miséricordes pour participer en commun à ses mystères sacrés, pour honorer tous ensemble le moment de la nuit salutaire où un Sauveur nous est né. Oh! quelle lâcheté, quelle mollesse, si Ton préférait ses commodités et son repos à un «

«

:

,

,

devoir tude,

si

si

légitime! Quelle tiédeur et quelle ingrati-

Ton y

assistait

sans ferveur, sans dévotion

!

DE NOËL. Quelle indécence

,

55

quel désordre,

si

Ton

s'en faisait

une occasion de parties de plaisirs, de jeux, de chansons mondaines, d'intempérance! Car, hélas! M. F. on abuse de tout, même en fait de religion. Mais, quand donc se piquera-t-on d'être chrétien et de ie paraître si ce n'est dans une solennité si ,

,

frappante et

si

respectable?

Une autre prérogative

particulière au grand jour permission de manger gras, quoiqu'il tombe le vendredi ou le samedi, à cause de la joie que nous procure la naissance du Sauveur qui nous délivre de la damnation éternelle. Un privilège encore singulier de cette grande fête

de Noël, est

la

est le rit extraordinaire de trois

prêtre a droit d'offrir dans le

donne des raisons édifiants.

messes que chaque ,

même

jour.

On eu

on en propose des motifs bien C'est-à-dire, M. F., que c'est pour recon* ,

naître et glorifier, par ces trois sacrifices, les trois

personnes de l'adorable Trinité, qui ont eu tant de le Père éternel, qui a envoyé sur la terre son Fils unique ce Messie promis , le Verbe divin, qui s'est incarné pour notre salut; et le Saint-Esprit, dont l'Ilomme-Dieu a été conçu selon la chair. Saint Thomas dit encore que ces trois messes représentent les trois naissances de Jésus-Christ sa naissance éternelle dans le sein de son Père; sa naissance temporelle dans le sein d'une Vierge ; et sa naissance spirituelle dans les fîmes par la grâce de la rédemption. Ajoutons enfin que dans la messe solennelle de minuit, l'Eglise contemple et honore Jésus naissant; dans celle qui se dit vers l'aurore, elle honore Jésus adoré des bergers ; et dans celle qui se célèbre au grand jour, elle honore Jésus manifesté aux rois mages de l'Orient* Méditons en particulier, M. F. 9 cette derpart au mystère de la fête

:

;

:

,

35

SUR LA FÊTE qui a quelque chose de plus sensible et de fort intéressant pour nous. Renouvelez, etc.

mère

interprétation

,

La messe solennelle de minuit a pour objet d'honorer le saint Enfant Jésus naissant. C'est en effet pendant la nuit qu'il est venu au monde , dans un lieu vil et abject, retraite obscure, faite pour les animaux. Quel mystère est ceci, s'écrie saint Bernard! Si c'est un roi , où est son palais? où est son trône? où est sa cour? Son palais est donc une étable ; son trône, une crèche ; toute sa cour , Joseph et Marie avec deux animaux! Le monde vain et charnel s'en scandalisera peut-être ; mais aux yeux de la foi éclairée, c'est ainsi que devait naître, et que doit être honoré dans ses humiliations mêmes, un Homme-Dieu, qui venait réformer le luxe, condamner l'orgueil , expier le péché. Oh qu'il y a de grandeur réelle dans cet abaissement volontaire ! Si les hommes aveugles le méconnaissent et l'abandonnent, son Père enverra une troupe d'esprits célestes annoncer sa gloire. Il commandera à tous ses Anges, dit saint Paul, de lui rendre leurs adorations et de le reconnaître pour leur souverain , à son entrée dans le monde. N'est-il pas juste, M. F. qu'à leur exemple, l'Eglise s'empresse de lui offrir un tribut d'hommage et de vénération, dans la nuit !

,

anniversaire de sa naissance!

Nous célébrons encore une messe vers l'aurore, en l'honneur du saint Enfant Jésus adoré des bergers avant le point du jour. C'est le sujet de l'évangile propre de cette messe. « La nuit même où le Sauveur naquit, il y avait aux environs de Bethléem des bergers qui veillaient dans la

campagne

à la

DE NOËL.

S7

garde de leurs troupeaux. Tout à coup un ange du ciel se présenta à eux. Ils furent environnés d'une lumière éclatante , et remplis de frayeur. Mais Fange les rassura et leur dit: Ne craignez point, car je vous apporte une heureuse nouvelle , quj sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie. C'est qu'aujourd'hui un Sauveur vous est né dans la cité de David et voici à quelles marques vous le reconnaîtrez Vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et aussitôt il se joignit à l'ange qui parlait une grande troupe de la milice céleste, louant le Seigneur et disant Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de honne volonté , c'est-à-dire, disposés, par un cœur droit, à croire ses oracles et à profiter de ses miséricordes. Les bergers, encouragés par cette révélation du ciel s'empressent d'aller à Bethléem. Ils découvrent l'étable , et voient de leurs propres yeux la vérité de ce qui leur a été annoncé. Intérieurement inspirés par ce divin Enfant qui les attire à lui , préférablement aux riches du monde, ils le contemplent avec saisissement, et l'adorent avec amour. Ils s'en retournent pleins de joie, et vont publier celte nouvelle avec admiration. :

:

:

,

Or M. ,

F.

,

un événement

si

admirable en

effet

,

et

glorieux au Sauveur naissant, méritait sans doute une place distinguée dans l'office de sa Nativité. si

Enfin, une troisième

messe solennelle est réservée grand jour, et l'on peut dire encore que l'Eglise y honore le saint Enfant Jésus manifesté dans la lumière aux mages de l'Orient; puisque c'estdans cette dernière messe qu'elle nous rappelle leur adoration, et qu'elle en fait le récit. La divine Sagesse qui envoya un esprit céleste apprendre pour

le

,

,

f/S SUR LA FÊTE •aux bergers la naissance d'un Sauveur, fit aussi paraître dans l'Arabie orientale une étoile miraculeuse, pou? l'annoncer à des rois mages versés dans la science de l'astronomie. Ces sages de la gentilité sont frappés de l'écîatde cet astre nouveau; et à cette occasion, une lumière intérieure et surnaturelle les instruit de ce que îe ciel veut leur faire entendre par ce signe extraordinaire c'est-à-dire la venue du Messie d'Israël, désigné par cette étoile de Jacob, annoncée dans la prophétie de Balaam. Ils se sentent fortement sollicités, par le mouvement de la grâce qui les éclaire, d'aller rendre bommage à ce grand Roi nouveau-né. Ils se mettent en marche et leur étoile les conduit aux pieds du divin Enfant, qu'ils adorent avec une vénération profonde. Ils reconnaissent sa souveraineté, sa divinité et son humanité, en lui offrant de l'or, de l'encens et de la myrrhe : de l'or, comme à un Roi ; de l'encens, comme à un Dieu; et de la myrrhe, comme à un mortel. Or, cette célèbre adoration des Rois mages était encore un événement trop glorieux et trop lié à la naissance du Sauveur, pour que l'Eglise n'en fit pas une mention honorable dans son office, à la ,

;

grande C'est

fête de Noël. maintenant à nous

merveilles

et

,

,

M. F.

,

de méditer ces

d'imiter le zèle de l'Eglise notre

mère. Nous pouvons remarquer ? dans ce mystère, trois sortes d'adorateurs bien propres à nous servir d'exemples les anges du ciel les bergers de la Judée et les rois de l'Orient. Ces anges si purs si fervents dans la louange de Dieu, sont le modèle des ministres du Très-Haut et des vierges chastes; les bergers si dociles, celui du peuple fidèle qui a ,

,

:

,

,

la

du

simplicité de la foi petit

nombre des

;

et ces trois rois

mages

,

celui

riches et des grands que la

DE NOËL. S9 lumière d'en haut conduit à Dieu. Empressons-nous aussi d'aller tous en esprit à la crèche, et adorons avec les anges, les bergers et les rois, un Dieu naissant pour nous sauver. Soyons-en comme eux, saisis d'admiration , transportés de joie remplis de consolation et embrasés d'amour. Mais ne nous bornons point à lui présenter de beaux sentiments vides de vertus et de bonnes œuvres. Offrons-lui de la myrrhe, par la mortification, par les larmes d'une vive contrition, par une accusation douloureuse et sincère de nos fautes à son ministre. Offronslui de l'or, par l'aumône, par l'offrande de notre cœur, par une communion fervente. Offrons-lui de l'encens, par nos louanges, par nos hommages, par notre recueillement et notre ferveur pendant tous les offices de cette grande solennité. admirable Enfant, Verbe incarné, Fils éternel du Dieu vivant, et Dieu vous-même, je vous vois donc revêtu de ma chair, et assujetti à mes misères! Mais en même temps je vois notre humanité élevée en vous à une dignité infiniment supérieure à ma ,

,

,

,

faible nature.

Que

celle

même

des intelligences

célestes reconnaisse aujourd'hui qu'elle est, par cet endroit, bien inférieure à la notre. Car enfin,

nous n'adorons pas les anges, et les anges adorent un homme. La nature humaine est donc maintenant beaucoup élevée au-dessus de la nature angélique. Notre exil est enfin comblé de gloire , et l'on entend la voix des anges dans cette vallée de larmes. Mais quoi! parmi cette allégresse du ciel et de la terre ô mon Sauveur! vous êtes dans la souffrance vous jetez des cris et vous versez des pleurs comme les autres enfants, vous qui êtes un Dieu Ah! je comprends ce mystère. C'est pour moi que vous souffrez, que vous pleurez. Puis-je donc ne pas ,

;

,

,

!

.

SUR LA FÊTE compatir affectueusement à votre état , et ne pas mêler moi-même mes larmes aux vôtres? Qu'il y a de douceur et d'onction à pleurer de tendresse pour vous et avec vous ! Dieu enfant, le plus beau, le plus aimable des enfants des hommes, venez dans mes bras, reposez

40

sur mon cœur, enflammez mon amour, transportez mon âme, ravissez tous mes sens, transformezmoi en vous, comme vous vous êtes transformé

vous-même en moi! Que

n'ai-je la ferveur des anges pour vous aimer, pour vous louer, pour vous adorer comme eux! Que ne puis-je embraser la

m'anime pour votre gloire, et mes sentiments mon admiration, ma reconnaissance, ma joie, mes transports! Agréez du moins ma bonne volonté, ô

terre du^zèle qui

communiquer

à tout l'univers

mon

Sauveur! augmentez en nous tous, dans cette grande fête, les vertueuses dispositions de la piété, et les fruits de la grâce; qu'elle nous fixe tous dans le salut que vous venez nous apporter dans la crèche. Je finis cette instruction, M. F., par un trait de l'histoire du peuple d'Israël. Quand le Seigneur avait accordé quelque faveur singulière à son peuple il ordonnait qu'on réunît un monceau de pierres dans le lieu où s'était passé l'événement, afin de servir de monument qui apprît à la postérité la faveur qu'il avait accordée à son peuple, et qui le ,

portât sans cesse à la reconnaissance et à l'amour. Il

exigeait aussi que, d'âge en âge, les pères instrui-

sissent leurs enfants

que

l'objet

de ces

monuments

publics qu'ils avaient sous les yeux, était de les rendre toujours fidèles à un Dieu qui leur avait

donné une si grande preuve d'amour. Ah! M. C. P., si vos enfants, encore jeunes, ignorent ce que signifient cette messe de minuit , cette

,

DE NOËL.

[}\

table, celte crèche, ces langes, et tout cet appareil

de pauvreté dont on les entretient pendant ces monuments de la miséricorde de Dieu ; que nous étions perdus par le péché, mais que le Fils de Dieu est venu nous sauver en se faisant enfant et homme comme nous. Dites-leur que cette étahle est le palais de leur Dieu; cette crèche le herceau de leur Roi ; ces langes les seules armes de leur Libérateur et de leur Maître. Dites-leur que c'est à la crèche qu'ils apprendront de l'Enfant Jésus à être obéissants , doux» simples et dociles. Conduisez-les en esprit au pied de cette crèche, et dites-leur qu'ils ne pourront y entrer qu'en s'eiforçant d'imiter l'Enfant Jésus. Apprenez-leur à offrir à l'Enfant Jésus des cœurs purs , droits, ennemis du mensonge et de l'immodestie. Apprenez-leur à puiser auprès de son berceau un tendre amour, une charité sincère. Apprenez-leur à craindre les menaces et les anathèmes qui partent de cette crèche contre les cœurs orgueilleux, sensuels, désobéissants. Montrez-leur, par votre empressement à courir vous-mêmes à cette crèche , qu'ils ne doivent point rougir des humiliations de l'Homme-Dieu , ni mépriser ses maximes, ni redouter les rigueurs de la pauvreté et des souffrances. Faites-leur comprendre les biens infinis que Dieu nous procure à sa naissance , et les richesses que vient nous assurer ce Roi juste et pauvre. C'est la délivrance du péché , la victoire de nos passions, et une place dans le ciel, que je vous souhaite, au nom du Père, etc.

jours, dites-leur que ce sont les

,

,

62

NAISSANCE DU SAUVEL'R.

SLJL&SISL&SLSLSIJISISLSLSISISLSISLSUISLSUISL^^

POUR LA FÊTE DE NOËL. Sur

le

mystère.

Ewngelizp vobis gaudium magnum.., • Natus

est

qu'il

vous

esl

né aujourd'hui un Sauveur. S. Luc

9

ItfvH*

volris

Sahaior. Je viens vous apporter une heureuse nouvelle

9

(?*}**

2.

Apprendre à un moribond qu'un habile médecin le retirer des portes de la mort et lui rendre une santé parfaite, quelle heureuse nouvelle, M. F. Mais infiniment plus heureuse est celle que l'Ange

ta

ï

apporte aujourd'hui à tous les

hommes,

clans la

personne des bergers. Le démon avait fait, par le péché, des blessures mortelles à notre âme il y avait mis trois passions funestes, d'où découlent toutes les autres l'orgueil, l'avarice et la sensualité. Asservis à ces honteuses passions , tous les hommes étaient autant de malades désespérés, qui n'attendaient plus que la mort éternelle. JésusChrist vient au monde pour détruire cet ouvrage du démon» et pour appliquer des remèdes efficaces aux cruelles blessures que nous a faites cet ancien serpenU II naît dans l'humiliation pour nous guérir de l'orgueil: il naît dans la pauvreté, pour nous guérir de l'attache aux biens de la terre il naît dans les souffrances pour nous guérir de l'ardeur pour les plaisirs des sens. Dès sa naissance, il nous rend donc la vie spirituelle. Enfui pour gagner notre amour , il se revêt des amabilités de l'enfance. Quelle joie doit donc nous causer sa naissance ;

:

,

:

,

,

î

«

EvangelizOç etc. » Grand Dieu! délie?;

merveilles

;

purifiez

ma

mes

langue pour publier vos lèvres pour parler digne-

NAISSANCE DU SAUVEUR.

i\0

ment du mystère de votre naissance donnez-moi ;

ces nobles idées, ces touchantes expressions qu'avaient vos saints, quand ils ont parlé de l'Enfant

adorable qui nous est né. Et vous, M. F., donnez-

moi

votre attention.

La première plaie de notre cœur est l'orgueil dangereuse consiste dans un fonds d'amour et d'estime de nous-mêmes, qui fait que nous n'aimons point à dépendre ni à obéir; que nous craignons tout ce qui nous humilie aux yeux que nous recherchons ce qui peut des hommes nous relever dans leur esprit. Cr, c'est ce que Jésus-Christ combat dans sa naissance par l'hu:

cette passion si

:

,

milité la plus profonde

,

et

par l'obéissance

la

plus

parfaite.

veut dépendre de son Père il veut encore obéir aux hommes, et dépendre en quelque sorte de leur volonté. En effet, l'empereur Auguste, scit par vanité, soit par intérêt, soit par caprice, ordonne

Non-seulement

il

céleste et lui obéir en tout;

dénombrement de

que chaque pardans l'endroit d'où il tire son origine. A peine l'édit est-il publié, que la Sainte Vierge et saint Joseph se mettent en chemin, et Jésus-Christ obéit avec choix et connaissance à cet ordre. Quelle leçon , M. F. un Dieu obéit à ses créatures, veut dépendre d'elles; et nous, nous cherchons toujours de vains prétextes pour nous dispenser de l'obéissance que nous devons à Dieu et aux supérieurs qui tiennent sa place à notre égard! Quel sujet de confusion! Autre leçon que nous fait ce Dieu Sauveur. Après un voyage de plus de quarante lieues,

le

ses sujets, et

ticulier se fasse enregistrer

!

,

NAISSANCE BU SAUVEUR? ih Marie et Joseph arrivent à Bethléem, lieu de leur origine, par le saint roi David. Ne devait-on pas les y recevoir avec honneur? Bien loin de là , tout le monde les rebute, personne ne veut les loger. Voi? donc le Maître de l'univers, le Roi du ciel et de la terre, méprisé, rejeté des hommes, réduit à emprunter des animaux une demeure ! Mon Dieu quelle humiliation! En vérité, vous vous abaissez jusqu'à l'anéantissement. !

M. F., rien ne nous est plus sensible que les les mépris les rebuts ; mais quelque , grands que soient ceux auxquels nous pouvons être exposés, comment oserions-nous nous plaindre, lorsque nous voyons le Fils de Dieu ainsi livré à l'humiliation et au mépris? Apprenons donc de lui à souffrir avec patience et en esprit de pénitence les insultes, les mépris et les contradictions qui peuvent nous arriver, surtout lorsque nous nous trouvons dans l'ordre de Dieu, et dans l'accomplissement de nos devoirs. Enfin, Jésus-Christ, bien loin de chercher ce qui pourrait le relever dans l'esprit des hommes, naît dans l'obscurité, dans l'oubli. Seulement de pauvres bergers, instruits de sa naissance par un ange, viennent lui rendre visite. Après un tel exemple M. F. pourrions-nous avoir de l'ambition , conserver un cœur enflé d'orgueil, rempli de vanité, et désirer l'estime, les louanges et les considérations du monde? Ah! la crèche de Jésus-Christ est une chaire d'où ce divin Enfant nous instruit par une prédication vivante et efficace ; de là il nous crie : Apprenez de moi à être humbles de cœur. Oui, Chrétiens, apprenons, à cette sainte école, à devenir humbles et petits à nos propres yeux,

affronts

,

,

à avoir de

nous-mêmes de bas

sentiments. Aimons

,

NAISSANCE DU SAUVEUR.

65

dépendance, consentons volontiers à vivre dans l'obscurité et dans l'oubli du monde. Craignons les honneurs elles grandeurs du siècle. « N'aimez point ïa

«

toutes ces choses, dit saint Augustin; car

«

permis de les aimer , celui qui s'est fait homme pour l'amour de nous, les aurait aimées. » Telle est la leçon que Jésus-Christ nous donne en

«

s'il

était

entran t dans le monde ; voilà le remède qu'il applique à notre première plaie, qui est l'orgueil. Nous en avons une seconde, qui n'est guère moins dangereuse, c'est l'avarice: je veux dire, l'amour déréglé des richesses et des biens de ce monde. Àh! que celte passion cause de ravages Elle est la source de tous les

C'est, en effet, de ce

parmi

maux,

hommes

les

!

dit saint Paul.

maudit intérêt que viennent

les parjures , les haines procès les querelles , les animosités et la dureté envers les pauvres. Est-il étonnant, après cela, que Jésus-Christ, qui vient sur la terre pour guérir les passions des hommes , naisse dans la plus grande pauvreté , dans la privation de toutes les commodités de la vie? D'abord, il choisit une mère pauvre, et il veut passer pour le iils d'un pauvre artisan; et comme les prophéties ont annoncé qu'il naîtrait de la famille royale de David, afin de concilier cette noble origine avec son amour pour la pauvreté il permet qu'au temps de sa naissance, cette illustre famille tombe dans l'indigence. Il ne s'en tient pas là ; Marie

les injustices les

,

les envies

,

,

,

et Joseph,

maison

quoique pauvres, possèdent une chétive

à Nazareth

;

c'en est trop pour lui;

il

ne

veut pas naître dans un lieu qui leur appartienne; pour cela, il oblige Marie à faire le voyage de

Bethléem, dans le temps précis où elle doit le mettre au monde. Mais du moins dans Bethléem,

,,

NAISSANCE BU SAUVEUR. U$ qui est la pairie de son père David, ne trouvera-t-il pas des parents qui le recevront chez eux? Non, dit l'Evangcliste

et les siens

ne

:

Il

est

venu dans son propre pays Où ira-t-il donc pour

l'ont pas reçu.

se mettre à l'abri des injures de l'air ?

il reste encore dans quelque hôtellerie. Joseph et Marie s"y présentent en effet : mais Jésus, qui a tout prévu, permet que lé concours y soit si grand, qu'ils ne peuvent y trouver place. Aimable Sauveur! est-il donc possible que vous n'ayez pas un lieu où reposer votre tête! Chaste Joseph empressez-vous de trouver une retraite à votre sainte épouse et à son divin Fils. Joseph cherche de tous côtés; enfin il aperçoit une étable... Une étable pour la demeure d'un Dieu! Oui, M. F. c'est là que le Fils de Dieu veut naître. Il ne tenait qu'à lui de choisir les palais les plus magnifiques ; mais il n'en agira pas ainsi: une étable sera son palais; une crèche, son berceau; un peu de paille, son lit; de misérables langes , tous ses ornements ; de pauvres bergers, sa cour. Oh! pouvait-il nous apprendre plus efficacement le mépris que nous devons faire des biens et des richesses de ce monde l'estime et l'amour que nous devons avoir pour la pauvreté et pour les pauvres? Venez à l'étable de Jésus vous , M. F. qui jouisse g des biens de ce monde, et écoutez les salutaires leçons que vous y fait ce divin Enfant ; et si vous ne l'entendez pas encore parier, écoutez son étable, écoutez son berceau et les langes qui l'enveloppent; car tout cela parle, dit saint Bernard et qu'est-ce que tout cela dit? Ce que Jésus-Christ vous dira luimême un jour Malheur à vous , riches qui ne

une ressource

,

c'est d'entrer

,

,

7

,

,

:

:

,

pensez qu'aux biens de votre

cœur! Ah!

îa terre, et qui y attachez

qu'il est difficile

que

les riche* se

,,

NAISSANCE DU SAUVEUR. 47 sauvent! Pourquoi? Parce que les richesses nourrissent l'orgueil, attachent le cœur à la vie présente, ruinent l'amour de Dieu, éteignent les sentiments de compassion pour les pauvres, et qu'elles sont l'instrument de toutes les passions. Priez ce divin Enfant de vous donner l'esprit de pauvreté c'est-à-dire

de détacher votre cœur des biens de

la

terre, de vous faire la grâce d'en user saintement,

pour

l'entretien de son culte et

pour

le

soulagement

des pauvres. Si c'est là l'usage que vous en faites

vous pourrez prendre part à la joie de sa naissance, aussi bien que les pauvres. Je dis aussi bien que les pauvres ; car il faut convenir que la naissance d'un Dieu pauvre est spécialement pour les pauvres un sujet de consolation. Consolez-vous donc, membres indigents de JésusChrist ; ou plutôt réjouissez-vous de votre pauvreté puisqu'un Dieu infiniment riche a voulu devenir pauvre pour nous enrichir par son indigence. Heu reux , dit-il, heureux les pauvres Mais quels pauvres? Ceux qui souflrent la pauvreté en esprit de pénitence, avec soumission à Tordre de Dieu, sans murmure et sans plainte. Car sans cette disposition au milieu de la pauvreté, vous subiriez les malédictions qu'il a prononcées contre les riches. Pauvres, imitez donc Jésus-Christ, votre divin modèle. 11 a souffert les incommodités de la pauvreté avec soumission et même avec joie; et c'est par là qu'il nous apprend à combattre l'attachement que nous avons pour les biens de la terre. C'est par là qu'il guérit la seconde plaie que le péché nous a faite. Il guérit encore la troisième, qui est la sensualité. !

La sensualité consiste dans l'amour déréglé des

NAISSANCE DU SAUVEUR. que l'on goûte par les sens. C'est de cette funeste passion que naissent l'excès dans le boire et le manger l'amour excessif du repos du som-

68

plaisirs

,

,

meil, des aises et des commodités ;^l'oisiveté, la vie molle, l'impureté , le désir des spectacles, de& assemblées profanes; le luxe des habits, des meubles , de la table ; en un mot , tous les plaisirs illicites qui se goûtent par les sens. Que fait notre divin Sauveur pour nous guérir de cette dangereuse maladie? Il naît dans la souffrance et les larmes; il naît durant la nuit, dans la saison la plus rigoureuse de Tannée. A peine est-il né, qu'il est couché sur la paille dans une étable.

Père éternel! était-ce donc là ce que vous prépa? Quand vous créâtes Adam , vous le plaçâtes dans un paradis de délices ; et pour votre Fils bien-aimé , vous remuez tous les ressorts de votre providence pour qu'il manque de tout. Ah Seigneur que vos pensées sont différentes de celles riez à votre Fils

!

,

des. hommes!

Dieu le Père , en réglant de cette sorte de son Fils, et ce Fils adorable, en acceptant une naissance si dure, avaient des vues bien différentes des nôtres. Ils voulaient nous apprendre que nous ne pouvons aller au ciel que par la mortification et la pénitence. Hommes immortifiés, vous qui aimez les plaisirs, qui cherchez vos satisfactions, ah! si je pouvais vous introduire dans rétable de Bethléem, j'espérerais que l'exemple d'un Dieu souffrant ferait sur vous l'impression que mes paroles ne peuvent faire. Pécheurs , vous dirais-je, est-ce là votre Dieu? Vous le croyez. Mais votre conduite ne dit-elle pas le contraire ?11 souffre, et vous ne voulez rien souffrir il se sacrifie pour votre salut il n'épargne rien pour Oui , M.

F.

,

la naissance

!

,

NAISSANCE DU SÂTTF.m. LiO vous le procurer; et vous ne youlez rien faire pour vous sauver C'est surtout dans son service que vous vous épargnez, que tout vous rebute, que tout vous incommode. A peine vous approchez-vous des sacrements à Pâques. Pour les divins offices, à peine vous y voit-on aux jours solennels; encore n'est-ce qu'à la messe : vous n'assistez jamais aux vêpres; cela vous gênerait trop; votre délicatesse en souffrirait. Appartenez-vous donc à Jésus-Christ? Ce Dieu Sauveur s'assujettit aux souffrances ; il verse des larmes , et vous ne cherchez que vos aises , vous évitez avec soin tout ce qui pourrait vous gêner!.... Ah! que les larmes, que les souffrances de ce divin Enfant vous font de terribles menaces! Malheur à vous qui riez maintenant, parce qu'un jour viendra où vous verserez des larmes, et ces larmes seront d'autant plus cuisantes qu'elles ne tariront jamais Leroyaumedes cieux souffre violence; pour le ravir, il faut, nécessairement souffrir et faire pénitence. Pour vous, chrétiens fervents, qui pleurez ou de regret d'avoir offensé votre Dieu, ou de reconnaissance pour l'amour qu'il vous témoigne, approchez avec confiance du berceau de Jésus-Christ, et, en mêlant vos larmes aux siennes, dites avec saint Augustin: aimables pleurs, qui nous font éviter des gémissements éternels! Souvenez-vous que ces larmes vous dirent Heureux ceux qui pleurent maintenant, parce qu'ils seront consolés un jourl Ce souvenir adoucira vos peines; il vous encouragera dans la pratique de la pénitence; il augmentera votre horreur pour les plaisirs de la chair et du monde. C'est le dessein qu'a eu Jésus-Christ, en naissant dans les souffrances. Enfin, en devenant petit enfant, il a voulu se concilier notre amour. Avant la naissance de Jésus-Christ, il paraissait tome vil 3 !

!

:

,

50 NAISSANCE DV SAUVEUR. y avoir trop de distance entre Dieu et l'homme, pour que l'homme osât aimer Dieu d'un amour tendre. Mais le Fils de Dieu, en se faisant homme, et en se réduisant à l'état d'enfant , rapproche cette distance infinie, et nous force à l'aimer, et à l'aimer

jusqu'à îa tendresse; car, qu'y

a-t-il de plus aimable que l'enfance? Aussi, quand je considère mon Dieu devenu petit enfant pour l'amour de moi je ne suis plus maître de lui refuser mon amour. Aimable Enfc it, lui dis-je alors, souffrez que je vous embrasse. Il est vrai que sous ces faibles voiles vous cachez la grandeur, la majesté d'un Dieu; mais puisque, tout Dieu que vous êtes, vous vous êtes fait enfant, permettez que je vous prenne entre mes bras, et que je vous serre sur mon cœur. Anges du ciel , ne vous étonnez point que je traite si familièrement avec mon Dieu. Un Dieu qui, pour gagner mon affection, veut bien devenir enfant, semble permettre à ma tendresse de prendre aujourd'hui l'essor et de l'emporter, en quelque sorte sur le respect qui lui est dû. Non je ne puis, en le voyant clans cet état, me lasser de dire avec saint Bernard Qu'il est aimable ce Dieu si grand , qui, pour l'amour de moi, s'est fait si petit! et que je dois l'aimer tendrement! Car c'est là, M. F. tout ce qu'il prétend dans ce mystère où il ne veut pas se faire craindre, mais se faire aimer. Et comme l'amour établit l'égalité entre les personnes , n'est-ce pas pour nous rendre semblables à lui , qu'il se rend semblable à nous? Esprit de mensonge, la vérité est donc sortie une fois de ta bouche! tu avais promis à nos premiers « Erilis parents qu'ils seraient semblables à Dieu sicut dii: » il ne tient plus qu'à nous de l'être. Oui, M. F., soyons" humbles d'esprit, pauvres de cœur, ,

,

:

,

:

RECONNAISSANCE.

51

nous deviendrons sem-

mortifiés dans les sens

,

blables à Jésus-Christ

notre Dieu.

,

et

Divin Sauveur, accordez-nous cette grâce. Qu'instruits par votre exemple , nous pratiquions l'humi-

de pauvreté et la mortification. Vous petit enfant, qu'aûn que nous puissions devenir hommes parfaits. Vous n'avez souffert d'être enveloppé de langes, qu'afin de nous dégager

lité

,

l'esprit

n'êtes

devenu

des liens du péché. Vous n'avez voulu descendre sur la terre que pour nous élever au ciel ; et le rebut que vous essuyâtes lorsqu on vous refusa une place dans les hôtelleries , nous assurait à nous mêmes une place dans le séjour de votre gloire. Faites que nous l'obtenions , cette place , en vous ,

»

aimant souverainement, ô Dieu d'amour! Ainsi soit-il. SLSLSLSLSUlSISLSISISLSISLSLSISLaJLSLX

JL2JUl5.iLS.AA SL^SUUL^SULSLSLZSLSISISIJLSIX

POUR LE DERNIER DIMANCHE DE L'ANNÉE* Nota. Par ordonnance de Monseigneur l'Evoque, ce dimanche doit être consacré à la reconnaissance pour les bienfaits

nous a accordés pendant Te

Dcum,

et

Sur

il

y aura

la

le

un

que Dieu

chantera

lo

salut après les vêpres.

reconnaissance envers Dieu.

Je bénirai Dieu en tout tarira point sur à la

On

cours de cette année.

mes

temps

lèvres

,

,

et sa

louange ne

disait le Prophète-Roi

vue de tout ce que Dieu a

fait et fait

journelle-

ment pour les hommes « Benedicam Dominum in omnitempore,semperlausejusin orc meo.»Etces :

tendres sentiments de louanges et de reconnais3.

,

bl RECONNAISSANCE. sauce oh! combien le Prophète les sentait croître et s'enflammer dans son cœur, lorsqu'il venait à considérer les faveurs particulières de toute espèce ;

,

chaque instant de

de son Seigneur ton Dieu, et n'oublie jamais les bienfaits dont il ne cesse de te combler. Bénis le Seigneur, et que tout ce qui est en moi exalte son saint nom. Tels doivent être nos sentiments , M. F. , à la vue des bienfaits sans nombre, et généraux et particuliers , que nous recevons continuellement de la qu'il recevait à

Dieu

:

Mon âme,

la libéralité

s'écriait-il, bénis le

bonté de Dieu. S'il ne se lasse point de nous les prodiguer, devons-nous cesser un instant de les reconnaître? Si ces grâces sont continuelles, les sentiments de notre gratitude peuvent-ils ne l'être pas? Entrons dans les sentiments de notre digne Evêque, et consacrons particulièrement ce jour à témoigner à Dieu notre reconnaissance pour toutes les grâces qu'il nous a faites pendant le cours de cette année que nous finissons. Ne nous contentons pas de l'en remercier; prenons de bonnes résolutions pour profiter mieux des grâces qu'il voudra bien nous accorder encore pendant la nouvelle année qui va commencer. C'est à quoi je viens vous

exhorter aujourd'hui.

Lorsque nous considérons l'univers, pouvonsmon nous ne pas nous écrier avec le Prophète Dieu! que vos ouvrages sont merveilleux! votre sagesse reluit en tout ce que vous avez fait ; la terre remplie de vos biens étale à nos yeux votre magnificence Que le Seigneur soit donc glorifié à jamais La Providence nous soutient, nous protège, nous conduit pendant le jour elle veille sur nous pendant :

,

!

;

RECONNAISSANCE. îa

Îr3

nuit ; elle pétrit elle-même le pain que nous

man-

exprime du sein de la terre l'eau et le donné aux fruits et aux plantes, ainsi qu'à la chair des animaux, un suc propre à notre nourriture; et, pour tout dire en un mot, elle pourvoit sans cesse à nos besoins avec une bonté infinie. Les créatures sont comme les messagers qui nous viennent journellement de sa part, et qui mous apportent tous les biens dont nous geons;

elle

vin que nous buvons; elle a

jouissons.

Touchés de cette immense bonté de Dieu les premiers chrétiens ne cessaient de lui exprimer leur reconnaissance. Ils ne se rencontraient jamais sans se dire les uns aux autres: « Deo gralias, » rendons grâces à Dieu. C'était le premier compliment qu'ils se faisaient à tout propos, et en toute occasion. Ah! que nous avons dégénéré de la piété de nos pères! Aujourd'hui, la plupart des chrétiens ne songent point à remercier Dieu, même dans leurs repas. Dans un grand nombre de maisons, l'on se met à table, et l'on en sort, sans donner à Dieu le moindre signe de reconnaissance. Ne pourrait-on pas appliquer à ces gens-là ces paroles d'Isaïe Le bœuf connaît celui qui le nourrit; l'âne connaît la crèche de son maître; et Israël, mon peuple, ne me connaît pas Ils ne daignent pas seulement lever les yeux vers le ciel ; ils rougissent de bénir hautement la main paternelle de Dieu, à la vue des biens qu'il leur distribue et de remuer les lèvres pour dire Seigneur, que votre saint nom soit béni Que îa main droite de mon Seigneur bénisse elle-même la nourriture que je vais prendre S'entretenir de ce qui est bon de ce qui est meilleur de ce qui ne vaut rien, de ce que l'on aime, de ce que Ton n'aime pas ; murmurer quand on n'a pas tout ce que ,

:

!

,

:

:

!

,

,

,

54

RECONNAISSANCE.

Ton voudrait; chercher

ses goûts; contenter nonmais sa gourmandise c'est à quoi se réduisent à peu près les dispositions avec lesquelles on se présente devant Dieu pour prendre

seulement son appétit

,

,

,

nourriture qu'il a préparée. Mais le bénir et lui rendre grâces, il n'en est pas plus question à table ia

qu'ailleurs.

Cela nous arrive

même lorsque Dieu nous accorde

certaines grâces que nous lui avons instamment

demandées. Par exemple la sécheresse l'abondance des pluies , ou d'autres iléaux détruisent-ils les récoltes? on a recours aux prières de l'Eglise ; mais une pluie bienfaisante, un temps serein et propice nous est-il donné? on ne pense plus à vous ô mon Dieu! Une mère, voyant son enfant dangereusement malade, fera des vœux, des aumônes pour obtenir sa guérison. Dieu l'exauce-t-il ? elle ne pense plus à l'en remercier. Réduit à quelque extrémité fâcheuse, ou menacé de quelque malheur, vous vous adressez à Dieu mon C. F. il arrive, à peu près en même temps je ne sais quoi , qui vous paraît la chose du monde la plus naturelle et qui vous tire d'embarras; que dites-vous alors? Sans une telle personne j'étais perdu; si telle chose n'é,

:

,

:

,

,

tait point arrivée, j'étais

l'homme le plus

Eh vous ne voyez pas que !

c'est

à plaindre.

Dieu qui est venu

à

votre secours! Et remarquez, M. F. , que ce défaut de reconnaissance, qui vient presque toujours d'un défaut de réflexion , est une des principales sources de nos quel est celui d'entre nous qui désordres. Car ,

n*aimât Dieu de tout son cœur, qui ne tremblât de lui déplaire , s'il réfléchissait sur cette infinie bonté, qui surpasse toute la tendresse du meilleur de tous les

pères , et toute l'affection de l'ami

le

plus sincère?

MECONNAISSANCE.

même les plus insensibles

55

ne se laissentils pas toucher à force d'attentions, de soins, de caresses et de bienfaits. Si, le matin en vous éveillant, vous pensiez à cette bonté de Dieu qui, pendant votre sommeil, a écarté tous les dangers qui pouvaient vous étouffer au lit, comme tant d'autres si vous regardiez, Je ne dis pas chaque jour, mais chaque instant du jour comme une nouvelle faveur que Dieu vous accorde, puisqu'il peut vous faire mourir à chaque instant, auriez-vous assez peu de cœur pour l'offenser journellement, comme vous faites? Si, à la fin de chaque semaine, et lorsque le dimanche est arrivé, vous disiez en vous-mêmes Nous avons travaillé pendant six jours, qui est-ce qui nous a donné la force et la santé ? qui est-ce qui a fait germer le grain que nous avons répandu sur la terre ? d'où sont venus les fruits que nous avons cueillis? Ah! M. F., si vous faisiez la moindre réLes ccrars

,

,

;

,

:

profaneriez-vous comme vous jour que Dieu s'est réservé pour que vous l'employiez à son service? .manqueriez-vous aux flexion là-dessus

,

,

faites, ce

divins offices? les trouveriez-vous jamais trop longs, ou plutôt, ne voudriez-vous pas rester tout ce jourlà

au pied des saints autels, pour témoigner à Dieu

votre reconnaissance et votre

amour?

Nous sommes naturellement portés à aimer ceux qui nous font du bien il n'est personne qui veuille déplaire à son bienfaiteur et l'insulter , qui ne réponde à ses bienfaits que par des injures. Si donc il y en a tant qui négligent le service de Dieu qui ;

,

l'abandonnent tout à fait, qui méprisent sa loi, qui se moquent de ses commandements, c'est qu'ils ne voient point la tendresse de Dieu pour eux , et qu'ils attribuent les biens dont ils jouissent, ou à leur

,

£6

RBCOSttAISSAKGE;

industrie,

ou

à leur travail

ou au cours ordinaire

,

de la nature.

De là viennent encore nos plaintes et nos murmures lorsque nous n'avons pas tout ce que nous ,

voudrions avoir ou que nous faisons quelque perte. En effet lorsque , me mettant à table, je n'y trouve que du pain ou très peu de chose; lorsque, en prenant mes habits, je les trouve grossiers, usés, ou presque hors de service; si dans ce moment-là je regardais ce pain et ces habits comme une aumône que Dieu me fait, oserais-je me plaindre de ce que celte aumône n'est pas plus abondante ? Vous aviez de beaux troupeaux, M. C. F. , des terres , des prés des vignes qui promettaient beaucoup ; un accident si vous faisiez révient enlever vos espérances flexion alors que ces -troupeaux que ces récoltes ne sont point à vous , mais à Dieu, qui les donne et les reprend quand bon lui semble, ne penseriez-vous pas plutôt à le remercier de ce qu'il veut bien vous laisser, qu'à vous plaindre de ce qu'il vous ôte? Et quand il vous ôlerait tout, vous n'oseriez ouvrir la bouche que pour lui dire avec Job ; Seigneur, vous êtes le maître, et vous ne prenez que ce qui vous appartient. Vous m'aviez donné ces biens par un effet de votre bonté ; c est toujours par cette même bonté que vous m'en privez, parce que celte priva,

,

:

,

,

tion m'étaitnécessaire: Je dis plus, M. F.

:

Que votre saint nom soit béni!

c'est

que,

si

vous reconnaissiez

que tout ce que vous avez est un don de Dieu vous seriez plus fidèles que vous n'êtes au devoir de l'aumône. Seigneur, lui diriez-vous, vous m'avez d>nné, cette année, cinquante mesures de blé, en voici cinq pour vos pauvres vous m'avez donné vingt tonneaux de vin, en voici un pour vos pauvres j'ai gagné trois cents francs sur mon bétail, ,

;

;

,

RECONNAISSANCE.

.

è

ou dans mon commerce, en voici dix pour ves pauvres et pour voire sainte maison. Oui, M. F. , quand vous sacrifieriez, chaque année, une certaine somme au soulagement des misérables et à la décoration des saints autels, vous ne feriez que rendre à Dieu une portion de ce qu'il vous donne. Et certainement vous seriez plus charitables, plus religieux , si vous regardiez vos possessions et vos

revenus comme une aumône que Dieu vous fait, dont il peut vous priver aussitôt, et de telle manière que bon lui semblera. En regardant tout ce ce qui est à votre usage comme une aumône que Dieu vous fait, vous vous écrieriez Mon Dieu que vous êtes bon En prenant vos habits en vous mettant à table, en ramassant votre récolte vous ne pourriez vous empêcher de dire Mon Dieu que Quand vous ne je vous dois de reconnaissance cueilleriez qu'un fruit, la branche où il est attaché vous paraîtrait comme la main de Dieu qui vous l'offre et qui vous la donne ;et vous baiseriez celte aimable main qui vous présente des Heurs dans un temps, des fruits dans un autre, et régulièrement 7 chaque jour, votre nourriture et vos vêtements. Avec cette façon de penser, vous ne vous plaindriez jamais, quelque perte que vous fissiez. Prenez, Seigneur, diriez- vous ; prenez, emportez tout ce qu'il vous plaira voulez-vous mes troupeaux voulez-vous ma récolte, mes enfants, ma santé? vous en êtes le maître. Tout est à vous je n'aurais qu'un peu de pain , eh bien je le mangerais en vous bénissant, et en baisant la main qui me le donne. Oui M. F. , avec cette façon de penser, vous seriez toujours contents, vous serviriezDieu de bon cœur ? vous lui demeureriez fidèles dan s toutes les épreuves, vous seriez toujours reconnaissants de ses dons.. et

!

:

,

!

,

!

:

!

:

;

!

,

RECONNAISSANCE.

88 Et

si telle

doit être notre reconnaissance

pour

les

biens temporels dont nous lui sommes redevables, que sera-ce des biens spirituels qu'il répand sur

nous avec encore plus de profusion et de magnificence! C'est ce que je dois encore vous rappeler.

Moïse, peu de jours avant sa mort, rassemble les et , après avoir remis sous leurs yeux les bienfaits et la tendre prédilection de Dieu, qui les avait, choisis parmi toutes les nations de la terre pour en faire son peuple bien-aimé, il les accable des reproches les plus sanglants, et les menace de tous les malheurs qui devaient être , qui furent en effet , et qui sont aujourd'hui la juste punition de leur ingratitude. Le cantique vraiment divin qu'il prononça à cette occation, et qui est un des plus beaux morceaux de l'Ecriture , nous regarde encore plus que les Juifs j'y ai puisé quelques réflexions dont j'espère que vous serez touchés. Nous avons le bonheur d'être chrétiens et de vivre dans le sein de l'Eglise catholique. Est-ce par hasard? Non, M. F. mais par un choix spécial de la divine Providence. Remontez d'une génération à l'autre, jusqu'au temps où Dieu séparait les différentes nations ; descendez ensuite de génération en génération, et voyez la main de Dieu vous conduire à travers les siècles , fixer le temps et le lieu de votre naissance vous tirer de la masse et vous mettre au nombre de ceux qu'il avait choisis et appelés pour enfants d'Israël

;

;

,

,

, avant même la création du monde. Ah vous pouviez interroger vos ancêtres; si vous pouviez comprendre toutes les voies par lesquelles vous êtes arrivés au baptême , par lesquelles la Providence vous a- conduits jusqu'à ce moment

être saints

si

!

ïtèCOXXAISSAlVCE.

B9

heureux Où vous avez été enfantés en Jésus-Christ, où votre âme a été enrichie du don précieux de la foi et

de la grâce!

Après avoir écarté tous les accidents qui auraient pu vous étouffer, comme tant d'autres, dans le sein de vos mères, le Seigneur, aussitôt que vous en avez été sortis, vous a reçus dans ses bras il a mis sur vous sa main paternelle, en vous disant Vous êtes à moi « Meus es tu. » Dès ce moment, il ne vous a jamais perdus de vue>> il vous a fait instruire de sa sainte loi. A l'âge de dou :e ou quinze. ans, vous avez été plus éclairés sur la connaissance du vrai Dieu et de vos véritables devoir? que ne l'étaient les philosophes païens après uiî^ vie entière d'études et de recherches. Ses pastei:.rs n'ont cessé de vous instruire d'âge en âge, et il a lui-même veillé sur votre âme comme sur la prunelle de son œil. Le Seigneur, faisant sortir son peuple de l'Egypte, et le conduisant par des voies miraculeuses dans la terre promise se compare à un aî(?le qui vole au;

:

:

,

,

dessus de ses petits, les excite à voler, étend ses ailes , les prend et les porte sur r 3s épaules « Expandit alas suas. » N'est-ce pas :e que Jésus-Christ :

a fait pour nous? Ne vous seuflble-t-il pas le voir élevé en croix, étendant les bras pour nous recevoir, nous excitant, par ses leçons et par ses

exemples élever au

,

à

nous détacher de

ciel

la terre

,

et à

nous

avec lui?

Les Israélites furent établis, par une faveur singulière de Dieu, dans le pays de Chanaan, pour y sucer, dit l'Ecriture, le miel excellent qu'ils trouveraient dans les trous de la pierre ; pour se nourrir de la plus pure fleur du froment, et pour boire le vin le plus exquis. Ce n'est ici qu'une faible image des biens spirituels dont non.s gommes rassasié»



RECONNAISSANCE.

dans le sein de l'Eglise. N'est-ce pas là que nous trouvons, que nous suçons le vrai miel, les vraies consolations dans les plaies de Jésus-Christ? N'estce pas là que nous sommes nourris du froment des élus , du vin délicieux qui fait la vraie joie de

l'homme

,

je

veux dire du corps

et

du sang de notre

Sauveur? Qu'est-ce que Dieu pouvait faire de plus pour nous? Lorsque le prophète Nathan fut envoyé vers David pour le reprendre de son péché, il lui dit: Ecoutez, prince, voici ce que dit le Seigneur Je vous ai sauvé des mains de Saûl pour vous faire régner à sa place je vous ai donné tous ses biens et toutes les richesses de la maison de Juda et d'Israël: que si vous comptez cela pour peu, ajoutat-ii, je suis prêt à vous en donner bien davantage. Mais, à nous, ô mon Dieu, que pouvez-vous donner de plus? En nous donnant votre Fils, en nous faisant membres de son corps, n'avez-vous pas en quelque sorte épuisé les trésors de votre miséricorde? Cependant, M. F. où est notre recon naissance? pensons-nous à remercier Dieu de tant de bienfaits ? ou plutôt, quel mépris quel abus n'en :

;

,

,

faisons-nous pas!

Quel cas, quel usage faites-vous de la parole de Dieu que nous vous annonçons si souvent ? Ah combien de malheureux qui ne connaissent pas Jésus-Christ, à qui saparole n'a jamais été annoncée, •

et qui deviendraient des saints, s'ils avaient seule-

ment

les miettes de ce pain sacré que nous vous prodiguons ici et que vous laissez perdre! Quel usage faites-vous de la confession? Hélas! la plupart s'approchent à peine une fois l'année ùe ce tribunal de miséricorde où Jésus-Christ appelle les pécheurs -pour leur pardonner et peur ltui* ,

,

,

RECONNAISSANCE, &l rendre l'innocence qu'ils ont perdue. Quel usage faites-vous de la sainte communion et de la sainte messe? S'il n'y avait dans tout le monde chrétien qu'une seule église où l'on célébrât cet auguste sacrifice, où l'on consacrât , et où il fût permis de visiter et de recevoir le corps et le sang de JésusChrist, nous porterions une sainteenvie à ceux qui seraient à portée de visiter souvent cette église, d'assister tous les jours à ce divin sacrifice , et de nourrir leur âme du pain des anges. Nous avons ce bonheur: qui est-ce qui en parait touché? qui estce qui sentie prix d'un si grand bienfait? Combien parmi ceux qui m'écoutent, qui paraissent faire plus de cas oserais-je le dire? de leurs troupeaux que de Jésus-Christ! Il les visitent plusieurs fois le jour, et Jésus-Christ, il le visitent à peine le dimanche. Si le dimanche n'arrivait qu'à la fin de chaque mois, ils ne paraîtraient ici qu'une fois ie mois. Si la messe n'était d'obligation qu'une fois dans l'année, ils en feraient comme des pâques, ils n'y viendraient qu'une fois l'année. peuple ingrat quel jugement vous préparez-vous Lorsque Dieu viendra juger le monde, un juif, un idolâtre, un mahométan pourra dire Ah! si j'avais eu le bonheur de vivre dans le sein de l'Eglise catholique! si j'avais été chrétien! si j'avais reçu les grâces qu'avait ce peuple choisi! Vous les avez, M. F., ces grâces, ces faveurs de prédilection; mais, encore une fois, quel usage en faites-vous? où est votre reconnaissance ? Mais pensez-vous que votre ingratitude demeurera impunie? Il viendra un temps où Dieu vous arrachera, dans sa colère , ces biens dont vous av?>z si peu de reconnaissance, et que vous faites mémo servir au péché. Je ne dis pas que la sécheresse 3 ,

,

î

!

:

RECONNAISSANCE.

f)2

tempête, les maladies, viendront fondre sur tous tout cela n'est rien quoique tout cela soit la justepunition de votre ingratitude; mais un temps viendra où les richesses de sa grâce, dont vous faites si peu de cas , vous seront enlevées. Que dis-je? elles diminuent chez vous d'un jour à l'autre, à mesure que vous les méprisez. Comme Dieu les multiplie en faveur de ceux qui les reçoivent avec reconnaissance, il les retire aussi peu à peu à ces âmes ingrates qui ne sont touchées de rien, et à qui il a prodigué inutilement la rosée du ciel et la graisse de la terre. Il s'éloigne de vous insensiblement à la fin il vous abandonnera tout à fait. Voilà les terribles effets de l'ingratitude. Pénétré de cette terrible vérité ou plutôt, touché de la bonté infinie de Dieu, un vrai chrétien fait de la reconnaissance un de ses principaux devoirs. Il ne passe aucun jour sans bénir le Seigneur de ce qu'il a le bonheur de vivre dans le sein de l'Eglise les inondations, la grêle, la

et tous les fléaux de sa justice :

,

,

:

,

catholique. Les réllexions qu'il

fait

là-dessus l'ex-

citent fortement à profiter de tous

que

les

avantages

cette sainte religion lui procure, et à recueillir

le fruit

des grâces qu'elle lui

communie souvent

offre.

Il

se confesse

ne laisse pas mourir de faim son âme, tandis qu'il a journellement à sa et

;

il

disposition la table des anges.

tous les jours

,

Il

assiste à la

autant qu'il peut, sans

messe

manquer aux

des semaines maison de Dieu. Il écoute toujours sa parole avec un nouvel empressement; il la reçoit, il la conserve soigneusement dans son cœur, il la pratique. Ce sont là les fruits, les marques, les preuves de sa reconnaissance. Quand serai-je dans ces dispositions, union Dieu devoirs de son état

;

il

n'est pas

entières sans entrer dans la

!

SAINT NOM DE JÉSUS. CS Ah! ne permettez pas que je sois plus longtemps insensible aux bienfaits sans nombre dont vous Touchez attendrissez m'avez comblé jusqu'ici mon cœur, déliez ma langue, afin que je publie sans cesse vos louanges, afin que j'aie pour vous !

,

toute la reconnaissance qu'exigent vos bontés à mon égard. Mais, Seigneur, que puis-je faire pour cela?

En user de la manière dont vous voulez que j'en use, c'est-à-dire pour ma sanctification et pour votre gloire, vous offrant continuellement un sacrifice de louanges en cette vie, en attendant que je vous glorifie à jamais dans le ciel. Ainsi soit-il.

POUR LE JOUR DE LA CIRCONCISION. Sur Vocatum

est

le saint

nomen

nom de

ejus Jésus.

On

Jésus.

l'appela Jésus. S. Luc

9

2.

Mes chers Paroissiens , plus les liens qui m'unissent à vous se resserrent et se fortifient , plus je sens mon zèle et ma tendresse s'augmenter pour vous. Je n'ai donc qu'à laisser parler mon cœur, pour vous assurer combien vous m'êtes chers et avec quelle ardeur je désire votre salut dans tous les temps , je vous en ai donné des preuves au commencement de cette nouvelle année je vous en réitère l'assurance, et je vous promets de travailler avec un nouveau zèle à votre sanctification à l'éducation de vos enfants, au soulagement des pauvres et des malheureux, de faire, en un mot, tout ce qui dépendra de moi pour vous conduire au ciel. Mais, pour remplir tous ces engagements, j'ai ,

:

;

,

,

,

SAINT NOM DE JÉSTJS» besoin d'une grande force et de grâces particulières*" Je les trouverai, ces grâces et ces forces, dans le &?l

saint nom de Jésus que reçoit aujourd'hui notre divin Sauveur. C'est aussi dans ce nom sacré et

tout— puissant que vous trouverez vous-mêmes, C. F. , les grâces qui vous sont nécessaires pour

M.

profiter de salut

;

mon ministère, et pour opérer votre nom de Jésus est infiniment avanta-

car le

geux aux hommes, en

môme

ment glorieux au Sauveur.

temps

qu'il est infini-

C'est sur quoi je vais

vous entretenir aujourd'hui. Ecoutez-moi avec une nouvelle attention. Esprit-Saint, sans vous nous ne pouvons prononcer ni adorer , comme il faut, le saint nom de Jésus. Eclairez-nous de vos lumières pour en approfondir les admirables propriétés, et embrasez-nous de vos ,

ardeurs, pour en ressentir les précieux avantages.

Le

nom

de Jésus est infiniment glorieux au Sau-

veur. Pourquoi? Parce qu'il inspire pour JésusChrist

adorer

un profond

comme

respect

le Fils

,

qui doit nous

de Dieu; aimer

Rédempteur des hommes; imiter comme

le faire

comme le

le

modèle

de toutes les vertus. Je m'explique. Tirer les hommes de l'esclavage du péché , les délivrer des peines de L'enfer f leur ouvrir la porte du ciel, fut-il jamais rien de plus grand? Non, M. F. il n'est rien aussi de plus glorieux , puisqu'il ;

n'est rien qui

suppose plus de grandeur

de de Jésus. Moïse avait bien, avec le secours de Dieu délivré le peuple juif de l'esclavage des Egyptiens mois, pour délivrer tous les peuples A n monde de et plus

puissance. Or, voilà ce qu'exprime le saint

nom

;

l'esclavage du

démon,

il

fallait

un bras tout-puis-

SAINT NOM DE JÉSUS.

65

bras d'un Dieu. Et voilà ce qu'a fait Jésus-Christ, et ce qu'il a fait en conséquence do son nom de Jésus, puisqu'il n'a reçu ce divin nom sant

,

il

fallait le

que parce qu'il devait délivrer son peuple de ses péchés, dit l'ange à saint Joseph, Mais comment a-t-il opéré cette heureuse délivrance ? Ah M. F. c'est ici que nous devons éclater en actions de grâces à la vue du prix inestimable qu'a donné pour nous ce divin Rédempteur. Il ne nous a pas rachetés, dit saint Pierre, au prix de l'or et de l'argent mais au prix de son propre sang. Et quoique une goutte de ce sang précieux eût sulïi pour le rachat de tons les hommes, afin de faire abonder la grâce où le péché avait abondé, afin de nous faire en quelque sorte abonder nous-mêmes en reconnaissance et en amour, il a versé ce sang adorable jusqu'à la dernière goutte il l'a versé dans les douleurs les plus cruelles; il l'a versé dans les ï

,

,

,

;

dernières ignominies.

mon Seigneur! que vous méritez à juste titre nom de Jésus, et qu'un nom qui vous a coûté si cher, doit bien me faire comprendre le désir que vous avez de mon salut! Permettez-moi le

doux

de vous dire avec saint Bernard: «

me

dois tout entier à vous

«

Seigneur,

si je

pour m'avoir créé,

que vous donnerai-je pour m'avoir racheté et surtout pour m'avoir racheté d'une manière si « admirable? » M. F., Jésus-Christ ne veut, en reconnaissance d'un si grand bienfait, que notre amour. Aimons-le donc de tout notre cœur bénissons-le mille et mille fois de l'amour infini qu'il nous a témoigné en mourant pour chacun de nous. Quelle ingratitude, si nous ne l'aimions pas! Ah! qu'a-t-il pu faire qu'il n'ait fait pour mériter notre amour tout notre cœur? Donnons-le lui donc sans «

,

«

:

,

,

SAINT NOM DE JÉSUS. 66 réserve; il lui appartient. Si, comme Dieu, il mérite nos adorations, comme Sauveur ne mérite-t-il pas

notre tendresse?

Que n'ai-je pour le nom de Jésus toute la tendresse que ressentait le dévot saint Bernard! je me ferais un devoir de vous en communiquer quelque chose. Je vous dirais... Mais laissons-le parler luimême, ce saint Docteur; ses paroles sont si touchantes, qu'il est impossible de n'en être pas pénétré. «

a

aimable nom de Jésus! s'écrie-t-il , ô nom infiniment digne d'être béni de tous les hommes !

«

vous êtes un parfum répandu de toutes parts; vous êtes un miel délicieux à la bouche à l'oreille, une mélodieuse harmonie; au cœur, une joie

«

inexprimable.

« «

;

Ce

nom

,

»

ajoute le saint Docteur, exprime les

qualités les plus aimables.

En

effet

,

Jésus signifie

père le plus tendre, ie médecin le plus charitable le maître le pius éclairé, l'ami le plus constant. Oh que le Prophète avait bien raison de s'écrier Seigneur! que votre nom est admirable Que l'Apôtre avait bien raison de souhaiter que, dans le ciel sur la terre et dans les enfers, tout genou fléchît pour lui rendre hommage! Mais hélas qu'il s'en faut que sur la terre on rende à ce divin nom tout l'honneur qui lui est dû! Dans le ciel, on l'honore; dans les enfers, on le redoute ; et sur la terre , on le blasphème Oui Seigneur, c'est un aveu que je suis forcé de faire, à le

:

!

!

,

,

!

!

la

honte des chrétiens. Oui, parmi

se trouve des

hommes

les chrétiens,

il

assez malheureux pour blas-

votre saint nom. Quelle horreur! Tachons, M. F., tâchons de dédommager, par nos louanges et par nos bénédictions, le saint nom de Jésus, des outrages qu'P ^çoit sur a terre. Disons sans cesse

phémer

T

>

SÀIKT NOM

I)E

JÉSUS.

67

Psalmiste Que le nom du Seigneur soit béni! qu'il s vit béni dans tous les siècles! qu'il soit béni par tous les anges! qu'il soit béni par toutes les créatures qu'il soit béni, parce qu'il est le plus

avec

le

:

!

sublime de tous les noms! Car il exprime que Jésus-Christ est Dieu; il nous apprend ce qu'il a t'ait pour nous sauver. Il signifie encore le modèle le plus parfait de toutes les vertus. grand,

le plus

SiJésus-Christ se fût contenté debriser nos chaînes

de nous ouvrir que nous racheter

et

du ciel, ce n'eût été demi. Pour nous faire la grâce

les portes à

nous montrât le chemin qui et pour nous engager à y marcher , il fallait qu'il y marchât lui-même à notre tête. Il y a marché, en effet, M. F. et, pour arriver S cet heureux terme nous n'avons qu'à imiter ses vertus. Oh! quelles vertus Jésus-Christ a pratiquées pendant toute sa vie quelle pauvreté dans sa naissance! une étable, une crèche, de pauvres langes: voilà tout son bien! Quel abaissement dans sa circoncision Il s'y confond avec les pécheurs et laisse entière,

il

fallait qu'il

pouvait nous y conduire

;

,

,

!

!

,

un d'entre eux. Quelle obéissance dans sa vie cachée! il est soumis jusqu'à l'âge d<* trente ans à Marie et à Joseph. Et quand il quitte croire qu'il est

cette vie

cachée pour paraître en public, quelle

mortification ne montre-t-il pas dans son jeûne!

quelle ferveur dans ses prières! quelle affabilité

dans ses entretiens ! quelle charité ! quelle douceur! quel zèle! Mais où sa vertu parut avec plus d'éclat ce fut sur le Calvaire. Oui, Chrétiens, c'est là spécialement que nous

devons chercher Jésus-Christ, le modèle de toutes mais de toutes les vertus pratiquées dans il le degré le plus parfait. Patience invincible endure les plus cruelles douleurs sans se plaindre les vertus,

:

,

SAINT NOM DE JESUS. 63 de ceux qui les lui font souffrir. Charité héroïque

:

va même jusqu'à les excuser sur leur ignorance. Humilité profonde: il se voit confondu entre deux scélérats , et regardé comme le plus coupable des trois. Obéissance prodigieuse il l'observe jusqu'à souffrir la plus douloureuse et la plus infâme de toutes les morts. Pouvait-il porter plus loin la pratique de toutes les vertus ? Non M. F. et Ton peut dire que Jésus-Christ sur la terre, a fait la fonction de Sauveur autant par la force de ses exemples que par le mérite du sang qu'il a répandu pour notre salut. Mais de quoi nous servirait qu'il nous eût donné et ses exemples cl son sang, si nous ne voulions pas l'imiter? Ne le permettez pas, Seigneur: le titre de Sauveur vous a engagé à pratiquer la vertu; que le désir d'être sauvés nous engage à la pratiquer nous-mêmes, à marcher fidèlement sur vos traces Tel est, M. C. F. le fruit que nous devons retirer du saint nom de Jésus, qui est un nom infiniment glorieux à Jésus-Christ. 11 est encore infiniment il

pardonne

bourreaux,

à ses

et

:

,

;

,

!

,

avantageux aux hommes.

Le nom de Jésus doit nous être d'autant plus cher que nous y trouvons lès plus grands avantages, et pour le passé, et pour le présent, et pour l'avenir. Pour le passé, c'est un mémorial qui nous remet devant les yeux ce qu'est Jésus-Christ, ce qu'il a souffert pour notre salut. En le prononçant avec une foi vive on se rappelle celui qui engendré de toute éternité dans le sein de Dieu a voulu dans le temps prendre notre nature dans le sein d'une vierge naître dans une établc, être circoncis huit jours après sa naissance, enseigner aux hommes une loi ,

,

,

,

69 SAINT NOM DE JÉSUS.en pratiquer lui-même tous les points, et enfin souffrir et mourir pour les racheter. Oh! que de merveilles dans un seul mot! et qu'heureux sont ceux qui, l'ayant toujours gravé dans la mémoire, peuvent à chaque instant avoir les principaux mystères de la religion présents à l'esprit! Ils se souviendront de votre nom, Seigneur, disait autrefois David, et c'est pour cela qu'ils ne cesseront de sainte,

chanter vos louanges.

(Ps. kh.)

cependant, combien y a-t-il de chrétiens qui ne pensent presque jamais à cet aimable nom, et de qui l'on pourrait dire ce que Moïse disait autrefois des Israélites, qu'ils ont oublié le Dieu qui les Tîélas!

a

sauvés! M. F.

,

n'augmentons pas le nombre de ces chrénous n'avons pas le courage qu'ont

tiens ingrats. Si

le saint nom de Jésus sur leur poitrine, gravons-le du moins dans notre mémoire, et n'en perdons jamais le souvenir

eu quelques saints , de graver

Alors quelles grâces ne répandra-t-il pas, pour le

présent, dans nos âmes!

Le nom de Jésus, dit saint Bernard, est une lumière qui nous éclaire: c'est par cet adorable nom que les apôtres ont éclairé et converti l'univers, il est encore une nourriture qui nous soutient dans cette misérable vie, et qui nous fortifie dans toutes les tentations. Enfin, c'est

un remède qui guérit En effet si quel-

toutes les maladies de nos âmes.

,

qu'un est triste, ajoute le saint Docteur, qu'il invoque le saint nom de Jésus et sa tristesse se dissipera. Si la vue de ses fautes le désespère, qu'il invoque le saint nom de Jésus , et il éprouvera une sainte confiance qui le consolera. S'il a le cœur dur et insensible aux choses du ciel, qu'il invoque le nom de Jésus et ce divin nom de Jésus l'attendrira TamullU a le liquéfiera. ,

,

,

70

<

En quelque

SAINT NOM DE JÉSUS. situation

ayons donc recours au

que nous puissions être, de Jésus. Dans les ten-

nom

tations violentes contre la sainte vertu de pureté,

invoquons le nom de Jésus , sous la qualité d'amateur de la chasteté « Jesu, amator castitatis. » Dans la colère ou l'impatience, invoquons-le sous le titre de Jésus doux de cœur, de Jésus très patient « Jesu :

:

mitis corde, Jesu patientissime.

»

Dans ces

faiblesses

contre lesquelles nous combattons depuis longtemps, sans pouvoir les vaincre , invoquons-le sous le titre de Dieu fort: « Jesu, Deus fortis; » et ce divin Sauveur ne tardera pas à nous secourir; il nous convaincra de la vérité de ce que nous dit le Saint-Esprit Que quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé. Gui, M. F., fût-ce le plus criminel ,-e plus perdu des hommes, s'il invoque avec foi ce saint nom et qu'il fasse une bonne confession, il sera sauvé, puisque Jésus signifie Sauveur, et que ce divin Sauveur nous apprend luimême qu'il est venu sauver ce qui était perdu. Pécheurs qui que vous soyez, adressez-vous donc à Jésus-Christ, et diies-lui , avec toute la foi et la confiance du Roi pénitent: Seigneur, en considération de votre saint nom, vous me pardonnerez mes péchés... Oui, M. F., il vous les pardonnera. Et pour l'avenir il sera encore le gage de votre heureuse éternité. Gage précieux que l'Eglise accorde aux fidèles, dans le moment critique où ils sont près de sortir de ce monde. Jésus, Jésus, fait-elle dire au mourant; et elle l'assure que, s'il prononce ce saint nom avec foi et confiance, il obtiendra le bonheur éternel , que ce divin Sauveur nous a acquis au prix de tout son sang. « Quand je serai au lit de la mort, disait saint « Bernard, j'oserai, ô mon Dieu! vous sommer de :

,

,

SAINT NOM DE JÉSUS.

7i

tenir votre parole, et de m'accorder, au

nom

do « Jésus, la vie éternelle. Je conviens, ajoute ce « Saint, que je ne mérite pas d'entrer au ciel, et « que, si je n'avais que mon mérite à vous offrir, « vous pourriez me le refuser; mais Jésus-Christ «l'a mérité pour moi et c'est au nom de Jésus que « je vous le demande, que j'espère l'obtenir; et au « nom de Jésus , vous ne pouvez me le refuser. » Que nous serons donc heureux, M. F., si nous savons, à ce dernier moment, invoquer comme il faut le saint nom de Jésus Je dis l'invoquer comme il faut ; car il ne suffît pas de le prononcer de bouche. Tous ceux, dit Jésus-Christ, qui disent Seigneur, Seigneur n'entreront pas pour cela dans le royaume des cieux mais seulement ceux qui, en réclamant ce saint nom, feront en même temps la volonté de mon Père céleste. Il faut donc le prononcer avec une foi vive, avec un respect profond, avec une tendre confiance , avec une vraie douleur de nos péchés, avec un désir sincère d'observer les divins commandements. Mais, pour apprendre à le prononcer de la sorte à l'heure de la mort, il faut le faire souvent pendant la vie. Faites-le donc à présent, M. F. avec un cœur pur; et, au lit de la mort quelque pécheur que vous ayez été dites avec foi et amour ces trois mots: « Jesu ,refugiumnostrum » «

;

!

:

,

;

,

,

:

Jésus, notre refuge; et votre salut est assuré. Le Saint-Esprit nous l'enseigne: Quiconque invoquera

nom du

Seigneur , sera sauvé. Dieu! ce que nous sommes résolus de faire; et, pour apprendre à invoquer le saint nom de Jésus utilement à l'heure de la mort, nous tâcherons, pendant la vie, d'imiter ses vertus, et nous ne cesserons de dire avec saint Augustin : « O « bon Jésus! soyez- roi toujours Jésus, et sauvezle

€'est,

ô

mon

i':.

S Ai NT NOM DE JÉSUS, bone.Jesu, semper csto mihi Jésus,

«

moi:

«

salva nie.

et

»

C'est par cet adorable nom, ô mon Dieu! que je vous conjure de répandre vos bénédictions sur ma paroisse pendant cette nouvelle année. Bénissez les pères et mères afin qu'ils soient le modèle de leurs enfants. Bénissez les enfants afin qu'ils deviennent la consolation de leurs parents. Bénissez nos magistrats, afin qu'ils détruisent les abus, maintiennent le bon ordre, et que, les premiers à remplir les devoirs de la religion, ils soient l'édification un peuple, comme ils en sont les chefs. Bénissez la jeunesse, afin que ses mœurs soient pures et décentes. Bénissez-moi aussi ô mon Dieu afin que je sois un pasteur selon votre'cœur, et que je conduise dans les voies du salut ce troupeau que vous m'avez confié. Quoique je ne sois que cendre et poussière, j'oserai encore parler à mon Seigneur et mon Dieu, Grand Dieu , faites triompher votre Eglise par toute la terre. Ayez aussi pitié de la France. Rétablissez la foi, la religion, la piété dans le cœur de tous les Français. O Dieu de saint Louis affermissez notre roi sur le trône; conservez son auguste fa,

,

,

!

!

mille; éclairez et conduisez ses ministres et ses conseils, animez-les de votre Esprit, afin que la France redevienne votre héritage chéri, et soit à

jamais

le

royaume

Ainsi soit-iL

très chrétien*

,

DEVOIRS DE TOCS LES ÉTATS.

75

POUR LE PREMIER DIMANCHE DE L'ANMÉE. Sur les devoirs de tous Craiia Domini nostri Jesu Christi

les étais*

cum omnibus

vobis.

Qu3

la

grâce de Noire-Seigneur Jés us-Chris l soii avec vous tous. Rem., 16.

Permettez-moi, M. C. P. , de vous faire aujourd'hui ce souhait de saint Paul; de vous souhaiter une bonne et heureuse année! Vingt-quatre ans de dé-

vouement à votre service et à votre nent un gage certain de l'affection de vous,

et doivent sans

salut vous don-

mon cœur pour

doute m'assurer du juste

retour de la vôtre pour moi. Ah! puissent, en ce

jour nos cœurs s'unir et s'attacher de plus en plus le mien aux vôtres par un redoublement de zélé ,

:

pour votre sanctification, et d'exactitude à remplir mes devoirs envers vous et les vôtres au mien par plus de docilité de votre part à mes avis, par plus de fidélité à les mettre en pratique! Voilà ce qui fera pour vous et pour moi une bonne, une heureuse année. Or, pour y réussir, rappelons-nous aujourd'hui nos obligations respectives, nos obligations générales et particulières. Ce sera la matière de cette instruction. Ecoutez-moi, M. F. ou plutêt que ce soit un plus grand maître que moi, qui vous parle et vous enseigne aujourd'hui. Tout ce que je vais vous dire je l'ai puisé dans les Epîtres de saint ;

,

,

,

Paul, notre guide, notre oracle, notre apôtre. Ecoutez donc votre apôtre, le prédicateur et te docteur des gentils,

TOME vu.

,,

DEVOIRS Parcourons les Epîtres de saint Paul nous y verrons les véritables règles de conduite, les devoirs

Ih

:

du monde,

respectifs des diverses conditions

chacun de nous dans son

état.

Gomme

la

et do matière

est abondante, je m'arrêterai peu sur chaque article; vos réflexions y suppléeront. Que toute personne soit soumise aux puissances »

spécialement à

S.

M. royale

:

«

Régi quasi prœcel-

(Rom. 13) La souveraine puissance des rois est une émanation de celle de Dieu, qui les a élevés à cette éminente dignité pour présider au gouvernement des états, pour juger les peup les pour les

lenti. »

,

tenir dans Tordre et le devoir.

leurs prérogatives sont l'autorité

Conséquemment suprême,

le

pou-

voir législatif, la vindicte publique. Et nous leur

devons l'hommage

,

l'obéissance

,

la fidélité

,

le

service et le tribut. «

Sive ducibus.

inférieurs, des

une

»

L'autorité subalterne des chefs

commandants, des magistrats,

participation de celle des souverains.

On

est

leur

doit donc honneur, respect, soumission en ce qui concerne leur ministère et l'ordre public. Cette soumission au prince et à ses ministres ne doit pas être une dépendance seulement servile ajoute l'Apôtre , une obéissance dirigée par la crainte; mais une vertu fondée sur la religion et sur une obligation de conscience, parce que celui

qui résiste à la puissance légitime

,

dit-il

,

résiste à

Dieu même, en se révoltant contre l'ordre établi, et par conséquent, s'acquiert un juste sujet de condamnation. Soyez un exemple de bonnes œuvres , écrit saint Paul à Tite. Tite était un évêque, et clans sa personne sont compris tous les prêtres et tous les pasteurs. D'où il suit que les mêmes qualités, les mêmes

,

DK

7H

TOITS LES ÉTATS.

rerîus que l'Apôtre désirait dans son cher disciple, conviennent pareillement à tous les ministres de la religion, chargés par état qu'ils soient

bien

,

,

du

salut des âmes.

lumière du troupeau

la

,

Il faut,

l'exemple du et l'édification des

autant qu'il se peut

,

fidèles. «

Exemplum bonorum operum.

»

L'exemple du

bien , en se mettant à la tête des bonnes œuvres , en procurant des secours aux pauvres , en pacifiant les familles

,

en réconciliant les ennemis, en consolant eu visitant les œaîaôes, en assistant les

les affligés,

mourants.

La Vjmière du troupeau, parleur j, parleurs instructions, par leurs remontrances, par leurs prédications. « In gravitate. » L'éduication des fidèles , par la pureté de leurs mœurs, par la décence, a aiodestie* la gravité et la sagesse de leur conduite. Je ne vous cache point mes obligations M. C. F. afin qu'en voyant quelle en est retendue vous priiez pour moi pour que je sois fidèle à les remplir; et que, de votre côté, vous ne murmuriez point, lorsque je les remplis à votre égard. «

In doctrvaa.

»

science, par leurs cet) sel;

J

,

,

,

Qu'est-ce que l'Apôtre lards

?

La sobriété

,

la

recommande aux

pudeur

et la patience

:

«

vieil-

Senes

sobrii. » Un faible assez ordinaire aux vieillards, es» d'aimer un peu à &o ranimer par la liqueur du vin et à se consoler de la privation des autres plaisirs par celui-là, qui peut aisément dégénérer en excès pour eux. L'Apôtre les avertit de se tenir en garde contre les dangers de cet attrait, qui leur serait

infiniment nuisible. « Pudici. » C'est aussi un défaut de ceux dont la jeunesse n'a pas été bien réglée, de conserver un teste d'habitude et

de goût pour les discours libres 4.

DEVOIRS pudeur. Ah qu'ils fassent attention que c'est une indécence honteuse à la gravité de leur âge, et tout à fait scandaleuse. « In patientiâ. » C'est encore assez leur caractère d'être d'une humeur chagrine, inquiète, impatiente dans leurs infirmités. Il faut qu'ils s'étudient à les 7:i

fc

et contraires à la

!

supporter avec religion et tranquillité d'âme, en pensant qu'ils sont sur le point de paraître devant leur souverain Juge. Avis aux femmes avancées en âge décence dans leurs manières et leurs conversations* «Anus... in hahitusancto.» Qu'elles se souviennent que tout leur extérieur doit respirer la sagesse, la gravité, la discrétion; et jusqu'aux yeux du monde même , aussi bien qu'au jugement de la religion, il est souverainement ridicule à une personne âgée, d'affecter des airs de jeunesse , de parure mondaine , d'immodestie et de légèreté. « Non criminatrices. » Elles sont quelquefois chagrines, envieuses, a mères, grandes parieuses, et par conséquent médisantes. L'Apôtre les avertit de réprimer ces défauts, et de devenir des modèles de prudence, de douceur de charité et de discrétion. L'Apôtre trace ensuite des règles de conduite aux veuves c'est l'espérance en Dieu , l'exercice de la :

,

:

prière , la régularité de la vie. « Speret in Deum. » Une veuve chrétienne qui a véritablement l'esprit de son état et de sa religion, se tourne vers le Seigneur, et s'attache à lui plus que jamais. Eile renonce au monde et à ses vanités, à ses parures et à ses plaisirs. Elle ne vit plus guère

que pour son Dieu, pour sa famille, pour

même, «

dans

elle-

modestie, Son partage est désormais

la retraite et la

Instet orationibus.

»

une piété déclarée l'amour de ,

la prière, l'assiduité

,

à l'église

de

,

le

Il DE TOUS LES ÉTATS. goût des choses saintes et des exercices

la religion.

Irrépréhensibles sint. » Toute sa conduite doit mesurée, sage, régulière, édifiante, irrépréhensible devant Dieu et devant les hommes. Les vierges ont aussi leurs obligations. Les avan«

être

tages de leur état sont une plus grande liberté do servir Dieu, la pureté do corps et d'esprit.

Saint Paul n'impose à personne l'obligation du célibat, parce

mais

il

que

le conseille

une vocation particulière

c'est ,

le

il

\

préfère à la société conju-

gale , comme un état plus désirable, plus saint, plus parfait, plus dégagé des soins de la terre et

des embarras du monde, plus libre pour servir Dieu,

propre

et plus

En

effet,

à faire

dit-il,

son

salut.

une femme mariée

s'étudie à

époux, à soigner ses enfants à goumaison et son cœur se trouve ainsi par-

plaire à son

verner sa

,

;

tagé entre le Créateur et la créature.

?ilais

celui

d'une vierge, dégagée de tous ces liens peut s'attacher à Dieu avec plus de facilité et de dévouement. Si elle a du loisir et de l'attrait pour la piété, elle en fait son occupation principale et son goût dominant ;

;

elle fait sa satisfaction et sa consolation

de

la lecture

de

la

,

des bonnes œuvres. Mais ajoute l'Apôtre ,

la

prière

des exercices publics de la religion,

fréquentation des sacrements

beaucoup

de

,

,

de

la

pratique

peut contribuer son vrai bonheur

la virginité

à sa sanctification et à

;

son ornement, sa gloire, sa couronne, elle lui impose spécialement l'obligation d'une édifiante modestie dans sa personne, d'une grande régularité dans ses mœurs et dans sa conduite; d'une sage réserve dans ses discours d'une vigilance exacte sur elle-même, sur son esprit, sur si elle

a fait

,

73

DEVOIRS son cœur, sur ses sens, pour éviter tout ce qui pourrait ilélrir ia pureté de son corps et la beauté intérieure de son âme. Devoirs des jeunes mères de famille la chasteté dans le mariage même, le soin de leur maison, la soumission à leur mari. ( Tit. 2. ) Castas. » Il ne faut pas croire que le mariage autorise jamais l'oubli de la pudeur, l'immodestie dans les parures, la licence dans les discours, la familiarité avec les hommes. En tout état on doi| être chrétien , chaste, réserv é , même avec un époux. « Domûs cura habentes. » Une mère de famille est spécialement chargée du détail des soins domestiques par devoir d'état; et une partie de sa vertu, de son mérite, doit être de savoir régler sa maison et la bien gouverner. « Suhditas viris suis. » Cependant il faut qu'elle. se souvienne toujours que son époux est son chef, ?t qu'il ne lui est permis d'aspirer à régner sur son cœur et dans sa maison, que par sa sagesse et sa ôonne conduite car tel est l'ordre établi par le :

'<

m

;

Créateur.

Les maris ont aussi leurs devoirs particuliers. ) Ils doivent à leur femme l'amour conjugal un traitement honnête la douceur de société. « Viri, diligite. » La première loi du mari est de chérir véritablement son épouse, et de réserver pour elle seule son cœur et sa personne. Cet amour (

Goloss. 3

,

,

est chaste et chrétien

,

quand

il

est réglé par la

religion. Diligite uxorcs. » Un mari raisonnable doit aimer compagne en épouse, c'est-à-dire la traiter avec ménagement, et même avec une sorte de considé«

sa

ration, et

non point avec indécence

et libertinage

9

comme une b rutc, ni avec empire et hauteur, comm& une esclave.

,

79 DE TOUS LES ÉTATS. amari esse. » Ce n'est point assez de lui épargner ces mauvais traitements de faits que les honnêtes gens ne connaissent point il ne faut pas même la contrisier mal à propos, ni troubler, par des nuages tVhumeur ç par des mouvements de viva«

Nolite

,

:

cité,

l'harmonie, la sérénité et la paix de l'union Un moment de repos.

conjugale.

Pères et mères , écoutez maintenant vos devoirs envers vos enfants. (Eph. G) « Et vos, patres. » Vous êtes pères, et dès lors, par les lois de la nature, de l'honneur et de la religion, vous devez l'éducation à vos enfants, c'est-àdire la tendresse et les soins dans l'enfance ; l'instruction et les maîtres , dans la jeunesse ; l'entretien

l'établissement et dire

un

état,

dans l'âge formé. C'est

beaucoup en peu de mots.

» Il y a plus d'art qu'on ne pense à forconduire les jeunes gens, li faut les contenir et leur en imposer par l'autorité paternelle ; et, en même temps, on doit prendre garde de les rebuter , de les aigrir , de les aliéner , de les exposer à des écarts; et c'est par les sentiments d'honneur et de religion, bien plus que par la crainte, les «

Educate.

mer

et à

menaces

et les

mauvais traitements,

qu'il faut les

porter à la vertu. «Filios vestros. » Pères et mères, souvenez-vous toujours que ce sont vos enfants. La nature ne man-

quera pas de vous faire sentir tout ce que vous leur devez d'affection, de soins, d'attentions, de bien* faits. Et la Religion vous dira d'employer à leur éducation toute l'attention , toute l'instruction nécessaire, et

même, quand

selon Dieu et la raison.

il

le faut, la

correciion

,,

80

DEVOIRS

Juste retour des enfants envers leurs parents. « Fiiii. » (Coloss. 5) Enfants, qui que vous soyez

quelque âge que vous ayez, vous qui avez encore père ou mère, écoutez-moi. Que cette qualité d'enfant vous avertisse sans cesse de l'honneur que vous devez à vos pères et mères, selon le commandement que Dieu vous en a fait, et qui est fondé sur les droits de la nature , de la raison , de l'ordre et de la religion. « Obedite parentibus. » Obéissez à vos parents reconnaissez en eux, non-seulement un caractère respectable, mais encore une autorité légitime, qui doit vous tenir dans la subordination, l'obéissance et la soumission en tout ce qui est juste et rai;

sonnable.

donner honneur par une conduite réglée, tempérante, sage, exempte des écarts et des excès où tombe si souvent «

de

la

Sobrii.

»

(

TU. 2

)

Efforcez-vous enfin

la satisfaction à votre famille

,

et

de

cle

lui faire

jeunesse inconsidérée. Obligations des maîtres envers leurs domestiques. «

Domini.

»

(

Col. 4) Chefs

de famille ce ,

titre

vous

donne l'autorité et l'inspection sur vos domestiques, non-seulement pour vous faire remplir tous les devoirs du service, mais encore pour veiller sur leur conduite, sur leurs

mœurs, sur

l'inexpérience de

sur la conservation de leur innocence sur l'instruction qui leur est nécessaire sur leur exactitude à s'acquitter des devoirs de la religion, sur le salut de leur âme dont vous répondrez leur jeunesse

,

,

,

à Dieu s'ils viennent à se perdre par votre faute par votre négligence, et, à plus forte raison, si c'est par votre mauvais exemple, par votre sé,

duction. a

Quod justum

est servis prcestate.

»

Vous

ave?,

,

aussi à leur

leur devez l'entretien

DE TOUS LES ETATS. égard des obligations de justice

M ,

et

vous

un nécessaire convenaJ)!e pour la vie et le paiement exact et complet de leurs

;

même, en outre,

des récompenses. domestiques, plus utiles et plus attachés à vous que vos propres enfants cela ne méritc-t-il rien? «Scientcs quôcl et vos habetis Dominum in cœlo. » N'oubliez pas que vous avez avec eux un maître supérieur dans le ciel et un Père commun , qui est Dieu. Or, ce Père commun vous demande de traiter ses enfants avec charité, avec bonté; et ce Maître saura bien les venger de la dureté et des torts que

gages

Tl

,

souvent

est de

bons

et anciens

:

vous aurez eus à leur égard. ( Coloss. 3). Venons aux qualités réciproques des domestiques, relativement à leurs maîtres; soumission à l'autorité, fidélité du service , crainte de Dieu , le premier de tous les maîtres, « Obcclite dominis. » Le caractère propre des serviteurs, des domestiques, doit donc être le respect la docilité, la soumission pour leurs maîtres, une obéissance prompte, et même prévenante, gracieuse, agissante, prête à tout, sans contradiction,

sans humeur, sans murmure, « Non ad oculum servientes. » On sert bien mal, quand on ne sert qu'à l'œil et au commandement.

C'est la raison, l'esprit d'ordre, la fidélité, le zèle

pour de bons maîtres le devoir et. l'âme du service, « Timentcs Deum. » Domestiques il faut surtout que vous vous conduisiez par la crainte de Dieu et par principe de conscience, en accordant les devoirs de la religion avec ceux du service; enjoignant au et l'attachement

,

la vertu, qui doit être

,

,

travail l'innocence des

mœurs

et l'observation

commandements en conservant ;

des

entre vous la ena-

,

DEVOIRS

82

concorde cl la paix en veillant avec zèle et fidélité au bon ordre de la maison et à ses intérêts comme en étant chargés devant Dieu; en un mol en regardant en servant Dieu même dans la personne de vos maîtres, afin que vous méritiez d'en rite, la

;

,

,

recevoir une récompense éternelle, infiniment plus estimable que le salaire temporel de vos peines. Oh! que de mérites perdus, faute de savoir élever ses vues et diriger ses intentions

!

Le grand Apôtre va nous donner maintenant des règles générales de conduite chrétienne et de sanctification pour les fidèles de tout sexe, de tout état savoir renoncement au vice, pratique des vertus, esprit du christianisme, et pureté d'intention ha;

:

bituelle, « Deponite onmia. » ( Goloss. 3) Oui, M. F», nous devons renoncer aux vices , et particulièrement aux passions impures, à toute souillure du corps, de « Immunditiam. » Nous ne del'esprit et du cœur vons point nous livrer à l'impatience, à la colère, au ressentiment, à la vengeance: « îram. » Evitons les raffinements de la malice , de la fraude , des artifices et des noirceurs de la méchanceté :«Malitiam.» ïl faut se défaire de la mauvaise habitude des discours libres , des paroles malhonnêtes et contraires à là pudeur « Turpem sermonem ; » ne jamais proférer de jurements, à plus forte raison, d'imprécations, ni de blasphèmes « Blasphemiam. » Ce n'est pas assez d'éviter le mal, il faut encore. M. F. nous appliquer à la pratique du bien. Pratique de la douceur évangélique et débonnaire «Benignitatem. » Pratique de l'humilité, même dans :

:

:

,

:

grandeurs et les richesses à plus forte raison dans la médiocrité, dans la misère, dans l'humiliation: « Humililatem. » Pratique de la modération

les

;

IrE TOUS LES ÉTATS. 83 chrétienne dans les offenses et les loris que nous éprouvons « Modestiam. » Pratique de la patience :

dans les contradictions, les insultes, dans

vaux,

les souffrances et les croix

:

«

les tra-

Patienliam.

»

Pratique surtout de la charité, par les œuvres de. miséricorde, par la dilection du prochain et par

l'amour de Dieu sur toutes choses « Charitatem. » Mais il faut que toutes nos actions soient animées de l'esprit de la religion et de la pureté d'intention habituelle en sorte que tout ce que nous ferons de bien ait, autant qu'il se pourra, un principe cnrétien, et se rapporte à notre souverain Maître, à sa gloire, à l'espérance de le posséder un jour. Et comment, M. F ? Par de fréquents retours vers Dieu, ou du moins, par une disposition habituelle de notre cœur, animée d'une tendre piété pour Jésus- Christ noire Sauveur, et d'une sainte confiance en ses mérites « Omnia in nomme Domini nostrî :

;

,

:

Jesu Christi.

»

Ajoutons à ces réflexions un extrait du troisième chapitre de FEpitre de saint Paul aux Colossiens

M. F., nous

dit-il,

:

ayez du goùi pour les choses

du ciel, et non pour celles de la terre.... Faites donc mourir en vous l'homme terrestre, c'est-à-dire la La fornication l'impureté la passion du plaisir convoitise déréglée et l'avarice.... Renoncez à tout cela à la colère, à l'emportement, à la malignité, à la médisance aux paroles déshonnêtes.... Revê,

,

,

,

,

comme

des élus de Dieu, des entrailles de miséricorde de modération, de patience, vous supportant mutuellement, vous entre-pardonnant, si quelqu'un a sujet de se plaindre d'un autre. Gomme le Seigneur vous a pardonne, usez-en de tez-vous,

,

même.

Mais sur toutes choses

csl le lien de la perfection.

,

oyea

Que

ix

la

charité, qui

paix de Jésus-

,

DEVOIfiS DE TOUS LES ÉTATS. Christ triomphe dans vos cœurs.... Que la parole de

Sk

Dieu

soit

en vous abondamment avec une parfaite

sagesse. Instruisez-vous et animez-vous les uns les

autres, par le chant des

psaumes, par des hymnes

, chantant à l'honneur de Dieu, du fond de vos cœurs, avec un esprit de reconnaissance. Tout ce que vous faites, soit que vous parliez, ou que vous agissiez..., faites-le au nom de Jésus-Christ Noire-Seigneur-, rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. » Prions le Seigneur , M. F. que nous fassions habituellement de cette morale du Docteur des nations, notre méditation journalière, et surtout que nous la mettions en pratique. Voilà ce qui a fait les saints, et ce qui nous sanctifiera nous-mêmes. Ah! souvenons-nous que Dieu ne nous a faits chré' qu'afm que nous travaillions sans cesse à liens devenir des saints et qu'il ne nous donne le temps que pour que nous remployions à acquérir ce bon* heur qui ne finira jamais. Telles sont nos obligations, ô mon Dieu! Mais, sans vous , pourrions-nous les remplir ? Donneznous votre gràco, Seigneur, et nous les remplirons fidèlement, O Jésus ô bon Pasteur je vous recommande ma chère paroisse pendant le cours de cette nouvelle année. Qu'elle marche constamment dans que tous les péla voie de vos commandements cheurs rentrent en grâce avec vous par une sincère conversion que les justes persévèrent dans votre amour, afin que, quand vous nous appellerez à votre jugement, je puisse vous présenter avec confiance toutes les âmes que vous m'avez conliées, et qu'aucune ne se trouve perdue.

et des cantiques spirituels

,

.

,

!

!

:

;

Ainsi soit-il.

,,

ÉDUCATION DES ETSFANTS.

8c?

Ï&SLJLSLSLSLSISIJLSLSLSLÏJLSLSLSISISLSLSLSISLSLSL^

POUR LE PREMIER DIMANCHE APRÈS l'ÉPIPIIAME.

Sur réducaiion des enfants. Patres,..» educa'e fdios in

disciplina ci correctwtîe

Pères et mères, élevez vos enfants dans

du Seigneur. Ephes.

,

La loi et

dans

Dominî. la

crainto

6.

Lorsque nous faisons devant Dieu

la

revue des

fîmes que sa providence a confiées à nos soins

,

rien

ne nous touche davantage que cette troupe d'enfants et de jeunes personnes qui, depuis cinq à six ans jusqu'à dix ou vingt, composent la principale partie

de notre troupeau. Pauvres enfants me dis-je soumoi-même vous avez apporté, en naissant, ,

vent à le

,

germe de tous les vices , et je vois avec douleur germe se développer sensiblement mesure que vous avancez en âge! Vos mauvaises

ce malheureux à

il me semble une pépinière d'arbres, dont les uns ne porteront que des feuilles, les autres ne donneront que de mauvais fruits, et plusieurs ne produiront que des épines. C'est de îà que sortiront un jour les ivrognes les impudiques les vindicatifs les avares

inclinations grandissent avec vous, et

voir

,

mateurs

ma

,

,

,

les usuriers, les

voleurs, les brutaux, les blasphé-

les impies. C'est là ce qui

perpétuera dans

paroisse la génération des pécheurs, dont

conduite m'abreuve de

me

la

couvre de confusion. A quoi bon me donner tant de peine pour leur première communion? Et que sont devenus dons te plus grand nombre de ceux à qui je l'ai fait faire » c>io les soins que j'avais pris ? fiel et

,

,

ÉDUCATION Ce mal ne serait certainement pas si général, si j'étais secondé par les parents; si, avant de me confier leurs enfants , et lorsqu'ils sont sortis de mes mains, ils avaient soin de les élever dans la crainte de Dieu comme l'Apôtre et la nature mêiae le leur ordonnent. Oui pères et mères , c'est bien moins îe fond de corruption que vos enfants apportent en v ^nant au monde, que la mauvaise éducation qu'ils reçoivent de votre part, qui détruit en eux les ouvrages de la grâce et de mon ministère; et il est infiniment à craindre que la plupart d'entre vous ne soient réprouvés devant Dieu pour cette raison. Ce qui paraît certain, c'est que la mauvaise éducation est la principale cause de la corruption des mœurs des désordres qui régnent dans toutes les conditions, et des chagrins que les enfants donnent à leurs parents. De là nous pouvons conclure M. C. P. que l'éducation des enfants est de la plus grande importance. Je ne m'arrêterai point à prouver celte vérité, qui est de la dernière évidence j'aime bien mieux vous apprendre en quoi elle consiste. Ecoutez-moi avec attention. 86

,

,

,

,

;

Apprendre de bonne heure aux enfants ce qu'ils doivent à Dieu, ce qu'ils doivent au prochain , ce qu'ils se doivent à eux-mêmes; les accoutumer, dès à pratiquer ce que la loi de Dieu nous commande , ce que la charité nous prescrit, ce que la conscience nous dicte ces trois points embrassent et renferment tout ce que l'on peut dire sur l'éducation. Tout ce qui ne contribue pas à nous rendre agréables à Dieu utiles au prochain > et vraiment heureux nous-mêmes , ne doit

leur plus tendre jeunesse

,

:

,

DES ENFANTS.

compté pour homme à qui Ton être

rien

$7

ou pour peu de chose. Tout

a fortement inspiré la crainte de Dieu dès son enfance, que Ton a accoutumé au travail dès sa jeunesse, et que Ton a mis à même de remplir fidèlement tous ses devoirs celui-là % quel qu'il soit, a été hien élevé. Tout homme, au ;

contraire

Dieu

,

,

que

à

qui l'on n'a point inspiré la crainte de

l'on n'a point

accoutumé au

travail, et à

qui l'on n'a point appris à se rendre utile à la société, celui-là peut dire: On ne m'a point élevé

comme

il fallait. D'où il suit d'abord que, pour donner une bonne éducation à ses enfants, il n'est pas nécessaire d'avoir de grands biens. Un pauvre qui n'a que ses bras pour vivre , peut paysan donner à ses enfants une éducation excellente; et ceux d'un homme riche peuvent recevoir, et reçoivent en effet souvent, une éducation détestable. Beaucoup de personnes ont aujourd'hui là-dessus une façon de penser bien légère et bien peu réBéchie négligeant le point essentiel qui est de former le cœur et les mœurs des jeunes gens, pour les occuper à des misères, à des inutilités qui absorbent la meilleure partie de leur temps. J'appelle misères et inutilités, tout ce qui ne rend pas un homme meilleur en soi, et plus utile au vrai bien de la société. Les personnes du peuple, même à la campagne et dans les villages donnent dans le mémo travers, et s'imaginent que l'éducation consiste à ,

,

,

,

savoir bien lire, bien écrire, se présenter d'une

certaine façon, et connaître beaucoup de choses.

Vos enfants savent lire et écrire: voilà qui est bien; mais quel usage font-ils de cette lecture et

de cette écriture? Quels avantages en retirent-ils? En labourent-ils mieux la terre? Manient-ils la bêche et la

charrue avec plus d'adresse

?

sont-ils

plus

ÉDUCATION

8S

habiles clans leur métier? valent-ils mieux du tôt* de la religion et des mœurs? fréquentent-ils moins les cabarets? passent-ils

moins

les

dimanches

et les

au jeu, au libertinage? sont-ils plus respectueux envers leurs parents, plus paisibles dans l'intérieur de leur famille ? ont-ils moins de malice , plus de simplicité et de bonne foi? sont-ils plus dociles aux avis et aux instructions de leurs Pasteurs ? sont-ils plus assidus aux offices ? approchentils plus souvent des sacrements ? sont-ils , en un mot plus vertueux et plus chrétiens ? Au contraire, l'expérience prouve que ce qu'il y a dans nos paroisses de plus simple, de plus innocent, de plus chrétien ne sait ni lire ni écrire. Consolez- vous donc, vous, M. C. F. qui ne savez pas lire vous vous en plaignez souvent auprès de nous, vous imaginant que si vous saviez lire, vous rempliriez mieux vos devoirs. Non , non , ce n'est pas en cela que consiste la science du salut, ni la bonne éducation de ceux de votre état. Hélas combien qui se perdent à cause de la lecture! Ne voyons-nous pas que ces gens-là veulent quelquefois faire les docteurs et se moquent des prônes de leur curé, s'imaginant en savoir plus que lui? Autre abus il passe de temps en temps des colporteurs qui vendent des livres détestables. Les personnes du peuple en achètent ; et n'ayant point assez de lumières pour en connaître le venin, ils le boivent, se gâtent, s'empoisonnent, apprennent des propos contre la relifêtes

,

,

,

:

,

!

,

:

gion, des contes orduriers, qu'ils se font ensuite un jeu de débiter. De là que de maux ! que de désordres Savez-vous, M. F., les livres les meilleurs, et dans lesquels doivent s'instruire les grands et les petits, les savants comme les ignorants ? Le ciel et la terre voilà le premier. La croix de Jésus-Christ; voilà lo !

:

,

DES ENFANTS.

8J>

second. La conscience voilà le troisième. Quiconque sait lire dans ces trois livres , ne peut que devenu:

savant et sage. Quiconque ne sait pas y lire n'est et un insensé. Apprenez donc à vos ,

qu'un ignorant

G. P., à lire dans ces trois grands livres, vous leur donnerez, par ce moyen , une excel-

enfants, M. et

lente éducation.

Mon lils, regardez le ciel: voyez ces beaux astres qui se couchent et se lèvent avec tant de régularité ; qui est-ce qui les a formés? qui est-ce qui les con-

mouvoir

et rouler augrand, qu'il est puissant, qu'il est aimable, le Créateur de toutes ces choses Adorez-le , mon cher enfant élevez votre qui est la esprit et vos mains vers ce beau ciel maison de votre Père. C'est là que vous monterez un jour, si vous êtes sage, si vous êtes honnête homme et vraiment chrétien. C'est de là que nous vient, comme vous voyez, la lumière qui nous éclaire, la pluie qui arrose nos champs les chaleurs qui mûrissent nos fruits. Quel sujet d'instruction pour un enfant! Les fleurs qu'il cueille, les fruits dont il se nourrit, les animaux qui lui servent, qui l'amusent ou qui l'effraient; combien de réflexions que de leçons à lui faire si;r tout cela , sur la providence de Dieu , sur sa justice, sur sa puissance, sur sa bonté, sur tous ses divins

serve? qui est-ce qui les

dessus de notre tête?

Ah

!

fait !

qu'il est

;

,

,

,

attributs! Mais

ils

,

voient tout cela sans le voir

:

à

Qui est-ce qui vous empêche de le leur faire remarquer, de les accoutumer peu à peu à réfléchir, à raisonner sur ce qu'ils ont journellement sous ia main et devant les yeux? Allons, M. C. E. allons au travail c'est Dieu qui nous le commande. Il veut que nous mangions notre pain à la sueur de noire visage. Notre campagne est belle nous aurons qui la faute

?

:

,

,,

90

ÉDUCATION

une bonne [récolte c'est Dieu qui a béni nos ira vaux; sans lai nous aurions beau travailler, noua ne ferions rien. Entendez-vous cet oiseau qui chante ? C'est Dieu qui l'a fait pour notre plaisir il bénit son Créateur à sa manière, il nous apprend à le bénir •

:

,

:

nous-mêmes dans

tous les temps.

—Pour

faire ces

beaucoup d'autres semblables, certainement il ne faut pas beaucoup de livres. Mais il en faut un pour apprendre à vos enfants l'humilité, la douceur, la patience, la modestie, la charité, la bienfaisance, la générosité, le pardon réflexions et

l'amour des ennemis. à la main, montrez-le à votre fils , à votre illle. Répondez aux questions qu'ils vous feront, répétez-leur souvent la môme chose accoutumez-les à lire dans ce livre, et vous Votre verrez qu'il n'y en a pas qui vaille celui-là. Sauveur est mort, mon enfant, et pourquoi? Qui est-ce qui l'a fait mourir ainsi ? Les pécheurs c'està-dire les orgueilleux, les envieux les vindicatifs les usuriers les avares , les voleurs , les médisants les impudiques , les ivrognes ; et les menteurs des injures

,

Eh bien prenez un crucifix !

;

— ,

,

,

,

que nous commettons quelque péché, nous renouvelons les souffrances de Jésus-Christ. Faites donc toujours ce qu'il vous commande, évitez ce qu'il vous défend; aimez-le

toutes les fois, M. C. E.

,

de tout votre cœur. Cela est bien juste, puisqu'il et si aimable, puisqu'il nous fait tant de bien qu'il nous a aimés lui-même jusqu'à donner sa vie pour nous. Il vous voit, mon ami, il vous entend, est

,

il est partout; et toutes les fois que vous ferez, toutes les fois que vous direz, que vous penserez

car

quelque chose de mal, vous ne pourrez vous cacher de lui, et vous sentirez en vous-même quelque chose qui vous dira Cela n'est pas bien. La eon:

DES ENFANTS, science,

91

mon

enfant, la conscience, voilà un troiapprenez à le lire et à suivre ce qu'il dit.

sième livre Or , il vous dit de ne pas faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-même. Seriezvous bien aise qu'on parlât mal de vous? Non. 11 faut donc ne jamais dire damai de personne. Seriezvous bien aise que l'on découvrît, que l'on publiât vos défauts? Non. Il ne faut donc jamais découvrir ni publier les défauts des autres. Ne seriez-vous pas fâché qu'on volât vos fruits? Oui, sans doute. Eh bien! mon fils, il ne faut donc jamais toucher aux fruits d'autrui ni à quoi que ce soit qui ne vous appartient pas. Voilà ce que dit la conscience. Voilà ce qui s'étend et peut s'appliquer atout, quand il s'agit du prochaine La conscience, l'univers, la croix, croyez-moi, M. C. P. ce sont les meilleurs livres pour vos enfants. Avec ceux-là , ils apprendront parfaitement tout ce qu'ils doivent savoir dans la condition où la Providence les a fait naître. Us y apprendront à se conduire sagement en toutes choses, à L'emplir exactement et selon Dieu les devoirs de leur état, à souffrir avec patience et en vue de Jésus-Christ les peines de cette vie. Us y apprendront à vous chérir, à vous être soumis, à être le soutien et la consolation de votre vieillesse. Ils y apprendront à travailler beaucoup, à parler peu, à vivre tranquillement, et à mourir en paix. Eh que leur faut-il de plus ? J'ai dit à travailler beaucoup. Je vois que dans la ville, les enfants, depuis l'âge de six à sept ans jusqu'à douze ou quatorze, passent une partie du ;

,



,

!

temps à courir, à jouer, et contractent ainsi la malheureuse et détestable habitude d'une vie lâche désœuvrée. Ajoutez, qu'ainsi attroupés, ils s'apprennent les uns aux autres à jurer, à se disputer et

,

,

ÉDUCATION

92

ou faire des choses honteuses; il n'en faut qu'un pour gâter les autres. Or si vos enfants étaient continuellement sous vos yeux; si vous aviez soin qu'ils ne fussent jamais livrés à eux-mêmes, et ne fréquentassent que bonne compagnie vous conserveriez leur innocence; au lieu qu'ils la perdent ou apprennent à la perdre, en les laissant désœuvrés et sortir de chez vous. Si vous saviez les occuper dans votre ménage à à dire

,

,

des ouvrages proportionnés à leurs forces

;

s'ils

vous

champs, ou s'ils restaient dans votre s'ils étaient du matin au soir les compa-

suivaient aux

boutique

;

gnons ou les témoins de votre travail, ils deviendraient nécessairement laborieux, vigilants, actifs, ce qui est un des points les plus essentiels de îa bonne éducation. Je le répète, la bonne éducation consiste à inspirer à vos enfants l'amour du travail îa crainte de Dieu, et une grande horreur pour tout ce qui blesse

la

les conditions.

conscience. C'est

le

devoir de toutes

Seconde réflexion.

Pour vous, M. F, que la Providence a placés dans une condition plus relevée, mettez-vous bien dans l'esprit que la base d'une bonne éducation consiste dans ce que nous avons dit aux personnes du peuple. 11 faut à vos enfants d'autres connaissances; mais ,

ils

doivent avoir les

mêmes

principes de vertu et de

Du

côté de l'esprit, l'éducation doit être différente dans les états différents mais pour ce qui regarde le cœur, elle doit être la même dans tous

religion.

;

les

hommes, parce que la vertu, la religion, la communes à tous, et regardées

piété doivent être

connue

le

éducation.

fondement solide de

la

vraiment bonne

DES ENFANTS.

03

Vous voulez que vos enfants se distinguent dans l'état où ils seront placés. Or, s'ils sont imbus, dès leur plus tendre jeunesse, de sentiments chrétiens; s'ils ont la vraie piété en partage, ils se feront nécessairement honneur, et vous feront honneur à vous-mêmes , par leur application par leur exactitude, par une conduite régulière, dans quelque état que vous les placiez , parce que la vraie piété a cela de propre, qu'elle rend tous les Lommes tels qu'ils doivent être dans leur état. Elle est, dans un prêtre, le principe de son zèle, de sa science de sa conduite exemplaire. Elle est, dans un militaire, le principe de son courage, de sa valeur, de son intrépidité; dans un homme de robe, le principe de sa droiture et de son intégrité; dans un commerçant, le principe de sa bonne foi, la voie la plus sûre pour lui faire gagner la confiance publique; dans tous les états, en un mot, elle est le principe invariable des qualités et des vertus propres à chacun. Elle est dans tous les chrétiens le seul fondement sur lequel on puisse solidement éiablii' toutes les vertus. Quand ,

,

même

le

chrétien sans piété pourrait être réelle-

un honnête homme, ce que de penser ) toujours est-il vrai que la piété ne peut que le rendre encore plus solidement et plus parfaitement honnête homme. D'où

ment

et dans le fond

(

je suis bien éloigné

conséquence est naturelle que comme la plus sûre, pour former un bon citoyen, un vrai honnête homme, c'est de le former à la piété dès l'enfance , et d'en il

la

faut conclura, et la

,

voie la plus abrégée

faire

un

Mais

parfait chrétien.

est-il

beaucoup de parents qui aient ceci

fort

cœur? Pauvres enfants, que vous êtes à plaindre! On vous fait instruire à grands frais de mille choses

à

qui

,

bien loin de contribuer à votre perfection

>

ÉDUCATION 9li deviennent presque toujours l'occasion ou riastrnment de votre perte , pendant qu'on néglige presque totalement la seule chose qui pourrait prévenir la corruption de votre cœur, et vous rendre vraiment aimables devant Dieu et devant les hommes, On dépense beaucoup de temps et beaucoup d'argent pour orner votre esprit, pour maniérer votre corps, et l'on abandonne au hasard ce germe des vertus et des vices , qui est caché au fond de vos cœurs, ou plutôt, on étouffe ces premières semences de justice que le Créateur a répandues dans nos âmes; et l'on aide l'on favorise de mille manières le penchau t au mal , que nous apportons du sein de nos mères. Vous ne voyez , vous n'entendez presque rien qui ne soit propre à fomenter, à fortifier les passions naissantes; et si l'on vous parle quelquefois de la vertu, vos parents ou vos maîtres perdent ordinairement le fruit de leurs leçons, par les mauvais exemples qu'ils vous donnent. Ah! M. F., qifai-je dit? Les mauvais exemples; c'est la matière d'une longue suite de réflexions, toutes plus tristes les unes que les autres. Pères ei mères, vous êtes presque toujours vous-mêmes la perte de vos enfants, par les scandales, par les mauvais exemples que vous leur donnez. Je n'ai pas le courage de développer aujourd'hui cette triste vérité. Je finis par une réflexion sur laquelle on ne ,

saurait trop insister.

Voulez-vous que vos enfants deviennent de bons ne vous contentez pas de leur prêcher la vertu , ni même de leur en donner l'exemple ; faites-

sujets,

îa-leur pratiquer, autant qu'il sera possible à leur

âge, afin qu'ils en contractent peu à peu l'heureuse

habitude. Vous en ferez des

hommes

laborieux,

si

vous ne souffrez pas qu'ils soient jamais sans rien

DES ENFANTS. $3 sobres et modestes si vous en écartez les habits trop précieux, les mets trop délicats, tout ce qui respire le faste et la sensualité; vous en ferez des hommes doux et patients, si vous les obligez à faire du bien à ceux qui les offensent ou qui leur déplaisent des hommes attentifs, exacts et rangés dans leurs affaires, si vous exigez qu'ils faire

;

des

hommes

,

;

vous rendent compte de leurs petites dépenses. Voulez-vous qu'ils deviennent humains, généreux et vraiment charitables? Faites quelquefois passer par leurs mains vos aumônes et vos libéralités qu'ils vous accompagnent chez les pauvres malades et chez ceux qui sont dans l'affliction. Accoutumezles à voir la misère du pauvre et à la sentir. Enfin, et par-dessus tout, faites-leur pratiquer, »

suivant leur portée, touies les œuvres de la piété chrétienne. Nous leur apprenons la manière de sanc-

journée et toutes leurs actions; mais nous ne les avons pas toujours sous les yeux, comme vous les y avez c'est donc à vous à leur faire pratiquer ce que nous leur enseignons. Prenez donc Je garde qu'ils fassent exactement leur prière matin, à midi, le soir, avant de se mettre à table et quand ils en sortent, avant de commencer leur travail et quand ils le quittent; ayez soin qu'ils vous accompagnent à l'église, qu'ils s'y tiennent auprès de vous , et que votre maintien extérieur soit pour eux comme un livre vivant où ils apprennent la manière d^nt ils doivent rendre à Dieu, dans son saint temple et ailleurs, le culte qui lui est dû. Lorsqu'ils ont commis quelque péché considérable, amenez-les à confesse. Lorsqu'ils ont fait leur première communion , prenez garde qu'ils s'approchent souvent des sacrements, et donnez-leur-en l'exemple Enfin , donnez tous vos soins à faire de vos tifier la

:

,

,,

M A MAGE.

3*>

enfants de bons chrétiens: c'est par ce moyen, ci par ce moyen seul, qu'après avoir fait votre joie et votre consolation dans ce monde, ils seront ensuite éternellement votre couronne et votre gloire dans le ciel. Je vous le souhaite, au nom du Père, et du Fils, et

Ainsi

du Saint-Esprit. soil-ii.

£ .^QJIAS. 5JUI JLfiJLfi.iL5 JUUUUULHJUî ^JUUUUUUSAA&ftJUiU AJIJUI A JU

SIS.

POUR LE SECOND DIMANCHE après l'Epiphanie.

Sur

le

sacrement de Mariage

Sacramenmm hoc magnum Ecclesiâ. C'est là

est; ego

,

ses cérémonies.

autem dico

un grand sacrement;

Christ et à rEglise. Ephes.

;

je dis

in Christo et in

par rapport à Jésus-

5.

donc pas seulement une instituc'est encore un grand mystère aux yeux de la religion et même un double mystère en ce qu'il est une image de l'intime union de Jésus-Christ avec son Eglise, et en ce que c'est dans cette même Eglise un véritable sacrement de la loi de grâce. M. F. est-il une autre religion sur la terre, où l'alliance conjugale soit honorée d'un caractère aussi sacré, et où la célébration s'en fasse avec tant de cérémonies saintes avec tant de solennité? C'est ainsi que, dans le mariage des fidèles Le mariage

n'est

tion louable dans la société

,

;

,

,

,

ce qu'il y a, ce semblerait, de plus profane et de , se trouve ennobli , sanctifié par la grâce

moins pur

glorieusement consacré par la religion, dans un rapport mystérieux de ressemblance et de conformité avec l'alliance même que le divin Epoux de et

l'Eglise a contractée

avec elle, et qui est, pour

les.

,

97

MARIAGE.

époux de la terre l'exemple parfait, le grand modèle d'une union sainte et vraiment chrétienne. ,

Voilà sans doute, M, F. 9 un sujet d'instruction bien intéressant pour vous ,et encore bien digne de

votre attention.

La religion et la politique les lois de l'Eglise et de prévoyance et l'intérêt des familles, ont sagement établi que des engagements aussi essendevaient être tiels que le sont ceux du mariage marqués du sceau d'une authenticité respectable, et célébrés avec des cérémonies solennelles tant pour l'honneur du sacrement que pour le bon ordre et la sûreté des citoyens. Or, M. F., pour ne rien confondre ici, je distingue trois sortes de cérémonies dans les noces chrétiennes. J'entends d'abord les cérémonies qui précèdent la célébrai ion du mariage, et qui sont une disposition prochaine ait sacrement. J'ajoute, en second lieu les cérémonies religieuses qui accompagnent la célébration même du mariage, et qui opèrent le sacrement. Je dis enfin les cérémonies domestiques qui se pratiquent immédiatement après la célébration du mariage et qui suivent le sacrement. Développons chaque chose en son ordre, et voyons comment il faut se ,

l'état, la

,

,

,

conduire dans ces différentes circonstances. Il y a d'abord des cérémonies civiles, qui précèdent la célébration du mariage, et qui sont une disposition prochaine au sacrement. Telle est principalement celle des fiançailles ; c'est-à-dire un

engagement anticipé et une promesse récipro-que que se font les futurs époux, en présence de leurs familles assemblées, par un acte authentique qu'on appelle Contrat de mariage. Ici , M. F., je ne puis tome vu. 5

$5

MARIAGE.

m'empêcher de déplorer et de censurer, avec l'indignation du zèle évangélique, tant d'abus et d'injustices qui se commettent quelquefois dans ces sortes de

conventions matrimoniales , lesquelles souvent, au lieu d'être la sûreté et le lien des familles, deviennent au contraire la cause de leur ruine, et une source malheureuse de divisions eî de procès. Je veux parler de ces dots enflées, qui trompent l'opinion et la droiture d'un contractant trop cré-

dule; de ces biens chargés d'hypothèques et de cautions qu'on cache avec soin ; de ces dettes secrètes qu'on ne déclare point, et qui portent un préjudice considérable à la partie innocente qui les Il n'est point rare de trouver dans le monde des époux ainsi trompés et qui quelquefois se sont trompés tous les deux. Ce qui m'étonne , c'est qu'on

ignore.

,

ne

aucun scrupule

et qu'on ne pense pas accuser au tribunal de la pénitence. Cependant, quel péché, quelle trahison, quel sacrilège , de contracter au pied de l'autel une alliance sainte dans des dispositions si criminelles, et d'oser en proférer devant Dieu l'engagement solennel, avec la duplicité et l'injustice dans le cœur! Quelle malédiction n'attire-t-on pas sur sa tête, au lieu des bénédictions du ciel! Il faut donc bien se garder de se tromper l'un l'autre en quoi que ce soit, et de quelque manière que ce soit, surtout en des points importants et sur quelque vice essentiel

s'en fasse

même

,

à s'en

que l'on connaîtrait en sa fortune, ou même clans sa personne. Souvenons-nous que quand le fils de Tobie rechercha la jeune Sara en mariage, Raguel, dit saint Ambroise, ne lui en imposa point sur l'état et les malheurs de sa fille sur l'inconvénient et le •Jauger qu'il pouvait y avoir à l'épouser. Mais que ,

;

MARIAGE.

01

de vous proposer pour exemple ces temps reculés de l'antique bonne foi. dont on fait si peu de cas aujourd'hui? Ah! le monde, devenu pins habile et plus raffiné,, a bien changé, depuis, de mœurs et d'usages! Néanmoins, puisque ce mariage du jeune Tobie rîis-je?

et à quoi pensé-je

a été si bien décrit

dans

pour

l'histoire sainte,

l'in-

struction de la postérité, observons-y, à l'occasion

des fiançailles, une circonstance remarquable qui

mon sujet je veux dire que ce fut aussi au père de Sara qu'on s'adressa pour obtenir sa fille, et non point à Sara elle-même, vient encore à l'appui de

:

qui attendit l'aveu et l'approbation de sa famille. Ainsi, des jeunes gens qui s'estiment, qui croient se convenir, et qui espèrent s'épouser

un jour,

doivent bien se garder de prendre entre eux des engagements secrets, et de se donner des promesses

prématurées à l'insu des parents dont ils'dépendenî. Ce serait une témérité blâmable, qui n'est ni selon la modestie et la retenue qui conviennent à la jeu.nesse et particulièrement au sexe ; ni selon le respect et la piété filiale, qui ne permettent point, aux enfants de famille de disposer seuls d'euxmêmes; ni selon la prudence et le jugement, qui ne veulent pas qu'on cherche à se lier d'avance, à cause des raisons de changer qui peuvent survenir ni selon la conscience et la religion, qui défendent à une jeune personne éprise d'un tendre penchant, d'en faire si librement l'aveu à l'objet de son inclination, et de découvrir le faible de son cœur 5 par une confidence indiscrète qui peut les induire tous deux au péché. Hélas! que de filles trop faibles ou trop sensibles, attirées ou séduites par l'appât d'une promesse secrète de mariage, en ont été les dupes ,

;

et les victimes

!

5.

/S

t-M

MÂiUAGE.

donc bien nécessaire de conserver toujours un grand air de réserve et toute sa liberté, jusqu'au moment décisif où Ton peut s'engager avec sûreté, honneur et décence au milieu d'une famille assemblée pour signer des articles, ou consommer un 11

est

,

contrat de mariage.

Que les jeunes

fiancés se souviennent encore qu'il

demeurer ensemble ou même de se fréquenter avec trop de liberté et de familiarité. Je sais, M. F., que la bienséance, que la religion même ne leur interdit pas une fréquentation honnête dans des vues légitimes. Ainsi le patriarche Jacob n'est point désapprouvé, dans l'Ecriture, d'avoir cultivé la bienveillance de la sagcRachel, en travaillant avec constance à mériter son alliance mais il ne faut se voir, se parier, qu'en présence de témoins, et toujours avec discrétion, modestie et sagesse. Oh quelle imprudence quel blâme à une jeune personne d'exposer sa vertu, son honneur et de se prêter à des entretiens passionnés, à des promenades écartées, à des entrevues seul à seul , à des complaisances et des facilités honteuses sous le prétexte d'un mariage accordé et prochain c'est s'attirer d'avance le mépris d'un époux et la malédiction de Dieu. Non le ciel ne bénit point les mariages où le crime a précédé le sacrement. Considérez la jeune Rébecca, si recommandable par la modestie qu'elle fait paraître quand Isaac leur est défendu de

,

;

!

,

,

;

!

.

vient à sa rencontre. Aussitôt qu'elle apprend que

que Dieu lui a destiné, elle rougit, elle couvre bien vite de son voile; elle l'aborde avec un maintien décent, avec une sorte d'embarras respectueux et plus elle se montre vertueuse et modeste plus elle paraît estimable aux veux de son futur époux. Voyez encore le fils bien-

c'est l'époux

se trouble, elle se

;

,

hUïuag::.

§01

aimé du charitable Tobie lorsqu'il entre chez Raguel et qu'il demande sa fille en mariage ces deux jeunes personnes touchées d'une sympathie réciproque, mais contenues par la pudeur, ont un air timide, emprunté symbole de candeur et d'Innocence. Tout se passe eh la présence d'une famille ,

,

:

,

vertueuse et attentive. On écoute les conseils d'un ange , et Ton attend avec respect la décision du père. La mère de Sara instruit elle-même sa fille; et le nouvel époux docile aux avis salutaires de son céleste conducteur, se dispose aux bénédictions du mariage par la pureté et la prière. Ainsi, M. F., ainsi de jeunes fiancés qui ont de la religion, de l'honneur, doivent se comporter ensemble avec beaucoup de réserve, se faire instruira de leurs devoirs par un directeur éclairé et se disposer à lr» bénédiction nuptiale par la prière, par la pureté de conscience, par une bonne confession et une mainte communion, faites avec toute la préparation possible; car, le mariage étant un vrai sacrement, si on le recevait sans préparation, sans piété, sans esprit de religion, sans être en grâce avec Dieu, ce serait une témérité , un sacrilège, une source de malédictions. L'acte civil doit se faire en présence de l'ofTicier public, avant la bénédiction nuptiale et là il faut se présenter, se contenir, se retirer avec décence cl modestie, et après cela, se présenter de suite devant l'Eglise. 11 y aurait bien du danger de se faire ,

,

:

enregistrer longtemps auparavant que de venir au s oc renient.

Passons maintenant aux cérémonies religieuses accompagnent la célébration du mariage et qui opèrent le sacrement elles ont toutes quelque chose qui

,

:

de mystérieux et d'intéressant.

MARIAGE.

10:2

Quel gracieux spectacle

s'offre ici à

mon

esprit,

que j'aime à me représenter de jeunes époux au pied de l'autel ; j'entends quand ils sont vraiment chrétiens et vertueux Un cortège de parents et d'amis les accompagnent par honneur; la religion les introduit dans son sanctuaire, et leur parure décente n'offense point les yeux. La virginité qui les suit, a placé sur la tête de l'épouse une petite couronne. La foi conjugale les unit, la grâce sanctifie cette union. La bague met une chaîne indissoluble à l'engagement de leur foi. La victime céleste Jésus-Christ, consacre leur alliance. L'Eglise les présente à Dieu, et l'hommage de leurs cœurs monte, avec l'encens de sa prière, jusqu'au trône de l'Eternel ; en un mot c'est un assemblage instructif de cérémonies singulières et édifiantes qui méritent attention. Mais je ne sais, M. F., si vous en avez jamais bien compris le sens et l'esprit je vais donc vous l'apprendre. Cette fleur, dont le chef de l'épouse est couronné, exprime, dit saint Chrysostômc. la bonne odeur de sa vertu, la candeur de son innocence, l'intégrité de sa virginité conservée et cette couronne est comme le prix de sa victoire dans le jour de son triomphe Signa victoriœ. Le consentement mutuel que prononcent les deux époux, est une convention sainte et légitime, un contrat irrévocable par lequel ils se donnent l'un à l'autre ; et les promesses sacrées qu'ils font devant l'autel, en la présence du Seigneur sont censées prendre à témoin de leur engagement et de leur fidélité, le Dieu protecteur et vengeur de la foi et

!

,

,

:

;

:

conjugale.

MARIAGE.

£0,7

La conjonction des mains marque l'union étroite qui régnera désormais entre eux. C'est une imitation de ce qui fut pratiqué autrefois par Raguel, qui prit la main droite de sa fille et la mit dans celle du jeune Tobie, lorsqu'il les unit ensemble. La bénédiction nuptiale que l'Eglise donne aux époux est une sanctifiante et authentique ratification de leur engagement parle ministère du pasteur, à l'exemple et au nom du Créateur qui a lui-même uni anciennement les deux premiers époux du monde, et les a bcnis* Les arrhes que les époux se transmettent l'un à ,

,

l'autre, signifient la communauté des Mens qu'ils mettent ensemble et dont ils entrent mutuellement en possession. L'Eglise y donne sa bénédiction pour les faire augmenter et prospérer. L'anneau, ou bague, sanctifié et bénit, dont le mari orne la main de sa nouvelle épouse, est un symbole de leur union; et, suivant la pensée de saint Isidore c'est comme le sceau de leur engagement, le lien de leurs cœurs et le gage de leur ,

,

fidélité.

Le voile nuptial qu'en certains endroits on étend sur la tête des époux pendant le saint Sacrifice, est ,

encore un mystère caché. Alors la religion les couvre pour ainsi dire, de l'ombre de ses ailes et c'est comme le symbole de l'union et de la pudeur, compagnes de la chasteté conjugale. C'est en même temps le signe de la protection du ciel, que le ministre du Très-Haut invoque alors sur eux, après le Pater 9 et particulièrement sur l'épouse, pour ,

lui

des

;

obtenir les bénédictions du mariage et les vertus

femmes renommées des anciens

patriarches.

donc spécialement pendant cette prière, qnv, leurs cœurs unis doivent se présenter ensemble

C'est

,

iOï

devant

nœuds

mariage* trône de Dieu, et lui offrir de concert tes sacrés de leur alliance, en lui demandant

le

avec ferveur nouvel étar.

les grâces et les vertus

propres de ce

Enfin , la paix qu'on leur apporte de l'autel annonce la

bonne intelligence

la tranquillité et la

et l'aimable

douceur de

concorde qui font

la société conjugale.

Heureux

s'ils savent toujours la conserver! Mais ce qu'il y a surtout de plus respectable et de plus sacré dans la célébration des noces, c'est le divin sacrifice de la messe, que l'Eglise offre alors

au nom des époux et pour leur prospérité comme un hommage solennel qu'ils rendent au Créateur ,

faits l'un pour l'autre > et qui les a faits encore plus pour lui-même. C'est donc dans cet esprit qu'ils doivent y assister, avec un cœur pénétré ; et ceux qui les accompagnent doivent y assister avec une attention religieuse, avec des vœux réunis en faveur des époux. Mais, je le dis à la honte du christianisme souvent , au contraire, on y voit, comme dans une fête profane, beaucoup de dissipation, de vanité, d'immodestie, d'indécence, d'airs effrontés et d'entre t retiens libres, au lieu de se contenir dans un silence respectueux et attentifs aux divins mystères A la fin de la messe , le prêtre fait sur les époux une prière qui est une invocation à Dieu, pour attirer sur eux les bénédictions des anciens patriarches mie vie sainte, une famille soumise et chrétienne 9 qui perpétue le culte de Dieu sur la terre après quoi, il répand de l'eau bénite sur les époux, pour écarter d'eux l'ennemi invisible de l'homme, qui peut chercher à leur nuire. M. F. cette cérémonie n'est pas sans mystère, et nous en avons dans l'bisioi.re sacrée une espèce d'exemple, ou de symbole

qui les a

:

!

:

,

MARIAGE. 105 remarquable. C'est lorsque le jeune Tobie, par le conseil de l'ange Raphaël, fit brûler sur des charbons ardents le foie d'un poisson monstrueux, dont la vapeur mystérieuse parfuma les nouveaux époux. Le démon en fut éloigné, et sa malice enchaînée, dit l'Ecriture. Et Tobie, ce digne enfant d'Abraham, plein d'un® vive confiance en Dieu , et d'un saint respect pour sa présence , lui adressa avec ferveur ces paroles touchantes : « Seigneur, Dieu de nos pères , que le ciel et la terre, et toutes les créatures vous bénissent! C'est vous-même qui, après avoir formé Adam du limon de la terre, lui avez donné Eve pour être son aide, sa compagne et maintenant , Seigneur, vous voyez avec quelle pureté d'intention je prends aussi Sara pour épouse ; et que c'est pareillement pour entrer dans vos desseins et que je n'ai point d'autre désir, que de laisser des enfants par lesquels la race de vos serviteurs soit perpétuée, et votre saint nom béni dans toute la suite des siècles. » Que ces sentiments sont beaux dans un jeune homme, et dans un jour de mariage! qu'ils sont conformes à la droiture de la raison et à la pureté de la religion! qu'ils sont propres à instruire des chrétiens, ou à les confondre, si dans l'excellence de la loi de grâce, si dans la lumière de l'Evangile, ils ont l'esprit moins éclairé sur la sainteté du mariage, le cœur moins pur, la conscience moins timorée, une conduite moins religieuse et moins régulière, que dans les ombres même de la loi de ;

,

servitude!....

Il est,

Achevons»

en dernier lieu, des cérémonies domescérémonies debienséance et de coutume^

tiques , des

,

506 M ART AGE. qui se pratiquent immédiatement après

'

la

célébra

du mariage) et où les nouveaux époux doivent encore se comporter avec décence et modestie. Tout le monde alors a les yeux attachés sur eux. Il faut donc qu'ils soient attentifs eux-mêmes à édifier et à satisfaire tout le monde il faut que l'honnêteté la politesse la prévenance , la discrétion* la sagesse paraissent dans toutes leurs démarches, leurs discours et leur maintien. Oh! que je désirerais voir s'établir dans ma paroisse cette cérémonie qui se pratique dans bien des pays où les nouveaux époux, soit avant d'aller à l'église, soit au retour, vont se jeter aux genoux de leurs parents , pour leur demander respectueusement pardon, et recevoir lion

;

,

,

leur bénédiction avant de s'en séparer! Cette céré-

monie

est tout à fait naturelle et touchante. Il y a entre les pères et les enfants, entre les frères et les

sœurs élevés ensemble, des nœuds bien

forts

liaison bien intime et bien tendre. Ainsi

lorsque la

,

,

une

jeune Rébecca quitte la maison paternelle pour aller joindre son époux, toute sa famille l'embrasse affectueusement, et fait des vœux pour elle; on la comble de présents et de bénédictions. M. F. , ces devoirs de parenté et d'amitié qui sont encore en usage parmi nous, sont bien dans l'ordre. Les congratulations, les conjouissances les présents les visites, le concours les parents et amis sont alors, dans les familles, des marques d'union que la na,

,

ture, la politesse et la raison autorisent. Car, à

Dieu ne plaise, M. F. , que je prétende bannir des noces chrétiennes la gaîté innocente et les repas modérés On en trouve l'exemple parmi les ma!

riages des enfants des patriarches

lui-même

a

honoré de

noces de Cana. Mais

il

s?,

faut

,

et Jésus-Christ

présence

le festin

des

que ces réjouissances

MARIAGE.

tffj

permises s oient toujours accompagnées delà sobriété et de la crainte de Dieu comme au ma riage de Tobie chez Raguel, suivant la remarque édifiante de l'Historien sacré. Ah! qu'on est étonné quand on compare les mœurs et la licence de nos jours, avec la la frugalité la sagesse de ces temps simplicité anciens Quelle honte à des chrétiens, d'avoir maintenant moins de respect pour la sainteté du mariage ,

,

,

!

et

pour la pudeur des époux; d'en blesser la mopar des chansons libres ou par des discours

destie

,

indécents qui les font rougir; d'en troubler

la

paix,

par des excès de débauche, et surtout par cette indécente dissolution qu'en se permet le soir des noces auprès des nouveaux époux! Je n'ose la nommer à cause de la sainteté de ce lieu mais vous me comprenez. Puisse cesser un tel abus! Terminons, M. F. cette instruction par les derniers avis que la jeune Sara reçut de sa famille, en quittant la maison paternelle poursuivie son nouvel époux. « Ma fille, lui dirent ses vertueux parents, dans la tendresse des derniers adieux, souvenezvous de vous bien comporter dans la famille où vous allez entrer et de prévenir tout le monde en votre faveur. Honorez voire beau-père et votre belle-mère, méritez par votre discrétion, par votre complaisance, par votre attachement respectueux, qu'ils vous chérissent comme leur propre enfant. Il est bien triste d'être dans une famille étrangère, si l'on ne s'en fait aimer. Attachez-vous à votre mari ; qu'il possède seul votre cœur et rendez-vous digne de posséder le sien. Appliquez-vous bien à régler votre maison, à bien soigner votre ménage, à bien gouverner vos domestiques ce sont là les qualités essentielles d'une mère de famille. Soves et de scandaliser

;

,

,

,

:

,

MÀHIAGH.

f08

vous-même

irrépréhensible en toutes choses, et que votre maison trouve en vous un modèle acccm

pli

de prudence, de sagesse et de vertu.

11

est

beau

de joindre l'exemple à l'autorité. » Oh! qui me donnera de revoir sur la terre la première beauté el l'ancienne perfection du mariage, leî que Dieu l'avait institué dans le paradis terrestre Malheureux péché! que tu as fait tort à l'ouvrage du Créateur! souvent tu troubles les époux pendant la vie; et, à la mort, tu les sépares par une division amère. Il est vrai, mort inévitable, tu les réunis ensuite dans le tombeau ; mais bien des fois le juge, ment de Dieu les sépare en môme temps d'une autre manière bien funeste: l'un va au ciel, et l'autre est en enfer. M. F. ce dénouement est terrible, et vous en trouverez la réllexion bien triste. Mais elle est vraie mais elle est salutaire profitez-en ; vivez de telle sorte sur la terre, que vous méritiez devons !

,

:

;

rejoindre au ciel, qui est notre véritable patrie.

vous, Dieu créateur et vivificateur, auteur sanctificateur de la foi conjugale, Père

ci

céleste,

renouvelez parmi nous la première bén édiction que vous donnâtes au mariage dans l'état d'innocence. Aii! ne vous repentez pas d'avoir fait l'homme , et conservez sur la terre votre plus bel ouvrage. Multipliez les enfants de votre peuple, et, avec eux les vertus des patriarches, pour l'embellissement du monde et de l'Eglise, pour l'ornement de la terre et du ciel pour la louange et la gloire de votre saint lîom, dans !e temps el dans l'éternité* ,

ainsi soll-iL

SAI3T VIATIQUE. StJ>

tt?

$$ISLP.SLXSL IZSLSLSLSLSLIlSlJLSLSLSlJLSLSlSiJL&JLSLSLA

POUR LE TROISIÈME DIMANCHE" APRÈS L'EPIPHANIE.

Sur

le saint

Domine vo. nez

,

Viatique. Dispositions qu'il exige.

descende pyitisquatn moviatvr

avant que

mon

fus

-filins

meus, Seigueun,

meure. S, Jean y 4»

Tels sont encore aujourd'hui les désirs empresses d'une famille chrétienne, qui voit avec douleur quelqu'un de ses proches en danger de mort, et qui

demande pour sa consolation que le Sauveur du monde vienne visiter cet infirme souffrant, avant descende dans le tombeau. Déjà plusieurs fois, M. F. , je vous ai entretenus de la sainte Eucharistie, de ses propriétés, de ea vertu, de ses effets, et des dispositions que demande ]a sainte communion pendant le cours ordinaire de la vie. Ce que je viens vous apprendre aujourd'hui, c'est l'importance et la manière dont vous devez recevoir à la mort , en viatique, l'Auteur de la vie, comme un gage de l'immortalité et de la résurrection. Voyons les dispositions particulières que demande le saint viatique une autre fois je vous parlerai des grâces spéciales qu'il procure, et des qu'il

;

effets salutaires qu'il opère.

Je ne sollicite point ici votre attention est assez intéressant

par lui-même

,

:

le sujet

puisqu'il s'agit

de sanctifier votre dernière communion. Communion touchante dans ces circonstances, redoutai tfo dans ses suites, et qui doit décider de votre éternité-

3tO

SAINT VIATIQUE,. L'arrêt irrévocable en est porté homme coupable et pécheur, vous mourrez. Vous avez été tiré :

du sein de poussière

Fa réglé

la terre, et

,

vous y rentrerez

:

Fous

êtes

vous retournerez en poussière. Ainsi

du

la justice

ciel

;

pour venger

le

Créateur

offensé par le péché, et pour réparer sa gloire

outragée.

Oui, M. F., et c'est ici un point de notre religion dont il est important de s'instruire et de se bien pénétrer, pour ne pas mourir en imbécile et en païen. Prenez donc garde, et suivez mon raisonnement, s'il vous plaît. L'expérience nous apprend que

l'homme

doit mourir

pourquoi

il

meurt mort la

,

;

et

mais la religion nous apprend

comment il meurt.

Saint Paul

du péché, la peine due au péché ainsiie chrétien, en mourant, est une victime qui doit être immolée pour l'expiation du péché, et pour la réparation de la gloire de Dieu. Et c'est particulièrement au moment où il reçoit son Sauveur en viatique, qu'il doit se regarder comme une telle victime. Or, quelles doivent être alors ses dispositions ? J'en distingue deux principales une, espérance pleine d'amour, et une résignation pleine dans de courage. Apprenez aujourd'hui M. F. nous devons vous et moi quelles dispositions appelle la

solde

:

:

,

,

recevoir à la mort tôt

le saint viatique,

,

,

peut-être plus

que nous ne pensons.

L'espérance est un moyen de consolation que Dieu a laissé à l'homme dans ses malheurs, et c'est aussi la ressource et le soutien du chrétien mourant. Hélas M. F. que sa situation est affligeante et déplorable, qu'elle est terrible! Etendu sur un lit de douleur il se regarde comme un criminel condamné par la divine justice à perdre bientôt la vie. Alors une frayeur mortelle, une tristesse profonde saisit î

,

,

,

SAJMT VIATIQUE. fil son eœtrr alarmé. Toutes les indignités de sa vie ne représentent à sa vue; et l'approche du jugement

de Dieu

le

consterne. Cependant

,

s'il a

bien de la

vivement pénétré de sa religion il ne se déconcerte pas il ne se désespère point. Mais comme Ezéchias, il a recours à Dieu dans son allîiction;il lève au ciel ses yeux abattus et ses mains foi, s'il est

,

,

tourne ses tristes regards vers le invoque, il appelle son Dieu. Ses amis et ses proches, comme autrefois les tendres sœurs de Lazare, s'empressent de faire venir le Sauveur au secours de cette âme souffrante qui lui est chère. Seigneur, lui disent-ils, celui que vous aimez est malade. défaillantes;

il

saint temple,

il

Seigneur n'abandonnera point son seril ne se refusera point à ses vœux pressants non plus qu'à l'humble prière du cen-

Non,

le

viteur affligé

;

,

tenier. J'irai, dit-il, et je le guérirai.

Ah!

souvient que c'est l'ouvrage de ses mains

s'ils ,

se

et le

prix de son sang. IF s'intéresse trop à son salut,

pour l'abandonner dans ces moments critiques et décisifs pour l'éternité. Il descend de son tabernacle, il sort de son temple chacun s'humilie et fléchit le genou sur son passage des troupes fidèles comme autrefois les peuples de Judée, l'accompagnent par piété et par honneur. Il vient comme en triomphe, i! approche entre dans la maison du malade 'i la grâce, la paix, la bénédiction du ciel entrent ;

;

,

avec

,

;

lui.

Ici, M.

F., quel sujet d'admiration, et que de

motifs de confiance pour le chrétien mourant! que

de grands sentiments, que de réflexions consolantes vue de son Rédempteur!

doit lui inspirer la

Réflexions consolantes sur l'excellence et l'immortalité de sou CUe, qu'un Dieu ne juge pas in-

SAINT VIATIQUE. digne de sa visite et de ses recherches

îl*2

!

Naturelle-

semblerait que jamais l'homme ne dût êtna plus humilié que dans cette circonstance. Fût-ce un prince de la terre, il paraît en criminel suppliant devant son Maître et son Juge. Prêt à retourner

ment

il

dans le sein de la terre, il doit sentir mieux que jamais qu'il est, devant son Dieu, poussière et cendre. Pour moi, néanmoins, je vous avoue que jamais l'homme ne parut plus grand à mes yeux, plus honoré, ni plus justement pénétré d'une noble estime de lui-même. En effet, M. F., considérez ce pauvre souffrant et malade dans sa chaumière, où il voit le Dieu de gloire et de majesté devant qui les rois ne sont que d'humbles sujets. S'il a véritablement de l'âme et du sentiment, n'est-ce pas pour lui un des plus beaux, des plus glorieux jours de sa vie? Quel mystère est ceci peut-il se dire à lui-même avec étonnement quel assemblage d'humiliation et de grandeur! Quoi donc je ne suis déjà qu'un infect et misérable cadavre; on me fuit, on m'abhorre; et vous, Seigneur, vous venez me chercher jusque dans les bras de la mort! Eh! qu'est-ce que l'homme, pour qu'un Dieu si grand daigne penser à lui et Le visiter? Oh! il faut donc qu'il y ait en moi quelque chose de grand r d'immortel, qui ne périra point, et que le Créateur a fait pour lui. Non je ne regar,

!

:

î

,

derai plus la

mon mon esclavage

tion de

de

mort comme l'opprobre et la destrucêtre, mais plutôt comme la délivrance et

des liens de

la

un heureux affranchissement qui et

me

réunir à

mon

matière doit

principe dans

me

le sein

;

comme

purifier,

de l'im-

mortalité.

Sentiment de confiance dans la force que son Sauveur lui donnera contre les ennemis de son salut

sât?:t viatique.

ÎI3

Satan, cet ennemi tlu genre lmmaîiî r tourne autour de nous comme un lion affamé et rugissant, cherchant à nous dévorer, à nous perdre en tout temps, peut-on douter qu'il ne redouble ses malins efforts dans nos derniers jours? De là ces troubles ces terreurs que nous remarquons quelquefois dans les mourants. Levez-vous, Seigneur, paraissez; et vos ennemis et les nôtres fuiront devant nous. N'estSi

,

ce point vous, divin Sauveur, qui faisiez trembler autrefois les Si

démons de

la

Judée, et qui les chassiez? si votre

votre bras tout-puissant est avec nous,

présence nous rassure et nous protège, Seigneur, qui pourra nous intimider et nous nuire?

Enfin

,

sentiment de consolation par l'abondance

des grâces et des bénédictions qui accompagnent la visite il

d'un Dieu Sauveur au saint viatique. C'est, , le Juge redoutable des vivants et des mais il ne paraît point ici dans cet appareil

est vrai

morts

;

11 vient plutôt en roi pacifique, et triomphant des coeurs par l'onction de sa grâce et de sa douceur. Oui, M. F. , le chrétien mourant retrouve dans te saint viatique ce même Sauveur, ce Sauveur bienfaisant, qui allait autrefois avec bonté dans les maisons des villes et des bourgades répandant, où

formidable.

,

il

passai*, les bénédictions et les miracles

;

qui

visi-

malades, et les guérissait; pardonnait aux pécheurs, et consolait les familles affligées; ranimait les paralytiques, et ressuscitait les morts. Oh tait les

î

qu'il faudrait avoir le

cœur dur pour

n'être pas

saisi, à celte pensée, des plus doux sentiments de consolation et d'espérance!

Pour moi,

si

faveur, de voir derniers jours

eomme

le

le

ciel

m'accorde cette précieuse

mon Sauveur et mon Dieu dans les de ma vie, animé d'une foi vive,

centurion de l'Evangile

,

je l'adorerai

,,

SAINT VIATIQUE. ÏMX avec une humble confusion de mon indignité, mais pourtant avec une douce confiance en ses miséricordes. Transporté de douieur et d'amour, comme

Magdcleine, je fondrai en larmes à ses pieds. Je m'écrierai du fond de

de Jéricho de

mou

:

Jésus

mon cœur, comme l'aveugle de David

, fils

,

ayez compassion

Je lui dirai avec de pressantes instances

comme

Seigneur, regardez avec la Chananéenne commisération mon affliction et ma peine Secourez-moi. Vous m'éprouvez, mon Dieu; vous avez appesanti votre main sur moi ; vous m'avez réduit au triste et douloureux état d'une victime dévouée à la mort. Mais puisque je vous vois, puisque jo vous possède, il nie semble que tous mes maux :

:

me

console, ce qui me mon Dieu est avec moi. Oui, quoiqu'il ordonne de mon sort, je l'aimerai, je le bénirai; y espérerai en lui jusque dans les bras de la mort. s'évanouissent. Et ce qui

fortifie

,

ce qui

me

rassure, c'est que

Ainsi pense, dans les transports de la foi, une

âme pénétrée

de sa religion et de la présence de son Dieu. Mais qu'il me soit permis de marquer ici mon étonnement. Il semble que cette espérance chrétienne, que cette sainte confiance en Dieu ne soit le partage que des personnes consacrées à îa piété ou des petits et des pauvres : pour ce riche ne pensez pas que son Sauveur ait un accès aussi libre clans son cœur et dans sa maison. Tl n'aura pas la même facilité d'y venir, tout son Dieu qu'il est. Il faut des précautions étonnantes, pour lui parler de la mort. Il faut tout l'art d'un zèle adroit et pressant, pour le disposer, ou plutôt pour le résoudre à îa visite du Seigneur. Tout le monde craint pour lui, et personne n'ose le lui dire. Par un ménagement cruel on conspire avec lui à ïq ,

,

,

SAINT VIATIQUE.

1)5

tromper, à le tranquilliser sur le danger de son est-ce donc quelque chose de bien état! Eh! M. F. terrible et de bien malheureux, de recevoir son ,

Sauveur? Cependant

le mal empire ; il survient des accidents qui alarment; le danger pressant se déclare, la raison s'égare, et la mort approche. Alors on se trouble, on se hâte, on court aux sacrements. Mais ? On manque ainsi le temps delà grâce; par une juste punition de Dieu , parce qu'on Fa cherché trop tard, quelquefois on ne le trouve plus ; ou si l'on reçoit encore le saint viatique précipitamment , c'est presque sans connaissance , sans sentiments de religion, sans préparation et sans discernement du pain de vie , qui se tourne en fruit de mort et de réprobation. Sur cela, pourtant, une

qu'arrive-t-il et

,

Heureusement, temps de recevoir ses

famille se rassure et se tranquillise. dit-on, le

malade

a

eu

le

sacrements. Les pasteurs de l'Eglise font aussi tout ce qu'ils peuvent pour son salut. Mais intérieurement ils gémissent, ils tremblent, et n'osent dire tout ce qu'ils pensent. Malheur attaché aux riches et

aux heureux du Il

siècle

n'en est pas de

!

même

de l'âme

fidèle.

Le juste

qui vit de la foi a des sentiments bien différents à la

mort. Son refuge et sa ressource, dans cette fatale extrémité, sont de se jeter dans les bras de son Sauveur, comme une victime d'espérance pleine d'amour. Première disposition passons àla seconde. :

Le vrai chrétien à la mort , se regarde comme une victime d'obéissance immolée à la justice de Dieu, Il accepte donc la mort avec une résignation pleine de courage, parce qu'il en trouve un touchant uiodèlc dans l'exemple de sou Sauveur! ,

ÎÎ6

SAINT VIATIQUE.

En effet, M. F., la divine eucharistie est proprement un sacrifice et une préparation à la morL Jésus-Christ, en l'instituant et en communiant avec ses apôtres, la veille cle sa passion, nous a donné le premier exemple de se préparer à mourir par cette sainte action» Jamais il ne témoigna une soumission plus entière à la volonté de son Père, ni un plus grand désir de s'immoler pour sa gloire, qu'en prévenant ainsi son sacrifice du Calvaire, et en le perpétuant à jamais. Or, quel modèle et quel motif de résignation pour le chrétien mourant! Car, remarquez que c'est en cet état de victime, que le Sauveur se présente à lui dans le saint viatique , et qu'il semble lui dire , île

Zébédée

:

Ame

comme aux enfants

souffrante et désolée

,

vous de-

mandez d'avoir part à mes récompenses et à mon royaume mais auparavant il faut avoir part au calice amer de mon agonie et de ma mort, puisque ;

par là que moi-même je suis entré clans ma Vous voyez comme je me suis sacrifié pour vous à la justice de mon Père aurez-vous assez de courage et de résignation pour consentir d'être vous-même immolé avec moi et comme moi , pour c'est

gloire.

:

,

la réparation du péché et la vengeance du ciel? Car , sans cette conformité de soumission et de comment pourrais-je vous reconnaître sacrifice ,

pour mon disciple et pour mon élu ? calice

m

«

Potestis bibere

? »

Mais, hélas! que cette disposition est rare clans mourants je ne puis m'empêcher de déplorer l'insensibilité des personnes du peuple, qui iront les

!

quelquefois au

ment,

lit

de

la

mort, ni âme

,

ni senti-

ni réflexion, ni esprit de pénitence et de

sacrifice; qui reçoivent leur

parce que

c'est la

coutume

,

Sauveur en viatique, du reste, meurent

et qui,

SAINT VïATIorE.

en stupides

;

1Î7

qui, faute de savoir bien prendre leur

à Dieu de tout leur cœur, avec amour et soumission, en esprit de satisfaction et d'union au sacrifice de Jésus-Christ , perdent par là le mérite de la plus grande pénitence que nous puissions faire en ce monde, et de l'acte le plus héroïque de la religion, qui est de donner sa vie pour Dieu. Je ne puis m'empêcher de déplorer

sacrifice et de l'offrir

pareillement la lâcheté de ces riches

,

de ces

mon-

dains idolâtres d'eux-mêmes, et forcés par la nécessité,

que

du Seigneur contriste, et qui comme le malheureux Agag, répugnance; qui s'abandonnent,

la visite

paraissent devant lui

avec crainte et lui, aux plaintes et à des larmes de désolation , indignes de la religion , et même de la raison. Ainsi meurt l'homme terrestre , sans consolation et sans mérite, parce qu'il meurt sans résignation, sans fermeté, sans esprit de religion. Mais une

comme

âme chrétienne, une âme vraiment pénitente, trouve son bonheur et l'espoir de son salut dans son sacrifice même. Frappée de la vue et de l'exemple de son Rédempteur qui vient la visiter, entrer dans les sentiments de Job , humilié sous la main du Seigneur, lorsque, du lieu de ses

elle sait

souffrances,

il

entrevoyait son Dieu.

mon Sauveur!

peut-elle dire dans sa ferveur, tant de fois j'ai en-

tendu

attendrissant de votre sacrifice sur la en ce moment encore, je vous vois dans un état de vicîime, vous qui êtes le Juste, le Saint par excellence, vous qui êtes mon Seigneur et mon Dieu! Seigneur, comment, après cela, oscrais-je accuser de trop de rigueur le ciel équitable qui me condamne à la pénitence commune du genre humain, dans le creuset de la iribulatîon, et dans la cendre du tombeau, moi qui sens bien dans ma

croix

le récit

;

et

,,

^18

SAINT VIATIQUE.

conscience que c'est la juste peine de mes péchés et de l'abus que j'ai lait de la vie ? Oui grand Dieu souverain Maître de la vie et de la mort, vous que ,

j'ai tant

offensé , il est trop juste que, pour réparer tant d'offenses, je sois immolé à votre jusiiee. Il est vrai, Seigneur, vous demandez à mon faible

cœur des

sacrifices bien amers à la nature. Hélas! que vois-je devant moi? une épouse désolée des enfants tout en larmes , qu'il faut quitter un affreux 9

;

dépouillement de toutes choses, un abandon général, un oubli éternel, une humiliante corruption MïiQ espèce d'anéantissement de moi-même, dans la solitude et la nuit

mon

Père

!

du tombeau!

éloignez encore de

mon

moi ce

Bien

et

calice d'a-

mertume ! Cependant, s'il le faut, Seigneur, que votre volonté s'accomplisse plutôt que la mienne. Eh ! pourquoi m'en plaindrais-jet Suis-jeplus privilégié

que mon Rédempteur , qui n'a expié le péché et qui ne s'est ouvert le ciel que par les souffrances et par la mort? Après tout, plus mon sacrifice sera grand, plus l'hommage que je rends à la divinité par ma soumission sera glorieux à Dieu , et méritoire pour moi; plus ma pénitence est grande, plus la miséricorde et la récompense seront abondantes dans la vie future. Car je sais que la plus noble partie de mon être , mon âme , ne mourra point , et même que ce corps mortel ne doit pas périr pour toujours. Oui, mon Dieu, et voilà ce qui soutient encore mon obéissance et ma résignation; oui, j'espère

ou plutôt Je

suis certain,

Job, que mon Rédempteur qu'après m'avoir abattu ,

tombeau pour me

comme est vivant il

me

votre serviteur

dans

retirera

le ciel; et

un jour du

revêtir de son immortalité. Alors propre s yeux, rouverts à la lumière, reverront encore mon Sauveur, non plus comme ,

mes yeux, mes

,

SAINT VIATIQUE. 119 aujourd'hui, sous le voile d'un mystère d'anéantissement et de sacrifice , mais dans l'éclat de sa gloire et de son triomphe. En un mot, pour ressusciter,

mourir; Dieu l'ordonne, et je l'ai mérité; Sauveur lui-même m'en a donné l'exemple et ce divin modèle vient en moi par son sacrement: je me jette entre ses bras et dans le sein de sa miséricorde. Je l'ai, je le possède; il suffît; je meurs soumis, je meurs content 9 je meurs en paix Nunc il

faut

mon

:

dimittis.

Voilà, M. F., des sentiments, des dispositions

conformes

à la

grandeur

religion. Retenez-le bien

et à la sainteté :

un Chrétien

de notre

doit vivre

, souffrir et mourir en disciple de la croix. Heureux donc, heureux le sage qui sent toute Ja

en saint

force et l'utilité de ces importantes réflexions

heumédite souvent pendant sa vie, qui les goûte, qui s'en pénètre qui les grave profondément dans son cœur! heureux celui qui sait les mettre en pratique, et mériter la grâce d'une mort douce et sainte! elle ne fera que la délivrer de cette prison si pénible, pour le mettre en possession d'un repos éternel, d'une félicité inaltérable, dans le sein de son Créateur et de son Dieu. Je vous le souhaite, au nom eic.

reux celui qui

les

,

,

î

1?0

S:\11ST

VIATIQUE.

POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE après l'épiphanîe.

Sur

le saint Viatique.

Conjortamini in Domino

et

M. F.

les

tfâs 9

for' 'liez- vous

,

par sa vertu toute-puissante

vous soutenir contre

effets.

et in potentiel virtutis

stare adversUs insidias diuboli.

gneur

Ses

,

afin

rit pàs'sît'9.

par

le

Sei-

que vous puissiez

embûches du démon. Ephes,

,

6.

Gviii partioi-Iièrement au lit de la mort, que l'ennemi de notre salut redouble ses efforts pour nous perdre ; et c'est principalement aussi dans cette triste extrémité que le chrétien mourant doit chercher en Dieu sa force et son secours , en recevant en viatique ce pain de vie , dont je vous ai parlé dans ma dernière instruction. Sans doute, M. F. , qu'un sujet si touchant, si convenable à mon ministère, et si propre à vous ,

consoler, n'a pu

me

manquer

d'intéresser votre atten-

me dit ici ce que quelques auditeurs de l'Aréopage dirent autrefois à saint Paul, pour un autre sujet : « S'il vous reste quelque chose à nous dire sur cette matière, nous vous entendrons volontiers encore une fois. » Nous avons considéré le chrétien au lit de la mort , comme une victime immolée à la grandeur de Dieu et à sa justice, et je vous ai dit dans quelles dispositions il doit recevoir le saint viatique. Aujourd'hui je vou9 parlerai de la grâce puissante du Dieu Sauveur qui vient sanctifier, par sa présence, le sacrifice du chrétien mourant, et, par conséquent, je vous partion.

Il

semble que votre piété

lerai des grâces spéciales

que

le saint viatique

pro-

,

SES-

EFFETS.

1.21

cuve à une âme bien disposée. En apprenant ses effets salutaires, apprenons à estimer et à désirer M. F. , si vous saviez le prix et le don de Dieu. Ah !

vertu de cette manne céleste et divine , qui vivifie l'àme immortelle dans les bras même de la moi t, que vous aimeriez à en entendre parler la

!

Quelle

réflexion viens-je d'offrir à

affligeante

votre esprit, M. F., en vous rappelant cette loi fatale qui nous condamne tous à mourir ! Hélas ! l'homme îout faible et tout mortel qu'il est, porte encore en désir de l'immortalité. Par un

lui-même un secret instinct naturel,

il

abhorre sa destruction. Il craint la mort, il en redoute les

de s'entendre annoncer approches ; il se défend,

il

combat,

il

se trouble

,

il

s'etfraie.

dure

et

amère nécessité de mourir! Précieux

arbre de vie du paradis terrestre, faut-il que l'homme

vous

ait

perdu en goûtant du

fruit

de mort? N'en

murmurons cependant point, M. F, T puisque Le Réparateur du monde nous a préparé, dans so-i nouveau fruit de vie encore plus excelque le premier; un pain mystérieux et divin descendu des cieux, qui soutient les infirmes et vivifie les mourants suivant cet oracle de JésusEglise, un lent

,

Christ ce

:

pain,

Je suis il

le

pain de vie

:

vivra éternellement.

si

quelqu'un

(?.

mange

de

Jean, G)

Quel bonheur donc, quel avantage pour nous, M. F. , d'être nés dans le sein de l'Eglise qui nous nourrit du pain des anges pendant la vie, et qui nous donne, à la mort, l'Auteur même de la grâce,

comme un

gage de miséricorde et d'immortalité. Ah! que je plains ici nos frères schismatiques qui„ pour s'être séparés de l'Eglise f ont perdu le piiia Ï0A1E vu.

-

Q

,

3-2

saint viatique;

grand trésor de la religion, en se privant euxmêmes de la présence de Jésus-Christ et de la participation à nos saints mystères qui sont sans les secours spirituels de l'Eglise dans la maladie, et sans sacrements à la mort! Que je plains encore ces ,

;

peuples idolâtres, qui ont tous les maux ordinaires de la vie et les amertumes de la mort ; sans avoir les consolations et les ressources de la vraie relimalheureuses victimes de Terreur ou de la gion !

à qui pouvez-vous donc avoir recours dans cette fatale extrémité ? Ubl sunt d'il eorum ? Pour nous M. F. , qui servons le Dieu vivant, et qui possédons au milieu de nous l'Auteur de la vie Jésus -Christ, dans le Saint -Sacrement, sentons tout le prix d'un tel avantage, surtout dans le temps de l'affliction et aux approches de la mort, lorsqu'il vient soutenir et consacrer nos derniers combats. Mais, pour bien concevoir ma pensée, regardez toujours le chrétien, au lit de la mort, comme une victime dévouée à la justice de Dieu et sacrifiée à sa grandeur. Cette victime souffrante est dans l'abattement, dans la défaillance; et le Sauveur du inonde ç en entrant dans son sein, la ranime et la vivifie première grâce, premier effet du saint

superstition

,

,

:

viatique.

lui-même qui nous l'apprend. il a eu particulièrement en vue d'en faire pour nous un principe de vie surnaturelle et un souverain préservatif contre la mort éternelle. Je suis, disait-il aux Juifs je suis te vrai pain de vie descendu des deux , pour C'est Jésus-Christ

En

instituant la divine eucharistie,

,

vendre l'homme immortel

:

je suis

le

pain vivant et

Vos pères ont mangé la manne terrestre dans le désert, et Us sont morts. Mais celui qui aura mangé de ce pain céleste, vivra éternellement*

vivifiant de l'âme.

SES EFFET?.

Remarquez bien, M.

12à

que Jésus-Christ opposa ici la vie éternelle à la mort corporelle et que , par comparaison à la manne des Hébreux, qui n'a pas pu les garantir delà défaillance et de la mort, il jious représente au contraire le saint viatique comme F.

,

,

une source de force surnaturelle, comme un germe, d'immortalité, et une semencede vie éternelle pour chrétien mourant.

le

En jfle

effet, suivant la

remarque d'un

saint docteur,

autrefois, dans les Martyrs de l'Eglise, ce



courage invincible, cette force plus qu'humaine >qui les

dans

,

rendaient supérieurs à la crainte, tranquilles

les

l'enfer.

tourments victorieux de ,

En vain des bourreaux

l'idolâtrie et

de

et des tyrans cruels

tâchaient d'ébranler leur constance par l'affreux appareil des supplices : munis de la sainte eucharistie

avant le combat, tout pleins de la divinité, et enivrés du sang de Jésus-Christ, ils ne con-

«comme

mais , dans ; d'une vie meilleure ils triomphaient de la nature et de la mort même, en 'mourant. Ou plutôt , pour eux, ce n'était pas mounaissaient plus ni crainte ni effroi

l'espérance et l'attente

rir, c'était

,

commencer une vie heureu se, impassible,

immortelle.

De là encore aujourd'hui, parmi nous, cetic grâce prompte du saint viatique, qui réveille

sensible et

d'ordinaire toute la religion et la fermeté du chré-

mourant; qui, quelquefois, paraît dissiper à sombres horreurs de la mort qui le troublaient; calme son inquiétude et ses craintes; remplit Son cœur de paix et d'onction élève son âme au-dessus de la faiblesse humaine et du découragement ; le détache de la terre, et lui inspire une tien

l'instant les

;

douce confiance en Dieu

;

l'anime d'une espérance

surnaturelle; lui donne par avance un gage consoG-

,

î.2.4

lant

(le

son salut,

saint viatique; et comme un avant-goût delà vie

Vous dirai-jc que, plusieurs fois, j'ai vu du cœur d'un mourant rejaillir sensiblement

éternelle. la

joie

sur son front, et quelquefois

même

ses forces et sa

santé rétablies, contre toute attente, par l'Auteur de la vie, qui mortifie et vivifie, quand il veut, le corps et l'âme tout ensemble 3 dit l'Ecriture? 11 est vrai, M. F. , que la visite du Seigneur n'opère pas toujours ces effets salutaires. Hélas! souvent, au contraire elle a des suites bien funestes et j'a;

voue que quelquefois lorsque j'entre avec

j'en suis troublé

moi-même

dans certaines maisons. crime et l'impénitence sur le lit de la mort; c'est-à-dire qu'il voit avec horreur dans les liens du démon et dans les filets de la mort, un mondain, un impie, un impudique un vindicatif, un avare, un usurier, un ivrogne ou un hypocrite. Que sais-je? peut-être une conscience toute noircie de sacrilèges, qui, ayant caché son péché dans les jours de sa santé, n'a pas encore le courage de le déclarer dans ce dernier moment! Quel redoutable préjugé pour le jugement de Dieu qui est prêche! En un mot, cet œil perçant de Dieu qui sonde les cœurs et le fend des consciences n'y voit, hélas! trop souvent, que des sépulcres blanchis, de faux pénitents, de faux chrétiens, des réprouvés de toute espèce. lui

ciel! qu'y voit-il? Quelquefois le

,

,

,

Ah

!

M. F.

,

qui pourrait

ici

pénétrer clans

le

cœur

de Dieu , d'une part, et de l'autre, dans le cœur du pécheur mourant, y verrait une opposition bien effrayante dans le cœur de Dieu, à la place de la miséricorde et de la bonté, l'aversion, la- justice, un jugement de réprobation; dans le cœur du pécheur, la pénitence vaine et forcée d'Antiochus à ia mort ; IHutachement au péché et au monde que :

SES EFFETS,

Pou

quitte

malgré

soi

;

le

433 désespoir intérieur ou la

fausse sécurité; le remords inefficace ou l'en durcissement; un réprouvé qui mange son jugement ou sa condamnation par un dernier sacrilège. malheureux si vous connaissiez, du moins en ce !

jour, l'importance et le prix du salut, la nécessité pressante où vous êtes de vous réconcilier avec

voire Juge, et de rentrer en grâce auprès de lui ; si vous saviez prévoir le malheur éternel qui vous et profiter au moins do la dernière visite de votre Sauveur, dont l'abus va achever vetre perle

menace, et

consommer votre réprobation N'en désespérons pas cependant toujours, M. !

F.,

puisque ce peut être encore ici un moment favorable et quelquefois une ressource pour les grands pécheurs même. Car telle est la vertu du saint viatique, qu'il arrive quelquefois que la présence de Jésus-Christ touche, éclaire et vivifie, par une conversion subite, des âmes ensevelies dans la mort du péché ; qu'elle les ressuscite à la foi et à la grâce, par un trait de sa grande miséricorde, par uniespèce de miracle semblable à celui de la résurrection de Lazare. Oui, quelquefois il me semble voir encore de vertueuses Marthes, des Magdeieines affligées, se jeter aux pieds du Sauveur, lorsqu'il vient dans leur maison, et lui demander avec lai nies, ,

<

n l'adorant, la conservation

,

la

santé, et surtout

conversion et le salut d'un mourant qui leur est cher. Ah! sans doute quelquefois Jésus en est louché, t les entrailles de sa bonté sont encore émues, comme autrefois à la vue de Marthe et de Magdeîeinc en pleurs sur leur frère. A leur prière il va le convertir; et, par un trouble salutaire, il remue, i: excite par sa présence ce pécheur endormi il l'appelle intérieurement, mais d'une voix ferle et la

<

;

*

26

SAINT VIATIQUE?

puissante

:

religion, et

Voce magna. Il réveille tout à coup sa ranime dans son cœur les principes de

la vie surnaturelle, la foi,

l'espérance, le repentir,

douleur et l'amour. Il le tire, comme Lazare, de son assoupissement mortel; il lui fait ouvrir les yeux à la lumière il commande aux puissances des ténèbres qui le tenaient captif, de le mettre en liberté; il permet à son Eglise de le délier par une dernière absolution, et de le laisser aller en paix dans le sein du Père des miséricordes Solvlte eum y et slnlle abire. Mais ces prodiges de grâce sont rares. Tel est donc le premier effet du saint viatique il ranime et vivifie le chrétien mourant. Il en est un autre encore bien consolant. Voyons-le., la

;

:

:

Non-seulement

le

Sauveur ranime

et vivifie le

chrétien à la mort, en entrant dans son sein; mais

encore, en s'immolant lui-même avec cette victime, consacre et perfectionne son sacrifice seconde grâce, second effet du saint viatique. Peut-être, M. F., n'avez-vous jamais fait cette réflexion elle a cependant quelque chose de bien sensible et de bien touchant. Remarquez donc avec moi, je vous prie, qu'il y a ici, dans le chrétien mourant, un double sacrifice et deux sortes de victimes. Le chrétien mourant, s'il a de la foi, s'offre lui-même à Dieu en sacrifice ; et en même temps, Jésus-Christ, qui est dans lui par le saint viatique, est en quelque sorte immolé sur l'autel de son cœur où cette divine victime se détruit ellemême avec les saintes espèces. Or, en s'immolant il

:

:

,

pour lui, Jésus-Christ que le chrétien fait de sa vie il cLunraunkuae une vertu divine » par l'application

ainsi avec lui, dans lui et sanctifie le sacrifice lui

;

,

127

SES EFFETS.

ûes mérites de son sang et de sa mort, en sorte que ces deux victimes , Jésus-Christ et le chrétien mou rant,

unis ensemble, ne font, pour ainsi dire,

devant Dieu qu'une môme victime. Oui, Seigneur, peut dire alors le chrétien mourant, et avec un vif redoublement de confiance, Seigneur , c'est trop peu de m'offrir moi-même à vous en sacrifice pour l'expiation de mes péchés et

pour la réparation de votre gloire, moi qui suis un pécheur si peu digne de vos regards et de vos miséricordes. Mais voici, grand Dieu, une hostie véritablement digne de vous c'est votre propre Fils qui prie en moi, qui satisfait pour moi, qui s'immon Dieu quelque mole en moi et avec moi. ;

!

grandes que puissent être mes iniquités, n'est-ce du sacrifice d'un pas assez , pour les expier Homme-Dieu, qui a suffi pour sauver l'univers? Oh! sans doute il n'est pas possible qu'une âme ainsi disposée, soumise et pénitente, périsse en faisant ainsi son sacrifice avec Jésus-Christ, en se jetant ainsi dans le sein de son Sauveur , pour expirer dans les bras de sa miséricorde. Car c'est là le fruit des mérites de Jésus-Chrirt , et l'effet particulier de sa visite dans ces moments décisifs pour l'éternité , de procurer aux mourants , nonseulement des grâces de patience, de résignation, de force , de consolation, de fidélité; mais encore la dernière et la plus importante de toutes les grâces, la grâce de la persévérance finale, qui consomme le salut du chrétien, et qui couronne son sacrifice par une mort sainte et précieuse devant Dieu. Or, M. F., quel sujet pour nous de consolation et de tranquillité sur la mort de nos frères et de nos concitoyens, de ces amis , de ces proches, qui nous ont précédés avec le signe de la foi, et que nous ,

12S

saist viatique;

avons vu s'endormir dans le Seigneur après l'avoir reçu en viatique! Serait-il possible que leur foi, leur confiance en Jésus-Christ, que sa visite et sa grâce, que leur pénitence et leur amour ne leur eussent servi de rien? oserions-nous le dire, devons-nous le penser? Non, sans doute. Or, encore nie fois quel bonheur pour eux et pour nous, quel avantage sur ces nations idolâtres, qui n'ont rien de solide qui doive les rassurer sur l'état et la destinée de leurs morts les plus chers Ainsi, lorsque 1 es peuples de l'Amérique et desIndes furent éclairés, dans ces derniers siècles, des lumières de la foi, f

!

une

réflexion frappante qui les saisit bientôt, fut la

pensée de

la réprobation et de la perte de leurs ancêtres. C'est donc à dire, s'écriaient-ils en gé-

missant, que tant de millions d'hommes qui sont morts parmi nous, dans l'ignorance du vrai Dieu, et sans avoir connu le Sauveur, n'auront point de part à sa rédemption

,

heureuses victimes de

et seront à

jamais

les

mal-

l'enfer: Ergô], cl qui dormie-

ranl perler ant. A cela , qu'avaient à répondre les missionnaires ? qu'avaient-ils à faire que de les renvoyer à la profondeur des jugements de Dieu? Pour moi, M. F. c'est à la grandeur de ses miséricordes que je vous rappelle aujourd'hui, et je vous dis avec une sainte confiance Oh! îî n'en est pas oinsi des âmes des chrétiens elles ont été purifiées et sanctifiées par la religion ; nous les avons vues s'endormir en paix dans Jésus-Christ, après l'avoir ,

,

:

:

reçu en viatique. Non, ce n'est pas en vain que Jésus-Christ s'est sacrifié pour ces

âmes

,

qu'il est

reposer en elles , comme un gage de l'immortalité et de la résurrection future. Oui ? Seigneur, vous êtes Fidèle dans vos promesses, et vous ne laisserez pas votre ouvrage imparfait

venu

les visiter et

:

,

129

SES EFFETS.

après avoir ainsi achevé la sanctification du chrétiéii mourant par votre divine présence, par l'union de et par la persévérance finale vous rendrez une vie meilleure et plus durable. vous donc, enfants de grâce et de promesse, s'écrie saint Paul, vous qui attendez le salut et la vie éternelle! que cette vive persuasion, que QeUp douce confiance en Jésus-Christ notre Sauveur,

votre sacrifice

,

,

lui

vous rende moins amère la triste nécessité ûe mourir, et qu'elle vous en console par avance. J'avoue que c'est un sacrifice bien dur à la nature, quand on le regarde avec les yeux de la chai;:; mais lorsqu'on l'envisage dans les vues de la foi, qu il est grand ce sacrifice! qu'il est salutaire! qu'il est adouci par les secours de la religion et de l'espérance chrétienne! Non, M. F., l'homme n'est pas fait pour être toujours sur la terre; et dans peu i ous irons rejoindre nos pères qui nous ont déjà devancés dans le tombeau. Mais nous espérons qu'un jour nous en sortirons avec eux, pour être revêtus de gloire et d'immortalité; et nous irons tous ensemble au-devant de notre Sauveur, dans ce grand jour, où il viendra juger l'univers dans l'éclat de sa majesté et de sa puissance. Alors Dieu verra en nous l'empreinte du san-r du divin Agneau, dont nous aurons été marqués avant de mourir. A cette

marque

ses disciples

,

,

Jésus-Christ nous reconnaîtra pour

pour

ses

membres pour ,

ses élus

;

et

après l'avoir reçu avec amour sur la terre, nous irons le posséder clans le ciel. Ainsi, nous serons toujours avec le Seigneur Jésus , et nous régnerons

éternellement avec lui dans l'immortalité bienheureuse: Et sic s'mpcr cam Domino erimus. C'est ce

que

je

vous souhaite, au

nom

du fère,

etc.

SUPPORT

%ù9

POUR LE CINQUIÈME DIMANCHE après l'épiphanie. Stir l'obligation

Cum vous

les

de se supporter

patientiû supportantes inviccm

uns

les autres

in

les

uns

les antres.

charitate.

Supportez-

avec patience, en esprit de charité. Epkés* 4,

Epître du jour.

La conduite que Dieu tient à notre égard doit être modèle de celle que nous devons tenir à l'égard de notre prochain. Gomme il nous aime et qu'il nous supporte avec bonté i malgré nos vices et les outrages que nous lui faisons , de même il veut que nous aimions nos frères malgré le mal qu'ils pourraient nous faire 9 malgré les défauts qu'ils pourraient avoir. Hélas! que deviendrons-nous, s'il nous juge à cet égard suivant la rigueur de son Evangile ? La vertu qui nous est le plus expresséle

,

,

,

ment recommandée

,

pratique le moins. M.

supportons-nous

les

est

précisément celle qu'on prenons-y garde, et

C. F.,

uns

les autres. C'est à quoi je

viens vous exhorter aujourd'hui, en mettant sous

vos yeux deux raisons bien simples , et bien propres

nous y engager ; les yoici: 1° Nous avons chacun nos défauts, et nous sommes bien aises qu'on les supporte il est donc juste que nous supportions ceux d'autrui. En second lieu, Dieu nous supporte les uns et les autres , tout imparfaits et tout pécheurs que nous sommes à plus forte raison devons-nous nous supporter mutuellement! Rien ne commande plus votre attention %uc cette morale*

à

:

:

ÎSI

2>U PROCÏIAîN.

Nous apportons en naissant un fond de misère et d'imperfection, qui infecte tout le cours de notre vie; nous n'avons, dès notre enfance, que des inclinations vicieuses à réprimer, que des vices à déraciner, que des passions à combattre. N'ayant de nous-mêmes que le mal et le penchant au mal, nous ne sommes sages et vertueux qu'à force de nous faire violence; et encore malgré les secours de la grâce,

il

n'y a pas

un

seul

homme

qui

,

avec

toute sa vertu, puisse se flatter d'être irrépréhensible.

De

que les plus vertueux, les plus sages v examiné, ne sont que les moins vicieux moins imparfaits chacun a ses défauts. C'est sorte

tout bien et les

:

une vérité dont tout tournée en proverbe, Mais pourquoi les

le et

monde confient , qui s'est dont personne ne se fâche.

hommes

conviennent-ils aisé-

ment, en général, d'avoir des défauts,

et

ne souf-

qu'avec peine qu'on les accuse de tel ou tel défaut en particulier? Pourquoi le plus orgueilleux ne se croit-il point offensé, quand on dit de lui qu'il frent-ils

n'est pas parfait, tandis

pas qu'on lui reproche fection qui est

en

que

le plus

modeste n'aime

nommément quelque imper-

lui ? C'est

que

les défauts et les

imperfections en général, sont une maladie commune à tous les hommes ; au heu que que tel défaut, en particulier ne se trouve pas chez tous. Or, comme celui qui est exempt de tel défaut, vaux mieux en ce point que celui qui en est atteint; comme d'ailleurs

notre amour-propre est blessé, quand on dit qu'un autre vaut mieux que nous; de là vient qne nous n'aimons pas à convenir de nos défauts; que nous

trouvons mauvais qu'on les aperçoive et qu'on nous les reproche, quoique nous disions sans rougir :Jn-

*

SUPPORT

2

ne suis point parfait,

j'ai

nies défauts

,

comme

tout

monde. Vous en avez donc, M. C. F. vous en convenez, sans que votre amour-propre en souffre, parce que chacun a les siens, Mais vous ne voulez pas qu'on le

;

nomme, ni qu'on vous les dise; vous désirez? au contraire, qu'on fasse semblant de ne pas les voir, qu'on les excuse, ou du moins qu'on les supporte, et qu'on vous souffre tel que vous êtes. Cela est juste: mais si vous trouvez mauvais que votre prochain relève vos défauts, plus mauvais encore qu'il yous les reproche, ce prochain qui est de même nature que vous, doit-il trouver bon que vous releviez les siens, et que vous les luj reprochiez ? Vous voulez qu'il excuse les vôtres f qu'il les souffre avec patience; il le doit: la religion et l'humanité l'y engagent. Mais n'êtes-vous pas homme ? n'êtes-vous pas chrétien yous-mêmePLes lois cle l'Evangile et les devoirs de l'humanité ne sont-ils pas faits pour vous comme pour les autres ? Eh! en vertu de quel privilège prétendriez-veus qu'on dût tout vous souffrir , vous passer tout pendant que vous ne voudriez rien passer aux autres? Que si cette prétention est injuste et ridicule, pourquoi donc avez-vous les yeux continuellement ouverts sur les défauts d'autrui, pendant que vous les fermez, et que vous êtes bien aise qu'on les ferme sur vos propres imperfections? Pourquoi relevezsouvent avec malignité vous avec affectation presque toujours avec humeur, les défauts de votre frère, pendant que vous exigez qu'on dissimule les vôtres, et que vous êtes là-dessus d'une sensibilité insupportable? Quand il s'agit des défauts du prochain vous exagérez, vous aggravez, vous supposez peut-être ce qui n'est par; et quand Vi s'agit 3es les

,

,

,

,

Bl* PROCHAIN, loo vous excusez* vcus pallie??* vcus ne Totales pas voir ce qui saute aux veux de tout ie monde*

votre?

,

Cela est-il juste?

— Je né

suis pas parfait, cela est vrai

ferais Bien fâché qu'on pût

;

mais je

me reprocher des défauts

à ceux que je vois dans certaines gens avec qui Ton est obligé de vivre, et qui sont en vérité bien insupportables. De quoi peut-on m'accuser, après tout ? Je ne suis ni libertin, ni ivrogne; je ne fais du mal à personne; j'ai grâces à Dieu, des sentiments d'honneur et de religion je soulage je ne prétends pas les pauvres, quand je le peux pour cela que je sois sans défauts chacun a les

semblables

,

;

:

:

fciens

;

mais...

— Bon

!

mon

C. F.

voilà tout juste le

;

Pharisien qui ne se croyait pas criminel

comme tant

d'autres. Mais quel rapport y a-t-ii entre les vice»

que vous n'avez pas,

et

ceux que vous croyez aper-

cevoir dans votre prochain

?

Vous n'êtes ni libertin, ni injuste, ni vindicatif, ni avare , ni joueur ni ivrogne. Loué soit le Seigneur qui a eu pitié de votre faiblesse Ah si vous aviez été mis à certaines épreuves si vous vous étiez trouvé dans certaines occasions comme ceux que vous traitez avec si peu d'indulgence peut-être auriez-vous fait pis, et vaudriez-vous moins qu'ils ne valent. Vous avez de la piété vous fréquentez les sacrements, vous faites l'aumône: tout cela est bien; prenez garde cependant que d'autres en font encore davantage. N'importe vous n'avez aucun de ces vices grossiers qui vous révoltent dans la personne de votre frère ; mais enfin vous n'êtes pas sans imperfection. Ne parlons point ici de ces faiblesses qui sont un secret entre Dieu, votre confesseur et vous; parlons seulement de certains défauts que tout le monde peut voir et quels sont-ils? Co ,

!

!

;

,

,

,

:

:

,

ïok

SUPPORT

n'est point à vous qu'il faut le

demander

demander

:

il

faut îe

vos voisins, à vos amis, à vos domestiques, à ceux qui vivent habituellement avec vous, et qui sont à portée de vous connaître. Que ne diraient-ils pas, si la charité que nous prêchons ici ne leur fermait la bouche! Ils

à

diraient

,

qu'à la vérité vous êtes un honnête

homme,

incapable de faire tort à qui que ce soit r plein de sentiments d'honneur et de religion ; mais qu'il y a dans votre caractère et dans votre conduite des misères, des faiblesses, des inconséquences, des caprices qui ne laissent pas d'exercer la patience

de ceux qui vous approchent; ils diraient, par exemple, que vous êtes trop attaché à votre sentiment, que vous trouvez bien tout ce que vous faites, et que les autres ne font jamais assez bien à votre fantaisie. Ils diraient que sans être ni avare, ni dissipateur, vous paraissez quelquefois l'un et l'autre, lorsque vous chicanez avec un ouvrier pour quelques centimes, et que d'un autre côté vous faites des dépenses inutiles ; que dans le fond vous êtes bon père bonne mère, mais que vos enfants sont mal élevés, que vous êtes à leur égard quelquefois trop indulgent, d'autres fois trop sévère; qu'aujourd'hui vous faites beaucoup de bruit pour un rien , et que demain vous fermerez les yeux sur des choses essentielles. Voilà ce qu'on dirait et mettez-vous dans l'esprit , M. C. F, qu'on ne dirait pas encore tout. Moins vous apercevez vos défauts , plus les autres s'en aperçoivent, plus ils les trouvent incommodes; parce qu'en ne les voyant point , vous ne vous mettez pas en peine de les corriger, ou de les rendre ,

,

,

plus supportables.

Enfin, et voici, M. F., en quoi personne ne se

,,

DU PROCHAIN,

Î35-

rend justice nous ne voyons certaints défauts dans notre prochain, et ils ne nous sont si fort à charge que parce que nous avons les mômes défauts ou: des défauts contraires. Vous supporteriez aisément cet homme qui manque de douceur et de patience, si vous aviez vous-même de la douceur , de la patience; et vous ne seriez pas si choqué de sa vivacité, si vous n'étiez pas vous-même si vif et si sensible. Vous ne vous plaindriez pas que cet autre dans les affaires d'intérêt que vous avez ensemble dispute pour un écu de plus ou de moins si vous ne regardiez pas vous-même un écu d'aussi près que lui vous croyez avoir raison il croit l'avoir aussi , et vous contestez ensemble. D'autres fois votre prochain ne vous paraît répréhensible et vous n'êtes choqué iH) sa conduite, que parce que vous avez le défaut opposé à celui dont vous l'accusez. Par exemple , un caractère vif et bouillant no peut souffrir quiconque ne va point assez vite à sa :

,

,

,

:

,

fantaisie; un caractère mou appelle étourdis tous ceux qui vont plus vite que lui. Ainsi les hommes, tout contents d'eux-mêmes,

apercevant

la paille

qui est dans l'œil de leur frère,

y voyant quelquefois celle qui n'y est point, et ne sentant point la poutre qui est dans le leur, vont

toujours se plaignant les uns des autres, parce qu'ils

sont tous plus imparfaits les uns que les

et leurs défauts réciproques , qui devraient engager à se supporter mutuellement , sont au contraire la cause pour laquelle ils ne peuvent pas

autres

;

les

se souffrir. Il faut donc le dire, M. G. F. , et le dire à notre confusion: ce monde-ci est une grande infirmerie pleine de malades de toute espèce, qui, au lieu de

penser à leur guérison, se reprochent -leurs infir-

§3G SUPPORT mités les uns aux autres les aveugles se moquent &cs sourds les sourds , des boiteux ; les boiteux des :

;

,

paralytiques. Eh!

malheureux! que nous sommes,

regardons -nous plutôt nous-mêmes, et levons ensuite les yeux vers Jésus-Christ- ce médecin tout-puissant, qui tient dans sa. main le remède efficace à toutes les maladies; et, lui demandant qu'il nous guérisse, admirons labonté avec laquelle il nous souffre. Ah que la vue de cette infinie bonté nous ferme la bouche, les yeux, les oreilles, sur les défauts et sur les imperfections de nos semblables... Seconde réflexion. !

Les richesses de la bonté, de la douceur et de la longue patience de notre Dieu ne paraissent pas seulement en ce qu'il souffre tant de crimes qui révoltent comme nous le remarquâmes il y a quelques temps ce Dieu souverainement bon ne montre pas moins sa patience, en souffrant les faiblesses et les infidélités journalières de ceux qui, faisant profession de le servir, en reçoivent de plus grandes grâces. Nous pouvons même ajouter que cette divine patience éclate davantage en quelque sorte, à l'égard de ses serviteurs, qu'à l'égard de ceux qui l'outragent par une vie toute païenne. Ecoutons-le s'en plaindre lui-même dans les livres saints SI mon ennemi s'était élevé contre moi, j'y aurais été moins sensible ; mais vous qui vivez dans ma maison comme mon ami, que je nourris de ma propre chair; vous que j'appelle mon fils, et qui m'appelez votre père; âme chrétienne, ma bien-aimée, vous, offenser ma bonté! être infidèle à ma grâce! vous écarter de la loi sainte que je vous ai donnée! Ah! la plus petite infidélité de votre part, ne fut-ce qu'un ,

:

,

:

DU PROCHAIN. seul de vos regards 7

13?

une seule parole, une seule

pensée tout ce qui ne s'accorde pas avec la fidélité que vous m'avez promise , que vous me devez à tant de titres, et que je dois attendre de vous, tout cela me blesse et me perce le cœur Vulnerâsti cor msurn. Bon Jésus! que sommes-nous donc à vos yeux, avec notre piété, nos bonnes œuvres et toute notre ;

:

prétendue régularité? Que sommes-nous donc avec nos confessions, nos communions, nos prières, nos aumônes , nos jeûnes et tous ces dehors du christianisme ? Hélas! que sommes-nous ?Des brebis qui s'égarent sans cesse, et que vous ramenez sans cesse; des enfants indociles qui vous désobéissent tous les jours, et à qui vous pardonnez tous les jours! Ils reviennent à vous le matin, et ils vous abandonnent pendant le jour ils ne se lassent pas de vous offenser, et vous ne vous lassez pas de leur :

faire grâce.

que chacun de nous examine sa propre ceux même qui paraissent les plus fervents Hélas vous diront-ils, cette misérable vie n'est qu'un tissu de faiblesses et d'infidélités, du matin au soir, et d'un bout de Tannée à l'autre; toujours imparfaits, toujours pécheurs, toujours incorrigibles. Aujourd'hui nous confessons nos péchés; demain nous y retombons de nouveau. Le M. C. P.

,

vie. Interrogez

!

:

matin, nous formons de bonnes résolutions avant la fin du jour, nous les avons oubliées. Dans cernous avons de la ferveur ;le moment t ains moments d'après, c'est le relâchement et le dégoût. Tantôt forts, tantôt faibles; tantôt pleins d'une sainte ;

,

ardeur, tantôt froids cueillis,

comme

la

glace; tantôt re-

tantôt dissipés, tantôt résignés, tantôt

impatients; tantôt remplis d'une douce confiance, tantôt abattus presque jusqu'au désespoir. Nos con-

— 138

support

fessions ne roulent

que sur des rechutes, et nos rechutes rendent, la plupart do temps, nos con fessions inutiles. Toujours enclins vers le mal, nous n'avons pour le bien,, ni fermeté, ni constance; et cela, malgré les grâces de toute espèce qui nous préviennent, nous touchent, nous soutiennent, nous fortifient ; malgré l'abondance des secours extérieurs qui nous environnent. Mon Dieu que nous sommes insupportables , et que vous êtes patient! En faut-il davantage, M. F. , pour faire rougir, et pour confondre le chrétien qui manque d'indulgence pour les défauts et pour les imperfections de !

ses frères

— Mais

?

est Dieu, et je ne suis qu'un homme. parce qu'il est Dieu , que les moindres fautes ont à ses yeux une malice infinie. C'est parce qu'il est Dieu, qu'il devrait les souffrir, ce semble, avec moins de patience, puisque sa justice en demande sans cesse la punition. —Mais sa miséricorde remEh bien! imitez-la donc, porte sur sa justice. cette bonté ; faites donc aussi que la miséricorde et la douceur, quand il s'agit des défauts d'autruU l'emportent sur votre sensibilité, sur votre mauvaise humeur sur vos caprices et sur tous ces sentiments d'aigreur ou de mépris, d'indignation, de malignité, qu'excitent en vous les défauts et les Il est Dieu infirmités de vos semblables. et je Et c'est précisément par ne suis qu'un homme. la raison que vous n'êtes ni plus puissant, ni plus juste, ni plus sage que Dieu, que vous devez souffrir les imperfections de vos frères ; parce que Dieu les

Eh

!

il

c'est



,

,



souffre,



,

quoiqu'elles l'offensent, quoiqu'elles lui

déplaisent plus qu'elles ne sauraient vous déplaire.

Etes-vous plus jaloux de sa gloire qu'il ne

même?

l'est lui-

votre frère est-il l'ouvrage de yos mains

?

BU

13$

Pr.OCïlÀItf.

coulé trente-trois ans de peines , de sueurs, d'humiliations? avez-vous répandu votre sang pour le racheter? l'aimez-vou^ plus que Jésus-

vous

a-t-il

que vous ne parce qu'il l'aime ; vous ne sauriez le supporter, parce que vous ne l'aimez pas. Et , si vous n'aimez pas votre frère, comment s dit saint Jean, os^ez-voas dire que vous aimez Dieu? Eh c'est parce que Je ne suis qu'un homme. vous êtes homme que vous devez souffrir les autres hommes que vous devez savoir, par votre propre expérience combien les hommes sont faibles et imparfaits combien ils sont aveugles sur leurs propres défauts. C'est parce que vous êtes homme, que vous n'avez aucun droit de réformer les autres hommes, à moins que le devoir ou la charité ne vous engagent à les reprendre; et alors, ce ne sera pas l'humeur, mais la raison ; ce ne sera pas l'impatience, mais la douceur, qui réglera vos mouvements et vos démarches. Les défauts de votre prochain pourront exciter votre chanté , mais ils n'aigriront pas votre cœur ils pourront vous inspirer des sentiments de compassion , mais non pas de mépris. Il n'y aura ni fiel, ni dureté, ni raillerie piquante dans vos paroles. Plus vous désirerez son amendement,, plus vous le supporterez avec patience, plus vous le reprendrez avec douceur. Bien loin que ses défauts vous portent à l'humilier, ils serviront à vous humilier vous-même , en vous faisant ressouvenir de vos propres défauts, dont la réforme vous intéresse, et doit vous occuper encore plus que celle des autres. Christ ne Ta

aimé? Ah!

dites plutôt

l'aimez pas. Dieu le souffre

,





!

,

;

,

;

;

Et voilà

entendre.

malheureusement ce qu'on ne veut point

On

craint de se regarder et de se con*

,

CORRECTION FRATERNELLE. ne veut pas se réformer. Et en ouvrant sur les défauts d'autrui des yeux de mépris ou de malignité, on s'oublie soi-même, on s'applaudit de n'avoir pas les mêmes vices pendant qu'on en a quelquefois déplus considérables dont les autres 340

naître, parce qu'on

,

s'aperçoivent, et qu'ils critiquent à leur tour.

mon

Dieu! découvrez-nous donc nos propres détournez nos yeux des défauts de noire procbain. Que votre infinie bonté qui nous supporte, qui nous aime, qui ne cesse de nous faire du bien tout imparfaits, tout pécheurs que nous sommes, fasse que nous nous aimions et supportions les uns les autres, comme les enfants d'une même famille dont vous êtes le père, comme les membres d'un même corps dont vous êtes le chef, et qui doivent, après cette vie, s'ils suivent votre sainte loi, ne faire qu'une même chose en vous et avec vous, pendant l'éternité bienheureuse. Je vous la souhaite, M. F. au nom du Père, etc. défauts

et

,

,

POUR LE SIXIÈME DIMANCHE APRÈS l'ÉHPHANIE.

Sur Bogamm lanimes uii

,

la

correction fraternelle.

vos, fratres, corripite inquiétas, consohxmim pusil-

suscipitç infirmas, patientes estote

adomnes. Faites-vous

devoir, nous vous eh conjurons, de reprendre les

inquiets. Soutenez les faibles

ayez

à l'égard

,

hommes

consolez ceux qui sont timides

de tous une patience à toute épreuve. 1% Thess.

,

*

5.

Il faut avouer, M, F., que la charité est bien étendue: q]\c s'étend à tout. Je vous ai parlé en général de l'amour du prochain; je suis enlré, à

COîUiECTlON FIUTERXELlE.

llll

dans le détail des obligations qu'il nous impose; et cependant, je n'ai pas encore dit tout ce qui intéresse cette grande vertu il me reste à vous instruire de l'un de ses devoirs, la cordifférentes reprises,

:

rection fraternelle, les charitables représentations faire les uns aux autres et dont un homme sage fait toujours son profit, de quelque part qu'elles foi viennent. Ecoutez-moi

que nous devons nous

,

attentivement.

On convient que les supérieurs

sont tenus de faire

correction à leurs inférieurs , les pères à leurs enfants, les maîtres à leurs domestiques , et le pasla

nous oblige ramener, si nous pouvons quand ils s'égarent, c'est à quoi l'on ne pense point; et si nous insistons sur celte obliga-

teur à ses ouailles

;

mais que

la charité

à reprendre nos frères, et à les ,

tion, la plupart répondent

Dieu

lui

demanda ce

Est-ce que je suis

le

qu'était

comme

Gain, lorsque

devenu son frère Abel:

gardien de

mon

frire?

Mais dites-moi, que penseriez- vous d'un ,

homme

qui serait insensible aux malheurs d'autrui, jusqu'à dire, à tout propos et à la vue des plus grands désastres

:

Mon

Qu'est-ce que cela

me

fait? tant pis

pour

pensez-vous être plus charitable,, lorsque vous voyez sans compassion le malheuieux lui.

C. P.,

où l'unie de votre frère est réduite, quand il donne dans certains travers, et qu'il croupit dans des habitudes criminelles? Qu'est-ce que cela me fait? tant pis pour lui. Est-ce que je suis le gardien Avec une telle façon de penser, et de mon frère? c'est malheureusement ainsi que pensent la plupart de ceux qui m'écoutent, on ne laisse pas de dire Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur > et mon prochain comme mol-même, fctat



:

,

-

CORRECTION FRAT£XU\ELLfc.

ILÎ

En quoi prétendons-nous donc faire consister cet amour ? Est-on sincèrement attaché à Jésus-Christ, quand on voit sans douleur, sans compassion, sans intérêt, la perte des âmes pour lesquelles JésusChrist est

mort? Les pasteurs sont

établis;

son!

ils

obligés par état, et plus particulièrement que les

simples fidèles, à travailler au salut des âmes est vrai. Saint Paul parlait à tous les pasteurs,

cela

;

quand

écrivait à Timothée : Prêchez à temps et à contretemps ; reprenez , menacez , exhortez de toute manière ,

il

cl avec toute sorte de patience.

ù tous les chrétiens

,

quand

il

Mais saint Paul parlait disait

:

M.

F.

,

si

quel-

qu'un d'entre vous tombe en faute , reprenez-le charitablement avec un esprit de douceur .Et que signifie dans votre bouche cette prière que vous faites tous Que votre nom soit sanctifié; que votre les jours règne arrive , si vous ne vous intéressez pas à la gloirede Jésus-Christ, àl'établissementdesonrègne? D'où je conclus que vous n'aimez donc pas véritablement Jésus-Christ; que vous n'aimez donc pas votre prochain si vous ne contribuez pas à son salut detout voire pouvoir,non-seulementpar vos prières, :

,

non-seulement par vos bons exemples, mais par de sages avis , par des représentations charitables lorsque vous êtes à portée de les lui faire qu'il en a besoin, et qu'elles peuvent lui être utile. Mais, me direz-vous , vous nous prêchez sans cesse de ne point examiner la conduite d'autrui. Oui sans doute ne jugez, ne condamnez personne ; n'insultez, ne méprisez personne; excusez, souffrez, pardonnez tout : voilà ce que je vous prêche. Mais faut-il que vous voyiez indifféremment, sans douleur et sans compassion, la faiblesse, les chutes, les égarements du prochain? Vos propres infirmités, que je vous exhorte à ne jamais perdre de vue } no ,

;

,

:

CORRECTION FRATERNELLE.

1Z&

doivent-elles pas vous attendrir sur les siennes

? et

ne chercherez-vous pas à soulager et à les guérir selon votre pouvoir? Cela ne me regarde point. Mais si les défauts du prochain ne vous regardent point, pourquoi donc tant de rapports, de murmures, de médisances, si

vous y êtes sensibles

,



les



peut-être de calomnies? Voilà ce qui blesse, ce qui détruit la charité. Mais chercher à relever votre

frère

quand

il

est

tombé en faute,

l'aider à se sauver, c'est là

l'en avertir,

remplir un devoir de

charité.

Que

vue des vices des égarements de votre , non pas des sentiments d'aversion, d'indignation ou de mépris, comme il n'anive que trop souvent, mais des sentiments de compassion et de douleur, vous souvenant alors de la

,

frère excite d'abord en vous

humaine qui vous est commune avec lui. Que nous sommes à plaindre, ô mon Dieu! Ce qui est arrivé à mon frère peut m'arriver à moi-même

la fragilité

,

je suis

exposé aux

dangers.

ne

mêmes

;

tentations et aux

Combien de chutes

mêmes

n'ai-je pas faites

,

et

pas tous les jours! Cette personne est dominée par une passion , je suis tourmenté par une autre; elle a ses infirmités, j'ai les miennes aussi. Pénétré de ces sentiments , et dans ces dispositions fais-je

approchez-vous de votre frère, et choile reprendre, le temps, le lieu, les circonstances qui vous paraîtront les plus propres pour vous insinuer dans son cœur. C'est être maladroit que de faire la correction, ou des représentations à quelqu'un qui est, par exemple, dans le feu de la colère ou de quelque autre passion qui le trouble. Non, ce n'est point alors le moment de l'aborder, il vous rebutera. Votre enfant commet une étoiuderie, et sans lui donner le temps de l* charitables sissez,

,

pour

CORRECTION FRATERNELLE.

îhk

sur-le-champ avec aigreur; c'est mal vous y prendre; attendez au lendemain, donnez-lui le temps de voir et de sentir sa sottise. Préparez-le, par voire silence et par une

réflexion, vous le reprenez

sorte de dissimulation

,

à recevoir avec fruit la ré-

primande que vous avez à lui faire. Choisissez un mon;ent où il ne puisse pas vous soupçonner de le reprendre par humeur, ni par d'autres motifs que En un mot, quelle que soit la personne que vous désirez ramener au devoir, commencez par gagner son cœur et sa confiance sans cela vous ne ferez rien ; et l'on vous répondra que ce n'est point là votre affaire. Dès qu'une fois le cœur est gagné et la confiance établie, on est presque sûr de ne pas travailler en vain. Que vos représentations n'aient rien d*amer , rien qui annonce le mépris, l'aversion, la colère. Joignez à la force de la vérité le ton amical , la douceur. Ah! que la vérité a de force, lorsqu'elle est accompagnée de douceur! Il est rare que les réprimandes trop sèches produisent un bon effet. Car si elles viennent de la part de ceux qui sont en droit de les faire, elles n'inspirent que la crainte; si celui qui les fait n'a aucune autorité, elles révoltent, elk^

la tendresse paternelle.

:

aigrissent la plaie, au lieu de la guérir.

Pères et mères, ne llattez jamais vcs enfants, ne fermez point les yeux sur les défauts de vos domestiques ; mais joignez toujours beaucoup de miel aux représentations que vous êtes obligés de leur iaire, L'aigreur, la colère, les emportements, les jure-

ments

peuvent bien donner de la cœur; et tant que vous n'irez point au cœur, vous ne réussirez pas. Plus la personne que vous reprenez oppose de résistance , plus il faut de patience de votre part. Si ,

les invectives

crainte, maisils'ne gagnent point le

,,

165 CORRECTION FRATERNELLE. vous ne réussissez pas clans ce moment, atteridezen un autre: la vraie chanté ne se rebute point, parce qu'elle espère toujours , et qu'elle compte non sur ses efforts, mais sur le secours de celui qui change les cœurs, et sans lequel tous nos soins deviennent inutiles. D'où je conclus que, pour ramener au bien ceux qui s'en écartent il faut per,

sévérer, et persévérer surtout dans la prière, afin de leur obtenir du ciel les grâces dont ils ont besoin pour mettre à profit les sages avis qu'on leur donne.

Femme temps

chrétienne, vous travaillez depuis longmari, vous reprenez,

à la conversion de votre

vous corrigez fort exactement vos enfants et vos domestiques; mais avez-vous l'attention de recommander à Dieu tous les jours les uns et les autres? Vous ne cessez, M. C. P. de faire à ce voisin, à cet ami , les plus sages représentations sur sa mauvaise conduite. Vous cherchez à rétablir la bonne union, et à faire régner la paix dans cette famille ; tout cela est très bien. Mais demandez-vous à Dieu qu'if daigne joindre les saintes inspirations de sa grâce aux bons avis que vous donnez, aux sages représentations que vous faites? Ne savez-vous pas que celui qui plante , qui arrose , n'est rien, et que Dieu seul peut donner l'accroissement? ,

Ainsi, M. F., toute personne qui désire sincèreretenir quelqu'un dans le devoir doit elle-même le recommander à Dieu, afin qu'il

ment ramener ou

daigne répandre sa bénédiction sur cette bonne œuvre. Et c'est parce que nous ne le faisons pas, que nos représentations sont si souvent inutiles. Elles son t inutiles , pour être faites mal à propos et à contretemps; inutiles, faute de douceur et de persévérance. Mais il faut convenir aussi qu'elles sont très souvent iiuiiiles.par la mauvaijse clisposion de

tomu m.

7

,

CORRECTION V&A TJir. NEI.LE.

iliS

A

ceux à qui on les fait. Sur quoi voici encore f M. ,

C. P.

s

quelques réflexions.

D'où vient que nous sommes sicuneuxae louanges, et

que nous aimons

peu

si

à être repris? C'est

un

de notre orgueil. Mais ce misérable orgueil vajusqu'au point de nous faire imaginer que nous

effet t-il

sommes le plus

irrépréhensibles? Ne disons-nous pas que grand service qu'on puisse rendre à quel-

qu'un est de lui faire connaître ses erreurs , le reprendre quand il a failli, le remettre dans le droit chemin quand il s'en écarte? Vous êtes donc tout à la fois injuste, ingrat, aveugle, insensé , lorsque vous prenez en mauvaise part la correction , les réprimandes, les sages représentations de quelqu'un qui travaille à vous rendre meilleur ou moins imparfait.

Heureux l'homme qui écoute avec douceur qui et qui met toujours à ,

reçoit avec reconnaissance

,

profit, soit les corrections qu'on lui fait, soit les

bons avis qu'on lui donne! Il recueillera les fruits de sa docilité ; il ne tombera jamais dans des fautes considérables il avancera de vertu en vertu, parce qu'il conservera dans son cœur, et qu'il aura sans cesse devant les yeux les paroles de sagesse qu'on lui a dites. Celui-là au contraire, est un insensé qui hait la correction qui ne veut pas qu'on lui parle de ses défauts. Le mal ira toujours croissant en lui II mourra dans ses habitudes vicieuses, dit le ;

,

,

:

Sage.

Ne voyons-nous pas tous les jours des gens qui, regardant derrière eux, à un certain âge, se repentent amèrement de n'avoir pas voulu écouter les leçons qu'on leur a données? 11 a été un temps dit,

,,;

CORRECTION* FRATERNELLE. { *}J on , où je ne voulais écouter personne je méprisais les bons conseils , je m'en moquais Je voulais vivre et me conduire à ma tête. Ah si j'avais su si j'avais pu sentir ce que je vois, ce que je sais, ce que je sens aujourd'hui Jeunesse qui êtes plus revéche encore que vous n'êtes aveugle et fragile Jeunesse apprenez à souffrir les mains charitables qui cherchent à vous redresser, et souffrez-les, non seulement avec douceur, mais avec joie et reconnaissance, qui que ce soit qui vous fasse la correction. Ecoutez ;

,

!

!

surtout les vieillards; point;

ils

ils

savent ce que vous ne savez

voient ce que vous ne sauriez voir. Le

mal qu'ils vous prédisent, vous arrivera. de l'expérience qu'ils ont acquise. Plaisezvous avec eux ; interrogez-les , consultez-les , et honorez-les comme vos pères. Malheureux enfants, qui traitez avec mépris ceuxfà même qui vous ont mis au monde vous sentirez

bien ou

le

Profitez

,

un jour, mais trop tard, toute la justice des réprimandes que vous ne voulez pas souffrir; toute la vérité toute la sagesse des avis que vous ne voulez ,

pas entendre. Quel scandale de voir un enfant qui se moque ouvertement de ce que son père ou sa mère lui disent pour son bien

qui ne leur répond souvent que par des injures, sous prétexte qu'il n'est plus ,

d'un âge à recevoir la correction ! Mais dites-moi votre père ou votre mère, en vieillissant, ont-iJs cessé d'être vos parents , et n'êtcs-vous plus leur enfant depuis que vous avez trente ou quarante ,

ans? Allez, enfant ingrat, âme dénaturée, la malédiction de Dieu tombera sur vous. Et vous sentez 3VÎ. F. , que çc que je dis de la correction que les pères et mères font à leurs enfants, doit également s'entendre de celle qu'un supérieur quelconque est 7.

,,

Ï4S en droit d

Q&fôëëTtitâ FRATERNELLE.

Mon Dieu!

ce qui reçoivent avec douceur, avec modestie , avec reconnaissance et avec respect, la correction de leur supérieur Ecoutez là-dessus saint Bernard, et voyez, M. C. P. faire.

qu'ils sont rares

chrétiens véritablement humbles

,

jusqu'où va ce misérable orgueil que nous avons tant de peine à vaincre. Tantôt on nie le fait sur lequel on est repris, quoiqu'il soit vrai et que la réprimande soit bien fondée Non fecL On se récrie avec aigreur, on s'emporte; car c'est ainsi que les menteurs se dé,

:

fendent. D'autres fois, ne pouvant nier le fait, on le justifie

:

Fecl quidem, sed benc fecL

Quand on

est

forcé de convenir que ce que l'on a fait n'est pas bien, on s'excuse d'une autre manière Vous avez :

raison, et tout,

il

bonne heure; mais, après pas grand mal Non multàm maie. Et

j'ai tort, à la

n'y a

:

enfin, lorsqu'on est convaincu au point de ne poufait ne soit très mal on se retranche sur l'intention J'ai cru bien faire Si multum maie y mata non intentions Ah! que vous seriez charitable, M. C. F. , si tous étiez aussi ingénieux, aussi adroit pour trouver des excuses quand iî s'agit des fautes de votre prochain, que vous êtes adroit et ingénieux quand il s'agit d'excuser les vôtres! Et c'est précisément tout le contraire. Vous exagérez, vous aggravez les fautes d'autrui , pendant que vous n'oubliez rien pou£ jus-

voir disconvenir que ce qu'on a

:

pour excuser vos propres fautes. Qu'il est beau cependant de s' accuser soi-même, et de s'humilier quand on a failli! Oui, je ne sais lequel des deux est le plus estimable, ou celui qui ne tombe jamais dans certaines fautes; ou celui qui les avoue humblement, sans détour, quand on le reprend Celui-ci est-humble et quiconque est humble a tout tifier,

,

ce qu'il faut pour devenir parfait.

,

CORRECTION FRATERNELLE. i&9 répète encore, que le service le plus important qu'on puisse nous rendre , est de nous faire apercevoir nos défauts et nos manquements. D'où je conclus qu'un homme sage reçoit toujours volontiers , non -seulement la correction de ses 3'ai (lit et je

supérieurs, mais encore les avisées représentations charitables de ses égaux, de ses inférieurs même: et pourquoi? Parce qu'il aime la vérité, parce qu'il cherche le bien par-dessus tout. Or, celui qui aime la vérité, l'écoute toujours avec plaisir, qui que ce soit qui la lui dise et celui qui cherche le bien le voit et l'envisage sans répugnance, qui que ce soit qui le lui fasse apercevoir. Celui qui m'avertit de mes défauts, ne m'offense pas plus que s'il me faisait apercevoir une tache que j'ai sur le visage. A propos de quoi pourrai s-je donc m'en plaindre? Ce n'est pas là son affaire; il n'a aucune insSoit nous avons vu pection sur ma conduite. néanmoins le contraire, il n'y a pas longtemps et le Saint-Esprit dit en propres termes, que chacun de nous est chargé de la part de Dieu , de veiller au Unicuique mandavlt de salut de son prochain proxhno sua. Mais si ce n'est point là son affaire, vous ne lui devez que plus d'obligation d'un service qu'il n'est pas tenu de vous rendre. Chose étrange, M. F. quand nous faisons le bien, nous ne trouvons pas mauvais qu'on nous loue quand nous faisons le mal, nous ne pouvons pas souffrir qu'on nous en parle. Nous souffrons à merveille qu'on fasse l'éloge de nos bonnes qualités; et quant à nos défauts, nous ne voulons pas même qu'on les aperçoive. Quelle injustice! Heureux, heureux celui qui a trouvé sur la terro un véritable ami, qui, dans toutes les occasions l'avertisse de ses fautes, qui ne lui cache, qui ne ,

;





:

;

,

:

!

;

ï£0

CO R R ECTI G N FRIT RRX ELLE. dissimule aucun de ses défauts! Il sentira da plus en plus le prix de ce trésor inestimable. Et regardez comme tel mon C. P. , je veux dire comme lui

,

un véritable ami, quiconque vous donne des avis pour la réforme de vos mœurs, quiconque cherche à vous rendre meilleur. Souvenez-vous qu'il n'est rien au monde sur quoi vous ayez plus besoin d'être éclairé, que sur vos imperfections et vos fautes; qu'il n'est rien, par conséquent, sur quoi vous deviez chercher davantage à connaître la vérité:

que vous ne verrez jamais comme il faut de vos propres yeux, parce que nous ne nous voyons

vérité

jamais

tels

que nous sommes.

Souffrez donc

,

M. C. F.

,

et souffrez

,

non-seule-

ment avec patience mais avec reconnaissance la main charitable de celui qui veut ôter la paille que ,

,

veut vous retirer du précin'y tombiez. Aimez que l'on vous parle de vos défauts, que Ton vous

vous avez dans

pice, ou

l'œil; qui

empêcher que vous

fasse apercevoir vos fautes,

que

sente vos devoirs. La correction,

l'on il

vous repréest vrai, les

réprimandes répugnent à la nature parce qu'elles ont toujours quelque chose d'humiliant, et nous n'aimons pas ce qui nous humilie; parce qu'elles nous forcent à jeter les yeux sur notre misère, et la vue de notre misère n'a rien d'agréable. Mais cette amertume est salutaire ; elle fait un bien infini à ceux qui ont assez de raison pour ne point écouter ,

la nature.

Modèle divin et souverainement aimable de la charité dont nous devons être animés les uns pour 1rs

autres, adorable Jésus!

répandez, enracinez

dans nos cœurs cette vertu estimable et sans laquelle nous ne sommes rien. Rendez-nous tellement sensibles atout ce qui interesse votre gloire et le

, ,

EXAMEN sahii de nos frères,

SU!

151 LA CONFESSION, les reprenions chari-

1 »

que nous

ils s'égarent, et que nous recevions également leurs corrections avec douceur, afin que nous devenions tous vos véritables disciples, et que nous soyons dignes d'arriver au ciel, où rien de souillé ne saurait entrer. Je vous le souhaite, M. F.

tablement, quand

au nom,

etc.

SLJULSLSLSLSLSLSULSUUISLSLSLSLSLSLSISL8

POUR LE DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME.

Examen Tu quia

es*?

sur le sacrement de Pénitence.

Qiid

dicis de

vous de vous-même? S. Jean

te ,

ipsoï Qui êles-vous?

Que

ilite*-

10.

Voila, M. F., la question la plus difficile, la plus importante, et peut-être la plus pressée que Ton puisse faire à un pécheur qui a vécu dans l'habitude du péché. Je dis question la plus difficile; puisque pour y répondre, il faudrait avoir approfondi son cœur , se connaître soi-même , et que rien n'est plus rare que celte connaissance. Je dis question la plus importante puisque sans cette connaissance de nous-mêmes nous ne saurions découvrir les maux de notre âme, ni trouver les remèdes propres à les guérir. Je dis enfin question la plus pressée et la plus instante; puisque le souverain Juge se dispose peut-être à vous la faire avant qu'il soit peu , et qu'il ;

,

,

vous condamnerait, par cela seul que vous auriez négligé de vous y préparer. Pour prévenir ce malheur et vous faciliter le moyen de vous examiner, permettez-moi, M. F. de vous la faire aujourd'hui, cette question, cl de

,

EXAMEN

ÎS2

vous demander: Qui êtes-vous que dites-vous de l'état de votre âme ? que dites-vous de vous-mêmes : Quid dlcls de te ipso? Qu'en direz-vous au dépositaire de votre conscience? Qu'avez-vous coutume de lui en dire? Ne lui avez-vous rien caché, rien dissimulé, rien déguisé? Lui avez-vous montré à découvert le fond de votre âme? Lui avez-vous fait connaître la cause, l'espèce, le nombre, les circonstances les suites de vos péchés vos penchants vos affections, vos habitudes ? Enfin , lui avez-vous fait connaître votre cœur tel que vous le connaissez, tel que Dieu le connaît lui-même? Etes-vous du moins dans la résolution de le faire dès aujourd'hui? C'est là, M. F. le fruit que vous devez tirer de toutes les instructions que je vous ai faites pendant le carême dernier, sur le sacrement de pénitence» Examinons aujourd'hui si vous avez suivi toutes les règles qu'il exige, et que je vous ai expliquées; si ,

;

,

,

,

vous avez apporté à

la

confession les dispositions

Peut-il être rien de plus intéressant

nécessaires.

pour vous ? Oui, mon Dieu! c'est à un sérieux retour sur soi-même que vous avez attaché la conversion du ,

pécheur. Mais il n'appartient qu'à votre grâce (le nous aider dans un ouvrage si difficile. Donnez-nous donc, nous vous en supplions, donnez-nous cet esprit de recueillement et de lumière, qui dissipe nos ténèbres cet esprit de componction et de pé;

qui change nos cœurs et nous réconcilie avec vous , afin que la Pâque assure notre salut.

nitence

,

Ce n'est pas assurément pour vous inspirer de vaines alarmes sur vos confessions passées, justes et fidèles,

âmes

que je \iens aujourd'hui faire passer

,,

lù$ SUR LA CONFESSION. sous vos yeux les fautes les plus ordinaires qui se commettent dans cette démarche de pénitence, qui doit conduire les âmes à leur guérison. Tout mon dessein est d'ouvrir les yeux à ces chrétiens lâches ignorants, présomptueux, qui, se rassurant sur des confessions faites sans fruit et par manière

une fatale sécurité qui ne peut que les conduire au souverain des malheurs, à la damnation éternelle. Commençons. 1° Examen. Comment vous êtes-vous confessés jusqu'à présent? Avant la confession, avez-vous examiné votre conscience? Cet examen a-t-il été précédé de la prière ? Avez-vous eu soin de demander au Saint-Esprit les lumières et les grâces nécessaires pour connaître à fond les maladies de votre âme? d'acquit , vivent dans

Les avez-vous demandées avec cet esprit de ferveur et d'humilité que Dieu ne rejette jamais? Etant auprès du confessionnal, au lieu de repasser dans mémoire vos péchés, et de vous exciter au regret de les avoir commis, ne vous est-il point votre

arrivé, au contraire, de vous dissiper, de tourner la tête

de côté et d'autre, et

même

de causer?



Dans d'autres occasions, cette dissipation, ces discours auraient pu n'être que des fautes légères; ici ce sont des fautes graves.

Avez-vous donné à l'examen de votre conscience des soins et une application raisonnable? N'avezvous point été de ceux qui prennent à peine quelques instants pour se recueillir, qui se contentent de s'examiner sur certaines fautes extérieures et sen-

que jurements, impatiences, mensonges sans se mettre en peine de fouiller dans leur cœur, où ils eussent trouvé bien des choses capables de sibles, tels

les el,

humilier et de

les

confondre?

quelle confession, après

un

tel

— QwA examen!

examen

î

7-

f5Û

Y.XÀMY.S

Ne vous êtes-vous point présentés au

saint tri-

bunal sans avoir même pensé à vos péchés, disant Le confesseur m'interrogera et m'examinera luimême? Comme si le confesseur, qui souvent ne vous connaît pas, pouvait deviner les fautes que vous avez faites! Comme si la première disposition qu'exige ce sacrement, n'était pas de rentrer en vous-même et d'examiner votre conscience ,

:

!

2° Condition. Et c'est ici

M. F.

,

,

une disposition

bien plus nécessaire encore. Vous êtes-vous excités A la douleur de vos péchés par les grandes considérations que la foi nous fournit ?L'avez-vous demandée à Dieu, cette douleur sincère, qui brise, qui

change

le

cœur

?

L'avez-vous demandée avec

un

vrai désir de l'obtenir? Ne vous êtes-vous point

contentés de réciter du bout des lèvres quelque

formule de contrition que vous savez par cœur, ou que vous avez lue dans un livre? Vous êtes-vous approchés du saint tribunal avec la confusion d'un pécheur qui sent vivement l'horreur de ses fautes? N'y êtes-vous point venus avec un air dissipé et mondain, comme à une simple cérémonie? N'y êtes-vous point venus en riant, causant, promenant vos regards ça et là, vous poussant même jusqu'aux pieds du prêtre? Estce donc là sentir le poids et Ténor mité de ses péchés et en avoir une véritable douleur? Àvez-vous eu le bon propos? Avez-vous eu une résolution sincère, une volonté ferme de tout souffrir, de tout perdre, plutôt que de commettre un seul péché mortel ? Hélas M. F. , une preuve que voys n'avez pas eu ce bon propos cette ferme réso-



,



!

,

lution qui est essentielle à la véritable contrition, c'est qu'après vos confessions

,

vous êtes retombés

aussi facilement et aussi souvent qu'auparavant;

SUR LA CONFESSION.

15»

eu aucun changement dans vos pensées dans vos sentiments, ni dans vos œuvres c'est que vous avez reparu dans les mêmes occasions qui vous avaient été si funestes c'est que vous n'avez fait aucun effort pour surmonter vos mauvaises habitudes; c'est que vous avez oublié tous les bons avis que vous aviez reçus /toutes les bonnes résolutions que vous aviez prises; c'est, enfin, que vous avez négligé tous les moyens de vous soutenir, tels que la vigilance, la prière, les saintes lectures et la confession fréquente. Vous avez peut-être eu quelque velléité, quelques désirs faibles de vous corriger; mais ce n'est pas là le bon propos il faut une volonté assez forte pour changer le cœur et lui inspirer l'horreur du péché il faut une volonté ferme, absolue, efficace; car si elle n'était que conditionnelle, faible et chancelante; par exemple, si vous ne cherchiez pas Dieu de tout votre cœur; si vous n'étiez résolus de ne point vous venger qu'à condition qu'on ne vous ferait plus d'injure; si vous négligiez les moyens d'éviter le mal et de faire le bien, vous n'avez pas eu le bon propos, la véritable contrition; vous n'avez fait, en conséquence, que des confessions que des communions qui doivent vous faire trembler. Tl est bien vrai que l'absolution ne rend pas impeccable, et que la justice n'est pas inamissible; mais il n'est pas moins vrai que quand le propos est sincère il est persévérant et qu'une véritable conversion ne saurait se concilier avec cette alterc'est qu'il n'y a ,

;

;

:

,

:

,

,

,

native continuelle de sacrements et de péchés, do réconciliations et de rechutes , malheureusement si

communes

aujourd'hui. C'est se jouer des choses

saintes, c'est se

moquer de Dieu,

quç de retomber dans

les

disent les Pères,

péchés dont on

s'est re-

,,

EXAMEN

îhû penti

Dcrisor est , non pœnitens

, qui rursùm agit quod pœnitct. Examinez-vous, sérieusemeLt là-dessus, M. F.; car c'est le défaut de contrition et de bon propos , :

qui multiplie à

l'infini les

profanations, les sacri-

lèges, et qui peuple l'enfer.

3° Confession.

Votre confession a-t-elle été sincère Avez-vous déclaré tous vos péchés, le nombre, l'espèce, les circonstances?... N'avez- vous pas cherché à excuser ou à diminuer vos fautes ?.... N'auriez-vous point menti au prêtre? Ce serait mentir au Saint-Esprit $ et mériter le châtiment irAiianie et de Saphire, tombés morts aux pieds de saint Pierre pour lui avoir menti. N'avez-vous pas été résolus de taire certains péchés, à moins que le confesseur ne vous interrogeât?.... N'avezvous pas parlé d une manière obscure, équivoque, embarrassée afin que le confesseur ne comprit pas tout votre péché?.... N'avcz-vous pas cherché à endormir l'attention du confesseur par une longue cnumération de fautes minutieuses, et glissé furtiet entière?





,

,

,

vement

et à la hâte, lorsqu'il était

moins

altentif,



Ce quelque péché grossier qui vous fatiguait? sont là autant de dispositions mauvaises, qui ont rendu vos confessions abusives et criminelles, et dont vous ne vous êtes jamais confessés. Avez-vous déclaré le nombre de vos péchés? Ne vous ctes-vous point contentés de dire, en général que vous aviez commis tel péché quelques fois tandis que vous en saviez parfaitement le nombre?... Avez-vous déclaré les circonstances de vos péchés ? et surtout celles qui peuvent en faire connaître la malice et i'é.noixrJl? ? far exemple, lorsque vous

SUR LE COIN'FESSïOX.

157

vous êtes confessés de vos excès d'ivrognerie de débauche avez -vous dit que vous y étiez tombés les jours de dimanches et de fêtes , ou les jours d jeûne?.... Avez-vous dit que vous aviez été un suje? de scandale pour vos enfants et vos domestiques qui en avaient été les témoins ? Peut-être n'y avezvous jamais pensé!.... Avez-vous accusé les différentes espèces de péchés ? n'avez-vous pas confondu les pensées avec les désirs , et les désirs avec les actions? Car, M. F. il en est qui s'accusent seulement de mauvaises pensées, tandis qu'ils ont outragé la pudeur par des actions graves el hon,

,



,

teuses: d'autres s'accusent seulement d'avoir juré,

blasphèmes; d'autres médit, tandis qu'ils ont fait les

tandis qu'ils ont proféré des

enfin,

d'avoir

,

calomnies les plus noires. Avez-vous accusé l'habitude et l'occasion du péché? Par exemple, en vous accusant de certaines fautes, avez-vous dit que vous y étiez sujets depuis tant d'années?.... Avez-vous dit que vous y étiez tombés avec une personne qui demeure scus le même toit, et que vous vous voyez peut-être tous les jours ; avec une personne qui vous était parente ou alliée? C'est ainsi qu'on cherche à tromperie confesseur et à se tromper soi-même; mais on ne trompera jamais Dieu. N'avez-vous pas caché vos péchés par erreur ou par illusion ? Remarquez bien ceci M. F. on voit des personnes qui ne se confessent pas des immodesties les plus grossières qu'elles ont commises dans leur enfance , sous prétexte que ce





,

n'était qu'entre enfants

,

et qu'ils n'avaient

;

pas une

pleine connaissance; on en voit d'autres qui cachent les

péchés

les plus

honteux, parce que leurs com-

plices s'en sont déjà confessés, et qu'ils leur ont dit

. ,

EXAMEX

flB

ne

pas en parler davantage. Quelle ignorance! quel aveuglement! il s'en trouve qui ne confessent qu'une partie de leurs péchés, sous prétexte qu'ils ne veulent pas communier cette fois; comme s'il pouvait être permis de faire un sacriqu'il

lège

,

fallait

parce qu'on n'a pas encore l'âme assez noire

pour en

faire

deux

!

N'avez-vous pas caché vos péchés par honte ou par crainte ? N'avez-vous pas caché certaines fautes grossières, dans la crainte qu'un confesseur ne vous différât l'absolution, et ne renvoyât votre pre-

mière communion ou vos pâques

à un autre temps ? Quelle affreuse disposition!... N'avez-vous pas caché vos péchés par respect humain , parce que votre confesseur vous connaissait, parce que vous étiez

dans le cas de le voir quelquefois , ou parce que vous crai gniez de perdre sa confiance et son estime?. N'avez-vous pas caché vos péchés, dans la fausse confiance que Dieu aurait égard à votre timidité, que vous feriez de fortes pénitences, ou que vous auriez plus de courage une autre fois ou enfin que vous vous en confesserez dans une autre occasion Et voilà ou 'tout au moins à l'article de la mort? le vrai moyen de vivre dans le sacrilège, etdeinourir .

;

,



comme

Judas. Votre confession a-t-elle été humble? N'avez-vous pas rejeté vos péchés sur autrui, sur un mari, sur

des enfants, sur des domestiques?.... N'avez-vous pas murmuré contre un confesseur éclairé et ferme qui voulait vous faire renoncer à certaines occasions qui vous avaient été si funestes ?..., Ne vous en êtesvous pas plaints avec hauteur, lorsqu'il vous différait sagement l'absolution, comme s'il vous faisait une injustice?.... N'avez-vous pas même cherché à décrier son ministère et sa'personne par des impos» turcs et des calomnies ?

,

SUR LA CONFESSION. 159 Votre confession a-t-elle été discrète et prudente? N'avez-vous pas fait connaître les péchés d'aulriii, à moins que le confesseur ne le jugeâtnécessaire?.... Ne vous ètes-vous point entretenus de votre confesseur avec d'autres personnes de ce qu'il vous a dit, de la manière dont il vous l'a dit et de mille autres N'avez-vous pas dit: Mon choses de ce genre? confesseur m'a fait telle et telle question m'a donné tels et tels conseils, m'a imposé telle et telle péniCe sont des fautes plus graves qu'on ne tence? ,



;

,

pense.

fr°

Satisfaction ou pénitence. Avez-vous fait la péni-

tence qui vous avait été imposée?.... lAivcz-vous faite dans le temps et de la manière qui vous a été prescrite?... ne l'avez-vous pas renvoyée à une autre confession, vous exposant ainsi à la faire à la hâte et sans fruit?... Ne l'avez-vous pas donnée à faire à un autre? car telle est l'ignorance de quelques per-

sonnes, qu'elles s'imaginent que cela se peut.... Ne vous ètes-vous pas plaints que votre pénitence était trop forte ou trop difficile, comme lorsque le prêtre vous ohlige (et il le doit) de sortir de cette maison de ne pas revoir cette personne, de faire cette restitution, de pardonner cette injure?.... N'avez-vous pas allégué de misérahles prétextes pour vous faire dispenser de votre pénitence ?.... Ne l'avez-vous pas acceptée avec la résolution de ne la point faire ? Avez-vous faitu ne pénitence juste et proportionnée à vos péchés?.... Ne vous ètes-vous pas contentés de faire quelques courtes prières pour des crimes qui méritaient des pénitences de plusieurs années? M. F. , ne vous y trompez pas, si la miséricorde de Dieu est infinie, sa justice ne l'est pas moins; elle



, ,

160 EXAMEN ne veut rien perdre de ses droits. Faites de dignes fruits de pénitence , vous dit le Seigneur, si vous ne

voulez pas périr. Voulez-vous, dit saint Augustin, que la justice de Dieu ne punisse pas vos péchés dans l'éternité, punissez-les vous-mêmes sur la

Oui, punissez votre orgueil par des humilia-

terre.

tions, votre avare cupidité par d'abondantes au-

mônes, vos sensualités

et vos excès par des jeunes impuretés et vos scandales par des macérations et par de bons exemples. En un mot, vous crie saint Cyprien, que vos pénitences ne soient pas moindres que vos crimes. Avez- vous accepté en esprit de pénitence les afflictions les maladies, les pertes de biens , les fléaux, les accidents que îa Providence vous a envoyés? n'en avez- vous pas murmuré, au contraire? Oubliez-vous donc que vous êtes pécheurs, et qu'il faut que vous soyez châtiés et punis ? que plus vous souffrirez en ce monde, en vue de satisfaire à la justice de Dieu moins vous aurez à souffrir dans le et des privations, vos

,



,

purgatoire? 5° Absolution. N'avez-vous pas reçu l'absolution sachant bien que vous en étiez indignes ?]\'avez-vous pas murmuré contre le confesseur qui vous la diffé-

rait

sagement pour s'assurer votre conversion?....

N'avez-vous pas communiqué vos plaintes à d' autres, pour les éloigner du confesseur et de la confession ? n'avez-vous pas quitté un confesseur exact et ferme

qui avait à

cœur la réforme de votre conduite et le âme, pour vous adresser à un autre

salut de votre

qui ne vous connaissait pas, à qui il vous était plus aisé d'en imposer, parce que vous n'aviez garde de vous faire connaître? Aveugles! eh! ne voyez-vous pas qu'en vous éloignant ainsi du guide que le Sei-

gneur vous avait donné pour vous conduire dan* les

SUR LA CONFESSION.

ICA

mis en danger de périr? Ne voyez-vous pas qu'en vous dérobant à son

voies du salut, vous vous êtes

, et qu'en cherchant à couvrir vos désordres par des absolutions mendiées ou surprises, vous ne faites de toute votre vie qu'une chaîne affreuse de profanations et de sacrilèges ? Insensés ignorez-vous que les absolutions que vous avez ainsi le malheur de surprendre à des confesseurs que vous trompez, ne sont point ratifiées

zèle et à sa vigilance

,

que, loin de vous procurer le salut ne servent qu'à vous donner la mort, et qu'à la rendre plus affreuse et plus désespérée? Avez-vous fait attention aux raisons pour lesquelles le prêtre vous refusait l'absolution? et, pendant le temps du délai, vous ètes-vous appliqués à vous corriger des défauts qui vous empêchent d'être absous, et à pourvoir aux satisfactions sans lesquelles vous ne pouvez pas l'être?.... Etes-vous retournés à confesse au temps qu'on vous avait fixé?

dans

le ciel; et

et la paix, elles

n'avez-veus pas retardé au-delà, peut-être jusqu'aux p à que s de l'année suivante? Voilà

,

M. F.

,

les fautes qui se

commettent

même le

plus

ordinairement dans le sacrement de pénitence. Permettez-moi de finir par où j'ai commencé, et de vous demander: Qui êtes-vous? que pensez-vous de l'état de votre âme, de Féiat de voire conscience? qu'avez-vous à dire de vos confessions passées? En en jugeant par les règles que nous vous avons exposées, et par l'examen que nous venons d'en faire, n'avez-vous pas raison de trembler? Ne prendrez-vous pas enfin le parti de réparer, par une bonne confession toutes les confessions que vous ,

avez mal faites jusqu'à présent? Mais, M. F. ce n'est pas assez de reconnaître ses fautes , il faut encore, par-dessus tout, s'en humilier ,

.

*m

EXAMEN gémir devant Di^eu. Jetons-nous clone aux pieds de sa miséricorde car nous sommes tous pécheurs et disons-lui avec tous les saints pénitents, dans et en

,

cette confession solennelle et publique

Je

me

confesse à Dieu tout-puissant

Père dont bienfaits

;

à ce tendre bonté, l'amour et les provoqué la colère et la justice

méconnu

j'ai

dont

:

j'ai

,

la

par des péchés sans nombre, dont le moindre méritait qu'il me jetât au fond des enfers je me confesse à Jésus-Christ son divin Fils, qui s'est fait homme et qui est mort pour moi, dont j'ai méprisé la rédemption, les travaux, le sang et les mystères, par :

l'ingratitude la plus noire, et que j'ai crucifié de nouveau, autant qu'il a été en moi toutes les fois que je me suis abandonné volontairement au péché: je me confesse au Saint-Esprit dont j'étais devenu ,

,

temple vivant, à qui j'ai fait outrage mille fois, en foulant aux pieds ses inspirations ses grâces et ses sacrements, et je m'avoue coupable, aux pieds de la très sainte et très adorable Trinité ConfUeor le

,

:

Deo omnipolenli. Je me confesse encore à la bienheureuse Vierge Marie, qui m'avait été donnée pour mère et pour modèle, et que j'ai mille fois déshonorée par une vie toute de péchés Beatœ Mariœ s?mper virglnl ; au bienheureux saint Michel archange dont la victoire sur le déniGn me fait rougir de ma lâcheté à écouter :

,

me livrer à son honBealo Mlcfiaell archangelo ; au bien-

ses funestes suggestions, et à

teux esclavage

heureux

:

saint Jean-Baptiste, dont j'ai contredit la

sainteté, les austérités et la retés, mes plaisirs et

mort, par mes impu-

mon impénience

:

Bealo Joannl

Bapllslœ ; aux saints apôtres Pierre et Paul, qui

m'avaient laissé pour héritage i

la foi qu'ils

îanlèe, l'Eglise qu'ils avaient fondée, et

la

avaient céleste

St R LA CONFESSION. 163 doctrine qu'ils m'avaient transmise arrosée de leur T

sang, pour

me garantir delà mort du péché

aposloits Pclro et Paulo; et à tous les saints

:

Sanctis

du

ciel,

qui, par leurs puissantes exhortations et leurs admirables exemples , m'avaient tracé la voie qui

mène

à la vie

:

me

Et omnibus sanctis. Je

confesse

enfin devant les justes de la terre, et en présence

de tous

mes

frères

que

j'ai

molestés, contristés,

scandalisés en mille manières

:

El vobis , (retires. Je

me reconnais coupahle et très coupahîe

, en pensées, en paroles et en œuvres ; et je confesse, les larmes aux yeux, et la componction dans le cœur, que c'est par ma faute , par ma très grande Meâ maximcl culpd. :

C'est pourquoi je supplie la glorieuse Vierge Marie, le refuge et l'avocate des

saint Michel archange

,

pécheurs ange et

mon

;

le

bienheureux

mon

défenseur;

saint Jean-Baptiste, la voix qui m'appelle à la péni-

tence les saints apôtres Pierre et Paul ma lumière mes guides; en un mot , tous les saints qui s'intéressent pour moi, et vous tous, M. F. , dont j'im,

:

et

plore la charité et la compassion, de m'obtenir de Ja

miséricorde de

mon

Dieu, par les mérites de

Jésus-Christ, le don des larmes, la grâce de

la

conversion, l'esprit et les œuvres de la pénitence la persévérance dans la justice, et une sainte morU Ainsi soit-il.

164

SUR l'éternité*

AAAA AAAAA 1AAW AAAJUAAAAAAAJULfc AAAAAA AAAA AAAAJUA AAJl

POUR LE DIMANCHE DE LA SEXAGÉSIME. Sur

la

parole de Dieu et sur l'éternité.

Qui habet mires amUcndi, audiat. Que celui-là entende

,

qui à

des oreilles pour entendre. S. Luc, 8.

Jésus-Christ a bien voul u nous explique r lui-même

La semence, dit-il, est la parole que Dieu répand dans nos àmes parla prédication. Mais quelle est la destinée de cette divine parole? Une partie, ajoute ce divin Sauveur, tombe le long du chemin c'est-à-dire qu'on l'écoute sans y prendre celte parabole.

;

aucun intérêt Si elle

et sans y donner aucune attention. pénètre dans l'esprit, la dissipation conti,

nuelle à laquelle on se livre, la

Une autre il

en

est

fait

bientôt oublier.

tombe sur la pierre; c'est-à-dire, qui y prêtent une oreille attentive qui la partie

,

même

avec joie ; mais comme leur cœur a été endurci par les mauvaises habitudes, celte reçoivent

divine parole n'y prend pas racine; dès que tation vient,

ils

qu'elle leur avait inspirées.

parmi

les

la

ten-

oublient les bonnes résolutions

Une autre

partie

tombe

épines. Ces épines signifient ceux qui,

après l'avoir reçue dans leur cœur, finissent par

l'y

étouffer, en ne s'occupant que des affaires de ce

monde, ne songeant

qu'à conserver ou augmenter

agréments de donc la parole de Dieu perdue pour les trois quarts de ceux qui l'entendent; heureux encore «i le quart de ceux qui l'écoutent la mettait à profit! Si donc la parole de Dieu n'opère presque jamais leur bien, ne cherchant qu'à jouir des

la vie.

Voilà

sur.

l'éternité.

j05

aucun changement dans votre conduite, M. F. c'est que, livrés à la dissipation, ou entraînés par les passions, ou absorbés par les choses de ce monde, la plupart d'entre vous l'écoutent avec un esprit et un cœur mal disposés à en profiter. En terminant ,

cette parabole, Jésus-Christ dit d'une voix élevée:

Que celui-là entende , qui a des oreilles pour entendre. Or, il prononça ces paroles d'un ton plus fort, pour faire sentir au peuple qu'il devait l'écouter avec toute l'attention possible. C'est avec la

môme

attention

prie d'écouter cette instruction

pas qu'elle vous

soit inutile,

,

que je vous vous ne voulez

M. F.

,

si

comme

,

l'ont été tant

d'autres. , mon Dieu , préparez la terre , arrosez-en sécheresse, arrachez-en les épines, écartez-en tout ce qui pourrait étouffer la divine semence; en un mot, donnez-lui cette heureuse fécondité qui

Et vous

la

apporte cent pour un.

D'ouvientl'insensibilitê de la plupart

deshommes

pour l'affaire de leur salut? Du peu de réflexion que l'on fait sur la parole de Dieu et sur les vérités éternelles qu'elle nous enseigne. C'est de là dit Jérémie, que viennent tous les péchés et tous les désordres qui régnent dans le monde. En effet, si Ton considérait attentivement pourquoi Dieu nous ,

,

a

créés

;

si l'on

songeait

,

comme

il

faut, qu'on doit

mourir, que nous pouvons à tout moment être surpris par la mort qu'elle viendra lorsque nous y penserons le moins que de ce moment fatal dépend notre éternité bienheureuse ou malheureuse, que nous aurons affaire à un Juge sévère et inexorable, qui nous fera rendre un compte exact de toute ;

;

,

ÎC6 notre vie;

SUR l'éternité.

nous songions, dis-je, à ces grandes vérités nous mènerions une vie plus régulière et, bien loin de rechercher avec tant d'ardeur ces biens et ces plaisirs qui seront la cause de notre perte, nous n'en aurions que du dégoût. Cela n'est-il pas si

,

:

vrai, M. F.?

Mais parce que les exemples font bien plus d'impression sur notre esprit que les raisonnements, ,

je vais vous

en rapporter quelques-uns qui vous convaincront de cette vérité. Qui est-ce qui porta saint Antoine à renoncer au monde pour embrasser les rigueurs de la pénitence ? Trois paroles bien méditées furent la cause de cette sainte résolution. Assistant à la sainte messe, dans la récitation de l'évangile, il entendit ces paroles :

Si vous voulez être parfait, allez , vendez tout ce que

donnez-le aux pauvres , et suivez-mou Frappé de ces paroles qu'il crut que Dieu lui adressait, il les pèse, il les médite; et, après une

vous avez

_,

,

sérieuse réflexion

,

il

sort de l'église, distribue tous

aux pauvres, et se retire dans la solitude. Or, combien d'autres ont entendu les mêmes pases biens

roles, et peut-être vous-même, mon Frère, sans vous être, je ne dis pas dépouillé de tout, comme saint Antoine, mais sans avoir fait la plus légère aumône! Il ne faut pas s'en étonner, c'est que vous n'y avez pas bien réfléchi. C'est pour les avoir bien méditées, que se con^ vertirent ces deux courtisans dont parle saint Augustin au livre de ses Confessions. Etant entrés par curiosité dans une petite cabane où se retiraient quelques solitaires, ils y trouvèrent un livre de la vie de saint Antoine. L'un d'eux prend ce livre et lit. A peine en a-t-il lu quelques pages que , charme des vertus de ce grand Saint iî se sent ,

,

sur.

l'éternité.

167

fortement porté à imiter son exemple, en renonçant entièrement au monde. En môme temps une infinité de raisons et de prétextes se présentent à son esprit

pour plus

l'en détourner. il

fait

Il

y pense,

il

les

examine,

réflexion à ce qu'il vient de lire, plus

et il

se sent pressé d'exécuter ce que le ciel lui inspire.

Embrasé d'une sainte ardeur, et saintement indigné contre lui-même d'avoir si peu fait pour son salut il s'adresse à son ami: « Dites-moi, je vous prie qu'espérons-nous de toutes les peines que nous nous donnons? que cherchons-nous? quel avantage pouvons-nous retirer de tous nos travaux et de nos assiduités auprès de notre prince ? Nous sommes ses favoris, il est vrai; mais en cela même qu'y a-t-i* d'assuré et qui no nous expose à mille dangers ? Que de peines, que de soucis et de périls pour arriver à une fortune qui , par elle-même , est encore plus à craindre que tous les maux qu'on a soufferts pour y parvenir? Et encore, quand y parviendrons-nous ? au lieu que , si je veux je puis dè s ce moment devenir l'ami de Dieu. Vous ferez ce qu'il vous plaira, ajouta-t-il; mais pour moi, mon parti est pris; je renonce pour toujours aux espérances que je pourrais avoir dans le monde, et sans attendre davantage, je vais pour toujours me consacrer à Dieu dans cette solitude. » Son ami prit le ,

même

parti: dès lors ils commencèrent à mourir au monde, pour ne vivre qu'en Jésus-Christ. Voilà, M. F., quel est le fruit d'une sérieuse réflexion sur la parole de Dieu, sur la vanité des choses de ce monde et l'exemple des saints. Il ne tient qu'à vous que cette divine parole produise dans votre cœur de semblables effets. C'est de ce

même moyen

que Dieu se servit pour

convertir Augustin. Le feu de la jeunesse,

la

cor-

sur l'éternité:. 408 ruption de son cœur le retenaient dans le dérèglement. Sa mère, sensiblement affligée de le voir l'esclave des plus honteuses passions , n'épargnait rien pour le faire rentrer en lui-même. Tantôt le prenant en particulier, elle lui remontrait vivemen* le désordre de sa conduite; tantôt, les larmes aux conjurait de rompre les chaînes qu'il en suivant aveuglément les inclinations nature corrompue. Mais c'était inutilement que

yeux,

elle le

s'était faites

de

la

cette

mère désolée

faisait tant

d'efforts

;

ni ses

larmes ne produisaient rien sur son fils. Augustin demeura encore plusieurs années éloigné du royaume de Dieu, jusqu'à ce qu'étant ébranlé par les prédications de saint Ambroise, et par la conversion des deux courtisans dont je viens de parler il commença à ouvrir les yeux à la lumière céleste, et à laisser agir la grâce à laquelle il avait résisté jusqu'alors. Après une sérieuse réflexion, il dit à Alype, son ami « Que faisons-nous ? Les ignorants gagnent le ciel, et nous, avec toute notre science, nous sommes si stupides que de le perdre, en restant dans le bourbier du vice! Ne devrions-nous pas rougir de n'avoir pas le courage d'imiter leur exemple ? » A peine a-l-il achevé ces paroles qu'il quitte son ami et se retire dans un jardin qui était proche. C'est là que, repassant dans l'amertume de son âme les égarements de sa vie, et considérant la miséricorde de Dieu qui le pressait depuis si longtemps, il s'écria, les larmes aux yeux Jusqu'à quand, Seigneur, serez-vous en colère contre moi? Oubliez prières

,

ni ses

,

:

,

:

mes

iniquités passées. Jusqu'à

toujours au lendemain dès à présent?

?

quand remettrai-je

Pourquoi ne sera-ce pas

Pendant qu'Augustin combattait

ainsi avec lui-

,

sur l'éternité.

môme,

il

entendit

une voix qui

169 disait et répétait:

et Usez; prenez et Usez. Il crut que c'était un avertissement que Dieu lui donnait de prendre les Epîtres de saint Paul qu'il portait sur lui, et de lire le premier endroit qu'il trouverait. Il ouvre ce livre et tombe sur ces paroles Ne vous laissez point aller à la débauche ni à l'ivrognerie , aux impudicités ni aux dissolutions : Ne cherchez point à contenter la sensualité; mais revêtez-vous de Jésus-Christ. Il pès<;

Prenez

:

il les médite, et acheva sa conversion.

ces paroles,

Telle est, M. F.

,

l'efficacité

parole de Dieu. Après un drait profiter

la réflexion qu'il

de

la

y

méditation de

fit

la

exemple, qui ne voud'un moyen de salut si puissant? Ah! tel

Augustin avait fai,t comme la pi upart des hommes Dieu parle souvent, mais sans aucun fruit, parce qu'ils ne réfléchissent point sur sa parole, il ne se serait jamais converti. Et n'est-ce pointée défaut de réflexion qui a fait jusqu'à présent que vous avez si peu profité des instructions que nous ne cessons de vous faire? Ah! je vous en conjure, réfléchissez sérieusement aujourd'hui sur ces pasi

à qui

roles

du Saint-Esprit, que

vos oreilles

:

je vais faire retentir à

V homme entrera un jour dans la maison

de son éternité.

L'éternité! quelle parole pour qui ne veut pas boucher les oreilles et endurcir son cœur! Dieu nous a tirés du néant où nous étions de toute éterse

nous

donné une âme immortelle; oui, à l'image de Dieu, ne cessera

nité;

il

cette

âme, créée

a

jamais d'être ; elle sera toute l'éternité : captive pendant quelques aimées dans ce corps mortel, mais séparée, au moment de notre mort, de ce

tome vu.

3

170 SUR l'éternité. corps de boue, elle entrera dans la maison de son éternité

:

domum

Ibit liomo in

tetcrnitatis suce.

donc vrai ô homme mortel que si tu es en oc monde, ce n'est pas pour toujours; qu'après cette vie courte et de quelques jours, il en succédera une autre qui n'aura point de fin Il est donc vrai, ô homme pécheur et impénitent! que tes crimes, tes excès, tes désordres ne resteront pas impunis, et que les abîmes des vengeances s'ouvriront un jour pour t'engloutir à jamais Il est donc vrai, ô âmes justes! que vos vertus, vos afflictions ne seront pas sans récompenses , et qu'une couronne immortelle vous est préparée dans le sein des élus, et dans la région des vivants Arrêtez-vous à cette pensée, M. C. F.; le temps ne vous est donné que pour vous occuper de l'éternité. O éternité! éternité! après quelques années passées dans les amusements , la joie, les plaisirs, l'abondance, une éternité tout entière dans les regrets, les remords et le désespoir! Toujours et jamais: ces deux mots feront la méditation éternelle du réprouvé. Toujours dans les tourments, toujours dans les flammes, toujours dans le sein des horreurs ; jamais lamoindre Il

est

!

,

!

!

!

lueur d'espérance! Oéternité! éternité! après quelques annéespassées les croix, les peines, les exercices pénibles do

dans la

vertu, une éternité tout entière de joie, de conbonheur, d'ineffables délices! Toujours

solation, de

jamais ; ce sera la contemplation éternelle du prédestiné. Toujours dans Dieu, toujours avec Dieu, heureux du bonheur même de Dieu. Jamais da

et

crainte, de chagrin, de vicissitude, de changement. Toujours et jamais, jamais et toujours. Malheur à qui n'y pense point ; mais malheur plus grand encore à qui y pense et ne vit pas en chrétien ,

!

sur l'éternité. Hélas! insensés que nous

171

sommes, que

faisons-

peu de jours que nous passons sur la terre? s'occupe que du temps, on ne travaille que pour le temps, on ne vit que pour le temps. E$ l'éternité nous attend, et l'éternité s'approche à chaque moment, et l'éternité va nous recevoir; nous ,

le

On ne

demain peut-être nous y entrerons. Aujourd'hui dans

la joie

,

demain dans

les festins, les parties

larmes quel aveuglement les

t

de plaisirs

;

et

les soupirs, les sanglots

:

!

11 y a une éternité y avons-nous réfléchi, M. F. ? sérieusement et efficacement? Qui pensons-nous y est-ce qui s'en occupe ? Est-ce ce tendre enfant qui , à la honte de ceux qui lui ont donné la vie, sait à peine qu'il y en a une autre ? Est-ce cette jeune personne, livrée aux vanités, aux amusements du monde, aux désirs déréglés de son cœur? est-ce cette personne avancée en Age, qui ne pense qu'à prolonger une vie qu'elle devrait consacrer à la pénitence et aux larmes Oh! si l'on s'occupait de l'éternité, quel change* ment on verrait dans les mœurs Cet ennemi ne se réconcilierait-il pas, et voudrait-il aller paraître devant Dieu le fiel dans la bouche et la haine dans le cœur? Celui-ci garderait-il un bien qu'il sait ne posséder qu'à titre d'injustice? Cet usurier ne cesserait-il pas de prêter son argent à intérêt, et ne restituerait-il pas tout ce qu'il a perçu par cette voie inique, principale cause de toutes ces banqueroutes qui désolent nos pays, et portent partout la misère? Celui-là tiendrait-il caché ce péché qui lui cause des remords; et ne se hàtcrait-il pas de lo déclarer au ministre qui a reçu le pouvoir de le lui pardonner? Ah! si l'on réfléchissait à l'éternité, se conduirait-on comuu* ûo $e conduit? Agirait-on :

!

!

,

8.

,,

î72

sur,

l'éternité.

comme on agit? Vivrait-on comme on vit? Qui est-ce qui, pensant qu'après cette vie périssable et moril y en a une immortelle et durable, ne lui consacrerait pas tous ses soins ? qui est-ce qui

telle,

voyant un enfer ouvert sous ses pieds, comme un abîme prêt à l'engloutir à jamais, ne se résoudrait pas à tout entreprendre, à tout souffrir, toutperdre, pour l'éviter? Qui est-ce qui, envisageant la gloire, les délices d'une éternité bienheureuse ne soupirerait pas sans cesse après elle? Ah! si l'on s'occupait sérieusement de l'éternité, les plaisirs auraient-ils des sectateurs ? Le monde aurait-il des partisans? Le péché aurait-il des [es,

claves? Courrait-on, comme l'on

de ce

monde? Non,

je

fait,

après les biens

ne crains pas de

parties de plaisirs seraient

rompues

,

le dire, les

les

modes

foulées aux pieds, les biens de la terre méprisés, les'cabarets déserts.

Il

n'y aurait de foule que dans

environnés, les tribunaux de la pénitence assiégés chacun de nous, comme absorbé dans cette grande pensée se dirait sans cesse à lui-même Il y a une éternité, je la crois, je la crains, je l'attends; elle peut me surprendre à tous les moments du soir au matin je puis y être appelé; et, si cela arrivait, suis-je en état d'y entrer? Ah! puisque je ne dois un jour terminer ma vie en ce monde que pour en commencer une nouvelle dans l'autre, n'est -il pas de la les lieux saints

,

les autels seraient ;

,

:

;

sagesse d'y penser sans délai, et de m'y préparer sans relâche ? Et quel serait mon malheur, si , après des réflexions

si

solides

,

je vivais

comme j'ai

vécu

comme ceux

qui semblent n'avoir rien à espérer ou à craindre après cette vie !

pensée de l'éternité! que vous êtes salutaire, éternité! étermais que vous êtes peu méditée!

sur l'éternité.

Que ne

nite!

173

puis-je, M. F., vous suivre partout,

le souvenir d'une éternité qui s'échappe de votre esprit J'entrerais dans vos maisons je pénétrerais dans ces foires, dans ces mar-

pour vous rappeler

!

,

chés, où les affaires de la terre vous occupent tout entiers. Etonné de votre profond aveuglement, je m'écrierais Oublierez-vous donc toujours yos plus solides intérêts? Vous faites les affaires d'une famille, :

de quelque héritier avide; mais votre plus sérieuse affaire, celle qui vous est personnelle, l'affaire de se fait-elle ? éternité qu'est-ce que pour l'éternité? J'irais dans les rues, au milieu des places où je vous vois occupés d'inuti-

votre salut

,

!

tout cela

lités, et je

m'écrierais

aveugles et séduits tions, vos

?

:

Où courez-vous

hommes

,

A quoi tendent vos conversa-

démarches, vos agitations? Où

votre sagesse, de ne penser qu'au temps

est

donc

et d'ou-

,

une éternité qui vous poursuit , qui s'approche, qui va vous atteindre , et dans laquelle vous allez vous

blier

perdre sans retour? J'irais dans vos assemblées de plaisirs dans vos veillées, au milieu de vos jeux, de vos danses là d'une voix effrayante et lugubre qui ,

,

;

forait

mourir

O éternité! si

la joie

dans vos cœurs, je m'écrierais

:

qu'est-ce que tout cela

ce n'est faire tous vos efforts

pour l'éternité, pour vous la rendre

malheureuse, amasser un trésor de colère sur vos têtes et vous creuser un abîme immense de maux? Je m'adresserais à ces

daines ,

si

femmes,

idolâtrés d'elles-mêmes

à ces filles ,

si

mon-

occupées de ce

qui peut

flatter leur vanité, si attachées à ces frivoles ajustements dont elles font leur plus grande affaire.

Avec un seul mot leurs soins l'éternité

?

:

O

je leur ferais sentir l'inutilité

éternité

!

Je parlerais à ces jeunes gens

pensent pas plus à

la

de

qu'est-ce que tout cela

mort, que

s'ils

,

pour qui no

ne devaient

174 SUn LA PÉNITENCE. jamais cesser de vivre, et je m'écrierais Eh! sur quoi vous fondez-vous donc pour croire votre jour si éloigné? Sur voire jeunesse? Oui, répondezvous; je n'ai encore que vingt ans , que trente ans. Ah! ce n'est pas vous qui avez vingt ou trente ans , c'est la mort qui a déjà vingt ans, trente ans d'avance sur vous, et qui va vous précipiter dans l'éternité. Prenez-y garde, celle éternité approche. Savez-vous enfin, M. F., ce que c'est que l'éternité? C'est répond un saint missionnaire de notre siècle , une pendule dont le balancier dit sans cesse Toujours , jamais , jamais , toujours , toujours. Pendant ces révolutions, un réprouvé s'écrie: Quelle heure est-il ? et la môme voix lui répond L'éternité. Je vous laisse, M. F. , avec cette réflexion: L'homme entrera dans la maison de son éternité. Fasse le ciel qu'elle soit heureuse pour vous :





:

:

!

POUR LE DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME.

Sur

la nécessité

de

la

Pénitence.

Cîim jejunâsset quadraginta diebus et quadraginta noctibus postea esuriiï. Après

rante nuits,

il

que Jésus eût jeûné quarante jours

cul faim. 5. Matth,

,

et

,

qua-

4.

Nous touchons , M. F. , à cette sainte quarantaine qui, depuis le temps des apôtres, a toujours été observée dans l'Eglise , pour honorer le jeûne de Jésus-Christ , pour expier nos péchés

,

et

pour nous

disposer à célébrer dignement la grande fête do Pâques. Heureux celui qui , après avoir passé le

carême dans

le

jeune et

la mortification

,

sentira

SUR LA PÉN1TEKCE.

175

âme

cette faim spirituelle qui fait désirer à notre

le

pain vivant dont elle doit se nourrir! Comme un malade, après avoir été purgé par toutes sortes de

remèdes amers la

faim

;

de

et désagréables, commence à sentir

même Famé

chrétienne

,

quand

elle est

bien purifiée par les saints exercices de la pénience, ne manque pas de soupirer après la table le Jésus-Christ; et alors on peut lui appliquer, dans an sens très véritable, ce que l'Evangile dit aujourd'hui de Notre-Seigneur : Après avoir jeûné quail eut faim : Càm rante jours et quarante nuits

jejunâsset

,

etc<

Mais comme il y a des malades qui ne peuvent se résoudre à prendre les remèdes qu on leur près crit, à causée leur amertume; ainsi voyons-nous la

plupart des chrétiens s'effrayer, et se boucher

pour

ainsi dire, les oreilles, dès qu'il s'agit de pé-

nitence},

au point que nous

leur en parler.

Comment

presque pas donc nous y prendre

îr osons

faut-il

pour ne pas trahir notre ministère à cet égard, et pour le remplir en même temps d'une manière qui ne décourage et ne rebute personne ? Nous ferons ce que fait un médecin qui aime tendrement son malade , et qui compatit à sa faiblesse. Il commence par lui faire entendre que les remèdes qu'on lui propose sont absolument nécessaires pour le rétablissement de sa santé; puis il adoucit ces remèdes, autant qu'il est possible de les adoucir sans en diminuer la vertu, Il faut donc vous montrer que tous ceux qui se sont abandonnés au péché s'iis veulent en obtenir le pardon, doivent nécessairement en faire pénitence, et que pour cela iï ne suffît pas d'en recevoii l'absolution. 11 faut vous indiquer ensuite une manière de faire pénitence, qui n'ait rien de trop effrayant, et qui n'en soilpas

moins

efficace.

176

STin LA PÉNITENCE.' Divin Sauveur, vous êtes juste; mais votre joug est doux, et votre fardeau léger.

Pour obtenir le pardon de ses péchés, il faut d'abord en avoir une véritable contrition, un ferme propos de n'y plus retomber ensuite en faire une confession sincère au ministre de Jésus-Christ; mais ce n'est pas assez, il faut encore en faire pénitence. Et pourquoi, M. F.? Pour éclaircir cette vérité, considérons ce que c'est que le péché par rapport à Dieu, ce qu'il est par rapport à notre âme, et ce qu'il est par lui-même. Le péché considéré par rapport à Dieu, est une insulte, un outrage qu'on fait à sa tojesté divine. C'est une révolte de la créature contr^w Créateur, contre d'un enfant contre son père, d'un :

,

se^

son maître. Toutes ces expressions sont^^^RîtureSainte, où Dieu lai-même se plaint, e^Kisieurs endroits

,

que

le

déshonore , qu'il lui en lui refusant due. Il faut donc lui faire

pécheur

le

ravit la gloire qui lui appartient,

l'obéissance qui lui est

réparation, lorsqu'on veut se convertir véritable-

ment, obtenir le pardon de ses péchés et les effacer J! faut en quelque sorte lui restituer sa gloire et lui faire justice.

Or, cette réparation et cette restitution doivent se par les œuvres de la pénitence , suivant ces paroles du Prophète Nous avons commis l'iniquité f ù mon Dieu! nous avons violé vos commandements;

faire

:

nous nous sommes révoltés contre vous ; mais ouvrez les yeux, Seigneur voici qui vous rend votre gloire. Voyez cette âme plongée dans la tristesse, abîmée dans la douleur, qui s'humilie, et succombe sous le poids de son affliction, à cause du ,

,

Î77 SUR LA PÉNITENCE. vous et contre vous ; vou* voyez ce corps exténué par le jeûne, ces yeux languissants , ce visage abattu, cet air pénitent et humilié tout cela vous fait justice et vous rend votre

mal

qu'elle a fait devant

:

gloire

:

Et oculi déficientes

et

,

anima

esuriens daî

Domino. (Baruch. 2, 18) Et certes , M, F. Dieu n'est pas de pire condition que les hommes. Si quelqu'un vous avait outragé ;

tibi

gloriam,

et justifiant ,

vous avait ôté votre bien ou votre honneur , et que pour toute réparation il se contentât de ne pas revenir à la charge, seriez-vous bien satisfait? Comment voulez-vous donc que Dieu le soit, si après l'avoir offensé de mille manières et par toutes sortes de péchés , votre pénitence se réduit à ne

s'il

,

,

le péché? Le péché, considéré par rapport à notre âme, est appelé très souvent, dans les libres saints une blessure , une plaie ; et vous savez que Jésus-Christ compare le pécheur à un homme tombé entre les mains des voleurs qui le dépouillent, le couvrent de plaies, et le laissent à demi-mort. Ces voleurs sont nos passions c'est vous-même , mon Frère qui vous êtes dépouillé de cette belle robe que vous aviez reçue dans le baptême ; c'est vous qui avez

plus commettre

,

;

blessé votre

âme

,

et lui avez fait autant

de plaies

que vous avez commis de péchés. Représentez-vous

un homme

qui

le visage, se

,

dans un accès de

mord les

folie

,

se déchire

bras, se frappe la têle contre

tout ce qui est autour de lui, s'agite et ce tourmente

de façon

qu'il se

meurtrit et se

fait

en plusieurs

endroits des blessures très vives et très dangereuses.

Sa folie se passe, il revient à lui; cela est très bien* Mais voilà des plaies; il faut les panser, y appliquer des remèdes. Il n'a fallu qu'un instant pour les faire, il faudra bien du temps pour Jes guéiir.,

,

17$

SL'H

LA PÉNITENCE.

Le pécheur aveuglé par ses passions, pendant qu'il s'agite et se tourmente pour les contenter blesse son âme de mille manières , ajoute plaies sur plaies les mauvais désirs sur les mauvaises pensées les actions criminelles sur les mauvais désirs , les impudicités sur l'ivrognerie, les calomnies sur la vengeance, les usures sur l'avarice, les imprécations sur les jurements , les blasphèmes sur les imprécations ; que sais-je ? Dès qu'une fois on a perdu le ciel de vue, et qu'on ne pense plus à son salut, on donne, sans réllexion, dans tout ce que la passion inspire; on se heurte, on se blesse ,

,

contre tout ce qui se présente.

Mais après un certain temps,

lui-même

les

yeux

me

convertir et changer de

;

il

rentre en

vie.

11

le ;

il

pécheur ouvre se dit : Je veux

se confesse, reçoit

moyennant quelques prières, peutêtre quelques jeûnes ou quelques aumônes qu'on lui a ordonnées celte espèce de pénitence une fois

l'absolution

;

et

,

,

faite,

il

se croit quitte de ses péchés, n'y pense

plus , et vit tranquille. Abus les plaies que nous faisons

mon

cher Frère, abus âme ne se guérissent point à si peu de frais. Les vôtres saignent encore; elles ne sont pas fermées; elles ne se fermeront jamais, si vous n'y appliquez les remèdes de

,

à

1

notre

la mortification chrétienne.

La pénitence, dit le saint concile de Trente, est an baptême laborieux. Si la vôtre n'a rien de pénible, si vous oubliez vos péchés presque aussitôt que voua avez reçu l'absolution, c'est une pénitence fausse. N'est-ce pas là ce qui fait dire à saint Ambroise, que, quoiqu'il soit rare de trouver des chrétiens qui conservent leur innocence baptismale il est encore plus rare d'en trouver qui la réparent après l'avoir perdue? Comment donc? Est-ce que nous ,

SUR LA PÉNITENCE. 179 ne voyons pas tous les jours des gens qui se conqui accomplissent la pénitence que le fessent prêtre leur impose, et même qui ne commettent plus les péchés qu'ils commettaient auparavant? Dui, sans doute mais il y en a peu qui à l'exemple de David, les aient toujours devant les yeux pour Hi gémir, pour les pleurer, et en faire pénitence jusqu'à la fin de leur vie. C'est-à-dire qu'il y a peu de vrais pénitents, et que les conversions parfaites ,

,

;

sont très rares.

Ne soyez jamais sans crainte , pour

les

don.

S'il

dit le Saint-Esprit,

péchés dont vous croyez avoir obtenu faut toujours craindre

pour

les

le

par-

péchés dont

accusé, dont on a reçu l'absolution, quand serait assuré du pardon , il ne faut donc jamais les oublier ; il faut donc y penser toute la vie.

on

s'est

même on

Et pourquoi, sinon pour en gémir toujours, et en suffît donc pas de commettre. Enfin, le péché, considéré en lui-même, est une action, une parole, un désir, un manquement contraire à la loi de Dieu. Or quiconque agit contre sa loi est coupable quiconque est coupable mérite d'être puni et si Dieu ne punissait point les mauvaises actions, il serait aussi injuste que s'il ne récompensait pas les bonnes c'est la réflexion de saint Basile. Lorsque Dieu nous pardonne nos péchés, il change la peine éternelle qui leur était due, en une peine temporelle il ne nous pardonne qu'à condition que nous subirons cette peine, dont il ne veut pas nous dispenser, parce qu'il est essentiellement et souverainement juste, parce qu'il ne sau» rait se manquer à lui-même; de sorte que la peine due à nos péchés, est comme une dette que nous Il

ne

ne plus

les

faire toujours pénitence ?

s'en confesser, et de

,

:

,

;

:

:

avons contractée envers cette justice éternelle,

et

,,

480 SUR LA. PÉNITENCE. qui ne peut être acquittée que par les œuvres de la pénitence, jointes aux mérites de Jésus-Christ, sans lesquels nous ne pouvons rien faire qui soit méritoire devant Dieu,

Que

pécheurs ne s'imaginent donc pas

les

saint Grégoire, que leurs péchés soient expiés

lit

,

,

s'ils

se contentent de ne plus les commettre. Pour efface ï

ce qui est écrit, il ne suflit pas de ne plus écrire; et pour payer les dettes que l'on a contractées, il n< suffit point de ne pas en contracter de nouvelles. Faisons encore là-dessus une réflexion. lieu de

vous

faire sentir la nécessité

de

Si

,

au

pénitence je vous disais Mon frère, n'ayez aucune inquiétude sur les péchés de votre vie passée vous vous en la

:

:

êtes confessé, cela suffit, et

penser que vous vous êtes révolté contre Dieu , et que vous l'avez déshonoré de mille manières par toutes sortes de péchés ; mais pourvu que vous ne les commettiez plus il ne demande pas d'autre réparation. Il est vrai que vous davantage.

Il

il

est inutile d'y

est vrai

,

,

,

avez

fait à

mais pour

votre

âme

des plaies bien dangereuses;

de ne pas lui eu que vous avez contracté envers la justice divine des dettes immenses; mais pour les acquitter, il suffit de ne pas vous faire

les guérir, c'est assez

de nouvelles.

est vrai

Il

endetter davantage* Que diriez-vous si je vous parlais ainsi?

Que

votre pasteur est bien relâché; qu'il ne parle pas comme les autres , et que vous trouvez dans tous les livres de piété le contraire de ce qu'il vous enseigne.

Chose étrange, M. F. on veut que nous prêchions en rien rabattre, et lorsque nous la prêchons telle qu'elle est , ov la trouve dure effrayante, impraticable! Essavons donc de l'adoucir sans blesser; et, après vous avoir montré ,

la vérité sans

SUR LA PÉNITENCE. 18î indispensable de la pénitence, voyons une manière de la faire, qui n'ait rien de trop effrayant , qui ne puisse rebuter personne , et qui la nécessité

toit à la



portée de tout

le

monde*.

Réglez votre intérieur

toutes les facultés de votre

de aux bonnes œuvres

et votre extérieur,

sorte que vous fassiez servir

âme

et toutes les parties

de votre corps, qui ont servi au péché. C'est l'apôtre saint Paul qui nous enseigne cette manière de faire pénitence. Considérez-vous donc , mon cher la plus grande attention. Descendez dans votre cœur, examinez vos pensées, vos désirs, vos actions et toute votre vie ; et vous verrez que vos yeux , vos oreilles , votre bouche votre langue vos pieds, vos mains, votre esprit, votre cœur, votre imagination , votre mémoire, toutes les puissances de votre âme en un mot tous les membres de se sont entendus et votre corps , se sont réunis accordés entre eux pour offenser Dieu; qu'ils ont servi tour à tour, et quelquefois tous ensemble, à commettre mille péchés. Combien de regards impudiques ! combien de regards de vanité combien de regards de jalousie,

Frère, avec

,

,

,

,

,

!

de vengeance, de colère! A cette réllexion, que devez-vous dire? Misérables yeux, qui avez été la porte par laquelle le péché est entré dans mon âme , vous ne vous ouvrirez plus que pour annoncer la pudeur la modestie , la douceur , le recueillement; et par là, vous expierez mon air évaporé, ma dissipation, ma vivacité, mon orgueil, dont vous avez été si souvent les interprètes. Cette bouche, cette langue, qui ont servi à la ,

sensualité, à l'ivrognerie, à la

médisance ,

à l'inv

,

Î82 SUR LA PÉNITENCE. pureté, à la colère; cette bouche, cette langue dont je me suis servi pour me perdre, je ne m'en servirai plus que pour faire mon salut. Mon exactitude à observer les jeûnes commandés par l'Eglise et d'autres

que je m'imposerai moi-même

,

suivant

mes forces; ma sobriété, ma tempérance dans mes repas, expieront ma gourmandise et mes excès. Je dirai du bien de mes ennemis, je serai réservé dans mes discours, je garderai le

mon

état et

du plaisir à parler; je conne chanterai que les louanges de Dieu, je prierai souvent; et de cette manière, j'expierai les péchés que j'ai commis par ma langue. Malheureuses mains, qui avez servi à l'avarice aux vols , aux usures , à la vengeance , aux libertés déshonnêtes , à tant d'actions honteuses, vous servirez à la restitution , à l'aumône à toutes les œuvres de charité que je pourrai pratiquer dans mon état. Vous travaillerez, et votre travail fera ma pénitence. Je vous élèverai vers le ciel pour exprimer la douleur de mon cœur ; vous frapperez ma poitrine en signe de mon repentir vous serez en tout temps et (in tout lieu, ainsi que tout mon corps, dans une attitude pleine de modestie, de décence et de retenue. Mon esprit, qui n'a été occupé jusqu'ici que d'affaires temporelles, de pensées frivoles, criminelles ou inutiles, sera tout rempli de la pensée de silence, lorsque j'aurai

fesserai

mes péchés

,

je

,

;

mon

salut et des

cation de

moyens de

travailler à ia sanctifi-

mon âme. Je mortifierai mon imagination;

me

représentant les supplices affreux de l'enfer. ma mémoire par le souvenir des péchés que j'ai en horreur et qui me couvrent de

en

Je mortifierai

mon cœur, non-seulement en étouffant les désirs qui pourraient le corrompre, mais en détruisant toutes les affections, toutes les confusion. Je mortifierai

,,

SUR LA. PÉNITENCE. 183 attaches qui affaiblissent la dévotion et refroidissent la

Je porterai

charité.

ainsi

dans

moi-même

la

mortification de Jésus-Christ, en faisant servir aux

bonnes œuvres teut ce qui, dans mon corps ou dans mon âme, servait auparavant à l'iniquité. Voilà , M. C. P., ce qu'on appelle faire pénitence, appliquer le remède sur le mal, se punir par où

Ton a péché de sorte que tout ce qui a servi à faire le mal serve à le réparer par la pratique des bonnes ;

,

œuvres. Ajoutez à cela une résignation entière à la volonté de Dieu, dans tout ce qui vous arrive de fâcheux. Souffrez patiemment en esprit de pénitence les peines , les mortifications

,

les

incommodités toutes ,

misères de cette vie, et vous serez un vrai pénitent. La miséricorde de Dieu est si grande, dit le saint concile de Trente, que nous pouvons satisfaire à sa justice non seulement par les œuvres que les confesseurs nous imposent, ou que nous nous Imposons nous-mêmes mais encore par les fléaux par les disgrâces, par les afflictions auxquelles tous les hommes sont exposés, et par toutes les misères qui sont attachées à la condition humaine. Vous avez des ennemis qui déchirent votre réputation , qui troublent votre repos pillent votre bien ruinent votre famille; un voisin qui vous chicane; une femme qui vous déplaît; un mari qui vous désole ; des enfants qui vous affligent: voilà votre pénitence. La grêle a dévasté vos vignes ; la sécheresse a brûlé vos moissons ; les insectes ont dévoré vos fruits ; la maladie a ravagé vos troupeaux ; la mort a enlevé des personnes qui vous étaient chères c'est une longue maladie ou d'autres accidents qui vous ont épuisé; ce sont des infirmités qui vous accablent, des chagrins qui vous rongent voilà votre péniles

,

,

,

,

;

:

484 SUR LA PÊXîTEXCc. tence. Ce sont les devoirs et les occupations de votre état qui vous fatiguent continuellement ; un travail qui vous tue; des voyages qui vous lassent; des nuits qu'il faut passer ; des gens difficiles , des carac-

humeurs insupportables

tères, des

à qui vous avez La faim, la soif, la nudité, le froid, le chaud, les mauvaises odeurs, tout ce qui répugne, tout ce qui mortifie dans les petites choses comme dans les grandes voilà votre pénitence. Si vous la faites de bon cœur, vous satisferez à la justice de Dieu , vous vous sanctifierez. Eh! pourquoi ne la feriez-vous pas? D'abord y vous êtes assuré qu'en l'acceptant, vous satisfaites à Dieu, dès que c'est lui qui la choisit et qui vou& la donne. Couvrez-vous d'un cilice, jeûnez au pain et à l'eau couchez sur la dure pratiquez toutes

affaire: voilà votre pénitence.

:

,

,

sortes d'austérités

:

cela est très bon. Mais

arriver que dans tout cela

il

peut

soi-même, et qu'au lieu de faire la volonté de Dieu, on ne fasse que sa propre volonté. J'ai connu des personnes qui se seraient fait un plus grand scrupule de manquer à leurs jeûnes de dévotion, qu'aux jeûnes commandés par l'Eglise. J'en ai vu d'autres qui enon

se cherche

un

esprit de pénitence, des choses ne pouvaient souffrir une mau. vaise odeur , la maladresse d'un domestique , et d'autres bagatelles semblables, sans quelque mouvement d'impatience et de mauvaise humeur. Tant il est vrai que notre propre volonté se trouve toujours mêlée dans les pénitences que nous choisissons nous-mêmes! Celles que Dieu nous choisit n'ont pas le même inconvénient, et nous sommes 6ûrs qu'elles lui sont agréables première raison qui doit nous engager à les accepter de bon cœur.

treprenaient, par très difficiles

,

et qui

:

D'un autre côté, notre impatience

et

nos

mur-

,

SUR LA PÉNITENCE.

18d

mures rendront nos peines plus cuisantes, au

lieu

de les adoucir. Nous ne souffrirons pas moins, et nos souffrances deviendront inutiles. Elles seront semblables, en quelque sorte, à la pénitence des damnés, laquelle ne les rend pas meilleurs, et ne leur sert de rien , parce qu'ils maudissent éternelle-

ment

la

main qui

les frappe.

Faisons donc, M. C. F. , comme Ton dit, de nécessité vertu et puisque nous ne saurions nous exemp;

incommodités de malheureuse vie , souffrons-les avec résignation, comme venant de la part de Dieu, pour nous servir de pénitence... Seigneur, que vous êtes bon et que les ressources de votre miséricorde sont admirables! Je n'ai ni assez de piété, ni assez do courage pour m'imposer à moi-même une pénitence qui ait quelque proportion avec mes péchés vous m'en avez donné une; que votre saint nom soit béni! je la reçois, je m'y soumets, je la ferai, moyennant le secours de votre grâce tout le temps de ma vie. Il est vrai qu'elle n'est rien en comparaison de ce que je mérite mais enfin elle est telle que vous la désirez ô mon Dieu! puisque c'est vous ter des peines, des misères, des cette

:

,

,

;

,

qui

me

l'avez choisie.

que chacun dans son état, au milieu du monde, et dans les embarras des plus grandes affaires, peut expier ses péchés par une pénitence qui, à la vérité, n'a rien de sinC'est ainsi, M. C. F.,

même

gulier ni d'extraordinaire, d'effrayer

personne

,

rien qui soit capable

mais qui n'en

est pas

moins

agréable à Dieu. Il

faut ajouter, à notre honte, qu'elle n'en est pas

moins

rare.

Eh

!

où sont

les pénitents qui règlent

leur intérieur et leur extérieur , de façon que toutes les facultés

de leur aine , et tous

les

membres d©

,

SUR LA PÉNITENCE. i8& leur corps, qui ont servi au péché, ne servent plus

qu'à la justice et aux bonnes œuvres? Où sont les pénitents qui souffrent, sans jamais se plaindre toutes les peines et toutes les incommodités de la

vie? Ce sont là, cependant, M. F., les dispositions dans lesquelles tous les pécheurs doivent vivre, et

conserver jusqu'au dernier soupir. peut rien exiger de moins et je vous tromperais bien certainement, si je retranchais un mot de ce que vous venez d'entendre. Pénétrez-nous, grand Dieu, de la crainte de vos jugements; donnez-nous l'esprit et l'amour de la pénitence. Faites-nous-en sentir la nécessité, et ne permettez pas que nous nous aveuglions au point de croire que, pour expier nos péchés, il suffit de nous en accuser, et de ne plus les commettre. Donnez-nous la force de mortifier notre corps notre esprit et notre cœur. Faites encore que nous souffrions, en esprit de pénitence et pour l'amour de vous , toutes les peines de ce monde. Pour obtenir ces grâces, bien loin de passer ces trois jours, comme les mondains , dans la dissipation et le plaisir, nous les passerons en présence de votre qu'ils doivent

On ne

,

,

auguste sacrement, à qui

soit tout

gloire dans les siècles des siècles.

Ainsi

soit-il.

4VM»

honneur

et toute

SUR LA MORT.

187

JLSL9JJLSL1JLSLSL5LSISLX1SLSLSISLSLSLSLSLSISL2JLSLSL&& a JU A SLSJLSULSS. SLSLStfJLSLA

POUR LE MERCREDI DES CENDRES. où

L'état Mémento

homo

,

Souviens-toi,

,

la

quia pulvis es

homme que ,

en poussière. Gen.

,

mort nous réduira. ,

et

pulvercm reverteris 9

in

tu es poussière, et

que tu retourneras

3.

C'est le premier oracle qui soit sorti de la bouche de l'Eternel ; c'est la première vérité que Dieu inculqua à l'homme après qu'il eut péché, et il lui recommanda de ne jamais la perdre de vue Mémento. Chrétiens de tous les âges, de tous les états, âmes justes et ferventes , âmes tièdes et relâchées, pécheurs endurcis et impénitents, voilà le sort qui vous attend, le tombeau, les vers, la cendre In pulverem reverteris. L'Eglise nous rappelle aujourd'hui cette triste :

:

vérité par la touchante

cérémonie de l'imposition

des cendres. Pour nous détacher du monde, elle nous présente l'image de la mort, la mort qui nous

en détachera malgré nous , si nous ne nous en détachons pas volontairement. Pour nous exciter h pleurer nos péchés, elle nous rappelle le souvenir de la mort, la mort qui est la peine la solde du péché. Pour nous engager à mortifi r nos passions, elle nous met devant les yeux les c jndres ce symbole de la mort, lo mort qui en frappant notre corps, ,

,

,

brisera cette

ictole

de notre sensualité, et

la préci-

pitera dans le tombeau.

Oh que la pensée

de la mort est salutaire Quelles mort, assise sur les ruines de notre mortalité ne nous donne-t-clle pas pour bien vivre !

Utiles leçons la ,

!

188

SUH LA MORT. nous vivions comme devant mourir Mais on éloigne cette pensée; on craint de penser à la mort. En arrivera-t-elle moins, qu'on y pense, eu qu'on n'y pense pas ? Non. Je dis plus c'est qu'un mal que l'on prévoit de loin , et auquel on s'est disposé depuis longtemps, devient plus tolérable, et que la mort est bien moins dure pour ceux qui y ont pensé, que pour ceux qui en ont éloigné le

Ah

ï

M. F.

,

si

!

:

souvenir.

Nous mourrons tous personne n'en doute. Nous ne savons à quel jour à quel moment nous mourrons ; tout le monde en convient. Aussi n'insisterai-je pas sur ces vérités. Mais combien il est salutaire de considérer l'état où la mort nous réduira, afin de nous déterminer à prendre les précautions nécessaires pour faire une bonne mort voilà ce qui ^a fixer notre attention. :

,

!

Quel



mort nous réduira

? Vous ne mais vous n'y réfléchissez point ; vous en éloignez le souvenir. Je veux vous en rapprocher aujourd'hui; je veux vous présenter et vous faire contempler avec moi ce triste et lugubre

est l'état

la

l'ignorez pas, M. F.;

spectacle.

D'abord, la mort vous dépouillera de vos biens. Vous quitterez ces meubles ces maisons que vous embellissez avec art. Ces prés , ces vignes ces champs que vous prenez tant de soin à cultiver, à rendre productifs, un autre en jouira à votre place. Ces propriétés que vous aviez accrues avec tant d'empressement , un autre en retirera le revenu. Mais ces biens, ces fonds vous avaient coûté tant de peines et de travaux! vous aviez fait tant d'épargnes pour les acquérir, pour les augmenter! N'importe; ,

,

LA MORT. 180 de vous tourmenter pour des objets que vous deviez ne pas emporter. Il ne fallait SUîl

et c'était là votre folie,

pas oublier qu'ils étaient fragiles , et que vous êtes mortels, que s'ils ne vous échappaient pas, -tous leur échapperiez vous-mêmes. Il ne fallait pas vous consumer de la sorte, sacrifier votre âme, votre

conscience, pour ces biens périssables. Eh! ces biens, que deviendront-ils? Ils passeront à vos enfants , à un héritier souvent ingrat et dissipateur , peut-être à des impies qui se les disputeront

avec acharnement, qui ne feront pas dire une prière le repos de votre âme. Mais ce riche, qu'emportera-t-il à la mort, de tous ces biens? Un cercueil et un suaire. Et ce pauvre qui ne possédait rien sur la terre, qui n'avait pas même un lieu pour reposer

pour

sa tête, qu'emportera-t-il?Un cercueil et

Mais

il

ne

l'avait

nira. Ainsi, le

pourvu que

pas

même ? La charité

un

lui

suaire.

en four-

pauvre sortira de ce monde aussi la mort les mettra au même

le riche

:

niveau; elle fera cesser ces distinctions flatteuses que la fortune et la naissance avaient mises entre

eux pendant la vie. Ainsi, la mort les rendra égaux, ils n'emporteront pas plus l'un que l'autre, c'est-àdire qu'ils n'emporteront rien. Je suis sorti nu du sein de ma mère , disait Job, cl je rentrerai nu dans le sein de la terre. Oui, M. F.

,

dit saint

Paul, nous n'a-

vons rien apporté en venant en ce monde y et de doute que nous n'en remporterons rien.

il

est hors

La mort vous séparera cruellement de vos amis de vos parents, de votre femme , de vos enfants il faudra leur dire un triste et fatal adieu. Oh ! qu'elle est impitoyable! Tantôt elle ôte à des parents un enfant unique qui était toute leur espérance et leur :

consolation

père, une

;

tantôt elle enlève à des enfants

mère

un

qui leur étaient nécessaires pour

,

190

SUR LA MORT.

les nourrir

ou

les soigner. C'est ainsi

que

la

mort

déconcerte nos projets , détruit nos espérances trouble nos jouissances.

,

La mort nous ravira pour toujours aux honneurs aux joies, aux plaisirs du monde. Qu'emportera le libertin de ces divertissements, de ces folles débauches auxquelles il se sera livré sur la terre ? Rien. Qu'emportera l'ivrogne , l'intempérant , de tous les raffinements de la sensualité et de tous les excès de la crapule? Rien. Et la fille mondaine, qu'emportera-t-elle de son luxe et de toutes ses parures? Rien. Et le pécheur d'habitude, qu'emportera-t-il de ces dérèglements honteux où il a croupi de ces lubricités infâmes qui l'ont rendu semblable au cheval et au mulet, qu'en emporterat— il? Hélas! le regret amer de s'y être livré et ,

l'affreuse attente des supplices éternels réservés à

ses crimes. C'est ainsi, M. F., que la mort triomphe de tout ce que nous aimons, de tout ce que nous possédons ici-bas. Elle

nous ôtera tout,

elle

nous réduira

à la

plus affreuse indigence, à un dépouillement entier, universel. Et, après avoir dépouillé sa victime, elle la

consumera encore par

frances.

O mort !

les douleurs et les souf-

que ton souvenir

est

amer à celui

qui jouit des biens, des honneurs et des douceurs de la vie présente ! O mort! je ne te demanderai plus

où est ton aiguillon, oit est ta victoire* Après avoir triomphé des biens des plaisirs, de tout ce que l'homme aime ici-bas , la mort triomphera de l'homme lui-môme. Contemplons un ins« tant ce triomphe de la mort sur l'homme. M. C. F., envisagez d'un œil sec, si vous le pouvez, l'état d'horreur auquel la mort vous réduira. Quels ra,

vages affreux' sa main n'exercera-t-elle pas sur

SUR LA MORT.

1^1

yeux se fermeront pour toujours lumière; votre bouche restera noire et muette;

*otre corps! Vos à la la

couleur de vos joues s'éteindra; votre front se

membres deviendront raides et glacés. Vingt-quatre heures après,

couvrira d'ombres éternelles; vos la

mort victorieuse conduira votre cadavre à travers

comme son trophée dans ce temple ; puis on se hâtera de vous dérober aux yeux des vivants, on vous cachera dans la terre. Là, voyons les ravages de la mort sur votre cadavre. Au bout de neuf jours, si j'ouvre votre cercueil, qu'est-ce que j'y aperçois? je tremble d'horreur à ce spectacle. Ce n'est plus qu'une fourmilière de vers, un amas de pourriture qui répand autour de moi l'infection. C'est cet état que considérait Job, lorsqu'il disait J'ai dit à la pourriture : Vous êtes mon père ; et aux vers : Vous êtes ma mèrv et mes sœurs. Avançons encore dans la contemplation de notre fin dernière. Si, au bout de l'année, j'ouvre votre sépulcre c'est encore un nouveau changement qui s'est opéré en vous. Je n'aperçois plus qu'un effrayant squelette des ossements qui conservent à peine leur ordre naturel, où pendent quelques lambeaux pourris il ne reste plus autour de votre crâne , que quelques dents hideuses et décharnées. Mes chahs sont toutes consumées et réduites à rien, s'écriait Job; il ne reste plus que la peau aulour de mes os 9 et les lèvres autour de mes dents. Enfin encore quelque temps encore quelques années , et il ne restera plus aucune trace de ce que vous avez été. Après avoir fait place sur la terre aux vivants, vous ferez place aux morts dans le mémo tombeau. L'oracle s'accomplit, c'était le premier les rues, elle l'exposera

:

,

,

:

,

,

qu'avait porté le Créateur ,

il

me répond de Vconv 1

192 SUR LA MORT. plissement de tous les autres. La sentence du ToutPuissant s'exécute à la lettre Vous étiez poussière, et vous êtes retourné en poussière In pulverem :

:

reverteris.

C'est ainsi que la dissolution de noire corps, laquelle nous rapproche en quelque sorte de l'anéan-

tissement, rend hommage à la souveraine Majesté de Dieu, qui règne avec un empire absolu sur toutes ses créatures de ce grand Dieu dont le trône repose sur les bases de l'immensité et de l'éternilé ; de ce Dieu éternel devant qui tout passe, et qui ne passe point ; de ce Roi immortel et invisible des siècles , à qui seul tout honneur et toute gloire soient rendus. Où ;

l'homme, demande Job où est l'homme lorsque du Tout-Puissant l'a terrassé, lorsque la mort l'a frappé, dépouillé, consumé; où est-il? je Ubi, quœso, est? le cherche, et ne le trouve plus Eglise sainte, à la mort de vos enfants vous vous revêtez de deuil, vous ne faites entendre que des accents lugubres l'homme est-il donc anéanti pour toujours ? Non le corps, en attendant sa résurrecest

,

le souffle

:

,

;

:

tion

,

est rentré

dans

la terre

d'où

il

avait été tiré

;

mais l'âme immortelle est retournée vers celui d'où elle est sortie. Homme pécheur, il n'y a plus que ton

âme

qui jouisse de la prérogative de l'immorta-

pour laquelle tu fus créé. Tu as perdu celle du corps; mais ton âme va porter au tribunal du souverain Juge le bien ou le mal qu'elle a fait pendant lité

la vie.

Oui, M. F., pensons-y. La mort nous dépouilLe de tout nos biens nos parents , nos amis nous les quittons ; les honneurs les plaisirs nous échappent; mais nous emportons de ce monde le bien et le mal que nous y avons fait. Les œuvres des morts les accompagnent, dit l'Ecriture: Opéra enim illorum :

,

,

,

,

SUR LA MORT.

193

Que vous ayez été pauvres ou riches clans le monde, que vous importe, pourvu que, à la mort, vous soyez trouvés riches en vertus et en mérites ? Que vous ayez été estimés ou méprisés des sequanlur

illos.

hommes,

qu'est-ce que cela vous fera, pourvu que mort, vous ayez emporté la grâce et l'amitié de votre Dieu ? Que vous ayez laissé de grands biens à vos enfants, ou que vous leur en ayez laissé peu, de quoi cela vous servira-l-il, pourvu que vous leur ayez laissé la crainte du Seigneur et son amour: Les méchants, à la mort, voudraient bien laisser sur la terre leurs mauvaises actions mais elles les accompagneront. Les bons voudraient bien emporter de ce monde leurs bonnes œuvres aussi les suià*

la

;

:

vront-elles.

Quœ

L'homme recueillera ce qu'il aura semé

:

hœc et mctet. Pour vous pénétrer plus fortement de cette vérité, M. F. transportezvous avec moi en esprit dans le cimetière.... Nous voici au milieu des victimes que la mort y a conduites dites-moi , laquelle de ces victimes voudriezvous avoir été? Voici, d'un côté, l'impie qui osa braver le ciel, douta de toutes les religions, et n'en pratiqua aucune ; qui se livra aux égarements de son esprit, et donna un libre cours aux funestes penchants de son cœur et de l'autre voici le chrétien simple et religieux, qui adora les divins mystères, ne fit usage de sa raison que pour la captiver sous le joug de la foi , et pour soumettre son cœur i\ la pratique de l'Evangile. Lequel des deux aimeriez-vous mieux avoir été ? Voici d'un côté une femme emportée dans sa maison redoutée dans son voisinage , querelleuse, médisante; et de l'autre, voici une femme modeste patiente tout occupée de ses soins domestiques, attentive à élever ses enfants, réglée dans sa conduite, et qui ne parla tome vu. semlnaverlt

,

,

;

:

,

,

,

,

,

,

194 SUR LA MORT. jamais mal de personne. Laquelle des deux amieriez-vous mieux avoir été? Voici, d'un côté, un

homme

jeune

dissipé

,

étourdi

,

libertin

;

une

fille

de l'autre, un jeune homme, une jeune fille, sages dans leur conduite, qui ont fui les veillées, les danses, les mauvaises vaine, légère, indévote

:

et

compagnies, qui s'appliquèrent à

la prière, fré-

quentèrent les sacrements. Lequel des deux aimeriez-vous mieux avoir été? Enfin, voici, d'un côté, cet homme sensuel, ivrogne, débauché, qui méprisa les jeûnes et les abstinences de l'Eglise ; et de l'autre, voici

l'homme

religieux, fervent, mortifié.

Lequel des deux aimeriez-vous mieux avoir été ? Vous n'avez pas de peine à vous déterminer. Eh bien , M. F. , c'est le temps de choisir. Tel vous voudriez avoir été à la mort , tel soyez pendant la vie. Vivez aujourd'hui comme vous voudriez avoir vécu à l'heure (le la mort. Oh ! que de regrets inutiles à la mort, qu'il est encore temps de prévenir! Ah? M. F. que ne puis-je faire sortir de ces tombeaux quelqu'un de ces morts avec qui vous fûtes lié pendant qu'il vivait sur la terre que ne vous dirait-il pas! Il vous dirait: Profitez mieux que moi de la vie présente; ne m'imitez pas dans ce fatal abandon de Dieu, dans ce funeste oubli du salut où j'ai malheureusement vécu. Travaillez pendant que le jour luit encore pour vous. Cette nuit est venue pour moi , dans laquelle je ne purs rien faire ; les ténèbres m'ont surpris évitez les maux affreux qui m'acca,

!

:

blent.

On

même

:

m'avait

ce qu'on vous dit à vousvous sers aujouret vous en servirtz à ceux qui dit

je n'an ai pas profité. Je

d'hui d'exemple

,

viendront après vous. Quels fruits M. F. , tirerez-vous de ces réflexions ? 6 Je voudrais;! que la pensée de la mort vous enga,

SUR LA MORT, Î95 geat à régler les affaires de votre conscience. Vous

avez besoin d'une confession générale ou extraor; n'attendez pas le temps de la maladie. Aux

dinaire

approches de d'y pourvoir s'appliquer cile, et qui

la :

mort, on n'a ni le loisir, ni la faculté violence du mal ne permet pas de

la

aune affaire aussi essentielle, aussi diffidemande une entière liberté de l'esprit.

2° Si vous avez des restitutions à faire, acquittezvous-en actuellement. C'est vous qui êtes chargé du bien d'autrui ; c'est à vous à le restituer. Vous vous en déchargerez sur vos héritiers , dites-vous mais pourquoi remettre à la bonne foi d'un héritier ce qui intéresse de si près votre salut éternel? et si vous êtes si négligent dans votre propre affaire, comment vos héritiers ne le seraient-ils pas dans une affaire qu'ils s'imagineront leur être étrangère? 3° Il est de la prudence de régler même vos affaires temporelles. La mort peut vous surprendre sans que vous ayez fait vos dispositions, et vous laisseriez dans le désordre votre famille. U° Avancez même le bien que vous voulez faire. Il Faut mieux le faire pendant la vie, que de le laisser après soi. Vous êtes dans l'intention de faire quelques aumônes aux pauvres, quelque œuvre pie faites:

:

les dès à présent; votre sacrifice sera plus agréable

Dieu

et plus méritoire. Enfin, M. F.> demandons sans cesse à Dieu la grâce de faire une bonne mort c'est la grâce la plus

à

,

:

grâce qui couronne toutes les autres, qui assure notre bonheur éternel. Cette grâce, nous ne pouvons la mériter de nous-mêmes; mais nous

précieuse,

la

pouvons

l'obtenir de la miséricorde de Dieu, par les mérites de Jésus-Christ notre Sauveur, et par la ferveur de nos prières, M. F. , on ne meurt qu'une fois

:

toute notre vie doit être consacrée à nous pro9.

19(5 CÉRÉMONIE DU JOUR. curer une bonne mort. Vivons donc saintement afin que nous mourions dans ia grâce de Dieu, et que nous le possédions dans l'éternité bienheureuse. Je vous le souhaite. ,

AUTRE INSTRUCTION

POUR LE MERCREDI DES CENDRES. Sur Mémento {

Ce sont

les

homo

,

,

la

cérémonie du jour.

quia pulvis es

,

in pulverem

et

rcverteris.

paroles de l'Eglise dans la cérémonie de ce jour.

)

Qu'il est touchant le spectacle que les catholiques

donnent au monde, les voit

le

premier jour du Carême! On prier, gémir, pleurer avec

tous prosternés

,

courber leurs têtes sous la cendre, écouter avec docilité l'arrêt de leur mort. Le prêtre, la cendre dans les mains prêt à la répandre sur le peuple dit à tous ces mortels sans distinction Ivoubliez pas que vous n'êtes qu'un vil amas de poussière, et que bientôt vous retournerez en poussière Mémento» Il le dit aux jeunes gens aussi bien qu'aux vieillards, aux riches comme aux pauvres aux savants comme aux ignorants Mémento, homo. Oui , M. F. , le tombeau s'ouvrira pour nous tous l'Eglise ,

,

,

:

,

:

,

:

sans exception. Nous y descendrons tous un jour, notre corps y pourrira, il y sera réduit à un brin de poussière Pulvis es s et in pulverem reverleris. Tous se soumettent à cette humiliante cérémonie, mais tous n'en saisissent pas l'esprit. On se pros:

terne,mais sans recueillement. On récite lespsaumes les plus touchants, mais sans componction. On implore la divine miséricorde, mais sans se mettre

CÉRÉMONIE DU JOUR,' 197 en devoir de l'obtenir. On conjure le Seigneur d'avoir égard aux larmes, aux jeûnes, aux mortifications qui vont former la pénitence du Carême, et le plus grand nombre n'aura à offrir, à Pâques, ni larmes sincères, ni jeûnes, ni privations volontaires. On consent à entendre prononcer son arrêt de mort ;

mais parce qu'on ignore le jour où la mort arrivera, on ne la voit que dans le lointain, cette vue ne fait aucune impression dans l'âme. On veut bien recevoir de la cendre sur la tête; mais ce symbole de notre misère et de notre néant n'humilie point les orgueilleux, les riches, les pécheurs; il ne détache

cœur des vanités , des richesses des plaisirs de ce monde. C'est donc une cérémonie tout à fait stérile pour la plupart des chrétiens. Hélas! quelques-uns même s'y présentent au sortir des parties de débauche; ils y viennent fatigués de l'excès du

point le

plaisir

,

,

abattus

tion écoulés.

tristes

de voir les jours de dissoluquelle préparation à la

quel contraste entre l'esprit du de l'Eglise!

pénitence et celui

,

Mon Dieu!

!

monde

L'Eglise, en ces jours, rappelle à ses enfants les saintes rigueurs qu'elle exerçait autrefois sur les

pécheurs qui désiraient revenir à Dieu. Elle leur remet sous les yeux l'image de la mort; elle leur rappelle les souffrances de Jésus-Christ et la clé-

mence du Seigneur; elle leur annonce la solennité pascale. Que de motifs pour nous porter à la pénitence!

Rappelez-vous , M. F. , comment dans les premiers siècles les pécheurs entraient dans la carrière de la pénitence pour obtenir leur pardon. La premier jour de la sainte quarantaine, ils paraissaient à la porte de l'église , revêtus de cilices couverts de sacs et de cendres, baignés de leurs pleurs, dis,

,

,

108 CÉRÉMONIE DU JOUR. posés à satisfaire, selon leurs forces, à la justice divine. Alors fis étaient condamnés aux jeûnes, aux humiliations aux gémissements, et différés, pour l'absolution, jusqu'au jeudi-saint. C'est pour retracer à ses enfants cette ancienne discipline, que l'Eglise fait aujourd'hui la cérémonie des cendres, et que ces ministres prient, entre le vestibule et l'autel , pour la conversion des pécheurs. Or, en nous présentant les cendres, ces restes humiliants d'un corps qu'on délicate, qu'on souille, qu'on fait servir au crime ; en nous montrant Jésus Christ sur la route du Calvaire; en nous rappelant sa mort douloureuse sur la croix; en nous annon,

la grande fête de Pâques, à laquelle nous ne pouvons point participer sans avoir participé auparavant aux souffrances de notre Sauveur ne nous dit-elle pas que le Carême doit être pour nous un temps de deuil, de larmes, déjeunes, de privations et d'une amère pénitence ? Pensez-y donc M. F. et souvenez-vous que c'est à quoi vous allez vous engager en recevant les cendres. Pénétrez l'esprit de cette cérémonie. Regardez , avec les yeux de la foi, les autels dépouillés de leurs ornements les ministres et le peuple prosternés. Méditez les prières que l'Eglise récite, les grâces qu'elle demande, les promesses qu'elle fait aux vrais pénitents ; et si vous ne vous soumettez

çant

,

,

,

,

pas avec zèle à ce qu'elle vous prescrit pendant ce saint temps , tremblez. La paque, à laquelle vous ne voulez pas manquer sans doute, ne serait pour vous qu'un sacrilège que vous ajouteriez à vos autres péchés. Hélas! n'en verrons-nous pas quelques-uns fairo cette année, comme les années dernières ; je veux dire, suivre

pendant

le

Carême

le

même

train da

CÉRÉMONIE DU JOUR. 199 également dans la dissipation dans l'oubli de Dieu et de leur salut; êlre aussi délicats, aussi sensuels, toujours esclaves de leurs passions et des maximes du monde; ne pas plus assister aux vêpres , à la messe de paroisse pendant le Carême , que dans le cours de Tannée ; ne se présenter au saint tribunal que dans la quinzaine de Pâques ? Mon Dieu quelle conversion quelles pâques! JN'aurons-nous pas encore la douleur d'en voir d'autres ne pas faire la moindre démarche pour rentrer en grâce avec Dieu # et s'éloigner toujours de la confession ? Ils sont ici aujourd' hui ils vont se présenter pour recevoir les cendres cette cérémonie ne les gêne point; ils s'y soumettent sans peine. Mais qu'ils y fassent attention cette cendre placée sur leur tête prononcera l'arrêt de leur condamnation. Souvenez-vous, misérables, leur crie cette cendre, souvenez-vous que dans peu vous serez étendus sur le lit de la mort, vous expirerez... A ce moment, tout vous abandonnera.... On vous portera dans les rues pour faire faire à vos restes comme une amende honorable de vos scandales.... On vous jettera dans une fosse... la pourriture et l'horreur y seront vos compagnes. Votre cadavre n'y sera bientôt plus qu'un affreux monceau de vers, ensuite un brin de cendres. Il est vrai que cette cendre se ranimera un jour; mais ce ne sera que pour être précipitée, avec votre âme, dans un feu dévorant qui ne s'éteindra jamais. Cette âme, malheureux, cette âme que vous ne voulez pas sauver, sera perdue pour l'éternité, 'et ce corps que vous souillez, sera réuni, au dernier jour, avec cette âme criminelle, pour partager ses tourments pendant toute l'éternité!.*.. Voilà ce que leur dit cette vie qu'auparavant; vivre ,

!

!

;

:

:

seudre.

200

CÉRÉMONIE DU JOUR. donc ces apostats qui ne veulent point faire de pàques Eh qu'ont-ils besoin de recevoir des cendres, ce symbole de la pénitence, puisqu'ils ne veulent point faire pénitence? Qu'ils Qu'ils se retirent

!

!

se retirent aussi ces hypocrites qui, à la vérité, consentent à faire des pâques, mais sans change r de conduite A quoi leur servirait cette cendre , qu'à !

Silence de leur réprobation? Mais oiae dis-je? Non, pécheurs, non, ne vous retirez point. Venez, ah! venez, au contraire, recc* voir ces cendres; mais venez-y donc avec un cœur contrit, avec une volonîé sincère de vous réconcilier avec Dieu. Recevez cette cendre; mais dites au fond de votre cœur îl faut mourir, mais il faut mourir en chrétien, sans quoi je serai perdu pour l'éternité. prononcer

le

:

II

faut

donc que

je

me

d'hui, je rentre dans

convertisse; que, dès aujour-

ma

conscience,

et

que, sans

délai, je pense à la purifier par les sacrements qui

me

sont offerts.

Oui, pécheurs M. C. F. dès aujourd'hui rentrez en vous-mêmes, repassez dans l'amertume de votre âme toutes vos iniquités faites un sérieux examen ,

,

de votre vie; dès les premières semaines de ce carême, allez vous présenter au ministre de JésusChrist; accusez-lui sincèrement tout ce que votre conscience vous reproche ; écoutez ses avis avec docilité, et faites tous vos efforts pour les mettre en pratique. Si vous avez de la haine contre quelqu'un, pardonnez-lui et réconciliez-vous avec luj sans délai. Si vous avez fait quelque tort, ou exercé l'usure, restituez promptement. Avez-vous un mauvais commerce avec quelque créature renoncez-y absolument, fuyez-la, ne la voyez plus. Etes-vous :

sujets à

quelque mauvaise habitude

violence pour- la rompre.

:

faites-vous

,

201 EXAMEN SUR LA FOî. Ne vous en tenez pas là. Punissez-vous chaque jour des plaisirs criminels que vous avez goûtés, et de toutes vos désobéissances à la loi de Dieu. Ne croyez pas que, pour obtenir le pardon de vos péchés, il vous suffise de vous en accuser; il faut mortifier votre esprit, votre cœur et votre corps. Jeûnez donc régulièrement, suivant vos forces; assistez chaque jour, autant que vous le pourrez, à la sainte messe a la prière du soir et à l'instruction que nous ferons pendant le Carême. Prenez la sainte habitude d'élever votre cœur à Dieu pendant la journée, disant

avec ferveur et le plus souvent possible Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur... Convertissezmoi à vous, Seigneur... Mon Dieu, faites-moi misé:

ricorde.

Tout cela ranimera votre foi, rallumera l'amour de Dieu dans votre cœur, vous fera rentrer en grâce avec lui; et vous ferez de bonnes pàques. Dieu vous en fasse Ainsi

la

grâce.

soit-il.

POUR LE PREMIER DIMANCHE DE CARÊME. A LA MESSE.

Examen sur le premier commandement de Dieu. Cogitavi vias meas, J'ai

examiné mes voies

et converti ,

ô

pedes meos in testimonia tua,

mon Dieu

!

et je suis

rentré dans l'ob-

servance de vos commandements. Ps. 118.

Vous venez de l'entendre, M. F. pour se convertir revenir sincèrement à Dieu, il a été nécessaire dans tous les temps, d'examiner ses voies, et d'approfondir, par un sérieux retour sur soi-même* :

et

9..

,

EXAMEN

202

mie conscience qui

se dérobe toujours à

nos re^

cherches. Le saint roi David employa ce moyen dans l'ancienne loi, et il nous déclare lui-même qu'il n'est rentré dans les voies de la justice, qu'après

avoir sérieusement examiné sa conduite

:

Cogita jL

Vous donc, M. F., qui, souillés par le péché, voulez sortir enfin de vos égarements, et revenir à Dieu de tout votre cœur, imitez ce roi pénitent rentrez au-dedans de vous-mêmes , et faisant taire Pamourpropre avec tous ses préjugés, interrogez votre conscience, creusez cet abîme dont vous n'avez jamais peut-être osé sonder la profondeur ; examinez vos :

voies, rappelez à votre esprit toutes les pensées,

tous les désirs toutes les paroles , toutes les actions toutes les omissions par lesquelles vous avez violé ,

la loi

de Dieu,

afin qu'après

vous être jugés

damnés vous-mêmes, vous puissiez le Prophète J'ai examiné mes voies,

dire,

et

con-

comme

j'ai sondé les abîmes de mon cœur, et je suis rentré dans le chemin du salut, dont je m'étais si malheureusement :

écarté

:

Cogllavi

, etc.

M. F., cet examen vous est bien plus nécessaire qu'à cet ancien pénitent, puisque vous êtes obligés de confesser vos péchés, non-seulement à Dieu , qui les connaît déjà mais encore au ministre

En

effet,

,

de la pénitence, qui ne peut les connaître, et par conséquent vous les remettre , que par l'aveu sincère que vous lui en ferez. Et si , par défaut d'examen par honte ou par négligence, vous veniez à omettre un seul péché mortel , il est constant que , bien loin de guérir votre âme, vous ne feriez qu'aigrir ses maux, en ajoutant à vos péchés passés un sacrilège

énorme. C'est pour prévenir un tel malheur, que je me propose de vous faire un examen raisonné sur la

,

sur la ior. 20* de Dieu. Nous commencerons aujourd'hui par îe premier commandement. Donnez-moi toute votre

loi

attention»

commandements de Dieu

et de l'Eglise sont grands miroirs, où nous voyons toutes nos obligations, tous nos devoirs, et où nous découîrons en même temps toutes nos fautes, tous nos péchés, pourvu que nous ne nous y regardions pas d'une manière superficielle et passagère, comme cet homme dont parie l'apôtre saint Jacques mais

Les

comme deux

,

avec attention et avec soin; pourvu que nous considérions attentivement ce que nous ordonnent ou nous défendent ces commandements, et en combien île manières nous les avons transgressés. Conçu inençons»

Le premier commandement, an seul Dieu tu ado, nous fait un devoir d'apprendre à connaître Dieu, de l'aimer, de le servir, de lui rendre le culte qui lui est dû comme h notre premier principe et notre dernière fin C'est reras, et aimeras parfaitement

:

indispensablement nécessaire, lié à la nature et au bonheur de l'homme, nous le lui rendons parla foi, l'espérance et la charité, et par la vertu de religion par conséquent Dieu nous ordonne ces quatre vertus, et nous défend tous les vices qui leur sont opposés. Et d'abord, M. F. , qu'est-ce que la foi? C'est un ùo>n de Dieu, par lequel nous croyons en Dieu, et nous nous soumettons, avec une humble et amoureuse docilité, à toutes les vérités qu'il a eu la bonté de nous révéler, et qu'il nous enseigne par le miià

tout

l'homme. Et ce culte

,

:

nistère toujours vivant et infaillible de son Eglise,

fondement et la colonne de la vérité. Or, n'avez-vous pas péché contre cette vertu?

qu'il a établie le

,

EXAMEN

ÎÙÙ

N'avez-vous pas négligé de vous instruire des vérités principales que vous devez croire de cœur et confesser de bouche pour obtenir le salut?... N'avezvous pas négligé d'assister aux instructions pu bliques où vous pouviez les apprendre?... Lorsque vous y avez assisté, au lieu de les écouter avec doci-

-

n'avez-vous pas distrait votre dormi? N'avez-vous pas détourné, par vos railleries, ceux qui voulaient y et

lité

attention

,

attention, n'avez-vous pas

assister

?....

N'avez-vous pas négligé d'y envoyer

vos enfants et vos domestiques? Cette négligence est cause qu'on rencontre partout

une foule de personnes

,

même avancées en âge

qui n'ont presque aucune idée, ni du Dieu qui les a créées et les conserve par les soins de sa provi-

dence, ni de l'Homme-Dieu qui

les a rachetées, ni

du Saint-Esprit qui les a sanctifiées, ni des sacrements qu'elles reçoivent, ni des dispositions qu'il faut y apporter. Et cependant, ignorer les principales vérités de la religion, c'est renoncer au salut et à la vie éternelle , comme Jésus-Christ l'a déclaré.

Et l'Eglise défend à ses ministres de donner les sacrements à ceux qui les ignorent, jusqu'à ce qu'ils s'en soient instruits

ou s'en soient

fait instruire.

Avez-vous eu une foi ferme? N'avez-vous point entretenu volontairement, dans votre esprit, des pensées et des doutes contraires à la foi?.... N'avezvous pas douté de la certitude de l'avenir, du juge\nent dernier, du ciel, de l'enfer, de l'éternité, du

grand nombre des réprouvés,

et

du

petit

nombre

N'avez-vous pas communiqué vos doutes à d'autres personnes que vous vouliez séduire?.... Ne leur avez-vous pas lu ou fait lire des ouvrages impies, propres à leur faire perdre la foi, afin do des élus

les

?...

conduire plus facilement, au libertinage?

..

N'avez.

stm la foi.

vous pas

clil

quelquefois

Oh!

:

205 si

tout ce que

nous

nous serions tous ne seront pas damnés ; mais si vous cloutiez volontairement d'un seul article de foi, il n'en faudrait pas davantage pour vous débitent les prêtres était vrai

damnés ?Non, non, M.

,

F., tous



N'avez-vous pas dit, comme perdre éternellement. certains impies: Est-ce qu'il y a du feu en enfer? Quelqu'un en est-il revenu pour nous dire ce qui s'y



passe? Eh! qui voudriez-vous que Dieu vous envoyât de l'autre monde qui fût plus digne de foi que son propre Fils, plus croyable que Jésus-Christ, la vérité même, qui nous assure si souvent, dans l'Evangile, qu'au dernier des jours il enverra tous et que le mauvais les réprouvés au feu éternel riche s'y désespère au milieu des flammes, depuis plus de dix-huit siècles?.... îs'avez-vous pas douté de l'existence de Dieu, de l'immortalité de l'âme, île la vérité d'une autre vie? —- C'est ici le péché des impudiques comme ils sont plongés dans la boue des plus honteuses passions, ils s'imaginent que rien ne subsiste que ce qui llatte leurs sens, et que leur âme n'aura pas plus de privilège que celle ,

,

:

des bêtes. Terrible, mais juste châtiment que Dieu

même dès cette vie, sur ces sortes de pécheurs Tradldll illos In reprobum semum. Ne vous êtes-vous point exposés à perdre la foi, soit en lisant-des ouvrages qui l'attaquaient, soit eu exerce,

:

fréquentant des sociétés dangereuses, écoutant avec plaisir des personnes qui se font gloire de tourner

en ridicule ce gion

?



Il

qu'il y a

de plus saint dans

la reli-

n'est pas rare de trouver aujourd'hui,

même

parmi le peuple, des personnes qui, après avoir lu quelques-unes des brochures enfantées par

l'impiété et le libertinage, s'imaginent avoir acquis le droit

déparier de tout;ct qui ncpouvantatteintlre ,

EXAMEN

20G

hauteur des vérités les plus sublimes de la religion, blasphèment ce qu'ils ignorent, et font gémir ceux qui les entendent. Avez-vous eu une foi pratique et agissante par la charité? N'avez-vous pas douté des vérités pratiques de la religion? Par exemple, n'avez-vous pas cru et voulu faire croire qu'il n'y a pas de mal à se venger, à prêter son argent à usure, à courir les danses, les spectacles, la comédie?... N'avez- vous pas rougi de paraître chrétiens, de faire le signe de la croix, de louer et bénir Dieu après le repas ?.... JN'avez-vous pas négligé de faire vos prières, d'assister à certains exercices de piété, et cela par à

la

respect humain,

Avez-vous vécu de la vie de la foi , comme les comme les gens de bien, regardant la terro comme un lieu de pèlerinage et d'exil, et soupirant avec ardeur après le ciel, votre véritable patrie?... Aimez-vous à vous nourrir des vérités de la foi?... N'êles-vous point ennemis de certaines vérités de la religion, parce qu'elles contrarient certaines inclinations qui vous sont chères ?... JN'êtes-vous point de ceux qui voudraient qu'il n'y eût ni Dieu, ni religion ni paradis ni enfer afin de pouvoir vivre tranquillement au gré de leurs passions ? Hélas! M. F., qu'il en est, dans ce malheureux siècle, qui n'ont qu'une foi faible, chancelante, morte, pire même que la foi des démons, puisque les démons croient et tremblent, dit l'Ecriture; au lieu qu'il se trouve une foule de gens qui se disent chrétiens et font trophée de ne rien croire! Ils sont chrétiens, parce qu'ils ont reçu le baptême; mais, du reste, ils n'ont qu'une foi sans sentiment, sans action et sans vie ; ils font quelques prières, viennent à la messe justes,

,

,

,



t

par manière d'acquit, ne fréquentent pointles sacre-

SUR l'espérance.

207

ments, et ne travaillent point à se réformer. En un mot, ils ont une foi morte, un cadavre de foi , qui leur ferait horreur, s'ils voulaient ouvrir les yeux Fides, sine operibus , mortiia est. Passons à l'es:

pérance.

L'espérance est un don de Dieu qui nous fait attendre avec confiance les biens éternels qu'il nous a promis et les moyens nécessaires pour y arriver. Or , M. F. n'avez-vous pas péché contre cette vertu ? ,

,

On pèche

contre l'espérance par excès ou par déPar excès, en espérant trop c'est le péché de la présomption; par défaut, en n'espérant pas assez, et c'est le péché du désespoir. N'avez-vous pas péché par présomption ? N'avezvous pas tenté Dieu, en vous exposant dans des occasions prochaines de péché? N'avez-vous pas dit au-dedans de vous-mêmes Je veux bien revoir cette personne, mais je ne veux plus faire de mal? Présomptueux! si la triste expérience que vous avez faite de votre fragilité ne vous arrête point, écoutez l'Esprit de Dieu, qui vous dit par la bouche du Sage, qu'aime?* le péril, et le rechercher, c'est courir à une perte certaine. N'avez-vous pas dit Qu'a-t-on à crier si fort contre les danses les bals, les comédies? J'y ai été cent fois, sans avoir la moindre mauvaise pensée, sans y faire le moindre mal ? Quoi M. F. même dans le lieu le plus saint, même sous les yeux de Jésus-Christ, au milieu des plus augustes mystères, les personnes los plus pieuses ont peine à se garanti? faut.

:

:



:

,



î

,

tes tentations qui les désolent; et vous, dans le centre des tentations et des vices à la vue des objets les plus séduisants, dans la compagnie de ce qu'il ,

, .

"08

EXAMEN

de plus corrompu, vous n'auriez pas îa moindre mauvaise pensée? vous ne feriez pas le moindre mal? Quelle présomption! quel aveuglement! N'avezy a

vous pas prétendu que la lecture des contes des romans des pièces de théâtre ne vous faisait pas la moindre impression ? Hé quoi donc ? vous répond ici saint Jean Chrysostôme vous voudrez nous faire croire que vous marchez nu-pieds sur des charbons ardents sans vous brûler; que vous vous promenez au milieu des flammes sans en sentir aucune atteinte 9 et que vous maniez les vipères et les serpents les plus venimeux, sans rien craindre? Hélas! c'est une preuve évidente que vous êtes bien plus malade que vous ne pensez , si vous n'êtes presque mort. N'avez-vous pas abusé de la patience et de la bonté de Dieu, en différant votre conversion? N'avez-vous pas dit: Dieu est bon, sa miséricorde est grande; ,

,

,



!

:

il

est toujours prêt à recevoir le pécheur.... Je suis

encore jeune

;

c'est la saison des plaisirs

toujours assez à temps de

:

me convertir? Oui

je suis ,

M. F.

Dieu est bon et il faut bien qu'il le soit pour nous supporter comme il le fait mais aussi il est juste, et ,

;

sa justice est bien terrible. Je sais qu'il reçoit le

pécheur, dans quelque saison de la vie qu'il se convertisse ; mais je vous dis avec saint Augustin que le même Dieu qui a promis le pardon au pécheur qui se convertit, ne lui a pas promis le lendemain et Jésus-Christ nous assure qu'il viendra à nous comme un voleur, et que ceux qui se prévalent de sa bonté pour persévérer dans le désordre le chercheront en vain, et mourront dans leur péché: Et ,

;

,

moricmini. N'avez-vous pas péché contre l'espérance par défaut, désespérant de jamais obtenir le pardon de vos péchés?.... N'avez-vous pas dit, dans un excès

in peccato veslro

,

sur l'espérance. 209 d'abattement ei de tristesse Je suis trop coupable, j'ai fait trop de mal, mes péchés sont trop grands :

et trop multipliés, pour que Dieu me pardonne jamais? M. F., voici l'outrage le plus sensible que vous puissiez faire à la bonté de notre Dieu. Ce fut le péché de Judas ; et tous les saints conviennent qu'il commit un plus grand crime en désespérant de la miséricorde du Sauveur, qu'en le trahissant. Pécheurs qui tenez un pareil langage, revenez à Dieu par une véritable pénitence renoncez tout de bon à vos désordres pleurez amèrement vos péchés faites-en une bonne confession, et, quelque énormes, quelque nombreux qu'ils soient, assurez-vous que Jésus-Christ les lavera dans son sang, comme il a lavé ceux de l'univers entier. Ne vous ôtes-vous point laissé aller au découragement à la vue des tentations qui vous assiègent, des combats que vous avez à soutenir, des difficultés qui se rencontrent dans le chemin du salut?... N'aMes tentations sont vez-vous pas dit quelquefois trop violentes; je ne saurais y résister. C'est plus Prenez-y garde. M. F. ce langage fort que moi. plein d'impiété fait injure à la miséricorde de Dieu et à la puissance de sa grâce. Vos tentations sont trop fortes, dites-vous Mais avez-vous oublié ce que dit l'Apôtre que Dieu est fidèle dans ses promesses, et qu'il ne permettra pas que vous soyez tenté au-



:

;

:



,

ï

,

dessus de vos forces; et qu'il vous fera sortir de la tentation avec avantage , et

couronnera vos

efforts ?

Vos tentations sont fortes mais sont-elles plus fortes que sa grâce ? et cette grâce puissante ne vous estelle pas promise et assurée si vous avez soin de la demander par des prières humbles et ferventes? Ne vous êtes-vous pas abandonné à un chagrin excessif, pour des pertes ou des malheurs tempo-» :

,

EXAMEN

fMv rels ?

-*» Il \ a

gement des

des personnes qui, au moindre déran*

saisons, au

moindre revers de fortune

*e livrent à la tristesse et au découragement,

comme

Dieu les abandonnait totalement. L'un s'afflige de ce que la récolte a manqué; l'autre, de ce que son commerce ne va pas celui-ci craint pour sa santé celui-là pour sa vie ; cette épouse tremble pour un époux qui est en voyage; cette mère se désole pour un enfant qui est loin d'elle; ce père de famille se désespère pour une affaire manquée , pour un procès perdu; cet autre est inconsolable de la mort d'un de ses proches, ou d'un ami. Est-ce donc là cette confiance humble, fervente et ferme que vous devez avoir en votre Dieu qui a juré qu'il prendrait soin de vous? Il pare les lis des champs avec magnificence; il donne aux petits des oiseaux leur pâture ; et vous voudriez qu'il vous oubliât avec tous vos besoins! Ayez une confiance égale à sa tendresse, et rien ne vous manquera pourvu toute fois que vous cherchiez le royaume de Dieu et sa justice si

;

,

,

,

:

\psl

cura

est

de vobis.

Troisième devoir imposé par le premier

dement

,

comman-

la char lié.

La charité est un don de Dieu par excellence, qui nous porte à l'aimer par-dessus tout, et le prochain comme nous-mêmes par rapport à Dieu. C'est ici le grand commandement qui renferme la loi et les prophètes. Or, M. F. n'avez-vous pas péché contre l'amour que vous devez à Dieu ? L'avez-vous aimé de tout votre cœur?... Ne lui avez-vous pas préféré vos ,

parents, vos amis, une femme, un enfant, vos passions , vos plaisirs vous-mêmes? Lui avez-vous ,

rapporté vos pensées, vos sentiments, vos

afîec-

,

SUR LA CHARITÉ.

211

œuvres, vos travaux, vos peines, vos succès ?.... Avez-vous eu soin de vous consacrer à lui dès le premier usage de votre raison ? C'est flit saint Thomas, une obligation à laquelle les pères et mères doivent faire attention au sujet de leurs lions, vos



enfants.

Avez-vous reçu avec patience et résignation les accidents, les pertes, les infirmités, les maladies,

comme

venant de la main de Dieu?.... Avez-vous pensé à Dieu tous les jours de votre vie ? Cette pensée devrait nous être aussi familière que la res-



piration.



N'auriez-vous point passé des années entières dans l'oubli de ses bontés, de ses miséricordes, de son amour ?...L' avez-vous remercié de ses bienfaits, de votre vocation à la loi, de la grâce du baptême, de ses mystères de tout ce qu'il a fait et souffert pour votre salut?.... N'avez-vous pas été indifférents pour son service, son culte et sa religion?.... Ne Pavez-vous pas vu méprisé, outragé, blasphémé, avec la dernière froideur?.... N'avez-vous pas été sans goût pour la prière, les saintes lectures, et pour tous les exercices de la piété qui l'honorent? .

— Certes, M. F.

aimer Dieu , il ne suffît pas , pour de parole qu'on l'aime il faut observer sa loi, et tout rapporter à sa gloire. Avez-vous aimé votre prochain comme vousde

lui dire

;

mêmes ?

N'avez-vous pas eu de l'indifférence ou du mépris pour certaines personnes?.... N'avez-vous pas nourri dans voire cœur des antipathies, des jalousies, des animosités des haines?... Avez-vous aimé le prochain d'un amour compatissant?... N'a,

vez-vous pas été insensibles à ses souffrances , û ses pertes , à ses disgrâces?... Vous en seriez-vous réjouis? Ce n'est pas ainsi qu'on s'aime

soi-même,

EXAMEN

212



qu'on désire être aimé. L'avez-vous aimé (Von amour patient?.,. Avez-vous supporté ses défauts, ses légèretés, sa mauvaise humeur?.... N'avez-vous pas dit: C'est un caractère insupportable? Croyezvous donc être sans défauts vous-mêmes ? Ce serait là le pire des défauts. Avez-vous aimé votre prochain d'un amour surnaturel, désintéressé et persévérant?... L'avez-vous aimé pour le salut de son âme, et non à cause de ses qualités naturelles, et des services que vous pouvez en attendre?.... N'avez-vous pas cessé de l'aimer, parce qu'il est tombé dans la disgrâce dans la pauvreté , ou dans quelque faute déshonorante ? et



,

Mais

,

dites-vous

,



est-ce donc qu'il faut aimer des

personnes qui s'adonnent à tous les vices qui sont ennemies de Dieu et des hommes? Oui, il faut les aimer, comme vous aimez un malade qui vous est cher, et que vous ne confondez pas avec la maladie ,

qui le défigure. 11 faut l'aimer comme Jésus-Christ aimait les pécheurs, et Judas lui-même, quand il lui disait avec tant de douceur Mon ami, qu'êtesvous venu faire ici? comme saint Paul aimait ceux :

qui l'avaient chargé de chaînes , lorsqu'il leur disait Je voudrais que vous fussiez tous ces liens et ces chaînes

comme moi ,

:

excepté

que vous voyez.

nous reste à parler de la vertu de religion mais voilà une assez vaste matière à nos réflexions et à gémissons amènos gémissements. Oui M. F. rement devant Dieu de tous les péchés que nous avons commis contre îa foi, l'espérance et la charité. Formons la ferme résolution de nous attacher Il

;

,

à la pratique

sont

le

,

de ces trois excellentes vertus , qui la vie chrétienne et la porte

fondement de

du salut,

et

produisons-en

ferveur, qu'elle engage le

les actes

avec une

telle

cœur de notre Dieu

à

,

SUR LA VERTU DE RELIGION. 213 nous pardonner tous les manquements que nous eu avons faits jusqu'ici.... Acte de foi, d'espérance ei de charité.

A VÊPRES. sur la vertu de religion et le deuxième

Examen

commandement. Iniquitatem

meam

ego cognosco. Ps. 50,

Que nous serions heureux, M. vions dire à Dieu,

avec la

même

commence fautes

,

comme

que

sincérité

F.,

le saint lui

:

si

Oui

,

mon

Dieu je ,

à connaître Soute l'énormité de

mes

j'aperçois toute l'horreur d'une vie qui n'a

été qu'une suite continuelle d'offenses

nombre,

mes

nous pou-

Roi pénitent, et

;

je vois le

circonstances et les suites funestes de iniquités! Jusqu'à ce jour, l'amour-propre les

toujours ingénieux à

me

yeux

la triste situation

et je

me

croyais vivant

cœur par une

séduire, avait voilé à

de ;

mon âme

;

j'étais

mes

mort,

éloigné du Dieu de

mon

foule de péchés cachés et inconnus,

me ilattais encore d'être digne de son amour et de ses complaisances mais, à mesure que j'examine

je

:

mes voies

mon

et

que j'approfondis ses commandements,

erreur se dissipe,

l'illusion qui

me

fascinait

yeux s'évanouit et je commence à apercevoir dans ma conscience une foule de péchés auxquels je n'avais jamais bien pensé, mais qui seront désormais l'objet de mon repentir et de mes larmes les

,

:

Iniquitatem

meam

ego cognosco.

C'est pour pénétrer vos cœurs de ces sentiments du Prophète , que nous allons continuer notre exa-

,

214 EXAMEN nien sur le premier commandement. De passerons au second.

Nous avons

M. F.

dit,

ment nous ordonne

,

que

la foi,

le



nous

premier commande-

l'espérance, la charité,

La vertu de religion comprend que nous devons à pèche contre cette vertu par l'idolâtrie,

et la vertu de religion.

le culte intérieur et extérieur

Dieu.

On

l'impiété

,

le sacrilège et la superstition.

Et d'ahord, n'avez- vous pas péché par idolâtrie?

On

n'adore plus

,

il

est vrai

,

comme

autrefois

idoles de bois et de pierre, d'or et d'argent;

,

des

mais

on se

fait , selon la remarque de l'Apôtre, une idole de sa propre passion. Tout ce qu'on aime plus que Dieu, on l'adore. Le voluptueux adore ses plaisirs l'avare, son or; la fille mondaine, sa figure et ses ornements ; ainsi des autres passions dont on est esclave. Il se trouve même des libertins qui traitent de malheureuses créatures comme des divinités qui ne rougissent pas de leur dire qu'ils les adorent. Ah Seigneur , trouverez-vous , dans les trésors do votre colère, ^des châtiments capables de punir de ;

î

avec leurs idoles ? N'avez-vous point péché par impiété ?N'avez-vous pas méprisé les choses saintes, traité la religion de superstition et de fanatisme , déerié les évêques et les prêtres?.... IN'avez-vous pas parlé avec mépris des prédicateurs etdela prédication, des confesseurs tels idolâtres

et de la confession, des

cérémonies

et des pratiques

N'avez-vous pas décrié la piété, C'est se la dévotion et ceux qui la pratiquent ? rendre bien plus coupable que les tyrans; car les tyrans et les persécuteurs font des saints et peuplent le ciel , au lieu que ces impies railleurs ne font qi'e

de

la religion?....

des réprouvés et ne.peuplent que l'enfer.



SUR LA VERTU DE RELIGION.

2Î*

N'avez-vous pas péché par sacrilège ? N'avez-vous pas profané les choses saintes, les cimetières, les croix, les églises, les autels, le saint sacrifice

;

en

tout ce qui est consacré au culte de Dieu?... N'êtes-vous point entrés dans les églises comme

un mot,

dans des maisons profanes?.... N'y avez-vous pas paru dans une posture indécente, et avec des habits ridicules que vous ne porteriez pas dans une assemblée honnête? Ne vous y êtes-vous pas tenus dans une dissipation scandaleuse, riant, causant jusqu'à étourdir ceux qui vous environnaient? Ne vous y êtes-vous pas laissé aller à des pensées , à ,

des regards

,

à des entretiens criminels

nateurs sacrilèges sidérez les pierres

!

?

— Profa-

un prophète, conqui composent ces édifices et vous crie

ici

,

les bois

qui en soutiennent les voûtes sacrées

gardent

le silence

:

elles

aujourd'hui ; mais elles parleront

un jour, et vous reprocheront avec force, d'une manière terrible, vos profanations et vos scandales. N'avez-vous pas profané les sacrements ? Le baptême, par des réjouissances profanes? Est-ce donc là se réjouir en chrétien, et remercier Dieu



d'avoir arraché

un enfant

à la puissance des ténè-

La confirmation en négligeant de la recevoir, ou en la recevant en état de péché mortel ? La pénitence, n'y apportant ni sincérité, ni douleur, ni bon propos?.... L'eucharistie, par l'indifférence et le mépris, ou même par des communions indignes?.... L'extrême-onction, en négligeant de la recevoir, ou de la procu er aux malades, par des bres

?....

,

ménagements mal entendus?.... N'avez-vous pas profané

le

mariage ?Nel'avez-vous pas faitprécédcr

d'assiduités et de fréquentations scandaleuses et de

crimes que je rougirais de nommer?.... N'êtes-vous pas entrés dans cet état par trois sacrilèges ? sacri

-

EXAMEN Ç16 lége par une mauvaise confession , sacrilège par une communion indigne , sacrilège par la profanalion delà bénédiction nuptiale?... Faites bien attenN'avez-vous pas profané ce grand en vous contentant du contrat civil?... N'avez-vous pas passé le jour de vos noces dans des débauches et des danses scandaleuses? — Le moyen après cela que Dieu bénisse de tels mariages? et faut-il s'étonner des malheurs qui les accompagnent et qui les suivent? C'est un enfer

tion

à

ceci

:

sacrement de

l'Eglise

,

,

anticipé.

N'avez-vous pas péché par superstition? Je ne m'arrêterai pas ici à vous faire le détail des usages ridicules et bizarres qu'emploie le démon pour séduire des esprits faibles , grossiers et ignorants; ce serait dégrader la majesté de la chaire. Je ne me

permettrai qu'un

mot sur

les superstitions les plus

ordinaires.

N'avez-vous pas le

fait

ou voulu

démon, pour gagner de

faire

un pacte avec

pour découvrir des personnes que

l'argent,

quelque trésor, ou pour nuire à vous n aimez pas?.... N'avez-vous pas cru et voulu faire croire que, par le moyen de certains signes, de certaines paroles, vous pourriez guérir un malade ou les bestiaux, détruire un sortilège ?.... N'avez-vous pas consulté de prétendus devins , pour retrouver des choses perdues, ou pour connaître votre bonne fortune ?... N'avez-vous pas donné aux

un pareil conseil ?... N'avez-vous pas essayé d'expliquer ou de vous faire expliquer vos songes, et iravez-vous pas ajouté foi à ces explications?..., autres

N'avez-vous pas cru que se marier en tel mois de l'année, commencer un ouvrage tel jour de la semaine, se trouver treize à table, c'érfiit signe de malheur?.., N'avez-vous pas cru et voulu *wc croire

,,

LE DEUXIÈME COMMANDEMENT.

SÏTR

217

que certaines personnes vous avaient porté m alheur, et jeté un sort sur votre personne, sur vos enfants C'est là une imposture et une sur vos bestiaux ? calomnie des plus atroces , et qui ne peut venir que



de

la

plus grossière ignorance. Mais je sens que m'arrêter à des usages aussi contraires à

c'est trop

qu'à la religion. Passons au deuxième

la raison

commandement.

Le deuxième commandement parjure , le

Dieu en vain tu ne , nous défend le blasphème , la malédiction

indiscrets.

Remarquez

,

(tireras, ni autre chose pareillement

jurement et les

,

le

vœux

ici

,

M. F.

,

que

ce n'est point un péché, lorsqu'on jure , comme dit l'Ecriture, dans la justice et selon la vérité saint Paul a juré et pris Dieu à témoin qu'il disait la vérité; Dieu lui-même a juré pour nous rendre plus attentifs à ses promesses ou à ses menaces. Remarquez aussi qu'il ne faut pas confondre le jurement proprement dit avec ces paroles grossières qui ne :

,

signifient rien

jours une 1°

,

à la vérité

âme basse sans ,

,

mais qui décèlent toupiété et sans éducation.

Jurement. N'avez-vous pas juré sans nécessité,

ou pour des choses de nulle conséquence?... N'avezvous pas dit quelquefois Ce que je dis est aussi vrai qu'il n'y a qu'un Dieu... je ne veux pas bouger de cette place... je veux mourir., que le démon m'en :

<

ne dis pas la vérité?... N'avez-vous pas dit, par une habitude détestable Ma foi, oui pardi sur ma conscience , sur mon àme ? Ce sont là des fautes bien ordinaires aux personnes qui vendent et qui achètent; comme si, pour un gain temporel, il était permis de s'exposer à perdre son âme ï Mais, dit-on, quand je jure de la sorte, c'est pour me tome vu, 10

lève,

si je

:



,

2i8 faire croire.

— M.

F.

,

EXAMEN un jureur

,

comme un

men«*

leur, est indigne de toute créance. Contentez-vous donc de dire, comme Jésus-Christ vous l'ordonne

dans l'Evangile Cela est, cela n'est pas tout ce que vous ajouteriez de plus part de la mauvaise disposition du cœur, à malo est. 2° Parjure. Ne vous êtes-vous point parjurés?.... N'avez-vous pas pris Dieu à témoin que vous vous :

;

engagiez à soutenir, à exécuter et à faire exécuter des lois injustes

mœurs

,

vexatoires, contraires aux bonne?

?.... N'avez-vous point assuré avec serment une chose que vous saviez être fausse? C'est là une horrible profanation du saint nom N'avez-vous point assuré avec serment de Dieu. une chose quelconque sans examiner si elle était vraie ou fausse , ou parce que vous l'aviez ouï dire C'est là une espèce de parjure parce à d'autres? qu'en matière de serment le rapport d' autrui n'est pas un motif suffisant pour se décider. Lorsque vous avez été interrogés en justice pour une information, une hoirie , un inventaire, n'avezvous pas juré par intérêt ou par complaisance?.... Et dans ces circonstances , n'avez-vous pas usé de paroles ambiguës, équivoques, qui ont produit les C'est là mêmes effets qu'un mensonge formel? un parjure si énorme, qu'on imposait autrefois sept ans de pénitence à ceux qui s'en étaient rendus



et à la religion



,



,



coupables. N'avez-vous pas promis avec serment des choses



que vous ne pouviez ni ne vouliez tenir? Et voilà péché le plus ordinaire des artisans et des ou. vriers, qui veulent conserver leurs pratiques aux dépens mêmes de leur salut. N'avez-vous pas juré de faire une chose mauvaise et défendue 9 comme de vous venger, en accompagnant ces sortes. le



.

2>9 SUtt LE DEUXIÈME COMMANDEMENT, de jurements d'horribles imprécations ? M. F. jurer de la sorte, c'est un péché grave, et c'en est un autre d'accomplir son serment. Que faire donc en pareils cas ? Se confesser , et avoir une sincère dou,

leur d'avoir fait un serment si injuste, et bien se garder de réaliser le mal qu'on avait promis. 3° Blasphème. N'avez-vous pas blasphémé? C'est ici un péché plus énorme encore que le parjure, parce qu'il s'en prend à Dieu plus directement. Blasphémer, c'est parler mal de Dieu, de JésusChrist, de la sainte Vierge et des saints; c'est ôter

Dieu ce qui

lui convient, et lui attribuer ce qui ne convient pas. Et d'abord, n'avez-vous pas dit Dieu ne s'embarrasse pas de ce qui se passe sur la terre; il n'y a de providence que pour les riches et les méchants.

à

lui

:

.

Dieu donne tout aux uns et rien aux autres.... 11 ne sait pas seulement que je suis au monde il m'oublie il ne m'entend pas il ne me fait que du mal? Malheureux, avez-vous tout dit? avez-vous vomi tout le fiel de vos blasphèmes ? Quoi dit le Prophète, celui qui a formé les oreilles, n'entend plus celui qui a creusé les yeux, ne voit plus; celui dont via providence s'étend jusqu'à un moucheron, une fourmi ne sait plus ce qui se passe sur la terre ? Celui qui est la sainteté, la justice, la bonté même, st devenu semblable aux pécheurs, et ne se plaît qu'à faire du mal? Celui, enfin, qui extermine les nations coupables, laissera vos crimes impunis? Ah vous le saurez un jour, s'il n'a pas entendu vos blaspbèmes , et s'il ne les punira pas d'une manière ;

,

,



!

;

,

<

!

terrible!

N'avez-vous pas dit: Dieu est injuste

;

il

me

punit

rigoureusement, en m'enlevant ce parent, celte épouse cet enfant, qui m'étaient chers ? Que trop

,

10,

EXAMEN

TX)

plus que les autres , pour me traiter avec tant de sévérité? Ce que vous lui avez fait! Ali! levez les yeux, et voyez : vous l'avez lui

fait

donc

ai-je

fait



mourir, vous l'avez crucifié ;

et

s'il

eût été en

votre pouvoir, vous l'auriez détrôné, vous l'auriez

anéanti par vos blasphèmes ! N'avez-vous pas rejeté vos péchés sur Dieu même? N'avez-vous pas dit: C'est

Dieu qui m'a

fait ainsi, c'est

mon

sort, c'est

ma

destinée, je ne puis faire autrement, c'est plus

fort

que moi?

— Quoi

!

mon

Frère, Dieu vous a

fait

vicieux, colère, emporté, vindicatif, injuste, for-

nicateur, adultère, blasphémateur! Vous n'aviez donc pas la foi du péché originel, qui a dégradé

l'homme de lequel

il

l'état

de droiture et de justice dans

avait d'abord été créé? Misérable! la reli-

gion est là pour vous aider à surmonter votre corruption originelle; et vous osez blasphémer celui qui vous l'a donnée comme le plus grand de ses bienfaits

!

mal pensé, mal parlé de la sainte Vierge et des Saints?.... IN'avez-vous pas fait des railleries impies sur leurs vertus leurs mortificaHélas! tions , leurs miracles et leurs reliques? M'avez- vous pas

,



on trouve dans ce

siècle pervers des impies qui

n'épargnent ni les saints qui sont dans le ciel, ni les gens de bien qui sont sur la terre; qui se déclarent hautement les ennemis de la piété , de la vertu , de la religion et de ses ministres ; des antechrists comme dit l'Apôtre, qui ne veulent ni servir Dieu, ni souffrir que les autres le servent; qui blasphèment les rois, qui sont la seconde majesté sur la terre, et soulèvent contre eux leurs plus ,

fidèles sujets.

N'avez-vous pas

fait

jurer et blasphémer, en con-

trariant, poussant à bout des personnes vives et

,

22 ï SUR LE DEUXIÈME COMMANDEMENT. emportées, sachant bien qu'elles se livrei aient à ces excès?.... N'avez-vous pas applaudi aux jurements et aux blasphèmes que vous entendiez?....

N'avez-vous pas

fait

répéter à des enfants qui

com-

mençaient à parler, des paroles de jurements et de Ah! Seigneur, quels châtiments blasphèmes? réservez-vous à de tels impies



!

4° Malédiction. N'avez-vous point proféré

vous-même dans

de

ma-

embarras de votre maison dans votre travail ou dans quelque chagrin extraordinaire?.... Pères et mères, n'avezvous point maudit vos enfants? Ne leur avez-vous pas dit quelquefois Que n'êtes-vous morts que Arrêtez, n'avez-vous été étouffés dès le berceau pères et mères; ah! si vous connaissiez les funeste* suites de telles malédictions vous seriez bien plus réservés. Un enfant maudit de ses parents est en même temps maudit de Dieu, maudit en lui-même lédiction contre

,

les

,

!

:

!



,

et dans ses descendants; sa maison, selon l'Esprit de Dieu, sera renversée jusque dans ses fondements. Vous êtes souvent étonnés d'avoir des enfants indociles, vicieux, libertine, remplis d'infirmités et de misères hélas ils ont été conçus dans la malédiction, nourris de malédiction le moyen qu'ils soient, après cela des enfants de bénédiction ? Enfants chrétiens n'avez-vous pas maudit vos parents? Ne leur avez-vous pas souhaité du mal, peut-être même la mort? Si cela était, vous seriez indignes de vivre Qui maledlxerlt palrl aut malrl morte morlatur. Personnes mariées, n avez-vous pas maudit votre mariage et ceux qui s'en sont mêlés ? Ne vous êtesvous pas maudits l'un l'autre? —- Est-ce donc là représenter l'union de Jésus-Christ avec son Eglise ? !

;

:

,

,

:

Ouvriers, artisans, n'avez vous pas maudit ceu;^

EXAMEN

-23

qui vous donnaient de mauvais ouvrage? Dites-moi vos malédictions le rendent-elles meilleur? Ne vau-

",.

drait-il pas mieux prendre patience, et offrir à Dieu votre travail et vos peines ?...N'avez-vous pas maudit

votre ouvrage, les instruments de votre métier, vos bestiaux

,

vos terres



vos champs

,

,

et

même

les

que vos campagnes soient stériles ? Vous les avez semées de malédictions ; vous avez porté votre bouche jusque dans le ciel, dit un Prophète; comment voudriezvous que la malédiction et la grêle n'en fussent pas descendues? Et vous tous, M. F. qui avez eu le bonheur de saisons?

Faut-il s'étonner, après cela,

,

conserver la foi au milieu de la défection générale, n'avez-vous pas maudit plus d'une fois les tyrans et les persécuteurs ?... IS'avez-vous pas dit, dans l'excès d'un zèle faux et amer Que ne sont-ils tous exterminés, que la terre ne s'entrouve-t-elle sous leurs pieds pour les engloutir? Est-ce donc là M. F. l'esprit de la religion dont vous vous glorifiez? Aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui vous font du mal ; prier pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient: tels sont vos devoirs sacrés, :



tels

,

sont les véritables caractères des enfants du

Père céleste.

Voeux. Le vœu est une promesse de quelque bonne œuvre, faite à Dieu avec délibération. C'est une promesse, et non pas simplement une pensée, une résolution c'est une promesse de quelque bonne œuvre; car si vous promettiez quelque chose qui fut opposé à la loi de Dieu ou à vos devoirs, ce ne serait plus un vœu, mais la profanation du saint aom de Dieu.. C'est une promesse faite à Dieu, parce :

225 SUR LE DEUXIÈME COMMANDEMENT. que, quoiqu'on fasse un vœu en l'honneur d'un saint, c'est toujours à Dieu qu'on l'adresse. C'est une promesse faite avec délibération, parce qu'on ne doit jamais faire de vœu qu'après y avoir bien

pensé, et pris conseil de personnes sages et éclairées. Ces principes posés n'avez-vous point fait de vœux indiscrets?.... N'avez-vous pas négligé d'acOn trouve des complir ceux que vous aviez faits ? ,



personnes qui, à la moindre maladie, au moindre accident, se vouent, comme l'on dit, à tous les saints, et ensuite se mettent peu en peine d'accom-

vœux,

plir leurs

N'aurû z-vous point fait quelque vœu simple de virginité ou de chasteté perpétuelle avec trop de précipitation? N'en faites jamais de semblables sans y avoir longtemps réiléchi et prié beaucoup, sans avoir pris conseil d'un directeur prudent et



éclairé.

avoir

Remarquez

fait

ici

ces sortes de

,

je

vous prie

vœux, vous

,

que

aviez le

si

,

après

malheur

de commettre quelque faute contre la sainte vertu de pureté, vous seriez obligé de déclarer cette circonstance pour ne pas rendre votre confession nulle. Remarquez encore que, si vous vouliez entrer dans le mariage ou que vous y fussiez entré sans dispense, ce serait une circonstance bien plus aggravante, et d'une conséquence bien plus terrible. Ne vousetes-vous point fait dispenser de vos vœux sans raison légitime? Car, se faire dispenser d'un vœu ou d'une loi de l'Eglise sans nécessité, ce n'est pas une dispense dit saint Bernard, mais une cruelle ,

,



,

dissipation,

N'avez-vous pas fait vœu d'aller en pèlerinage dans les lieux éloignés de votre domicile? —Il vaudrait bien

mieux

maison , pour y vos enfants, et vaquer

rester dans votre

veiller à vos affaires et sur

,

2%

EXAMEN aux pratiques do la religion. Pour l'ordinaire r il convient peu au personnes du sexe d'aller ainsi en dévotion et en pèlerinage; et il est de la prudence de consulter son confesseur, avant de faire et d'accomplir ces sortes de vœux... Rarement, dit le pieux auteur de l'Imitation , ceux qui font des pèlerinages en deviennent meilleurs. Telles sont M. F. les fautes que l'on commet le plus ordinairement contre le premier et le second commandements de Dieu* Mais que servirait-il de les connaître, si cette connaissance ne produisait en nous les sentiments d'une douleur sincère? Jetonsnous donc aux pieds de la divine miséricorde ; et pour nous pénétrer des sentiments de componction et d'amertume que doit exciter en nous la vue de nos péchés, considérons le Sauveur au jardin des ,

,

Oliviers et sur le Calvaire.

L'Innocent, le Juste par excellence , parce qu'il chargé de nos péchés , la justice du Père céleste s'appesantit sur lui d'une manière terrible; une s'est

s'empare de son âme; son cœur

tristesse mortelle

est déchiré par la douleur la plus vive; son corps

ne pouvant plus se soutenir sous le poids de se couvre d'une sueur de sang, qui pénètre ses vêtements et arrose la terre qui le

divin ses

maux, tombe et

soutient. Hélas

eut expiré de douleur,

si la croix eussent été réservés par la justice de son Père. Anges du ciel, vous prîtes part à cette agonie mortelle: y serions-nous insensibles,

et le Calvaire

î

il

ne

lui

nous tous pécheurs, qui l'avons causée par nos rames ? Pourrions-nous ne pas les pleurer avec des larmes de sang et ne pas ressentir au fond de nos cœurs la tristesse et la douleur de la pénitence, que la vue du Sauveur agonisant doit y imprimer pour toujours ? Et vous spectacle du Calvaire s'écrie un ,

,

,

51! SUR LE DEUXIÈME COMMANDEMENT; grand pénitent, que vous êtes bien plus propre à nous inspirer une crainte et une componction salutaires, que la vue de l'enfer avec tous ses tourments ! M. -F. si Ton venait vous dire qu'il y a dans cette ,

un enfant qui avait le meilleur et le plus tendre des pères , dont il avait reçu les services et les bienfaits les plus touchants; que cet enfant a été assez ingrat, assez dénaturé, assez barbare , pour

paroisse

égorger ce bon père ; quelle serait votre indignation Oh! le malheureux! vous écrierez-vons. Comment !

pas un tel monstre Or, ce, que vous n'avez pas vu, ce que vous auriez horreur de voir, vous l'avez fait, pécheurs qui m'écoutez, et vous n'avez pas eu horreur de le faire Feclstl mata , et poluisii! Toutes les fois que vous avez péché, nous dit l'Apôtre, vous avez immolé JésusChrist, votre Sauveur et votre Père; vous l'avez crucifié comme les Juifs. Levez les yeux sur la croix, considérez le Sauveur expirant; voyez sa tête déchirée et ensanglantée, ses pieds et ses mains percés, son côté entrouvert, tout son corps couvert de sang et de plaies. La terre s'émut à ce spectacle les rochers se fendirent, le soleil s'éclipsa, et les morts sortirent de leurs tombeanx. Et vous, M. F. vous ne mourez pas de douleur Seriez-vous plus insensibles que les créatures inanimées ? Vos cœurs seraient-ils plus durs que les rochers ? Non , non il n'en sera pas ainsi ô mon Sauveur La résolution en est prise; je veux pleurer mes péchés le reste de ma vie; et les expier par les œuvres de la pénitence. Mais c'est de votre miséricorde que j'attends cette douleur vive et amèrc, cette contrition souveraine,- efficace, qui est le fruit de la terre n'engloutit-elle

!

:

,

,

!

,

,

votre agonie et de votre

mort

l'avez méritée

la

;

je

vous

!

c'est vous-même qui demande par la vertu de :

votre passion et de votre mort.

10..

2I6

EXMffcN

:

POUR LE SECOND DIMANCHE DE CARÊME. A

Examen sur

le

MESSE.

LA.

troisième

commandement de

Dieu. Mémento fier le

ut

dlem Sabbati

sanctifiées.

jour du Seigneur. Exod.

t

Souvenez-vous de sancti-

20.

Ce commandement > M. F., est aussi ancien que monde. Dieu , après avoir employé les six premiers jours de la première semaine à la création et à l'arrangement de toutes choses, se reposa le septième jour, le bénit et le sanctifia, c'est-à-dire qu'il le réserva et le consacra tout entier à son culte. En conséquence, Adam et tous les patriarches qui le suivirent l'observèrent fidèlement ; et Moïse , eu publiant, sur lemontSinaï, les dix commandements de la loi, se servit de ces paroles remarquables: Souvenez-vous de sanctifier le jour du Sabbat: Mémento. Le peuple juif l'observa constamment jusqu'au temps des Apôtres, qui, par l'ordre de JésusChrist, le fixèrent au premier jour de la semaine, appelé le dimanche, ou lé jour du Seigneur, parce que ce fut en ce jour que le Seigneur Jtsus entra dans le repos de sa gloire, après les travaux de sa vie mortelle par le mystère de sa résurrection, et qu'il envoya à ses apôtres le Saint-Esprit, qu'il leur availpromis avant de quitter la terre. L'Eglise fondée par les apôtres Fa célébré dans tous les temps avec pompe et magnificence, et avec tous les transportei& sa joie» Eu vain les Césars , armés de la souvele

,

,,,

%Tf SUR LE TROISIÈME COMMANDEMENT. raine puissance, essayèrent-ils de l'anéantir, en le rangeant parmi les jours profanes : vous durez encore, saint jour du Seigneur ; et malgré les efforts réitérés et violents des impies et des philosophes persécuteurs dans ces derniers temps , acharnés à vous effacer du nombre des saints jours 7 vous durerez jusqu'à la fin du monde, parce que l'Eglise qui née avec vous subsistera immuablement jusqu'à

est

époque, et que jusqu'à cette époque vous serez de sa joie et de ses cantiques. Ainsi l'a réglé, ainsi l'a voulu le Seigneur qui vous a fait: Hccc dics quant fecit Dominas, exultemus et lœtemuv in eâ. Ce grand principe une fois établi nous allons

cette

l'objet

,

faire

notre

examen sur ce commandement»

A ce troisième commandement de Dieu Les dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement joignons le premier et le second commandement de :

l'Eglise: Les fêtes tu sanctifieras qui te sont de

mandement; pareillement.

tes

dimanches Messe ouïras ,

com-

et Les fêtes

Ce commandement renferme deux

préceptes , l'un qui nous défend les œuvres serviles

aux jours de dimanches et de fêtes ; nous ordonne les œuvres de piété

et l'autre, qui

et de religion propres à les sanctifier. Voici, M. F., le commandement le plus ouvertement et le plus scandaleusement violé dans les villes et dans les campagnes ; et, j'ose dire, à la honte des prétendus chrétiens de nos jours, que dans un seul jour de dimanche et de fête, il se commet ordinairement plus de péchés, plus de crimes, plus de désordres, que dans une semaine tout entière. Pour vous convaincre de cette triste et affligeante vérité , examinons d'abord ce qui nous est défendu par ce ecmmandemenL Le&

,

EXAMEN œuvres serviles , les divertissements immodérés ^e péché et les occasions de péché, voilà ce qu'il 228

défend.

Œuvres servîtes. N'avez-vous pas employé, en ou en partie, les saints jours de dimanches et de fêtes à des œuvres serviles?.... On appelle œuvres serviles toute occupation tout travail consacré à faire quelque gain, quelque bénéfice, ou 1°

tout

— ,

,

à

gagner sa

vie.

Or, M.

F. ,n'y avez-vous pas

vaqué,

ces saints jours? n' avez-vous pas ramassé vos dén-

iées, coupé vos

foins, vos moissons,

danges?.... N' avez-vous pas

vos ven-

employé vos bestiaux à

faire des voitures et à labourer ?

IN' avez-vous pas fait des voyages de plaisir ou de nécessité prétendue ?...

]N'avez-vous pas passé des actes, des contrats que

vous pouviez renvoyer à un autre jour?.... N'avezvous pas travaillé de votre métier, sous prétexte que vous étiez pressés, et qu'on vous redemandait l'ouvrage?... N'avez-vous pas forcé les ouvriers et les ouvrières à travaillera des habillements ou à des parures dont vous pouviez fort bien vous passer ?... N'avez-vous pas ouvert vos boutiques exposé vos marchandises en vente, fait des marchés, couru aux foires , ces jours-là ?... Toutes ces œuvres et autres semblables sont défendues et ceux qui les font, ou qui portent les autres à les faire, profan eut ces saints jours. Apprenez, profanateurs sacrilèges, quel châtiment vous est réservé, par l'exemple de ce Juif que le Seigneur condamna à être lapidé par tout le peuple , pour avoir ramassé quelques branches de bois le jour du sabbat. Mais tous les autres le font, me direz-vous; tous les autres vendent, achètent, trafiquent, les jours de dimanches et de fêtes. Que vous importent les abus et les exemples des autres? mon ami ce n'est ,



;



,

,

S!!B

LE TROISIÈME COMMANDEMENT.

?>29

pas sur ce que font les autres que vous serez examiné et jugé , mais sur les commandements de la loi. Nous sommes bien forcés , ajoutez-vous , de travailler quelquefois, dans des circonstances où nos récoltes sont menacées,

— J'en conviens, et je sais

peut être quelquefois permis, mais à ces conditions que je vous prie de remarquer il faut que le travail soit indispensable et véritablement nécessaire; il faut qu'il soit autorisé par la

que

le travail

:

permission du supérieur ecclésiastique qui doit en juger dans sa sagesse il faut enfin qu'il soit sanctifié par l'assistance à la messe et aux autres ,

;

exercices de piété et de religion. Ces règles ainsi

demande, n'avez-vous pas trapar un esprit de cupidité et d'avarice?... et lorsqu'il y avait une nécessité réelle, n'avez-vous pas négligé de demander, et même n'avez-vous pas affecté de n'en pas demander la posées, je vous

le

vaillé sans nécessité,

même que vous en avez eu permission, n'avez-vous pas négligé d'assister Vous savez bien que manquer la à la messe ? messe par sa faute, c'est un pécbé mortel.... Ne vous êtes-vous point tellement occupé de vos affaires temporelles, que vous n'ayez pas même pensé à élever votre cœur à Dieu pour lui offrir ce travail nécessaire?.... N'avez-vous pas tellement occupe vos domestiques même à des repas que vous donniez ces jours-là, qu'ils n'ont pas eu le moindre loisir pour remplir leurs devoirs de religion?.... Hélas M. F. , c'est une chose qui fait frémir et qui arrache les larmes, de voir de pauvres domestiques qui ne savent ni prières, ni catéchisme; qui n'ont aucune idée de leur religion et qui nous répondent lorsque nous les exhortons à se faire instruire Ah J mon père, je le voudrais bien; mais je sers un permission?... Et lors la





,

!

,

:

,

230'

la

EXAMEN

/

me

maître qui

messe,

fêtes

donne

et qui

comme

dans

tient

temps d'assister à occupé les dimanches tl

L*s autres jours.

et plus infidèles

y a

me

à peine le

le ciel

que

les

païens

— Maîtres infidèles,

mômes

,

sachez qu'il

un Maître souverain qui punira un

jour, d'une manière terrible, votre insouciance et

votre irréligion. 2° Divertissements. N'avez-YOus point passé les jours de dimanches et de fêtes dans des divertissements excessifs et immodérés?.... Il est bien permis sans ,

doute, à des personnes qui ont employé toute la semaine à des occupations laborieuses et à des travaux pénibles, de prendre quelque délassement, quelque repos ; mais prenez-y garde , ce repos doit Requievit être saint comme celui de Dieu même septimo die. Mais ce délassement ne doit être ni :

une promenade après les de bienséance ou d'amitié, une conversation avec des personnes sages et honnêtes, une partie de jeu permis et modéré, tout cela

excessif, ni

dangereux

saints offices,

n'est point et

une

opposé

des fêtes

,

:

visite

à la sanctification des

et Jésus-Christ

apôtres à se délasser

lui-même

un peu de

dimanches invitait ses

leurs fatigues

:

Re-

quiescite pusillùm,

N'avez-vous point passé une partie considérable te ces saints jours, à la chasse, à la

pêche? et

pas arrivé que ces exercices vous aient

n'est-il

empêché do



remplir une partie de vos devoirs de religion ?..• Jeunes gens, ne vous êtes-vous pas réjouis, en voyant arriver le dimanche, non pas parce que vous auriez plus de loisir pour servir Dieu, mais bien

pour vous

renvoyé à ces que vous ne pouviez faire dans le courant de la semaine ?... Et vous jeunes personnes, n'avez-vous pas perdu un temps divertir?... N'avez- vous pas

saints jours des parties de plaisir

,

2*1 SUR LE TROISIÈME COMMANDEMENT. considérable à vous parer, à vous ajuster d'abord, et à étaler ensuite avec complaisance le spectacle de votre mondanité, dans l'église, sur les places ou

promenades?.... N'avez-vous pas employé une la journée à des promenades solitaires, écartées, dangereuses, dont je veux bien taire les suites, pour ne pas vous faire rougir? 3° Péchés mortels. N'avez-vous pas eu le malheur de commettre des péchés mortels les jours de di-

les

bonne partie de

manches

et

car c'est

ici

de fêtes la

?

nations, parce que le la

— Prenez-y bien garde, M. F.

plus criminelle de toutes les profa-

péché est, de toutes les œuvres,

plus servile Qui faclt peccatum, servus est peccati. :

s'il est défendu de pécher mortellement en temps combien plus le sera-t-il de le faire dans un jour que le Seigneur s'est particulièrement ré-

Certes tout

,

,

servé, qu'il a béni et sanctifié par les plus grands mystères de notre rédemption Aussi est-ce pécher doublement, disent les Saints, que de le faire dans ces jours privilégiés. Et remarquez , M. F. , que souvent il est nécessaire de faire connaître cette circonstance en confession je me suis enivré , j'ai fait le péché déshonnête, et c'était un jour de fête, de dimanche. h° Occasions de péché. Ne vous êtes-vous point exposés aux occasions de péché les jours de fêtes (t de dimanches?.... N'avez-vous point passé une bonne partie du jour, et même de la nuit, dans des lieux de dissipation et de débauche; dans les cabarets, dans les cafés, dans les lieux de jeux, bravant ainsi toutes les lois de l'Eglise, qui défendent toutes ces scandaleuses profanations? Je ne parlerai pas ici des crimes de toute espèce qui en sont les suites ordinaires et inévitables. Je ne parlerai pas de ces ivrogneries si avilissantes pour, l'homme,. !

:

,



EXAMEN du chrétien de ces propos licencieux, de ces chansons impures de ces disputes de ces 252

et si indignes

;

,

,

paroles impies, de ces railleries sacrilèges, dont ces lieux de réunion sont ordinairement l'occasion

ou

la cause.

Ce sont

tantes, qu'il vaut



de ces peintures si dégoûles passer sous silence ,

mieux

que d'en parler. Mais pourrai-je

taire ces vociféra-

tions que des jeunes gens font pendant la nuit, dans

rues, et

les

même

autour de

l'église,

affectant,

pour ainsi dire de venir insulter Dieu jusque dans son saint temple? N'avez-vous pas, au mépris de ces saints jours au mépris des lois de l'Eglise, au mépris enfin des vœux et des promesses de votre baptême, couru nu bal, dans les vogues et dans les danses profanes 7 .. N'avez-vous pas engagé les autres à y aller avec vous ?.... N'avez-vous pas prêté vos maisons pour C'est vous charger devant Dieu des la danse? péchés de toute l'assemblée. —Ecoutez saint Augustin qui vous dit qu'il y a moins de mal de labourer la terre et de filer, les jours de dimanches et de fêtes, que de les passer dans les danses. Ecoutez le concile de Constance, qui défend ces sortes de divertissements sous peine d'excommunication, et le second concile d'Arles, qui défend aux prêtres de donner les sacrements à ceux qui ne veulent pas y renoncer qui osera résister à de pareilles autorités ? Voilà ce que le troisième commandement défend: voyons maintenant ce qu'il ordonne* ,



,

:

Ne vous y trompez pas, M. F. ; ce n'est pas assez d'éviter avec soin tout ce qui peut profaner les saints Jours du Seigneur; il faut encore s'y appliquer à toutes les œuvres de religion propres à les sanctr

SUR LE TROISIEME COMMANDEMENT.

que

fier, telles

offices, les

la sainte

messe,

2£3

les vêpres-,

instructions, les prières, les

les

bonnes

œuvres de charité et de miséricorde. Or, avez-vous discerné les jours du Seigneur , par la pratique de ces bonnes œuvres? Avez-vous eu soin d'assister à la sainte messe, qui est le grand acte de religion, si impérieusement commandé, et dont on ne peut se dispenser sans pécher mortellement , si ce n'est pour cause de maladie?... Avez-vous surtout assisté à la messe de paroisse?.... N'avez-vous pas encouru les peines lectures, les

en négligeant d'y assister trois dimanches de suite? Prenez-y garde, c'est ici une obligation beaucoup plus rigoureuse que vous ne pensez. N'avez-vous pas attendu que la messe fut commencée pour entrer à l'église, et n'en êtesvous pas sortis avant qu'elle ne fût achevée?.... Y

portées par l'Eglise

,





avez-vous assisté avec

la

ferveur, la piété et le re-

cueillement que demande une action si sainte?.... Ne l'avez-vous pas entendue par habitude par routine, par manière d'acquit, avec un esprit distrait, tout occupé de vos affaires , de votre ménage, peut-être même de vos plaisirs ; vous contentant de rouler un chapelet dans vos mains ou de lire quelques formules de prières, sans penser à ce que ,

,

vous

que vous

disiez, ni à ce

même y

faisiez?....

Peut-être

a&sistiez-vous sans le secours d'un livre

om

d'un chapelet, sans y dire un mot de prière?.... N'avez-vous pas assisté à la messe d'une manière scandaleuse, vous tenant dans une posture peu décente, riant, causant, promenant vos regards çà et là, et roulant des

pensées criminelles dans votre

esprit?

— N'est-ce donc pas là insulter Jésus-Christ,

dans

temps

les

le

même

qu'il

plus signalées de son

les marques Quand des cir-

vous donne

amour?



-

,

EXAMEN SS4 constances malheureuses ne tous ont pas permis de l'entendre, avez-vous eu soin d'en réciter les prières avec tout le recueillement possible? Vous n'ignorez pas qu'on est obligé d'accomplir le précepte de la manière qu'on le peut,



N'avez-vous pas cru qu'il sainte

messe pour

suffisait

sanctifier le

d'entendre la

dimanche

et les

ne vous en êtes-vous pas contentés? N'avez-vous pas négligé d'assister aux offices de l'Eglise, aux vêpres aux instructions, à la bénédiction, et aux autres exercices de piété propres à les sancfêtes, et

,

tifier?...

que

Avez-vous fait, ces jours-là, plus de prières

les jours ordinaires ? Et

l'esprit

pour vous conformer à

de l'Eglise, avez-vous eu soin de méditer

l'épître et l'évangile

du jour,

et fait d'autres lectures

de piété propres à vous édifier, à vous instruire et à vous affermir clans le service de Dieu?... Vous y êtes-vous appliqués à l'instruction de vos enfants et de vos domestiques ?... Avez-vous visité les malades, soulagé les pauvres, consolé les affligés, et exercé les autres œuvres de miséricorde ?..., Gar , M. F. c'est ainsi qu'on discerne et qu'on sanctifie le jour



du Seigneur. Et c'est ainsi que le sanctifiaientlespremiers chré* tiens, nos pères dans la foi» Ils voyaient venir avec

une sainte joie le jour du Seigneur, où ils avaient le bonheur d'assister à toutes les parties de l'office divin du jour et de la nuit sans aucune exception de rang de sexe d'état ni de condition. Dans ces heureux temps les pères et mères les maîtres et ,

,

,

,

maîtresses conduisaient

eux-mêmes

leurs enfants

domestiques dans leurs paroisses , pour y assister à la messe solennelle pour y communier, pour y écouter avec une sainte avidité l'explication qu'on y faisait de la parole de Dieu. De retour

et leurs

,

,

235 SUR LE TROISIÈME COMMANDEMENTdans leurs familles, ils employaient les intervalles

des offices à répéter aux infirmes , et à ceux que la charité avait retenus auprès d'eux r les saintes instructions qu'ils venaient cle recevoir de la bouche

de leurs pasteurs.

terminaient ces saintes solen-

Ils

nités par la pratique de toutes les autres

œuvres qui étaient

Ah

!

M. F.

,

bonnes

à leur disposition.

qu'ils étaient pleins, ces

beaux jours

qu'elles étaient augustes et vénérables alors

,

!

les

au jour du Sei, gneur Nous sommes il est vrai leurs descendants mais hélas que nous leur reset leurs héritiers semblons peu que nous avons dégénéré de leur zèle et de leur ferveur! Gémissons au moins ici aux pieds de notre Dieu , de notre lâcheté et de nos saintes assemblées de nos pères ,

!

,

,

;

!

!

,

prévarications

sans

pleurons avec amertume

;

nombre dont nous avons

les fautes

souillé les saints jours

du Seigneur.

mon Dieu nous avons péché et rien ne peut excuser nos crimes et nos profanations ils crient vengeance jusqu'au pied de votre trône et nous méritons tous les châtiments dont vous punîtes autrefois les Juifs pour avoir profané le jour du sabbaf. Nous le reconnaissons ici , ô mon Dieu! Mais , Seigneur, voyez notre confusion notre repentir et nos larmes. Que ce spectacle de douleur et de pénitence !

,

:

,

,

fléchisse votre colère et

désarme votre

justice

!

Souvenez-vous, Seigneur, de vos anciennes bontés; écoutez la voix de votre grande miséricorde , et faites-nous entendre au fond du cœur, cette parole ,

si

Ayez confiance vos péchés vous sont Désormais nous serons plus fidèles à glorifier

consolante

remis»

:

,

nom, à chanter vos bienfaits, et à sancavec zèle par toutes sortes de bonnes œuvres

votre saint tifier

les saints

,

jours que yous vous êtes réservés.

EXAMEN

IBS

Ma:s pour cela, ô mon Dieu! nous avons besoin de la force de votre Esprit parce que nous sommer devenus la faiblesse même ; nous avons besoin de beaucoup d'amour , parce que nous avons beaucoup péché ; nous avons besoin de zèle et d'ardeur pour réparer tout le mal que nous avons fait. Nourrissez en nous une douleur continuelle d'avoir profané vos ,

saints jours et donnez à notre pénitence cette ferveur qui égale , et qui peut même surpasser, à vos yeux, le mérite de l'innocence. ,

SLSL&SLSLSLSUISLSISLSLSLSLSLSLSLSIJLSULSL^^

A VÊPRES. Examen

sur le quatrième

commandement de

Dieu.

DEVOIRS DES PARENTS ET DES ENFANTS. Recogitabo

tibi

omnes annos meos

in amaritudine

animœ meœ.

fc., 15.

Le saint roi Ezécbias, frappé d'une maladie morgémissant sous le poids des maux qui l'accablaient, ne trouva pas de meilleur moyen, pour apaiser la colère de son Dieu et fléchir sa miséricorde, que de s'humilier en repassant devant lui toutes les années de sa vie dans F amertume de son âme , et en lui exposant toutes ses infidélités dans le brisement de son cœur. Et voilà aussi ô mon Dieu! le parti que je prends telle, et

,

aujourd'hui

,

à l'exemple de ce saint roi. Plus j'exa-

voies plus je découvre d'infidélités dans enfance, dans ma jeunesse, et dans tous les figes de ma vie. Heureux si, comme lui, je les repassais dans l'amertume de mon âme et dans le brisement de" mon cœur En vain je m'efforçais de

mine mes

,

mon

!

SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT.

237 conscience était là, qui me les reprochait par ses remords. J'étais malheureux, et je ne pensais point à en retrancher la cause, ni à en chercher le remède dans le regret de mes fautes et dans la douleur de la pénitence. Malheureux péché, tu m'aveuglais; tu me vantais une fausse liberté, au lieu du plus misérable esclavage! Entraîné par tes perfides attraits, j'ai cédé à tes honteuses sollicitations ; je me suis élevé contre mon Dieu, et je lui ai fait la guerre; j'ai violé ses de

les éloigner

mon

commandements

souvenir;

ma

et ses lois, j'ai étouffé tous les

sentiments de la conscience et de

Mais je

la nature.

reconnais maintenant quel a été mon aveuglement et ma folie le souvenir de mes péchés me poursuit :

partout,

jour et la nuit; son image, toujours

le

présente à

mes yeux, inonde mon âme de

d'amertume

;

et toute

ma

fiel et

consolation est de les

repasser dans l'amertume de mon âme, et de noyer dans mes larmes Kecogltaho , etc.

les

:

C'est, M. F., pour pénétrer vos cœurs de ces beaux sentiments, que nous allons faire notre examen sur le quatrième commandement de Dieu.

Le quatrième commandement: Pire et mère hono, afin que tu vives longarm nt , renferme les

reras

devoirs réciproques des parents et des enfants , des maîtresetdes domestiques, des épouxetdes épouses, des supérieurs et des inférieurs. Dieu a tellement à

cœur

l'observation de ce commandement, qu'il y a attaché une récompense, même dès ce monde.

Commençons par

les devoirs des parents. Les pères et mères doivent à leurs enfants pour le cerps, la conservation, l'entretien, l'établissement. ,

Conservation. Pères et mères, avez-vous eu soin

238 EXAMEN de vos enfants avant et après leur naissance? n'avezvous rien fait qui les ait exposés à perdre la vie?...> Mères chrétiennes, n'avez-vous pas donné lieu à quelque accident par votre imprudence, en faisant des travaux trop pénibles en levant des fardeaux trop lourds , en prenant une nourriture et des bois,

sons nuisibles, en vous laissant aller à des mouvements de colère, ou en vous livrant à des divertissements dangereux tels que les danses ? Combien de mères qui perdent ainsi leurs enfants pour le temps et pour l'éternité!... JN'avez-vous pas, par quelque breuvage ou par d'autres moyens, empêcha la conception des enfants, ou ne les avez-vous pas fait périr étant conçus? C'est un horrible homicide, un crime exécrable, dont Dieu vous punira tôt ou tard d'une manière terrible. Après leur naissance, avez-vous eu soin de leur faire recevoir promptement la grâce du baptême?



,



— Les

de l'Eglise ne vous permettent pas de le Quel malheur» par une coupable négligence, ils venaient à lois

différer plus de vingt-quatre heures. si,

périr pour l'élernité

!...



C'est Avez-vous eu soin de nourrir vos enfants? un devoir que vous prescrivent à la fois la nature et la religion. Sara nourrit son filslsaac; Rébecca, son fils Jacob; la mère des Machabées, ses sept fils; la

sainte Vierge

p

Jésus-Christ. C'est n'être

mère

qu'à

Pères, que de manquer par sa faute à ce devoir sacré, Mais enfin, si vous avez été dans l'impuissance de les nourrir vous-mêmes, ne les auriez-vous pas confiés à des nourrices né-

demi, disent

les saints

gligentes ou vicieuses, qui les ont laissé souffrii ou qui leur ont fait sucer, avec un lait mercenaire,

,

leurs vices et leurs mauvaises inclinations?

Leur avez-vous donné vous-mêmes

,

le

jour et la

239 SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT, ils avaient besoin? Ne les

naît, les secours dont

avez-vous point laissé crier et souffrir par opiniâNe les avez-vous point, au mépris des lois de l'Eglise, mis coucher avec vous avant Fan et un jour?.... Ne les avez-vous point frappés, maltraités, comme si ces pauvres enfants étaient coupables de vous faire connaître qu'ils ont besoin des soins de treté?...

votre tendresse ?

mères, avez-vous fourni un ? Ne leur avez-vous pas refusé les choses nécessaires pour la nourriture et rétablissement?— Une fautpas élever vos enfants dans la vanité et la mollesse, ce serait les perdre de toutes manières mais il faut leur donner, selon votre état, des habits et une nourriture convenables, et faire en sorte que, quelque genre de vie qu'ils embrassent un jour, ils soient à même de supporter Entretien. Pères et

entretien honnête à vos enfants

;

inconvénients des saisons; quoi vous devez les former dès l'enfance par une nourriture simple, saine et abondante. N'avez-vous pas dissipé, par le luxe, le jeu, l'oisile travail, la fatigue, les

et c'est à

veté , et dans les cabarets, les biens que vous deviez employer à l'entretien et à l'éducation de vos enfants? Quel spectacle de voir une pauvre femme épuisée de travail et de fatigue, dénuée de tout, entourée de malheureux enfants qui manquent de pain et d'habits, tandis qu'un mari inhumain, un père barbare, prend ses plaisirs, consume en un jour le gain d'une semaine entière, et dévore sans pudeur



de ses propres enfants N'avez-vous pas négligé et maltraité les enfants d'un premier lit? Une pareille inhumanité cria

la vie

!



vengeance vers le trône de Dieu.... N'avez-vous pas eu une prédilection trop marquée pour quelqu'un de vos enfants et peut-être pour le plus vicieux? ,

,

EXAMEN 2&0 n'avez-vous pas négligé les autres pour celui que vous idolâtriez ? C'est là une source féconde de jalousies, de divisions, de haines entre frères et sœurs c'est une de ces fautes que Dieu punit d'ordinaire dès ce monde même ; car ces enfants ainsi



;

gâtés deviennent presque toujours un sujet de chagrin et d'amertume pour ces parents injustes et aveugles. Etablissement. N'avez-vous pas, dans l'établisse-

ment de vos

enfants , bien plus consulté vos intérêts

que l'ordre et la volonté de Dieu? La vocation venant de Dieu, vous devez la diriger, la favoriser mais ne la commander jamais, encore moins la forcer. Adressez à Dieu de ferventes prières, et vos passions,

,

et consultez sur ce point des personnes sages et

éclairées , afin que vous ne portiez jamais vos enfants

un état auquel ils ne sont pas appelés, et que vous ne les détourniez pas non plus de celui que la Providence leur destine» En agir autrement c'est vous rendre responsables d'une infinité de désordres, dont vous répondrez au jugement de Dieu. N'avez-vous pas établi vos enfants ou trop tôt, ou trop légèrement, et par des vues tout humaines ?.., à choisir

N'avez-vous point trop différé de les établir, dans la crainte de vous gêner ou de vous mettre dans l'emIci, M. F. j'avoue qu'il ne faut pas agir barras ? à la légère, ni vous dépouiller si vite de vos biens ; mais aussi vous ne devez pas imiter la dureté de ces



,

pères avares qui, oubliant ce qu'ils doivent à leurs enfants , aiment mieux les laisser vivre dans le liber tinage que de se gêner en rien.... N'avez-vous pas forcé vos enfants , par des menaces ou par de mauvais traitements, à prendre

un

état, à

former un

établissement qui ne leur convenait pas , et pour lequel ils avaient la plus grande répugnance?

,

SIT. LE QUATRIÈME COMMANDEMENT. 2ql Àvez-vous partagé vos biens entre vos enfants selon les règles de la justice?... N'avez-vous pas donné à l'un d'entre eux ce qui revenait aux au-

tres de droit?

— C'est là semer

dans vos familles

des haines et des divisions funestes ; c'est fournir souvent matière à des procès interminables ; et Dieu veuille que vous ne vous fassiez pas maudire par

vos propres enfants ! Pour l'âme, les parents doivent à leurs enfants la prière, l'instruction, la

vigilance, la correction

bon exemple. Prière. Pères et mères avez-vous eu soin de prier pour vos enfants ? Les avez-vous offerts à Dieu et le

moment de leur conception? Après leur naissance , les avez-vous consacrés à Dieu comme ses créatures , ses temples , comme les membres vivants du Sauveur, comme le dépôt le plus précieux qu'il vous a confié , et dont il vous demandera compte un jour?... N'avez- vous pas négligé de les recommander à la sainte Vierge et à leurs dès le

saints

Anges ?Ah! vos prières seraient continuelles aviez à cœur le salut de vos , si vous

et ferventes

enfants

1

, M. F. , le grand devoir des pères et mères; devoir néanmoins le plus méconnu et le plus négligé aujourd'hui. Les enfants naissent

Instruction. C'est là

dans l'ignorance, et on les y laisse croupir. On ne leur fait voir, dans tout ce qu'on dit, dans tout ce qu'on fait, que le monde et ses convoitises. On ne remplit leur imagination et leur mémoire que des objets du monde, de ses maximes, de ses vanités; que de l'image de ses passions et de ses plaisirs. C'est ainsi qu'on prépare la perte de leur innocence, et qu'on prélude à cette corruption de mœurs qui commence avec leur raison et ne finit qu'avec TOME Vile 11

EXAMEN

21Û

nous prépamalheureux parents qui n'instruisent leurs enfants que pour le mal ; qui leur apprennent à dire des paroles grossières, licencieuses, pleines de mensonges et de jurements qui leur commandent même le vol et l'injustice, et les envoient recueillir dans les champs de leurs voisins ce qu'ils n'y avaient pas semé euxmêmes. Parents barbares , n'avez-vous donc donné que pour leur arrala vie du corps à vos enfants cher la vie de l'âme , et les entraîner avec vous au fond des enfers ? Avez-vous eu soin de les instruire par vousmêmes , ou n'avez-vous confié leur instruction qu'à leur vie. Quelle affreuse génération

rent

!

Bien plus

,

on

ils

voit tous les jours de

;

,

des maîtres religieux et craignant Dieu, qui pussent leur inspirer de bonne heure l'amour de la Reli-

gion et de la vertu ?..., Avez-vous eu soin de leur inculquer, dès l'âge le plus tendre, les premières vérités de la Religion , les principaux mystères de les devoirs essentiels du chrétien ? Leur la Foi ,

avez -;vous appris à prier Dieu

à entendre la Messe, à assister aux instructions, aux offices de l'Eglise; à recevoir les sacrements avec les dispositions requises

,

et à sanctifier les saints jours de dimanches et de fêtes ? Oh ! M. F. , quel sujet d'examen. Vigilance. Avez-vous veillé sur vos enfants avec sollicitude et sans vous rebuter ? Avez-vous veillé de près et de loin, le jour et la nuit, par vous-

mêmes

et

,

par d'autres?.... Avez-vous pris des pré-

cautions pour que vos enfants ne parussent jamais

indécemment?

— Vous ne sauriez leur inspirer trop

de modestie. Ne les avez-vous point négligés, sous prétexte qu'ils étaient assez grands, assez raisonnables

pour

1l\h SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT. reconduire eux-mêmes ?... N'avez-vous point fermé tes yeux sur leurs désordres et leur libertinage?.... N'avez-vous point permis à vos filles de s'habiller au-dessus de leur état de suivre des modes indécentes , de chanter de mauvaises chansons , de lire des romans , de courir aux danses aux spectacles aux veillées et à toutes ces assemblées mondaines où le démon de l'impureté fait de si terribles ravages ? Avez-vous examiné si vos enfants remplissent leurs devoirs de chrétiens ?... s'ils font leurs prières ,

,

,

,

le

matin

et le soir?...

sent

,

s'ils

de dimanches, et et à qui ?

fôtes et

sanctifient les jours de

comment?

s'ils

se confes-

Avez-vous veillé sur leurs mœurs?... Ne les avezvous point couchés avec vous , lorsqu'ils ont eu quelque connaissance ? Quelle imprudence il y en a qui font des réflexions avant quatre ans... N'avez-vous pas souffert trop de familiarité entre



parents et parentes

,

!

voisins et voisines

?

Hélas

!

combien de malheureux enfants qui perdent leur innocence au premier usage de la raison, par M. F.

!

la coupable négligence de leurs parents Quel sujet de tremblement ! î

Correction, Ce devoir est bien plus essentiel oi'on ne pense. Les enfants naissent pécheurs, enclins au mal par la corruption de leur origine, pleins d'ignorance, de vices et de défauts, forts pour le mal, et impuissants pour le bien. Le Baptême, il est vrai, efface en eux le péché originel, mais il en laisse subsister les suites; et ce sont ces suites fu-

nestes qui se développent en eux d'une manière si l'on n'a pas soin de les réprimer par une correction sage, ferme et persévérante. Avez-vous, en conséquence, averti, repris et

terrible,

IL

EXAMEN

SftS

corrigé vos enfants avec bonté, et avec force?..,' INe les avez-vous pas corrigés par passion , par ca-



price et par humeur ? Eh M. F., corrigea-t-on jamais un vice par un autre vice ? Ne les avez-vous pas corrigés avec une rigueur excessive pour des fautes légères

,

!

ou avec trop de mollesse pour des

fautes considérables?... N'avez-vous pas négligé de

quand ils le méritaient ? Ne vous êtesvous pas contentés de gronder, de crier, de menacer toujours, sans jamais les punir, semblables à Héli, qui, en punition de sa trop grande indulgence pour ses enfants , eut la douleur de les voir périr misérablement, et mourut lui-même d'une manière si tragique ? N'en avez-vous pas voulu à ceux qui vous ont avertis des fautes et des incarles châtier

tades de vos enfants

?

— C'est le faible

des parents

d'aujourd'hui.

M. F. , celui qui aime son enfant , dit le Sage , ne épargne pas le châtiment : la va ge et la correc-

lai

Mais l'enfant qui est abandonné à sa propre volonté , couvrira sa mère de tion donnent la sagesse.

Pour me corriger de tel défaut, disait XIV, manquait -il de verges dans mon royaume ? Bon exemple. Pères et mères, vous le devez à tout mais surtout à vos enfants. C'est , de le monde toutes les manières d'instruire, la plus persuasive confusion.

Louis

,

et la plus efficace

:

il

consiste à faire le bien et à

mal en leur présence. Or, n' avez-vous pas donné de mauvais exemples

éviter le

à vos enfants ?N'avez-vous pas, menti, médit, juré,

blasphémé, tenu de mauvais discours en leur présence ? Ne leur avez-vous pas donné l'exemple de la

colère et de la malédiction

?

I\'avez-vous pas négligé de remplir

sous leurs

StTî\ LE QUATRIÈME COMMODEMENT. 2$# vos devoirs de religion ? Au lieu de faire la prière en commun à l'exemple des familles chré-

yeux

,

,

tienne, ne vous ont-ils pas vus vous lever et vous coucher sans faire aucun acte de religion ? Comment voulez -vous, après cela, que vos enfants soient vertueux et ch ré lien s ? Ne vous êtes-vous jamais permis devant eux rien de contraire aux règles de la modestie et de la déCeci est d'une extrême importance pour cence?



pères et mères. Ils doivent respecter leurs enfants , jusqu'à s'abstenir devant eux de tout ce qui aurait l'apparence même du mal: car les enfants remarquent tout, écoutent tout et n'oublient rien les

;

répètent ce qu'ils entendent, et imitent ce qu'ils voient. Ainsi l'ont enseigné les païens eux-mêmes: Magna pucro dcbelur révèrent ia. Malheur, dit l'Évangile, à celui par qui le scandale arrive! mais mille

ils

fois

malheur

à

un père à une mère qui scandalise ,

ses propres enfants

!

Passons aux devoirs des enfants*

Enfants chrétiens, honorer vos pères et mère£ 5 aimer; ne leur parler, ne leur répondre jamais qu'avec un profond respect bien se garder de les tutoyer , ce qui est de la plus granee indécence ^ avoir pour eux toutes sortes d'égards et de déférence; ne rien entreprendre , ne rien faire jamais sans les consulter leur obéir comme à Dieu même dans tout ce qu'ils vous commandent; prendre sur votre nécessaire plutôt que de les laisser manquer de rien ; prier sans cesse pour eux et ne les oublier jamais ni pendant leur vie, ni après leur mort: voilà ce que la nature nspire à tous Les enfants voilà les devoirs que la Religion vous les respecter, les

;

;

,

,

;

,,

EXAMEN SS6 impose avec toute son autorité. Tout cela est renfermée dans les sages avis que le père Tobie donnait à son fils, sur son lit de mort Honorez > lui :

disait-il,

votre mère, tous

tes

jours de votre vie

;

car vous devez vous souvenir de ce qu'elle a souffert et à combien de périls elle a été exposée lorsqu'elle vous portait dans son l'examen.

Amour, Enfants parents de cœur et

pour eux de

Venons au

chrétiens., avez-vous d* affection ?

,

détail

par

aimé vos

N'avez-vous pas eu

ou de la haine à cause ou de leurs infirmités ? Honorez

l'indifférence

de leurs défauts

vous

sein.

dit l'Esprit saint

,

,

honorez votre pire dans vos

paroles , dans vos actions

_,

et

tience ; si son esprit s'affaiblit

par toute sorte de pa,

supportez-le.

N'avez-vous pas été insensibles à tout ce qui regardait vos parents ? N'avez-vous pas refusé de les voir et de leur parler?... N' avez-vous pas rougi d'eux à cause de leur pauvreté?... N'en seriez-vous, pas venus aupoint de leur souhaiter la mort, parce qu'ils ne vous permettaient pas de vivre au gré de



Dieu! quel amour, quelle revos passions ? connaissance pour tant de bienfaits ! Respect. Avez-vous respecté vos parents? Ne les avez-vous pas méprisés au fond du cœur?... Ne leur avez-vous pas parlé avec mépris et trop rude-

ment Ne

Ne leur avez-vous pas dit des injures?.... avez-vous pas outragés indignement? Trem-

?....

les

blez à cet

anathème du Saint-Esprit Celui, dit-il, mère , sera puni de :

qui aura maudit son père ou sa

mort : Morte morietur. Ne leur avez-vous pas répondu d'une manière brusque et insolente ?.... Ne leur dédaigneuse avez-vous pas reproché leurs défauts ? Ne 1 \s avezxqms pas divulgués? Ne vous en etcs-vous ras ,

SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT. ?..., Ne vous êtes-vous pas

piaints au -dehors

qués de leur remontrances tions ?.... Ne les avez-vous abandonner ?... Auriez-vous que de lever la main contre qui mérite les plus terribles

247

mo-

et de leurs correcpas menacés de les été assez dénaturés

eux?

C'est

un crime

châtiments. C'est un

cas réservé. C'est ici le plus grand devoir des Jésus -Christ a voulu leur en donner en obéissant à la sainte Vierge et a l'exemple

Obéissance.

enfants.

,

saint Joseph.

Enfants, avez-vous obéi à vos parents? Leur avez-vous obéi promptement et avec joie ? N'avezvous pas cherché des prétextes pour vous dispenser d'obéir? N'avez -vous point obéi d'une manière toute

humaine

ment

?....

et

,

Enfin

pour

du châti-

la seule crainte

avez-vous obéi à vos parents

,

,

en

tout, toujours, et partout, excepté dans les choses

que Dieu défend Hélas

!

qu'ils

ciles et rebelles,

leur plaît

;

qui ne veulent faire que ce qui

qui, en dépit de leurs parents

tiennent des les

?

sont coupables ces enfant? indo-

commerces dangereux

,

entre-

fréquentent

,

jeux , les cabarets et les mauvaises compagnies,

vivant sans joug et sans discipline, n'écoutant que leurs passions et leurs fantaisies

!

Les envoie-t-on

ou aux instructions et aux oiïices de l'Eglise pour sanctifier les saints jours ils courent à leurs amusements et à leurs plaisirs. De retour à la maison ils s'excusent par des mensonges. Sont-ils convaincus et repris au lieu de s'humilier et de témoigner leur repentir, ils s'emportent avec audace ils s'émancipent à des jurements et à des imprécations. Vrais enfants de Bélial, Ils causent mille chagrins à leurs pères et mères, à confesse-,

:

,

,

:

,

,,

EXAMEN

2/i8

abrègent leurs jours , et font eux-mêmes une Ski malheureuse. Le Dieu juste qu'ils ont méconnu el outragé clans la personne de leurs parents, leur fait sentir tôt ou tard les rigueurs de sa justice et de ses vengeanges. Assistance, Avez -vous assisté vos parents dans leurs besoins dans leur pauvreté dans leur vieillesse et leurs maladies ? Ne les avez-vous point laissé souffrir , en leur refusant les choses les plus nécessaires à la vie ? N'avez-vous pas refusé de leur payer la modique pension qu'ils s'étaient réservée en se dépouillant de leurs biens en votre faveur ? Dans leur vieillesse , ne les avez-vous pas regardés comme des gens incommodes? N'avez-vous pas désiré de vous en voir bientôt débarrassés? Au lieu de les consoler par vos attentions et vos soins empressés, n'avez-vous pas fait couler leurs larmes et abrégé leurs jours ? Dans leurs maladies avez-vous eu soin de leur donner les remèdes et les secours dont ils avaient besoin?.... N'avez-vous point négligé, par une ,

,

,

fausse délicatesse et de criminels

ménagements

de leur faire recevoir les derniers sacrements de l'Eglise ? Le beau spectacle M. F. , que de voir des enfants religieux et craignant Dieu, empressés autour du lit qui les vit naître, et qui va devenir, à leurs yeux, un lit funèbre pour un père chéri



,

pour une mère tendre qu'ils avaient constamment aimés pendant leur vie ; que de les voir, dis-je commander alors à leurs larmes et à leur douleur, pour ne leur faire entendre que le langage si consolant de la. Religion que pour les entretenir de ses douces espérances , et leur ménager, par un ,

,

zèle sage et éclairé

,

ces puissantes ressources

,

ces

.,

STJfl

LE QUATRIÈME GOMMANDEMEKT. qui font de la mort ,

admirables sacrements

an triomphe pour examen. N' avez-vous

l'éternité

!

2&SJ

même

Mais revenons à notre

pas détourné vos parents

,

à la

mort,

de faire les aumônes et les restitutions nécessaires?. Après leur mort, ne les avez-vous pas totalement oubliés? Uniquement occupés de recueillir leur succession et de partager leurs dépouilles, n' avezvous pas négligé, oublié môme de prier ou de faire .

pour le repos de leur âme?.... JNTavez-vous pas négligé de remplir leurs dernières intentions qui devaient être sacrées pour vous ? — C'est là une ingratitude et une insensibilité plus que païennes. prier

Laissons à

un autre jour, M.

autres péchés que nous avons

F., l'examen des

commis contre

le

quatrième commandement. Mais, à la vue de tant de péchés que nous a reprochés celui que nous venons de faire; à l'exemple du Publicain de l'Evangile, baissons les yeux de confusion, nous sommes indignes de les lever vers le ciel; et

cœur

,~le

brisé

de douleur, frappons-nous aussi la poitrine, en disant comme ce vrai pénitent Mon Dieu Mot. Dieu! soyez-moi propice ; je suis un pêcheur , un grand !

:

Ne nous en tenons pas là. Renonçons à ces péchés , faisons-en une humble et sincère confession au ministre de Jésus-Christ, expions-les par uns véritable pénitence; et, comme le Publicain nousobtiendrons notre pardon, nous retournerons dan* nos maisons, parfaitement justifiés et réconciliésavec Dieu. Dieu nous en fasse la grâce

pécheur.

,.

!

11,

POUR LE TROISIÈME DIMANCHE DE CARÊME. A LA MESS F.

Examen sur

quatrième commandement de

le

Dieu. Suite. Confiisio palris est de filin indisciplinaîo.

d'un enfant rempii

t

La mauvaise conduite

son père de honte et de douleur. Eccli*

,

22.

ne saurais vous exprimer, M. F., la douleur et confusion dont me remplit notre jeunesse. Quoif me dis-je, voilà donc le fruit de tant de tendresse, de sollicitude et de travaux Depuis que Dieu m'a établi le pasteur de cette paroisse, je n'ai cessé d'instruire , d'exhorter , de déployer tout le zèle dont je suis capable. Les enfants, les jeunes gens, ont toujours été l'objet de mes soins les plus tendres, Je

la

!

de mes travaux les plus assidus» Et ces enfants ces jeunes gens, sont en général plus indisciplinés, plus débordés, plus impies que ceux des païens. ,

A peine ont-ils fait leur première communion, qu'ils commencent à se moquer de la religion ils ne con;

naissent plus de joug, n'écoutent plus ni père, ni

mère ni pasteur ils ne pensent qu'à leurs plaisirs, Pendant les offices, les uns courent les chemins, ou restent dans les jeux et les cabarets les autres sont ,

;

;

sur la place, autour de l'église, se livrant à la dissipation, se raillant des choses saintes. La nuit,

il

en

dans les tavernes , et qui vont ensuite porter le scandale dans les rues et au milieu de leurs familles. Les enfants n'ont d'autre occupation que file jouer, de se disputer, d'aller voler les fruits. est qui restent

Les

filles

,,du

moins , ne nous procurent-elles par

SUR LE QUATRIEME COMMANDEMENT. 2oV des consolations? Hélas la plupart ne pensent qu'à ta vanité, à la coquetterie, à la danse; elles ont un !

recherchent les jeunes gens les prepourquoi ne le dirai-je pas? jamais on n'en avait vu un aussi grand nombre fourvoyer à leur honneur. Quel déchirement pour le cœur d'un pasteur! Partagez ma douleur et ma confusion, M. C. F.; jeunes gens, jeunes personnes, qui, par votre piété et votre modestie, honorez votre Père spirituel, aidez-moi, en mêlant vos prières avec les miennes, à obtenir de Dieu la conversion de cettfr malheureuse jeunesse; aidez-moi par vos bons exemples à les ramener au devoir Dans cette vue, je vais continuer l'examen sur fc quatrième commandemcntdeBieu Père et mire, ctc Il nous reste à parler des devoirs des maîtres, de> air effronté,

mières;

et,

:

domestiques

et des inférieurs

envers leurs supé-

rieurs ecclésiastiques et civils-

Les maîtres et maîtresses doivent à leurs domespour le temporel, un honnête entretien, un

tiques, travail

modéré, une juste récompense.

Entretien. Avez-vous nourri vos

domestiques selon Ne leur avez-vou s plus nécessaires ? 11 ne

leurs besoins et leur condition?

point refusé les choses les

faut pas tes nourrir trop délicatement,

arrive dans certaines maisons

mal

comme

réglées

:

il

c'est les

accoutumer à la sensualité et à la gourmandise; et en sortent, ils ne peuvent plus se faire

lorsqu'ils

ailleurs; et de là la fainéantise, la mendicité, tous les désordres auxquels ils se livrent.

N'avez-vous pas négligé

et-

soin de vos domesNe leur avez-vous pas

le

tiques dans leurs maladies?

refusé les remèdes et les secours dont

ils

avaient

;

-•-•2'

BXAMEÎI

besoin? Pouvant les soigner clans vos maisons. n'avez-vous pas poussé l'avarice et la dureté jusque les abandonner, et jusqu'à les réduire à la triste nécessité de se retirer à l'hôpital? Ce n'est pas



ainsi qu'agit autrefois le Centenier

de l'Evangile, dont Jésus-Christ admira la foi et la charité envers son domestique malade. Travail. N'avez-vous point laissé vos domestiques



sans rien faire? C'est le plus mauvais service que vous puissiez leur rendre, puisque c'est oisifs et

ies

mettre, selon

Ne

les

le Sage, à l'école de tous les vices... avez-vous point occupés à des travaux trop pénibles et au-dessus de leurs forces? Si vous les aviez rendus malades ou infirmes, vous seriezobligés de les dédommager. Ne les avez-vous pas renvoyés pour la plus légère indisposition, et peut-être pour des maladies qu'ils ont contractées en vous servant avec trop de zèle et



d'application?....

Ne

les

avez-vous pas congédiés ils ne pouvaient

sans raison, et dans un temps où

trouver à se placer ailleurs ? Récompense. Avez-vous payé exactement les gages

de vos domestiques

et les autres

choses que vous

leur aviez promises en les prenant à votre service ?... N'avez-vous pas trop différé de les payer?.., N'avez-vous pas retenu , sous de faux prétextes , Ce sont là des péune partie de leurs gages ?



chés qui, selon. l'Ecriture, crient vengeance vers le ciel. Celai , dit le Saint-Esprit , qui prive le mercenaire de sa récompense 9 est frère de celui qui répand.le sang..

Les maîtres et maîtresses doivent à leurs domestiques la

,

pour

le spirituel, l'instruction, la

correction et

le

vigilance,

bon exemple.

Msttuclion: Avez-vous su «oin d'instruire ou, do

SUR LE QUATÏU'ÈME COMMANDEMENT. faire instruire

25f vos domestiques, et de les envoyer

aux instructions publiques?.... Avez-vous eu soin de leur apprendre vous-mêmes leurs prières et les principales vérités de la religion ? Ils sont grands, dites-vous et ils doivent être instruits. Hé! IL. F., c'est parce qu'ils sont grands, qu'ils n'osent se faire instruire , et qu'ils vivent dans une ignorance damnable. Et s'ils se perdent par votre faute vous ne serez pas innocents de leur perte. Vigilance. Avez-vous veillé sur vos domestiques comme sur vos enfants ? Examinez-vous s'ils prient Dieu soir et matin ? Le moyen de les y rendre exacts c'est de faire la prière en commun, au moins tous les soirs , et de la terminer par une bonne



,



,

,

lecture..

Examinez-vous s'ils

s'ils

fréquentent les sacrements

sanctifient les fêtes et les

dimanches

,

s'ils

,

ne

ne courent pas les cabane fréquentent pas de mauvaises compagnies , et s'il n'y a point de sortent point la nuit,

s'ils

rets, les veillées et les danses, s'ils

familiarité entre les dômes tiques d'un sexe différent?

Maîtres chrétiens, voilà vos devoirs les violer, c'est avoir renié ta foi

être pire

qu'an

>

:

les négliger

dit l'Apôtre

,.

ou

c'est

infidèle.,

Correction. Avez-vous

eu soin de reprendre

corriger vos domestiques

?

.

L' avez-vous fait

et

de

avec

douceur dont parle l'Apôtre ? la correcremède toujours amer: il faut l'adoucir,

cet esprit de tion est un si

vous voulez

le faire

aimer.

JN'avez-vous pas été de ces maîtres indolents, qui leur souffrent et passent tout sans oser les reprendre ni les corriger ? Reprenez-les fortement pour des fautes considérables ; et s'ils se montrent indociles à vos remontrances, renvoyez-les. Il ne faut pas les renvoyer pour des fautes légères ; ce serait les dér-

EXAMEN

£54

mer

religion ser

mais, pour des fautes contre la bonnes mœurs, vous devez les chas-

injustement

ou les

comme

:

des pestes publiques,

avertis charitablement S'ils

,

ils

si,

après les avoir

ne se corrigent

point,

demandent leur congé avant leur terme, et que

vous avez lieu de croire que c'est pour des raisons de conscience, ne les gênez point. Bon exempte. N'avez -vous pas donné de mauvais exemples à vos domestiques ? N'avez-vous pas proféré devant eux des mensonges, des jurements, dit des paroles déshonnêtes , fait des actions indécentes ?.... Ne leur ayez-vous pas conseillé des choses défendues par la loi de Dieu ?.... Ne les avez-vous pas rendus complices de vos intrigues de vos larcins et de vos profanations des saints ,

.

jours

?

N'avez-vous pas tâché de les séduire ? N'avez-vous pas tenté de leur enlever leur innocence? Ah il eût bien mieux valu leur ôter la vie en leur enfonçant !

,

un poignard dans le sein. Quel malheur pour un pauvre domestique que de tomber ainsi dans une maison sans religion et sans pudeur!- Domestiques, hâtez-vous de sortir de ces maisons, aussi promptement que du milieu d'un incendie. Passons aux devoirs des domestiques. Les domestiques doivent à leurs maîtres rattachement, le respect, l'obéissance et la fidélité. Attachement et respect . Avez-vous aimé vos maîtres? n'avez-vous pas eu pour eux de l'indifférence ou de la haine ? Ne les avez-vous pas servis uniquement par des motifs humains et non par des vues de religion , par un principe de conscience? Est-ce donc là aimer ses maîtres ? Les avez-vous respectés du fond du cœur ? Ne leur avez-vous point répondu avec arrogance et avec ,

,

liunicur

25'5 SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT. ?... Ne vous êtes-vous point entretenus de

Vous seriez-vous moqués d'eux domestiques ou devant les étrangers , tandis que vous deviez ménager leur réputar tion et ne jamais parler d eux qu'en termes honorables? Ne leur avez-vous pas mis le marché à la main leurs défauts

devant

?

les autres

,

,

sous prétexte qu'ils avaient besoin de vos services?... Ne leur avez-vous pas témoigné votre mécontentement par des paroles de mépris ou par des gestes



menaçants ? C'est là un défaut qui n'est pas rare parmi les domestiques qui sont anciens dans une maison qui s'estiment autant et souvent plus que ,

maîtres et qui semblent avoir oublié qu'ils sont domestiques. Hélas on ne voit presque plus aujourd'hui que des domestiques sans respect , sans affection pour les maîtres ingrats et méchants 9 qui, tout en mangeant le pain de leurs maîtres , ne de publier rougissent pas de les décrier partout les

,,

!

;

,

leurs faiblesses et leurs défauts leurs querelles ; de révéler

,

leurs divisions et

même

les secrets des fa-

milles, au mépris de toutes les

lois.

Aveugles, qui

ne voient pas qu'ils se décrient eux-mêmes, et qui donnent à conclure à tous ceux qui les entendent, qu'ils sont assurément de bien mauvais sujets! Obéissance et fidélité. Avez-vous obéi à vos maîtres même les plus fâcheux ? Avez-vous obéi promptement et de bonne grâce ? N'avez-vous pas différé ou renvoyé à d'autres ce qui vous était commandé? Avez-vous obéi toujours , en tout et par,

excepté dans les choses contraires à la loi de Dieu ? Avez-vous été fidèles en tout à vos maîtres ? C'est ici votre grand devoir. N'avez-vous rien dérobé y sou» prétexte que c'était peu de ebose ou que voj

tout

,

,.

258 EXAMEN gages n'étaient pas assez forts?— Si vous n'êtes pas contents vous pouvez vous expliquer, et lorsque votre temps sera fini , vous pourrez voir ailleurs mais, en attendant , c'est crime à vous de prendre quoi que ce soit. Le larcin, qui est défendu à toutes sortes de personnes , l'est bien plus rigoureusement aux domestiques, et puni avec bien plus de :

é vérité.

N'ayez-vous pas menti tres? C'est

impudemment

à vos

une justice que vous leur devez

,

maî-

d'être

vrais dans toutes vos paroles.

N'avez-vous pas fait l'aumône du bien de vos maîà leur insu et contre leur ordre ? N'avez-vous pas donné ou prêté leurs meubles ? leurs denrées , sans leur permission ?.... N'avez-vous pas fait boire et manger vos parents , vos amis , sans y tres

,

main aux autres domestiques ou aux enfants de la maison ? Vous répondrez de leurs injustices ; votre devoir était être autorisés ? Àvez-vous prêté la



d'avertir.

N'avez-vous pas perdu votre temps en l'absence de vos maîtres ? C'est un vol dont vous répondrez devant Dieu... Avez-vous eu soin que rien ne se gâtât ni ne périclitât? JS'avez-vous point troublé la paix du ménage par de mauvais rapports ? N'avez-vous point indisposé vos maîtres contre les autres domestiques, en faisant des plaintes

mal

à propos?.... N'avez-vous point

temps et sans raison par caprice ou par vengeance ? Mais si c'était par des motifs de conscience , et que votre salut y fût intéressé, non-seulement vous pouviez, mais vous deviez encore en sortir bien vite, après* avoir pris conseil d'un directeur sage et éclairé., 11 reste à palier des devoirs des époux, et des in* teneurs envers leurs supérieurs. quitté vos maîtres avant le

,

,

SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT.

557

Devoirs des époux. Les personnes mariées se doivent mutuellement un amcur sincère , chaste et Il n'appartient qu'à un pareil amour de répandre sur leur union des douceurs et des charmes toujours nouveaux. Si la femme doit être aimante respectueuse et soumise * le mari doit en agir avec elle non avec empire, dureté, hauteur mais avec une autorité assaisonnée de douceur, de discrétion et de tendresse. Epoux chrétiens , puissiez-vous n'oublier jamais ces sages leçons

chrétien.

,

,

!

Ces principes supposés , n'avez-vous pas donné lieu à des querelles journalières, à des éclats , à des ruptures scandaleuses? Il n'est pas rare, dans ces jours mauvais

mains

,

do voir des maris colères et inhuni égard pour ,

,

qui n'ont ni considération

leurs épouses

;

qui les regardent

comme

des escla-

ves, qui les maltraitent jusque dans leur grossesse.

Quelle indignité

trouve des

!

quelle horreur

femmes

!

Mais aussi

qui n'ont ni respect, ni

gement pour leurs maris

;

,

il

se

ména-

qui les chicanent pour

à bout par leurs reproches et par les injures les plus grossières. Quelle religion ! Ne vous êtes-vous point laissé aller à une basse jalousie? C'est le moyen devons rendre malheureux l'un et l'autre. Avez-vous traité le mariage avec honneur? Avezvous respecté les bornes de là chasteté conjugale ?

des riens, les irritent, les poussent



N' avez-vous

pas craint d'avoir trop d'enfants

Ces deux mois doivent

?



suffire.

N'avez-vous point donné lieu à des soupçons fâcheux par des conversations, des assiduités et des visites indiscrètes ? Quand on n'est pas marié, ,



EXAMEN

Î53 les

familiarités

quand on

est

sont toujours criminelles

engagé dans

le

mariage,

;

mais

elles le sont

mille fois davantage.

Avez-vous vécu dans une parfaite intelligence ? Avez-vous pris conseil l'un de l'autre dans vos affaires ? Avez-vous eu soin de vous les communiquer? C'est une confiance que vous vous devez mutuellement. Vous êtes-vous encouragés l'un l'autre à la piété, à la vertu? Avez-vous supporté patiemment vos défauts? Avez-vous eu soin de vous consoler et de vous assister dans vos peines et dans vos maladies? Une maison où régnent l'union, la concorde et la paix, est une image du ciel ; mais une maison de discorde est un enfer anticipé. Devons envers les ministres de la religion. Chrétiens , vos pasteurs sont vos pères spirituels, vos



juges, vos médecins C'est par

baptême

,

vos guides

,

vos bienfaiteurs.

eux que vous avez été arrachés ,

à la puissance des ténèbres

rés dans le

,.

,

dans

le

et tran -fé-

royaume de Jésus -Christ. Ce sont eux

qui vous rompent

le pain de la parole de Dieu dans de vérité, et vous distribuent le pain de vie à la table du Seigneur ; qui offrent tous les jours le grand sacrifice de l'autel pour vos besoins et pour l'expiation de vos péchés ; qui n'usent du pouvoir de lier et de délier, que pour purifier vos consciences, et vous rendre la vie de la grâce que vous aviez perdue. Enfin, ce sont eux qui accourent auprès de votre lit de douleurs , font couler l'huile sainte sur vos membres déjà glacés par le froid de la mort, achèvent de purifier votre âme , vous prémunissent contre les tentations de l'ennemi du salut, sanctifient vos maux, en y répandant le baume de la patience et de la résignation chrétienne, et portent

la chaire

,

SUR LE QUATRIÈME COMMANDEMENT. 2a3 jusqu'au fond de votre âme la douce confiance qui doit faciliter votre dernier sacrifice. Les honorer , en conséquence, les respecter, les

écouter avec docilité, les consoler avec confiance,

même

leur obéir comme à Dieu

,

tels

sont les devoirs

reconnaissance vous imposent envers eux.... Les avez-vous remplis?... Quel sujet

que

la religion et la

d'examen

!...

Devoirs envers

le

rot et les magistrats.

Toute puissance vient de Dieu : résister aux puissances, c'est encourir la plus terrible condamnaparce qu'on se révolte contre Dieu même, tion ,

qui les a établies.

En conséquence de ce principe de l'Evangile avez-vous honoré, respecté les puissances qui vous gouvernent, point

mal

Roi de son

soit le

les dépositaires

,

soit les

magistrats qui sont

autorité?.... N'en avez-vous

parlé, ou souffert qu'on en parlât

devant vous

mal

N'avcz-vous pas tenu des propos séditieux, qui pouvaient porter les autres à la révolte?....

des

Ne

?....

les

avez-vous pas maudits, à raison

maux que vous

souffriez ?

Leur avez-vous payé le tribut, réglés par la loi? Jésus-Christ en et le précepte sari....

:

Reddite erg à quee

et tous les

impôts

donné l'exemple s tint Cœsaris Cœ-

a

Leur avez-vous obéi en tout, excepté dans

choses contraires à la loi de Dieu. Avez-vous prié pour les puissances?.... Leur avezvous rendu le respect et la soumission qui leur sont dus, selon les règles de la Religion et de la conscience? Les premiers chrétiens, nos pères dans

les



soumis aux empereurs païens, pour eux dans le temps même qu'il les égorgeaient. Mais en rendant aux Césars ce qui leur était dû, ils se montrèrent encore plus jaloux de

la foi, furent toujours

et priaient

2ttT

EXAMEN

rendre à Dieu ce qui

lui appartient, et ils

surent

aussi mourir pour leur Religion, plutôt que d'en

enfreindre les

Hélas

!

lois.

que de péchés dont nous nous sans y avoir jamais Jetons-nous au pied de la croix , et

M. F.

,

sommes rendus coupables, bien pensé

!

yeux baignés de larmes, et le cœur pénétré de la plus vive douleur, implorons tous ensemble la miséricorde de notre Dieu dites-lui avec moi Voilà bien des péchés, ô mon Dieu î dont je me là

,

les

:

;

trouve coupable après cet

examen

;

ils

sont en aussi

cheveux de ma tête. Que deviendrai-je Seigneur, si vous entrez en jugement avec moi? Nul vivant ne trouverait grâce devant vous si vous le traitiez selon ses péchés mais usez d'une miséricorde singulière envers moi, parce que vous êtes mon Sauveur, la miséricorde même, et que je ne suis que faiblesse. Tous ces péchés,, que j'ai commis contre vous et centre grand nombre que

les

,

,

;

condamne et je les déteste; moyennant votre sainte grâce de

votre sainte loi, je les je

promets

les

,

,

éviter à l'avenir

,

et de les expier

par les

larmes et par les œuvres de la pénitence. Et c'est en conséquence de ces résolutions et de ces sentiments r que j'ai recours à vous avec confiance, ô mon Sauveur réconciliez-moi avec votre Père !

;

présentez-moi à lui, tout couvert de votre sang; conduisez-moi au pied du trône delà grâce: j'y trouverai miséricorde , je l'espère sur votre parole ; j'y trouverai tous les secours dont j'ai besoin pour accomplir toute justice après mètre livré sans réserve à l'iniquité; j'y trouverai et la volonté et la force qui me sont nécessaires pour passer, dans la piété et l'accomplissement de tous

mes

devoirs

,

une vie que mes péchés ont rendue^ si

,

SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT. 2G1 malheureuse c'est par-là que je mériterai le bonheur de vous louer et de vous aimer dans l'éternité. :

Ainsi

soit-il.

Jt>L2JL2JL2JL2JL2JL2JL2JiJL2JL2JL^^

AJL2J2.iL2.JL2.JliL2JJ.JlJl

A VÊPRES. Examen sur

le

cinquième commandement de Dieu

et sur les sept

péchés capitaux.

Ornnes enim nos mani/estari oportet ante tribunal Christi. faut

que nous comparaissions tous devant

le tribunal

Il

de Jésus-

Christ. // Cor.

Qu'il sera terrible, M. F. , ce dernier spectacle auquel nous assisterons tous à la fin des jours Qu'elle sera contusionnante la manifestation des !

pécheurs qui se seront dissimulés à eux-mêmes et qui auront dissimulé leurs crimes au tribunal de la Pénitence, lorsqu'au grand jour des vengeances le souverain Juge , sortant de son secret, les dévoilera, d'abord à leurs propres yeux, et les produira ensuite à la face de l'univers rassemblé et, d'une voix foudroyante , leur adressera ces terribles paroles Pécheur orgueilleux, tu t'imaginais que je dissimulerais comme toi tes désordres et tes crimes; en vain t'avais-je fait dire par mes Prophètes , qu'il viendrait un jour où je les manifesterais moi-même aux yeux de tout l'univers tu t'en étais moqué hé bien ! il est enfin arrivé, ce jour auquel tu n'avais jamais voulu croire. Les voilà ces crimes que tu pouvais expier par un humble aveu et par les larmes de la pénitence ; ils vivent encore, et ils vivront à jamais pour te couvrir d'une confusion éternelle et aggraver les supplices qui ,

,

:

;

:

,

leur sont réservés.

,

'Î6V

EXAMEN

2

Ah! M.

F.

si

,

un Ange

,

paraissant

ici tout-à*

coup à ma place manifestait dans ce moment les crimes de celui d'entre vous qui est le plus coupable, sans doute qu'il expirerait, à vos yeux, de honte et de confusion. .Cependant sa honte ne serait connue que d'un petit nombre de témoins qui , au lieu de l'accabler de reproches s'attendriraient sur son malheur. Mais, au grand jour de la révélation de tous les crimes, la confusion des pécheurs sera publique et universelle ; tout l'univers s'élèvera contre lui insultera à son malheur ; et lui-même, dans son désespoir, conjurera les mon,

,

,

,

tagnes de tomber sur sa tête et de l'écraser sous leurs ruines

pour

,

le

dérober à cette affreuse

confusion. éviter ce malheur? il en est examinez-vous sérieusement; montrez-vous ensuite à l'homme de Dieu, tels que vous êtes tels que vous vous connaissez vous-mêmes. >ie cachez rien ne déguisez rien dans votre confession. Comme de tous les péchés il n'en est point sur lesquels on s'examine plus négligemment que sur ceux qui se commettent contre le cinquième commandement, c'est sur celui-là que nous ferons aujourd'hui notre examen. Faisons -le, M. F., comme si nous devions paraître à l'instant même devant le tribunal de Jésus-Christ.

Voulez-vous, M. F.

temps encore

,

:

,'

,

Le cinquième commandement de Dieu Homicide nous défeml non-seulement de donner la mort, mais encore de nuire au prochain dans son corps ou dans son âme de le haïr, de s'en venger, de le laisser souffrir, et :

point ne seras de fait ni volontairement

_,

;

de le scandaliser.

,

SUR LE CINQUIÈME COMM ANDEMEN /. 265 Et d'abord, n'avez-vous pas entretenu volontairement dans votre cœur des haines, des inimitiés

contre votre prochain

?

du mal à vos ennemis

?

joui de leurs disgrâces

?

N'avez- vous pas

souhaité

Ne vous êtes-vous pas réNe leur avez-vous pas sou-

mort? Ne la leur avez-vous pas procurée par quelques moyens perfides? Ne vous êtes-vous pas souhaité la mort à voushaité la

même? N'avez-vous

— M.

F.

,

tations et

pas tenté de vous la procurer?

mort pour être délivré des tendu malheur d'oiFenser Dieu, pour être

désirer la

réuni à Jésus-Christ avec tous les hienheureux c'est le saint désir et la

cette terre d'exil;

vertu des âmes justes dans la mort par colère,

mais désirer

par lâcheté ou par désespoir,

et, à

plus forte raison,

se la donner, c'est le plus grand et le dernier des

— N'avez-vous pas eu pensée de vous noyer, de vous précipiter? En entretenant une pareille pensée dans votre esprit, dit saint Augustin , vous avez donné la mort à votre âme. crimes,, c'est celui de Judas»



la

N'avez-vous pas souhaité la mort à vos enfants, dans des chagrins domestiques? Je ne parlerai point ici de ces mères , de ces nourrices qui s'exposent au danger de se rendre homicides de leurs enfants, en les faisant coucher avec elles avant l'an et le jour ; je ne parlerai pas de celles qui ne se ménagent point dans leur grossesse, qui provoquent les accidents les plus fâcheux en travaillant avec excès, en se livrant à des emportements ou à des divertissements trop violents. Je ne parlerai point de ces maris brutaux et inhumains qui maltraitent leurs épouses , lorsqu'ils devraient avoir pour elles les plus grands ménagements ; je ne parlerai pas non plus de ces malheureuses créatures qui, pour



,

,

EXÀMEff

5KΣt

cacherauxyeux du monde leur déshonneur, tentent des moyens pour faire périr leur fruit; ni de ceux qui les aident clans ce crime, quelle horreur î qui périr les corps, et précipite les âmes au fond

fait

des enfers. N'avez-vous point laissé souffrir votre prochain , pouvant le soulager ? N'avez-vous pas négligé de Refuser de les assisfaire l'aumône aux pauvres ?



ter, disent les Pères, c'est se rendre coupable de

leur mort: Nonpavisti;occidisti.

— N'avez-vous pas

l'aumône à contre cœur et en murmurant? N'avez-vous pas diminué vos aumônes dans des temps de calamités, lorsqu'il fallait au contraire les redoubler? Dans les misères ordinaires et communes, vous devez aux pauvres votre superflu, c'est-à-dire tout ce qui ne vous est pas nécessaire pour vivre honnêtement dans votre condition mais dans les calamités extraordinaires, vous devez prendre même sur votre nécessaire, et redoubler vos aumônes. Ne vous êtes-vous point mis hors d'état de faire l'aumône, en consumant votre bien au jeu, par la bonne chère et la vanité?... N'avezvous pas cru que le devoir de l'aumône n'était que pour les riches ? Ne vous y trompez pas , M. F. c'est un devoir qui regarde tout le monde ceux qui ont beaucoup doivent donner beaucoup et ceux qui ont peu doivent donner de ce peu, et le donner de bon cœur. N'avez-vous pas négligé l'aumône spirituelle, les œuvres de miséricorde? Et c'est ici un devoir dont personne ne peut être dispensé.... N'avez-vous pas négligé d'instruire les ignorants surtout ceux qui sont sous votre dépendance ? N'avez-vous pas négligé de visiter les malades, de consoler les aflîigés, et de leur procurer tous les secours qui pouvaient fait



;





:

,



,

adoucir

îa

rigueur de leurs peines?

265 SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT. N'avez-vous pas négligé de remédier à certains désordres, en n'avertissant pas les parents, les maîtres et les autres supérieurs qui pouvaient arrêter le mal? Il n'est rien sur quoi nous serons plus

rigoureusement examinés

,

que sur

les

œuvres de

miséricorde, et rien sur quoi Ton s'examine moins. Les pauvres souffrent, et on les laisse souffrir; s'impatientent, le

se

temps

et

ils

murmurent,

pour l'éternité,

et

on

ils

les laisse périr

croit charitable sans charité,

ils

périssent pour ;

on

et l'on espère

chemin qu'a suivi mauvais riche, et qui mène à l'enfer. Ahî Seigneur, augmentez notre fol. Ne vous ôtes-vous point vengé de votre prochain? N'avez-vous point porté les autres à la vengeance? Ne les avez-vous point portés à faire des informaarriver à la céleste patrie par le

le

tions, et à plaider?

— Rien de plus commun, aujour-

que ces conseillers d'enfer, qui ne se plaisent que dans la dissension et dans le désordre. N'avez-vous pas entretenu dans votre esprit et dans votre cœur des pensées et des désirs de vengeance? N'avez-vous pas médité des paroles d'injures, des d'hui,



reparties piquantes? N'avez-vous pas refusé de faire

paix avec vos ennemis? N'avez-vous pas évité de vous trouver avec eux, de les saluer? Ne les avezvous pas injuriés, frappés, maltraités, au point de les rendre malades à ne pouvoir travailler? Dans ce cas, vous seriez obligé de les dédommager. Parlons maintenant du scandale. Oh quelle matière la



1

u'exameu l

Celui qui donne le scandale, c'est-à-dire

le

mau-

exemple, se rend homicide des âmes qui ont Ole rachetées du sang de Jésus-Christ, et c'est lo tome vu. 12

vais

EXAMEN

266

péché de tous les états et

les

âges, de tous les temps, detôns

de tous les lieux. Cependant c'est le péché

moins connu, qu'on confesse le pins mal si toutefois on le confesse et qu'on répare encore plus mal. N'avez-vous point donné de scandale dans votre Hélas! on voit tous les jours des enfants enfance ? qui s'apprennent le mal avant de le connaître qui commettent entre eux les immodesties les plus graves, qui ne s'en confessent ni dans l'enfance, ni dans un âge plus avancé , par ignorance ou par honte, et qui meurent couverts de sacrilèges. N'avez-vous point donné de scandale dans votre Hélas! il suffît de nommer cet âge, pour jeunesse? se former l'idée de tous les scandales! N'avezle

,

,



,





vous pas été,

sans joug, sans discipline, sans frein, sans respect, sans soumission pouryos

parents

?....

à cet âge,

N'avez-vous pas

,

à tout

moment, pro-

féré des paroles obscènes, des chansons impures

,

des jurements et des imprécations?.... N'avez-vous

pas couru avec une espèce de fureur dans toutes les occasions de péchés les plus dangereuses ? N'avezvous pas passé les nuits dans les cafés, dans les cabarets, les faisant retentir de jurements, de chansons impures , de propos impies ?.... N'avez-vous pas foulé aux pieds toutes les règles de la modestie et de la pudeur , en prenant ou en voulant prendre des libertés criminelles sur des personnes du sexe, même aux yeux du public?— Caria corruption de ce siècle pervers est montée à un tel excès , que les libertins ne sont plus retenus par aucune considération: ils ne sauraient plus rencontrer une per-

sonne du sexe sans lui tenir les propos les plus indécents souvent même sans tenter les familia;

rités les

plus criminelles, et qui auraient

d'honnêtes païens.

fait

rougir

267 SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT. N'avez-vous pas donné des scandales dans un âge plus avancé?.... N'avez-vous pas donné le scandale

de l'orgueil, ne voulant céder à personne, ne voucourant à la ven, geance pour la moindre parole , ne respirant que

lant rien souffrir de personne

qu'imprécations , que mort pour le menaces moindre outrage ? Quel christianisme quelle inhumanité :| N'avez-vous pas donné îe scandale d'avarice ne louant que les riches, méprisant les pauvres, insul,

,

!

!

,

tant à leur misère

plaçant vos fonds

aucun des épouse

,

,

faisant des contrats usuraires

en retirant des intérêts

,

sans

par l'Eglise; laissant une nécessaire ?

titres exigés

et des enfants

,

manquer du

N'avez-vous pas donné le scandale de luxure, di, à double sens , con-

sant des paroles équivoques traires à la

pudeur; vous émancipant

qui font rougir le crime

peut-être pas rougi

même,

et

vous-même

à des libertés dont vous n'avez

;

souffrant dans

votre maison des rassemblements, des danses, des

fréquentations, qui donnent lieu à des soupçons et à des jugements qui ne sont peut-être pas téméraires apprenant à déjeunes personnes le mal qu'elles C'est là un crime qui crie ne connaissaient pas? vengeance vers le trône de Dieu. N'avez-vous pas donné le scandale d'envie, décriant par jalousie des personnes de votre profesqui étaient plus accréditées que vous ; désion criant leurs marchandises et leurs ouvrages , pour détourner les acheteurs ; raillant et tournant en ridicule la piété des gens de bien , les accusant ;



,

d'hypocrisie ?

N'avez-vous pas donné le scandale de gourmandise et de

débauche, passant

les nuits, et le

des saints ofîices dans les cabarets

;

temps

paraissant ivre 12.



,

EXAMEN

568

dans

dans votre maison; provoquant les autres à boire , disant qu'il n'y avait pas de mal, et que vous ne pouvez faire vos affaires autrement? Malheureux vous feriez bien mieux vos affaires, en ne paraissant jamais dans les cabarets tel n'a pas du pain à manger, qui aurait du blé à vendre, s'il ne courait pas tous les cabarets de la paroisse. N'avez- vous pas donné le scandale de colère, paraissant furieux dans votre famille , comme une bête féroce; faisant pâlir une malheureuse épouse et de pauvres enfants , et les maltraitant sans les rues,

!

:

raison

?

N'avez-vous point donné

le

scandale de paresse

ne donnant presque aucune marque de piété et de religion ; ne priant presque jamais le soir ni le matin indifférent sur toutes les religions , tous les cultes, demeurant des années entières sans approcher des sacrements; manquant souvent la messe, ;

presque toujours les vêpres ; passant les journées entières à ne rien faire ou à faire le mal ? Quelle vie pour un chrétien qui s'est engagé, dans le baptême, d'une manière si solennelle , à porter et

,

sa croix cl

chaque jour,

et à

mener une

vie pénitente

laborieuse!

N'avez-vous pas donné de scandale en hiver, pencomment se passentdant les soirées ? Hélas elles ? ne dirait-on pas qu'on ne se réunit que pour faire la guerre à la pudeur et à la charité , par des propos libres , des chansons profanes , et par des



!

conversations pleines de médisances

lomnies

et de ca-

?

N'avez-vous pas donné de scandale en carnaval ? ici le temps et les jours de scandale, où l'on rougit de paraître homme et chrétien. N'avez-vous

— C'est

pas, dans ces jours malheureux, levé l'étendard du

SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT,

premier le premier

libertinage? N'avez-vous pas été le

certer des parties scandaleuses

,

déguiser et à faire déguiser les autres

?

269

convous

à à

N'avez-vous

point prêté vos habits , vos maisons , favorisé ces divertissements criminels , ces déguisements scan-

daleux ? La femme s dit l'esprit de Dieu ne prendra point r habit de L'homme , ni V homme celai de la femme : car celui qui le fait est abominable devant ,

Dieu. Je

ne

du scandale des apports oh nombrer tous les crimes qui s'y com-

dis rien ici

qui pourrait

:

!

mettent, tous les désordres qui en résultent? estrien de plus insultant à la religion et aux bonnes

il

mœurs? donné de scandale en carême ? ouvertement la loi de l'abstinence et du jeûne ? Ne l'avez-vous point fait violer aux autres sans raison, et par une civilité mal entenN'avez- vous pas

Is'avez-vous pas violé

due ?.... N'avez-vous pas laissé vos enfants et vos domestiques vivre à leur fantaisie, sans les avertir de l'obligation où ils étaient de faire abstinence et de jeûner? N'avez-vous pas laissé passer le temps pascal sans vous approcher des sacrements, malgré les anathèmes de l'Eglise? N'avez-vous point donné de scandale en été? n'avez-vous point paru avec des habits peu décents sous prétexte de chaleur? Ne vous êtes-vous point baigné sans précaution et d'une manière scandaleuse? Hélas! M. F. , combien de personnes qui, en punition de pareils scandales sont ensevelis dans les eaux, et, incontinent après, dans les flammes ,

,

éternelles!

N'avez-vous point donné de scandale en automne, dans le temps des moissons et des vendanges ? C'est une chose qui fait gémir, que de voir combien



EXAMEN 270 de crimes se commettent alors

! Tels et telles qui ont porté leur innocence clans les campagnes , qui en reviennent avec une conscience chargée de crimes. N'est-il pas aussi étonnant, et plus éton-

nant encore, que clans le temps même où la divine Providence nous comble cle ses biens, et remplit nos mains de ses bienfaits au lieu de l'en remercier et de l'en bénir on se livre aux plus coupables excès , paroles obscènes, familiarités indécentes? Et ne sont-ce pas ces excès et ces scandales qui attirent si souvent les lléaux du ciel sur les biens de la terre? M. F., soyons reconnaissants envers la Providence, édifions nos frères, el Dieu répandra ses bénédictions sur nos champs et dans nos maisons. N'avez-vous pas donné le scandale de l'irréligion et de l'impiété? JN'avez-vous pa^ déclamé contre la ,

Religion? N'avez-vous pas prêté tous les serments

qu'on exigeait, pour en consommer la ruine? N'avez-vous pas calomnié, décrié les missionnaires et tous les prêtres zélés et fidèles? M'avez-vous pas détourné cle la confession et des sacrements ceux qui voulaient y recourir? jN'avez-vous pas dit Que veux-tu aller chercher auprès de ces prêtres? ils écouteront tes péchés, et te renverront sans abso:



que nous serions bien malheusi, après avoir offensé Dieu, il n'y avait plus cle pardon à espérer, plus de bon ministre qui voulût nous réconcilier avec Dieu. Mais non, vous n'avez qu'une chose à craindre, c'est de n'être pas bien convertis, de n'être pas suffisamment disposés: car si vous l'êtes véritablement, et que vous en donniez des marques certaines, soyez assurés que votre confesseur n'aura pas de plus douce consolation que cle vous réconcilier avçc Dieu; et que, loin cle vous rebuter en CuS que lution.

Il

est vrai

reux, vous et moi,

SUR LE CINQUIÈME COMMANDEMENT* 271 vous ne fussiez pas encore bien disposés, il n'oubliera rien pour vous mettre en état de recevoir un jour le bienfait de l'absolution. Mais vous ne voudriez pas qu'un confesseur, au lieu de vous aider à sortir de l'abîme de vos péchés, vous y enfonçât davantage qu'au lieu de vous remettre dans le bon chemin, il vous égarât de plus en plus qu'au lieu de vous rouvrir le ciel, il vous précipitât au fond des enfers, par une absolution prématurée. N'avez-vous pas donné le scandale de paroles, donnant de mauvais conseils, portant des enfants de famille à voler leurs parents , des domestiques à se payer de leurs mains?.... N'avez-vous pas donné le scandale de silence, vous taisant quand vous étiez obligés de parler? N'avez-vous point souffert, par respect humain, qu'on ait mal parlé de la religion en votre présence, qu'on ait tenu des discours trop libres , qu'on ait fait des médisances que vous auriez pu et dû empêcher? N'avez-vous pas négligé d'avertir un père, une mère, une maîtresse, des désordres auxquels ils devaient remédier, sous le frivole prétexte que vous ne vouliez pas vous faire des ennemis comme si le zèle de la gloire de Dieu De devait pas l'emporter sur toute autre considé;

;

;

ration?

Hélas! M. F., que de scandales, que d'homicides vous n'avez peut-être jamais

spirituels, auxquels

bien pensé, dont vous ne vous êtes pas confessés, et que vous n'avez jamais entrepris de réparer!



Uéfléchissez-y donc enfin

;

mettez ordre

à tout cela,

vous ne voulez pas être condamnés lorsque le souverain Juge vous appellera à son redoutable

si

tribunal; Dieu vous en fasse la grâce!

EXAMEN

272

TOUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME A LA MESSE.

Examen sur

les sixième et

neuvième comman-

dements de Dieu. Beau mùn'do

ccrde. Bienheureux ceux qui ont le

cœur

pi r

S. Mauh.y éï

La chasteté, M. F., est un don de Dieu; et c'est une grande grâce que de savoir que ce don vient de lui. La chasteté est une vertu céleste, qui élève l'homme au-dessus de lui-même, le rend déjà

semblable aux anges

,

et digne

de toutes les com-

plaisances du Dieu trois fois saint. La chasteté

fait

bonheur de l'homme, par embellit son âme, par les dé-

ici-bas la gloire et le

l'innocence dont elle

dont elle le fait jouir , par la paix profonde qu'elle entretient clans son cœur, par cette pudeur timide cette modestie simple et délicate qui répand sur sa personne tant de grâces et d'amabilités , qui lui concilie la vénération et l'estime des gens de bien , force les libertins eux-mêmes au respect et à l'admiration ; et enfin par la douce espérance qu'elle lui donne de voir un jour Dieu face à face Ipsi Deum videbunU Pour connaître la beauté et l'excellence de cette vertu , il suffît de penser que Dieu a choisi la plus pure des vierges pour en faire la digne mère de son Fils. Delà, M. F. les deux commandements de Dieu Luxurieux point ne seras de corps ni de consentement : lices intérieures

,

:

,

:

L'œuvre de chair ne désireras qu'en mariage seulement. Ces deux commandements no^is ordonnent

,

SUR LE SIXIÈME COMMANDEMENT.

273

dans nos pensées, dans nos désirs dans ncs regards dans nos paroles et dans nos d'être chastes

,

nous défendent tout ce qui peut souiller notre esprit, notre cœur, nos yeux, nos oreilles, notre langue, nos pieds, nos mains, toutes et tous les sens de les puissances de notre âme actions

;

et ils

,

notre corps. , renouvelez toute votre attention, car péché qui suivant tous les saints Docteurs, entraîne plus d'âmes dans les enfers que tous les autres péchés ensemble voici le péché que Ton est plus tenté de cacher ou de déguiser en confession. U n'en est donc point sur quoi il soit plus nécessaire de faire notre examon. Rassurez-vous néanmoins âmes vertueuses et pures ; vous n'entendrez rien ici qui puisse alarmer votre pudeur, ni blesser vos oreilles chastes.

Ici,

M. F.

voici le

,

;

,

Je ne parlerai peint

ici

de ces crimes grossiers

monstrueux que saint Paul nous défend de nommer. Je veux taire ces péchés qui , du temps des Apôtres mirent toute une Eglise en deuil, et attirèrent sur son auteur la plus terrible condamnation. Je veux taire ces crimes détestables qui du temps d'Abraham et de Loth mirent le ciel dans Pélonnement, firent descendre Dieu lui-même de son trône , pour en exterminer les auteurs , et attirèrent une pluie de >oufre et de feu sur cinq villes entières, qui furent dévorées et réduites en cendres avec leurs criminels habitants. Je veux taire ces crimes monstrueux qui seraient capables d'effacer le caractère môme du Baptême , et de changer 1 homme en bête, si le caractère du chrétien n'était et

,

,

,

,

UîciTaçable

,

et si

l'âme de l'homme n'était immor12..

,

EXAMEN

574 telle.

rent

Je veux taire ces crimes funestes qui prépala

ruine et

le

déshonneur des familles; qui

sont la source de tant de vandales, et

la

cause

la

plus ordinaire des fléaux et des calamités dont Dieu

Ceux qui ont donné dans de padésordres n'ont pas besoin qu'on les leur rappelle leur conscience leur eu dit assez par son agitation et ses remords. Je me bornerai donc ici à

châtie son peuple. reilles

:

ces fautes moins grossières, et sur lesquelles

il

est

plus facile de se faire illusion. Illusion, pensées, paroles, regards, actions, circonstances, occasions,

énormité tels sont les articles que nous allons parcourir successivement. Illusion. Vavez-vous point été dans cette illusion, qu'on ne pèche point conire le 6 e commandement quand on est seul? —Hélas! M. F., combien de malheureux sont damnés pour les péchés qu'ils ont commis en particulier; les uns, parce qu'ils ne s'en sont jamais confessés; les autres, parce qu'ils ont persévéi \ usqu'à la mort dans leurs funestes :

habitudes

!

N'avez-vous pas Ole dans cette autre illusion, qu'on n'est pas obligé à tant de réserve, lorsqu'on se voit dans l'inlmtion de s'établir, et qu'on est Quoi donc! M. F. y aurait-il moins déjà fiancé ? de précautions à prendre, lorsque le danger est lorsqu'une imprudente affection a plus grand ouvert toutes les portes du cœur et des sens; lorsque l'esprit impur redouble ses efforts pour vous



,

;

enlever votre innocence ? C'est là le vrai moyen d'attirer toutes les malédictions sur son mariage.

N'avez-vous pas été dans cette illusion encore , Non , non est permis dans le mariage ? M. F. ; et faites-y bien attention , je vous prie. Il belle y a la chasteté des vierges , qui est la plus

que tout



,

SUR LE SIXIÈME COMMANDEMENT,

27^>

des vertus, qui nous rend semblables aux Anges à la

sainte

Mère de Dieu,

à

Dieu lui-même,

,

et qui

donne droit de suivre l'Agneau sans tache partout où il va il y a encore la chasteté des veuves qui ont renoncé, par religion, aux secondes noces, ;

la continence mais il y a aussi la chasteté des personnes mariées chasteté qui honore le machasriage, et respecte la sainteté du lit nuptial teté qui commande à la passion, qui en modère la fougue, et qui n'obéit qu'au penchant légitime et sans cette chasteté que chacun doit garder dans son état, il est de foi qu'on ne verra jamais Dieu. N'avez-vous pas été dans c<;Ue dernière illusion c qu'il n'y a de péché contre le G commandement que quand il y a des actions extérieures et grosNon M. F., ei comprenez- le bien il sières? n'est pas nécessaire, pour perdre son innocence et mériter l'enfer, de faire aucune action extérieure; il n'est pas même nécessaire de le désirer: la seule pensée, lorsqu'on s'y arrête vclontairement lorsqu'on s'y complaît et qu'on y consent est capable de nous damner et Jésus-Christ nous avertit, dans l'Evangile qu'un seul regard peut déjà nous rendre coupables du crime d'adultère: Jammœcliatus est eam in corde su o. Pensées» Ne vous êles-vous point arrêtés volontairement à des pensées contraires à la pudeur ?.... Ne les avez-vous point provoquées en rappelant à votre souvenir des songes, des discours, des images et des actions impures et criminelles?.... Ces mauvaises pensées n'ont-elles pas eu des suites fâcheuses, qui ont été le funeste résultat des impressions malheureuses qu'elles avaient produites? Car il n'est pas rare de trouver des personnes

chasteté qui ]cs oblige de vivre dans la

plus parfaite

:

:

;

:

,



:

,

,

;

,

,



EXAMEN

276

qui s'accusent seulement d'avoir eu de mauvaises

pensées tandis qu'elles ont commis les plus graves immodesties. N'avez-vous point désiré de voir, d'entendre , ou de faire des actions contraires à la pudeur ? S'il eu est ainsi, vous avez commis le péché dans le N'avez-vous pas eu trop d'attachement et cœur. ,





pour certaines personnes? N'en avezvous pas été occupés le jour, la nuit, partout? N'avez-vous pas désiré les voir, leur parler , vous

d'affection

trouver en leur compagnie ? Quand d'ailleurs vous ne feriez aucun mal, n'en est-ce pas déjà un assez grand, que de livrer ainsi votre

cœur

à la

créature ? Regards. N'avez-vous pas porté des regards trop libres sur vous-mêmes, sur des enfants, sur des

animaux, sur des tableaux indécents? Ne les avezvous pas fait remarquer à d'autres ? N'avez-vous pas affecté de vous montrer clans les places publiques et dans les promenades dans l'intention de provoquer les regards de certaines personnes ?.... N'avez-vous pas paru dans l'église avec les mêmes ,

prétentions et les

mêmes

scandales?....

N'avez-

vous point cherché à attirer les regards par des parures affectées, immodestes? N'avez-vous point la ou fait lire aux autres de mauvais livres, tels que des contes, des romans des pièces de théâtre, ou autres ouvrages pernicieux aux bonnes mœurs?— Quel aveuglement, de -s'empoisonner ainsi et de vouloir empoisonner ,

les autres

!

Paroles. N'avez-vous point prononcé, par manière

de badinage, les paroles les plus indécentes?....

Ne vous êtes-vous pas fait un jeu de raconter vousmêmes, ou de faire raconter à d'autres, des anec-

rfCR

LE SIXIÈME COMMANDEMENT.

dotes scandaleuses, des histoires

peu

277

décentes?....

N'avez-vous pas pris plaisir à raconter vos propres désordres? Ne vous êtes-vous pas même vantés des



Quelle décrimes que vous n'aviez pas commis? plorable vanité, que de se faire un point d'honneur d'avoir été le plus vil et le plus misérable des hommes, que de chercher ainsi sa gloire dans sa propre confusion! N'avez-vous point chanté ou fait chanter de mauvaises chansons?.... Ne les avez-veus point apprises à d'autres?.... N'avez-vous point prétendu vous excuser, en disant que vous n'aviez aucune mauvaise intention, et que vous ne le faisiez que pour passer le temps et vous désennuyer? Quoi donc! M. F., pour passer le temps et vous désennuyer, faire la guerre à la décence et à la pudeur, par des chansons toutes profanes Est-ce donc pour cela que vous êtes au monde, et que Dieu vous a faits chrétiens? L'Apôtre vous dit, au contraire, de vous délasser de vos peines et de sanctifier vos travaux par le chant des saints cantiques. Un moment de



!

repos»

Venons aux

actions.

N'avez-vous pas pris des liber-

vous-mêmes ou sur d'autres?.... N'avez-vous pas appris le mal à des enfants, à des âmes innocentes ? Il aurait mieux valu qu'on vous eût attaché une pierre au cou , et que vous eussiez été précipités tout vivants dans la mer, que de pertés criminelles sur



vertir ainsi l'innocence,

N'avez-vous point écrit,

fait

écrire et envoyé des

lettres, des billets passionnés?.... N'avez-vous lait

ou reçu des

visi.es trop

pas

fréquentes, souffert des

assiduités qui ont fait parler.

— Mais, dites-vous,

278

ETAMF.N

mous ne faisons peint de mal qui se scandalisent. l'Evangile

:

Tant

pis

:

tant pis

pour ceux

— El mci, je vous réponds avec pmr

ceux par qui

le

scandale

que Dieu impatera tous les soupçons, tous les jugements téméraires, dont votre imprudence aura ('lé l'occasion eu la cause. N'avez-vous pas donné des rendez-vous dans des maisons, à la promenade ou ailleurs?... jN'avez-vous pas fait ou porté les autres à faire des jeux indécents , où Ton donne des pénii^rr^s ridicules et honteuses?... N'avez-vous pas a liai té vos enfants en public, d'une manière peu décente? Une mère, une nourrice, qui a de la piété, n'oublie jamais, fut-elle seule, qu'elle est sous les yeux de Dieu et des saints anges gardiens. CirconsiLn vs. N'avez-vous pas cachéou dissimulé, dans la confession, les tire enfances qui aggravent le péché, ou qui en changent l'espèce? Voici, M. F. , une chose qiidemande toute votre attention; comprenez-moi bien pécher avec une personne corrompue, déjà tombée dans le crime, c'est s'engager soi-même dans rescla\age de Satan, c'est encourir la damnation. Mais apprendre le niai à une jeune personne qui l'ignorait, lui ravir son innocence, et ouvrir les portes de l'enfer à une âiiie chaste, qui faisait l'objet des complaisances de son Dieu, ah! M. F. c'est un péché bien plus énorme, et un scandale affreux, qui mérite l'indignation du ciel et de la terre» Pécher avec une personne libre, c'est un crime qui , selon l'Apôtre, fermeie ciel, et ouvre l'abîme des enfers; mais pécher avec une personne engagée dans les liens sacrés du mariage, c'estun crime aussi, mais un crime qui en renferme une infinité d'autres; c'est une horrifie infidélité qui anéantit et profane toutes les grâces du sacre arrive! C'est à vous





:

,

-

SUR LÉ SIXIÈME COMMANDEMENT. 279 un exécrable parjure, qui foule aux pieds une foi jurée en présence des autels; c'est

ment;

c'est

une injustice manifeste, qui

ravit son droit à la partie

parmi

qui introduit dvs étrangers

légitime,

les

véritables enfants, et qui attire les plus terribles

cbâtiments sur les familles et sur les peuples. Pécber avec une personne qui n'est ni parente, ni alliée, c'est un crime qui, dans les premiers siècles

de l'Eglise, était condamné à des années entières de pénitence ; mais pécber avec une parente ou bien une alliée, c'est se jouer des règles les plus invariables de la pudeur; c'est fouler aux pieds les droits les plus sacrés de la religion et de la nature.

Enfin, pécber avec une personne consacrée à Dieu par le baptême, c'est prostituer un des membres du corps de Jésus-Cbrist, profaner indignement le temple de l'Esprii-Saint. Ab ! M. F. quelle profana,

tion! quel atteniat!

Occasions.

On

appelle occasion tout ce qui peut

que les spectacles les mauvaises lectures l'oisiveté, l'intempérance la vanité, l'immodestie dans les habillements , et la familiarité avec les personnes d'un sexe différent. Et d'abord ne vous êtes -vous noint exposés au danger de perdre votre innocence, en demeurant dans des maisons dangereuses malgré les conseils d'un confesseur saçc et éclairé ?.... N'avez- vous pas fréquenté les danses les

conduire

à l'impureté; tels

bals, les danses,

,

m s

,

,

,

,

bals

,

les spectacles ?

— C'est

,

là,

disent les Saints

,

que l'esprit impur ne manque jamais de se trouver. Ne vous etes-vous pas exposés à tomber dans l'impureté, en vivant dans la paresse et l'oisiveté ? C'est là encore dit le Sage, la source de mille



_,

de mille désordres,

tentations

,

mangé

bu avec excès

et

'?

— N'avez-vons

pas

Et dans cet état ne vous

examen 280 êtes-vous point laissés aller à des actions dont vous auriez rougi dans toute autre circonstance ? Luxurlosa res vinum.

Ne vous êtes-vous point

laissés aller à l'orgueil

du

luxe, à la vanité des parures, à l'immodestie des habillements et des modes ? Hélas disent les Saints, !

ce qui n'était d'abord que l'amorce du péché , en devient bientôt le prix. Ne vous y trompez pas , jeunes personnes du sexe, vous qui n'aspirez qu'à briller et à plaire cet appareil recherché, ces ornements affectés qui vous font sortir de votre état, sont comme des indices assurés d'une chasteté perdue , ou comme le signe certain d'une vertu qui ,

,

cherche à périr. N'avez-vous pas recherché les conversations familières avec les personnes d'un autre sexe ? entretien des femmes, dit le Sage est comme un feu qui dévore. Dans ces conversations, dans ces réunions de jeunes personnes surtout, on ne se borne pas, d'ordinaire , à de simples propos ; on en vient souvent à des jeux à des manières et à des familiarités peu décentes et il s'y glisse presque toujours un esprit de passion et de libertinage, qui entraîne

U

,



,

;

bientôt la ruine totale des

mœurs*

Enfin, n'avez-vous pas participé au péché d'au-

par une complaisance criminelle ? N'avez-vous pas été le confident , le conseiller , l'entremetteur de honteuses intrigues ? N'avez-vous pas ménagé des entrevues porté des lettres , des billets , des présents? N'avez-vous pas retiré chez vous de jeunes personnes , sous prétexte qu'elles se voyaient

trui,

,

en vue de mariage ? Ne leur avez-vous pas ménagé les moyens de se voir à l'insu de leurs parents, chez vous ou ailleurs? Vous repondrez devant Dieu de votre imprudence et de !<#•-



^^tion.

SUR LE SIXIÈME COMMANDEMENT.

281

regardé les fautes contraires à la pudeur, comme des fautes légères, comme des faiblesses bien pardonnables , comme un effet du tempérament? N'avez-vous pas dit quelquefois qu'il n'y a pas tant de mal que veulent Héen faire accroire les ministres de l'Evangile? las M. F. , comment pourrions-nous exagérer , en parlant d'un vice qui est au-dçssus de toute exagération ; en parlant d'un vice qui ferme le ciel et ouvre l'enfer à tous ceux qui ont le malheur de s'y livrer; en parlant d'un vice qui a fait repentir notre Enormilé. N'avez-vous pas



!

Dieu d'avoir créé l'homme , et qui l'a forcé à faire périr le monde par un déluge universel? Comment pourrions-nous exagérer, en parlant d'un vice que Dieu a puni dans tous les temps , et qu'il punit encore tous les jours de la manière ,1a plus terrible en parlant d'un vice qui conduit ceux qui s'y abandonnent, à l'aveuglement de l'esprit à l'endurcissement du cœur , à l'impénitcnce finale, à la dam;

,

nation éternelle ; et qui, selon tous les Saints, fait lui seul plus de réprouvés que tous les autres péchés ensemble ?

Efforçons-nous donc d'en concevoir dès ce jour infinie, et excitons-nous à la douleur

une horreur la

plus vive

,

en nous jetant au pied de

sanglante où N.

S. J. C. fut attaché.

l'expiation de tant de crimes

veur a voulu souffrir

,

la plus

la

colonne

Car, c'est pour

que notre divin Sau honteuse

-

et la plus

donc avec les confusion et de la douleur futil jamais de spectacle plus propre à nous pénétrer jusqu'au fond du cœur ? Un Dieu-Homme , un Dieu vierge qui a voulu naître de la plus pure des vierges, est dépouillé indignement de ses habits, exposé aux regards impurs cruelle flagellation. Considérons-le

yeux de

la foi

,

de

la

:

,

EXAMEN

282

des soldats insolents et d'une populace effrénée ; i! est frappé à coups recoublés par des bourreaux inhumains qui, armés de verges et de fouets , déchirent sa chair sacrée, couvrant son corps innocent de meurtrissures et de plaies , et en font couler des ruisseaux de sang qui inondent la colonne et tout le prétoire. Quel spectacle, M. F. ! en fut-il jamais de plus douloureux et de plus déchirant ? Cependant , tout affreux qu'il est , nous l'avons renouvelé , au dire de l'Apôtre toutes les fois que nous avons souillé, par l'impureté , nos corps qui étaient devenus ses membres. Et nous ne serions pas glacés d'effroi, et couverts de la plus affreuse confusion! et nos cœurs ne seraient pas déchirés de regrets et de douleur! et nos yeux ne se fondraient pas en larmes amères, en larmes de sang! Oui mon Sauveur , pardon Miséricorde mon Dieu! nous reconnaissons ici et nous confessons que votre flagellation est notre ouvrage. Pardon de tant de péchés de tant d'images indécentes dont nous nous sommes occupés mille fois volontairement! Pardon de tant de désirs impurs , de tant d'affections coupables qui ont souillé des cœurs Pardon de qui ne devaient vivre que pour vous tant de regards impurs, de tant de paroles licencieuses, de tant de lectures profanes et de tant d'actions détestables, que nous n'avons pas rougi de nous permettre, hélas! depuis notre enfance, peut-être, jusqu'à ce jour! Nous les avons en horreur , nous les détestons pour toujours. Nous les pleurerons tous les jours de notre vie ; tous les jours nous travaillerons à les expier par les œuvres d'une sincère pénitence, afin que vous daigniez nous recevoir un jour dansle ciel> qui n'admet ,

!

,

,

,

,

,

,

!

rien d'impur. Ainsi

soil-il.

SUR LE SEPTIÈME COMMANDEMENT,

283

A VÊPRES. Examen sur

les

septième et dixième commande-

ments de Dieu. Non furtum

faciès.

Le bien d'autrui

tu ne prendras, ni retien-

dras à ton escient. Le bien d'autrui ne convoiteras.

Voila

,

M. F.

,

une grande matière d'examen. Ce

commandement nous défend de prendre

le bien de l'endommager, et de coopérer à l'injustice. Il nous ordonne de rendre tout ce que nous avons pris , de restituer tous les torts que nous avons faits. Ce commandement est d'une étendue si considérable, qu'il demanderait lui seul plusieurs jours d'examen.

d'autrui

,

de

le retenir,

Mais pour abréger les détails qu'il semblerait je vous préviens d'avance que , si vous , aviez quelque doute sur les biens que vous avez acquis, sur la manière dont vous les avez acquis, sur des contrats que vous avez passés, sur des conventions que vous avez faites, où il aurait pu se glisser quelque injustice , In prudence chrétienne et la sûreté de votre conscie ice vous obligent de consulter des personnes instruites , et d'éclaircir vos exiger

doutes. Je

me

bornerai donc

xCi a

tices les plus ordinaires

;

vous rappeler

et

les injus-

après avoir parlé de

c

monde, je viendrai qui regardent les états particuliers.

celles qui sont générales à tout le à celles

injustices

générales.

N'avez-vous point pris ou

voulu prendre le bien d'autrui

,

comme

de l'argent,

,,

EXAMEN

284

des denrées, des fruits , du bois , des meubles , ou autres choses semblables? Avez-vous pris une chose considérable ? L' avez-vous prise tout à la fois , ou à différentes reprises ?

— C'est

une circonstance

à

— N* avez-vous

déclarer en confession.

pas fait de avec l'intention de les continuer petits larcins comme il arrive à tant de domestiques infidèles ; étant réunis , peuvent à la fin for* petits vols qui mer une somme considérable ? C'est une illusion, de croire qu'on ne fait pas grand mal quand on ne prend que des choses de peu de valeur. Cela peut ,

,



par exemple voler une petite quelqu'un qui n'a que cela pour vivre dans la journée, ou prendre un outil nécessaire à un ou* vrier , sans lequel il ne peut travailler ni gagner sa devenir très grave

:

,

somme à

un péché considérable, N'avez-vous pas été encore dans cette illusion grossière , de croire qu'on n est pas coupable de larcin lorsqu'on dérobe à des personnes riches, sous prétexte qu'elles n'en éprouvent qu'un léger dommage, ou qu'elles ne s'en aperçoivent même pas ? La loi de Dieu ne distingue point le bien des riches de cevie, c'est

v

lui des

pauvres ;

elle dit

formellement Le bien d'au:

Irai, etc.

IN'avez-vous pas péché con,tre le septième commandement , en prêtant votre argent à usure ? On appelle usure tout bénéfice, tout intérêt qu'on



son argent , en vertu du prêt, sans avoir aucun droit à une juste indemnité. Prêter à usure aux pauvres, c'est une cruauté qui crie vengeance vers le ciel. La loi de Dieu défend Ne également de prêter a usure aux riches. relire de

aucun

titre, ni



Favez-vous pas fait? N'avez-vous pas exigé et reçu autre chose que de l'argent, comme des présents des services , à raison du prêt? Ce sont là de yé-



,

SUR LE SEPTIÈME COMMANDEMENT. ritables usures.



285

Quoique nous ne cessions de

vous parler de cette matière, n'avez-vous pas cherà vous persuader que vous pouviez retirer un intérêt de votre argent , sans titre légitime , et ne l'avez- vous pas tu en confession ?— Confession nulle,

ché

sacrilège

;

communion

indigne.

N'avez-vous point fait de société de commerce de bestiaux , de ces contrats qu'on appelle cheptel ou commande dans lesquels le gain et la perte ne sont point répartis également? Défiez-vous mes Frè,



,

de tous ces moyens injustes, de toutes ces voies obliques , qu'emploie la cupidité pour s'enrichir aux dépens des autres. Que sert-il à l'homme de gagner , fût-ce le monde entier , s'il vient à perdre son âme , dit notre Seigneur ? res

,

Retenir. N'avez-vous pas retenu le bien d' autrui sachant bien qu'il était mal acquis et qu'il ne vous appartenait pas?.... Nevousêtes-vouspas approprié ,

des choses que vous aviez trouvées , croyant que vous pouviez les garder en sûreté de conscience ? Car si vous avez trouvé des choses qui ne sont pas à vous , vous êtes obligés de faire les perquisitions convenables pour découvrir le véritable maître. Et si malgré vos soins et votre diligence , et après un certain laps de temps , vous n'avez pu le découvrir, pour lors il faut le donner aux pauvres ; ou l'employer en bonnes œuvres , selon le conseil d'un confesseur éclairé et prudent. Ne vous êtes-vous point approprié des meubles des denrées ou autres choses qu'on vous avait prêtées , ou qu'on avait mises en dépôt chez vous, qu'on avait oubliées , et que vous n'avez pas osé rendre



,

,

ensuite?

N'avez-vous pas différé , et même refusé de faire une restitution ou une réparation de dommages

EXAMEN 286 que vous deviez et que vous pouviez faire ? Si, par votre négligence à restituer ou à réparer ces dommages , vous occasioniez quelque nouveau préjudice au prochain, c'est encore un surcroît de restitution dont vous devenez responsables. N'avez- vous pas différé , et même refusé de payer C'est là une odieuse ingratitude, et vos dettes? une injustice criante. Auriez-vous été assez malheureux que de nier vos dettes et de vous parjurer C'est un crime qui , tout affreux qu'il en justice? est, est néanmoins très commun aujourd'hui. Quelle horreur d'ajouter ainsi à l'injustice un parjure exécrable, et quel aveuglement de sacrifier ainsi son âme pour un vil intérêt! N'avez-vous pas fait des emprunts, sachant bien que vous ne les rembourseriez jamais ?... N'avez-vous pas fait des banqueroutes frauduleuses? Et, pour









frustrer vos créanciers

n'avez-vous pas soustrait clandestinement l'argent et les meilleurs effets?.... N'avez-vous pas fait entrer dans la dot d'une épouse, des droits qu'elle n'avait pas réellement ?... Ne vous êtes- vous

,

pas mis, par vos folles dépenses, par vovos plaisirs, dans l'impuissance de sa-

tre luxe et

des créanciers qui gémissent et se trou-

tisfaire

vent peut-être fort gênés par je refus cruel et injuste

que vous légitimes

probité

faites ?

de leur payer les dettes les plus outrage à la religion et à la

— Quel

!

Endommager. N'avez-vous pas endommagé le bien d'autrui par vous-mêmes ou par vos enfants par ,

par vos bestiaux?... N'avez-vous pas nui à son commerce , en le décriant par jalousie, en détournant les acheteurs par vos impostures et vos calomnies ?.... N'avez-vous pas endommagé ses fonds, ses jardins, ses prés, ses vignes ,

vos domestiques

,

,

SUR ^E SEPTIÈME COMMANDEMENT. 28? détournant les eaux, rompant les clôtures, ouvrant les chemins qui ne vous étaient pas dus ?... N'avezvous pas endommagé ses récoltes en y chassant en y laissant aller les bestiaux, en les donnant à ,

garder gâts

?

à

des enfants incapables d'empêcher les dé-

— Ces injustices sont très communes dans les

campagnes

;

et

Ton ne se met pas en peine de

les

prévenir, ni de les réparer.

N'avez-vous pas gaie le bien du prochain , par par vengeance ou autrement , par colère ,

lice

N'avez-vous pas causé du

ma?....

dommage au prochain,



par votre ignorance ou votre incapacité? Ceci regarde particulièrement les ouvriers et les ouvrières qui ne font pas comme il faut les ouvrages dont ils se sont chargés; les domestiques et les ma-

nœuvres qui perdent du temps dans les ouvriers oui, prenant un ouvrage

les

journées

à prix fait

,

;

le

sabrent, ou qui, le faisant à journée , perdent le temps, ou ne ménagent pas les matériaux. Ainsi encore , un juge qui prononce une sentence injuste, faute d'attention et de lumière un avocat qui, s'étant chargé de la cause d'un innocent n'a pas assez de capacité pour le défendre un notaire qui , en faisant un acte „ un testament oublie une clause essentielle , dont l'omission porte préjudice aux parties intéressées un maître maçon qui a manqué les fondements d'une maison: toutes ces personnes sont responsables du dommage qu'elles



;

,

;

,

;

ont causé. Coopérer à

l'Injustice.

N'avez-vous point coopéré

la conseillant,... ou en la commandant,... ou en l'approuvant ,... ou en y consentant,... ou en y participant,... ou en ne l'empêchant pas, pouvant et devant l'empêcher? Dans tous ces cas, vous êtes obligés solidairement à la

à l'injustice des autres,

en



restitution.

2S8 N'avez-vous pas

EXAMEN

commandé

à

vos enfants

,

à vos

domestiques, de dérober du bois, des fruits, ou autres choses semblables?... N'avez-vous pas conseillé à des domestiques de se dédommager de la modicité de leurs gages, ou de se payer de leurs mains ;... à des enfants de famille, de dérober sans scrupule à leurs parents ?.., N'avez-vous pas recelé

ou caché, dans vos maisons, les larcins des autres? vous rendre en quelque sorte plus coupaN'avez-vous pas bles que les voleurs eux-mêmes. participé à l'injustice en aidant une veuve et des enfants, après la mort d'un père ou d'un mari , à

— C'est



,

spolier l'hoirie?... N'avez-vous pas reçu en présent

des choses que vous saviez avoir été volées?... N'avez-vous pas gardé le silence, et laissé prendre le bien d'autrui, étant obligés par état de vous y opposer ? Ne pas empêcher l'injustice, quand on le peut et qu'on le doit , c'est s'en rendre coupable soi-



même.

Injustices particulières. Pères et

mères

,

n'avez-

vous pas dissipé mal administré , laissé dépérir des biens échus à vos enfants , par héritage , par donation ou autrement?... N'avez-vous pas refusé ou différé mal à propos de payer leur dot, et ce que vous avez promis en les établissant ?... N'avez-vous pas fait tort à vos enfants, en favorisant celui d'entre eux qui vous agréait le plus ? N'avez-vous pas laissé à vos enfants du bien mal acquis ? Ah il ,



!

vaudrait bien mieux les voir réduits à la dernière indigence , que de leur laisser un héritage d'injustice

de malédiction. Enfants chrétiens, n'avez-vous pas dérobé à vos parents de l'argent, des denrées, des meubles, du

et

LE èVYTliïtàÈ CCÂlMANEKM'EKT.

STJH

289

ou autre cijcse, sous prétexte que vous servies dans sa maison, ou que l'on ne fournissait pas à

linge

votre entretien, selon vos désirs? N'avez -vous pas trouvé peut-être de mauvais conseillers, d'infâmes receleurs, qui n'ont pas rougi de vous dire qu'il n'y avait pas de mal à prendre ce que vous pourriez ; qu'il n'était pas juste de passer votre jeunesse à ne Celai, dit le Seigneur, qui dérobe à rien gagner?



son père on à sa mère 3 et qal dit qa'il n'y a point de

mal,

se

rend participant d'an homicide , parce qu'il de ce qui ne doit lui appartenir

se constitue maître

qu'après leur mort, qu'il semble désirer,

N'avez-vous rien dérobé à l'héritier

ou

;

et si

vous

vous-mêmes, n'avez-vous pas refusé

êtes héritiers

différé, sans raison, de

payer

la

légitime à vos

frères et sœurs?.... N'avez-vous pas refusé d'acles legs pieux et , dont vos parents vous avaient chargés?... H'avezvous pas refusé de leur payer la pension qu'ils s'étaient réservée, et ne les avez-vous pas mis dans le cas de manquer et de souffrir? Ce serait là une affreuse ingratitude et une dureté mons-

quitter les dettes, les fondations



trueuse.

Maris, n'avez-vous pas refusé de passer quittance à votre épouse de sa dot, ou des biens qui Jui sont venus depuis votre mariage?.... N'avezvous pas dissipé sa dot, laissé dépérir la maison , les biens-fonds de votre épouse , sous prétexte «que, n'ayant pas d'enfants, ces biens passeraient a d'autres? N'avez-vous pas voulu la contraindre,

par menaces, ou par de mauvais traitements , à vous donner ses biens ou à s'obliger pour vous ? Epouses n'avez-vous pas donné, à l'insu et contre le gré de votre mari, de l'argent du linge, des meubles ou autres choses, à ies parents , à ,

,

,

TOME vu.

^

EXAMEN

290

des amis,

ou

à

un enfant

déjà établi?.... N'avez-

vous pas fait des réserves pour entretenir la vanité d'une fille ou pour satisfaire les passions d'un Et ne dites pas, pour enfant que vous idolâtriez? vous excuser, que vous avez apporté une dot à votre mari car, quoique vous en ayez la propriété, vous n'en avez pas l'usufruit ; et ce n'est point à vous à disposer des revenus , mais à votre mari , à qui les lois en donnent le domaine et l'administration. 3'avoue cependant qu'une épouse a droit à une liberté honnête , à un entretien raisonnable et si un mari était dur et avare et qu'une femme ne prît que le nécessaire après l'avoir demandé envahi, elle ne commettrait pas d'injustice. Domestiques, n'avez-vous pas fait;de tort à vos maîtres ? N'avez-vous pas pris de leurs biens, pour ,



;

;

,

,

boire et

manger à

leur insu et contre leur défense,

ou pour donner à d'autres personnes , à qui vous avez fait faire une partie de votre ouvrage ? Ce



sont là de véritables larcins.

Fermiers, grangers, n'avez-vous pas dégradé laissé dépérir les fonds et les bâtiments de vos maîtres ?... N'avez-vous pas gardé du grain, des semences, des fruits et autres choses ?... N'avez-vous pas vendu du bétail , dti bois , du fourrage , à l'insu de vos maîtres ?... Avez-vous rempli en conscience les conventions que vous aviez laites avec eux?... En quittant votre ferme, votre grange , n'avez-vous pas emporté des denrées, des meubles, des outils, que vous saviez ne pas vous les bois,

appartenir

?

Fraudes dans

nommer

le

commerce. Hélas

!

il

suffît

de

une idée de toutes d'injustices. On trompe le pro-

cet état, pour avoir

sortes de fraudes et chain dans les ventes, dans

les

achats, dans les

?.0t «tm t'B SEPTIÈME COMMANDEMENT. dans les mesures , dans les comptes ou par des conventions frauduleuses il n'est sorte d'artifice ou de fripponnerie qu'on n'emploie pour attraper l'argent à" autrui. Tout le monde se hâte de s'enrichir promptement. En vain le Seigneur nous déclare qu'on ne saurait le faire sans blesser sa conscience Qui festinat dit art, non erlt innocens; on ne consulte on n'écoute aujourd'hui que la plus dé-

poids

,

,

:

:

,

vorante cupidité. Marchands, n'en êtes-vc-35 pas les plus vils esclaves ? Et , en conséquence , n'avez-vous pas donné une marchandise pour une autre ?... Ne vous êtesvous pas prévalus de la simplicité ou de l'ignorance On vend de l'acheteur, pour vendre trop cher ?



nous sommes si souvent trompés nous-mêmes, qu'il nous est bien permis de nous dédommager dans l'occasion. Quelle morale quelle justice! C'est donc à dire qu'il vous sera permis de vendre C'est la moitié plus, ce qui vaut la moitié moins donc à dire que, parce qu'on vous a trompés , vous avez acquis le droit de tromper les autres Le Seigneur, au contraire, vous défend de rendre le mal pour le mal Nalti rnaUirn pro malo reddentes. N'av&z-vous pas donné de la monnaie que vous Mais on me l'avait donnée saviez être fausse? tant qu'on peut, dites-vous

et

,



!

!

!

:



,

dites-vous. Belle réponse! Parce qu'on vous aurait

enlevée votre bourse, vous vous croiriez pour cela en droit d'enlever celle de votre voisin ? Ne vous êîes-vous pas prévalus de l'ignorance ou de la nécessité de celui qui vendait?.... N'avez-vôms pas acheté à vil prix des biens, des meubles, des marchandises, que vous saviez très bien valoir davantage? N'avez-vous pas acheté d'individus qui n'avaient pas droit de vendre

,

comme d'enfants lo.

&>

H2

EXAMEN

familic, de domestiques

de personnes peu ternies* ou d'autres personnes plus suspectes encore?.... ,

N'avez-vous pas acheté des choses que vous saviev, ou que vous doutiez avoir été volées ? C'est une injustice manifeste , qui vous oblige à restituer au





N'avez-vous pas été d'intelligence avec d'autres marchands, pour enlever toutes les marchandises d'une certaine espèce , afin de les vendre ensuite à un prix excessif? C'est ce qu'on véritable maître.



appelle monopole.... N'avez-vous pas accaparé les blés, afin que la disette survenant, vous pussieg les le

vendre à des prix exhorbitants? —- C'est là> dit Sage, appeler sur votre tête la malédiction des

peuples.

Ouvriers, artisans, ne vous êtes-vous pas chargés d'ouvrages que vous ne saviez nine pouviez faire?..» N'avez-vous point gâté l'ouvrage qu'on vous avait confié?.... N'avez-vous

restaient,

comme

fil,

pas retenu des matières qui

étoffe? et n'en avez-vous pas

substitué à la place quelque autre, qui était de

moindre valeur? Magistrats fait

,

hommes

publics

des concussions par

,

n'avez-vous pas

vous-mêmes ou par vos

Ne vous êtes-vous pas servis de votre pour exiger des droits qui ne vous étaient pas dus , ou au-delà de ce qui vous était dû d'après agents?....

autorité

la loi ?

— Avez-vous été justes dans la

répartition

des impôts? N'avez-vous pas favorisé les uns au préjudice des autres ? N'avez-vous pas cru qu'une commune n'était pas aussi strictement obligée à

rendre justice à un individu, que les particuliers? Ecoutez le saint Précurseur de Jésus-Christ : N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été donné. Plaideurs. Ici, M. F., que nous aurions de choses \ dire! mais les bornes que nous nous sommes



,

SUR LE SEPTIÈME COMMANDEMENT.

?93

prescrites ne nous le permettent 'pas. Contentons* nous de dire, en général, que des chrétiens, qui

sont les disciples et les enfants d'un Dieu de paix ne doivent jamais s'engager dans clés procès, même les plus justes, que par nécessité

et de miséricorde,

ou par des raisons indispensables, qu'après avoir tenté l'arbitrage et toutes les voies de conciliation d'accommodement, N'est-ce pas déjà un péché,

et

disait autrefois l'Apôtre

aux Corinthiens, que vous

ayez des procès les uns contre les autres? Et les justices de paix établies parmi nous, ne vous disent-elles pas que des chrétiens, qui sont un peuple de frères doivent terminer leurs différends à l'amiable, pour conserver le lien de la paix et de la charité qui doivent les unir? N'est-il pas constant que les procès sont la ruine de la charité chrétienne, et la source malheureuse d'une infinité de fraudes et d'injustices,

çui entraînent la damnation des âmes? Plaideurs n'avez-vous pas intenté ou soutenu des ,

procès injustes? N'avez-vous pas multiplié les frais sans nécessité, employé des délais, des chicanes,

pour lasser votre partie?... JN'avez-vous pas suscité des procès par un esprit d'animosité et de vengeance?— Un homme haineux et vindicatif n'oublie rien pour perdre son ennemi il réveillera une affaire assoupie depuis longtemps, il emploiera les moyens les plus injustes pour en venir à ses fins* Oh quel trésor de colère il amasse sur sa tête! Toutes ces injustices , et une infinité d'autres, obli:



!

gent à restitution.

mets encore au nombre de ceux qui sont obligés ou tutrices qui négligent intérêts de leurs pupilles ; qui pour des voyages

Je

à restitution, les tuteurs les

,

ou autres dépenses, se font allouer des dédommageaients plus considérables qu'il ne leur est du; les

DEVOIR PASCAL.

*>9'l

mineurs qui refusent de dédommager un tuteur des dépenses qu'il a faites qui exigent à la rigueur ce que la loi leur donne, mais que la conscience leur ;

refuse.

Nous n'en ici

tous les

finirions pas

,

moyens que

M. F. , s'il fallait rappeler la cupidité et l'avarice

mettent en usage pour s'emparer du bien d' autrui. Je crois en avoir dit assez pour faire naître bien des doutes qu'il vous importe d'éclaircir, puisqu'il y va de votre salut éternel, et qu'il est de foi, que ni les ravisseurs , ni les injustes détenteurs du bien d' autrui n'entreront jamais dans le royaume des eieux. Que chacun d'entre vous rentre donc sérieusement dans sa conscience, qu'il examine avec soin de quelque espèce qu'elles soient > les injustices dont il est coupable, et qu'il les répare de son mieux. C'est l'unique moyen d'éviter l'enfer et d'arriver au ciel, que je vous souhaite. ,

SLZSiSLSLSlSlSL9JlSLSlSLSLSl SLSLSLïJLSLSlJULSJlJLSlSLSLSlJiJ^^

POUR LE DIMANCHE DE LA Sur

la

préparation au devoir pascal.

Quarto, decimâ die

memis ad vespemm , phase Dominé

qnintâ decimâ die solemnilas. c'est la la

PASSION.

pàque du Seigneur

solennité à l'honneur

;

Au quatorzième

et le

cet

,

ca>

jour, sur le soir,

quinzième jour vous en célébrerez

du Seigneur Très-Haut. Nomb., 28*

Quoi de plus intéressant pour nous, M. F., que emprunte aujourd'hui de l'Ecriture, pour annoncer la solennité pascale Quoi de plus propre à remplir l'objet de mon ministère , en ce jour où je dois commencer à disposer vos cœurs et vos consciences à cette sainte ces paroles magnifiques que l'Eglise

!

,

DEVOIR PASCAL. et

pompeuse

295

solennité! Soyez attentifs, chrétiens,

que dit l'Eglise de la part du SeiDans quatorze jours vous commencerez à célébrer la grande fête de Pâques dès les premières vêpres et le quinzième jour vous solenniserez cette auguste fête, à la gloire du Seigneur Très-Haut, écoutez

gneur

voici ce

:

k

:

;

avec zèle et magnificence. » vous donc, enfants de promesse et de bénédiction, substitués à Israël, entrez avec nous dans Fesprit des mystères et dans les vues de l'Eglise ,

Ah! que

!

enflammé des

n'ai-je l'autorité et le zèle

prophètes pour vous inspirer les vifs sentiments de religion qu'elle demande de vous en ce saint temps ; pour exciter dans vos cœurs la confusion , la crainte ,

la

componction, l'horreur du péché

l'amour de

,

la

vertu, l'esprit de pénitence et de conversion! Soyez donc dociles à notre voix, et n'endurcissez point vos

cœurs; mais convertissez-vous au Seigneur votre Dieu dans

jeûne et dans les larmes dans les sougémissements de la pénitence dans toutes les pratiques de la mortification évangéiiquo et de la piété chrétienne, afin que, par les exercices de la Semaine-Sainte, et par les bonnes œuvres, vous vous prépariez à purifier vos consciences, à manger l'Agneau pascal, et à célébrer dignement la grande fête de Pâques qui approche. ,

le

,

pirs et les

Quelle

,

est aujourd'hui M. F. ma consternation douleur! Hélas! tandis que je viens vous annoncer des mystères consolants, et #vous ouvrir, au nom de l'Eglise , les trésors de la divine miséricorde, dans ces jours de grâce et de salut, c'est

et

,

,

ma

elle-même qui m'ordonne de prononcer les menaces terribles qu'elle fait à ses enfants. siècle

l'Eglise

^96

DEVOIR PASCAL.

malheureux,

siècle

impie

et

corrompu,

siècle in-

crédule et endurci, les grands mystères de la rédemption vont se retracer à tes yeux, et tu n'en es point ému! La Paque solennelle des chrétiens nous invite tous à la pénitence et à la participation des saints mystères; et

combien de pécheurs en sont

peut-être troublés et effrayés!

Ils fuient, ce semble, avec froideur et répugnances un Dieu qui les recherche avec amour. Seigneur, est-il doncgoss^fcle qu'il ait fallu une loi souveraine avec d'effrayantes menaces pour les obliger de retourner à vous et qu'une loi si sacrée, si redoutable, trouve encore des infrac,

,

;

teurs, des rebelles? Ont-ils

donc renoncé pour

toujours à la grâce de leur Dieu, au salut de leur âme, à l'héritage du ciel? Et nous, pasteurs de

f Eglise, serons-nous tranquilles spectateurs d'un pareil désordre, sans élever la voix, pour rappeler ses ouailles égarées et fugitives? Non je m'écrierai ;

avec

le

Prophète

enfants déserteurs

{Is. !

30): Ah! malheur à vous,

anathème

à

quiconque se sépa-

rera du peuple de Dieu dans ce saint temps, et refusera de manger avec nous l'Agneau pascal Malheur, anathème à ces pécheurs invétérés, indociles, qui ajoutent la désobéissance au péché, qui mettent le comble à leurs crimes par l'impénïtence, par l'irréligion et toutes ses suites Malheur, f

!

anathème à ces faux catholiques

,

à ces

mondains

sans religion , à ces savants incrédules qui regardent nos grandes solennités avec indifférence et peutêtre avec mépris, parce qu'ils ont perdu la foi en punition de leur orgueil et de leurs désordres! Malheur! anathème à ces âmes endurcies, à ces libertins qui se tranquillisent

par une longue habi-

tude du crime; qui ne sont plus ébranlés par la

DEVOIR PASCAL»

297

religion et par la grâce; à ces libertins qui se dé-

dans leur cœur» Oh! nous ne sommes point désireux de recevoir l'arche du Seigneur, et

bonne

clarent de

comme

foi

,

et qui disent

les citoyens d'Azot:

le Seigneur

réformer

lui-même.

(I.

Reg.

,

5) Il faudrait

sérieusement;

et se convertir

il

se

faudrait

s'assujettir aux lois de l'Eglise; il faudrait restituer ce bien mal acquis, rompre cette inclination chérie cela est trop difficile et trop dur. Ce Dieu d'Israël est un Dieu trop incommode, et trop ennemi de nos plaisirs et de nos passions. Mais quel autre genre d'abus encore plus digne de notre indignation et de nos censures? Je parle, M. F. de ces faux pénitents de ces profanateurs sacrilèges qui auront la témérité de se présenter a :

,

,

du Roi du

ciel, sans avoir la robe nuptiale; de ces conversions vaines, de ces conversions de bienséance et de coutume de ces pénitents hypocrites qui en imposent à l'Eglise, qui reçoivent

la table

je parle

,

le

Saint des saints sur des lèvres impures, avec

cœur

un

corrompu, unissant, par

tout charnel, tout

une monstrueuse

alliance le vice honteux avec ce y a de plus redoutable et de plus sacré dans la religion. Non, non M. F. les choses saintes ne sont que pour les saints Sancla sanctis. Il me semble, M. C. F. entendre Jesus-Christ, pendant ces jours , m'adresser ces paroles effrayantes écoutez-les, et tremblez a,vec moi et pour moi vous ministre du sanctuaire , dispensateur du plus saint des mystères, directeur des âmes ; vous que j'ai établi le juge des consciences, n'est-ce point à votre ministère d'empêcher, autant qu'il est en vous, ces profanations? Et quelle honte, quel crime, si vous en étiez vous-même complice, si vous alliez vous-même livrer votre Dieu à ses enne13,

qu'il

,

,

:

,

;

:

,

,

DEVOIR PASCAL. Judas qui vendit lâchement son divin Maître ! Hélas ! M. F. , je le dis en tremblant, N'est-ce pas peut-être ma trop grande facilité à vous absoudre, qui vous entretient dans vos vices ? N'est-ce pas de mon indulgence que vient cet abus si général dans ma paroisse, qui paraît tous les ans se conÎ9ÏÏ

mis

,

comme

vertir sans se réformer ?

J'entends encore le souverain Pasteur me dire: Non, je ne vous demande pas un zèle épineux, ou amer. Recevez, j'y consens, recevez avec douceur et bonté les pécheurs vraiment humiliés et convertis. Ah! ne rebutez pas Magdeleine pénitente, lorsqu'elle ira pleurer à vos pieds ; pleurez vousmême avec elle et sur elle. Ne rebutez point Zachée le pécheur, lorsqu'il viendra offrir la restitution de tous ses vols , de toutes ses usures ; courez au-devant

de l'enfant prodigue, lorsqu'il viendra se jeter dans vos bras rendez-lui avec consolation la grâce de son Dieu, et réjouissez-vous, avec les anges du ciel et de son retour et de sa conversion. Mais en même temps, ministre de Jésus-Christ, opposez toute la fermeté et la discrétion du zèle évangélique à cette foule de faux pénitents , entraînés par la coutume, qui, tous les ans passent légèrement par les eaux de la piscine , sans s'y purifier véritablement de la lèpre invétérée du péché. N'ayez point tant d'indulgence pour ces mondains délicats, :

,

même de Dieu usages corrompus du monde, les secrètes réserves de leurs passions favorites , et les détours artificieux de l'intérêt; qui composent, pour ainsi dire, avec l'Evangile, et se soumettent à condition de ne se réformer sur rien. Examinez aussi avec attention, et jugez avec sévérité tous ces chrétiens qui prétendent justifier, au tribunal les

lâches et sensuels, qui n'ont pas craint d'enfreindre

2%

DEVOIR PASCAL.

générale de l'abstinence et du jeune ducarême sans raisons vraies et légitimes, que la permission ia loi

de l'Eglise suppose toujours. Censurez encore avec autorité, et instruisez avec zèle tous ces demichrétiens , qui bornent les marques publiques de

une messe basse assez mal entendue dans les jours de précepte; au lieu de se faire un point de conscience et d'obéissance à l'Eglise, de remplir les devoirs communs de la religion, et d'as-

leur culte à

sister

fréquemment

à la

messe

solennelle et aux

autres offices paroissiaux. Reprenez surtout avec force, arrêtez et écartez

de la table sainte les hommes de scandale, les pécheurs d'habiLudeet d'occasion prochaine, tous ces esprits vindicatifs qui refusent de se récontoutes ces cilier, tous ces joueurs de profession personnes engagées dans Timpudieité habituées aux paroles impures, aux obscénités sur elles-mN mes ou avec d'autres. Arrêtez et écartez de la table sainte ces âmes vendues à l'iniquité, qui vivent de rapine et d'injustice; tous ces vieux usuriers, et ces débiteurs de mauvaise foi, qui retiennent injustement le bien d'autrui ; tous ces violateurs du saint dimanche, qui sont dans l'usage de vendre, d'ache* ter ou de travailler dans 'ces jours que je me suis consacrés et réservés. Arrêtez et écartez de la table sainte tous ces débauchés et ces joueurs habituels, qui avalent l'iniquité comme l'eau; ces monstres de la société, toujours sujets à s'abrutir par l'excès honteux de l'ivresse. Encore une fois, souvenezvous que je vous ai établi mon ministre , que mes intérêts sont entre vos mains , et que vous m'en rendrez un compte rigoureux. Faites donc sentif toute la vigueur du zèle sacerdotal, et tout le poids de l'autorité de l'Eglise à ces pécheurs publics, à ,

,

*00

DEVOIR PASCAL.

ces pécheurs scandaleux, à ces pécheurs incorrigibles, en qui Ton retrouve toujours les mêmes ha bitucles, les

mômes

vices; à ces pécheurs toujours

pour lesquels il n'y a que des absolutions nulles ou sacrilèges, que toute la puissance des clefs no saurait délier sans une soumission sincère et sans une vraie conversion, de quelque rang qu'ils puissent être dans le monde rebelles à Dieu

ou

à l'Eglise,

:

un Théodose, soyez un Ambroise. Grand Dieu quel fardeau vous avez imposé sur

fût-ce

!

mes

faibles épaules!

m'avez confié?

et

quel ministère

difficile

comment pourrai-jem'en

vous

acquit-

vous ne me donnez les lumières, dont j'ai besoin? Ah! venez donc à mon secours, et ne m'abandonnez jamais clans ce redoutable ministère. Venons à d'autres ré-

ter fidèlement,

si

la force,, l'onction

,

ilexionso

O honte du christianisme ou plutôt, hon'.e des lâches chrétiens indignes d'un si grand nom! A quoi nous a-t-on réduits! Mais quoi! faudra-l-il donc toujours menacer , gémir et trembler pour ,

C. F.? Nous, qui devons être des Anges de paix et de bénédiction, serons-nous pour vous des ministres de colère et de vengeance? et ir aurons-nous jamais la consolation, Seigneur, de présenter à votre trône un peuple saint, digne de votre grandeur et de la pureté de votre Religion?

vous, M.

M. F., réfléchissons-y sérieusement, et rentrons du moins en nous-mêmes dans ces jours de pénitence et de miséricorde. Des mystères si touchant ne feront-ils aucune impression sur notre cœur ? C'est à

vous en particulier que j'adresse celte

exhortation pressante

,

ame égarée

depuis long-

DEVOIR PASCAL.

201

temps et tourmentée par les remords qui gémissez dans les chaînes d'un esclavage honteux. Ouvrez enfin les yeux sur le malheur de votre état et sur la nécessité d'en sortir. Voyez avec quelle honte, avec quelle douceur Jésus-Christ a reçu Magde,

leine convertie et la

femme

adultère.

inspire encore à ses ministres la

Eh hien il compas!

môme

sion, la même charité, la même affection pour vous; et il est prêt aussi à vous dire par leur houche Vos pèches vous sont remis, allez en paix; mais ne péchez plus. Que craignez-vous donc, et quel pré:

texte peut vous arrêter? Est-il

une circonstance

plus favorable pour revenir à lui et pour obtenir

votre grâce, que celle des mystères delà rédemp-

son sang a été répandu pour votre salut, où son sang parle en votre faveur? Pourquoi donc, encore une fois, pourquoi refuser, pourquoi diffé-

tion, 011

rer de vous rendre à sa grâce, qui vous presse, et à sa miséricorde

,

qui vous offre le pardon

?

Eh

!

M. F., voulons-nous tomber pour toujours dans l'endurcissement et la réprobation? serons-nous plus rebelles au Saint-Esprit, el plus difficiles à convertir

d'amour et de charité, que les enfants ne l'ont été sous la loi de servitude? Nous avons à ce sujet de si beaux exemples dans

dans

la loi

d'Israël

l'Ecriture {Jug. 2)! Ainsi trefois,

de

la

,

lorsqu'un Ange vint au-

part de Dieu, reprocher aux Israélites

leur ingratitude et leur infidélité, ce peuple grossier

mais docile en ce ce peuple humilié, attendri,

et charnel, si facile à pécher,

jour à la voix du Ciel

;

pénitent, poussa vers son Dieu des soupirs et des cris touchants. Ils répandirent

devant le Seigneur

des larmes amères, et le lieu témoin de leur douleur fut appelé

monument

le lien

des pleurants

a la postérité.

,

pour servir do

DEVOIR PASCAL,

302 Ainsi

,

lorsque

le livre

du Deutéronome

fut re-

trouvé dans le Temple et représenté au roi Josias, frappé des menaces effrayantes que le Seigneur y prononce contre les prévaricateurs de sa loi , ce prince religieux déchira ses vêtements et répandit des larmes. Il convoqua les principaux de Jérusalem, avec les prêtres, les prophètes; lut lui-même la loi du Seigneur atout le peuple assemblé auprès ,

de lui; s'efforça d'apaiser le Ciel, en faisant unnouveau pacte d'alliance entre Dieu et son peuple; et ses sujets, à son exemple, firent une promesse solennelle de servir désormais le Seigneur avec crainte et fidélité.

M. F., je n'ai ni la sainteté d'un Ange , ni l'esprit des Prophètes. Cependant, tout indigne que j'en suis, revêtu d'un caractère supérieur à celui des

Prophètes, et respectable aux Anges mêmes, je viens aussi, de la part de Dieu, vous représenter sa loi sainte, et la confronter avec vos prévarications. Maintenant donc, peuple ingrat et rebelle à Dieu , paraissez devant son tabernacle. Comme autrefois Samuel, je vous cite aujourd'hui devant le Seigneur pour qu'il soit juge entre vous et lui; pour confondre votre ingratitude, par la comparaison de ses bienfaits avec vos infidélités. Dites-moi, enfants de la terre et du néant, n'est-il pas votre Créateur, votre père , votre premier maître et souverain Seigneur? Il vous a donné l'être et formés à son image pour vous rendre heureux et immortels comme lui; il vous a distingués des nations barbares, et vous a choisis pour son peuple; il vous

comblés de toutes sortes de biens depuis que vous au monde; il a prodigué pour vous, les trésors de sa grâce et de sa miséricorde il vous a aimés jusqu'à vous donner son Fils, son Fils unique a

êtes

;

;

DEVOIR PASCAL. 303 ce divin Fils a donné lui-même jusqu'à son Sang pour vous sauver. Et vous, mauvais serviteurs et

r

bon maître, pécheurs qu avez-vous rendu Dieu pour tant de faveurs et de bienfaits ? Des offenses et des outrages sans nombre. Vous d'un

si

,

à votre

avez profané la sainteté de son alliance et la grâce de votre baptême, par les dissolutions et les désor* dres des nations infidèles. Vous avez méprisé sa sainte loi, et violé presque tous ses commandements. Vous avez tant de fois provoqué sa justice et abusé de sa miséricorde par vos rechutes dans le péché tant de fois vous lui avez promis, à la face des autels , de ne plus l'offenser jamais, et vous l'offensez toujours. La grâce de l'absolution et les sacrements reçus si souvent, ne font, ce semble , que vous tranquilliser et vous rassurer dans le péché, sans jamais vous convertir solidement. Nous le voyons tous les ans la solennité pascale une fois passée, chacun retourne à ses premières voies, et suit son plan de vie ordinaire. Toujours même indévotion, même mollesse, même mondanité, mêmes passions, mêmes habitudes , mêmes enga:

:

gements , mêmes intrigues mêmes, vices, mêmes péchés , et des péchés accumulés , et des péchés encore plus grands. La Religion est-elle donc un jeu, et se moque-t-on impunément du Seigneur ? Grand Dieu que n'ai-jc des prodiges de terreur à leur montrer, comme au temps de Samuel Alors ils nous croiraient peut-être et ils vous craindraient, Seigneur, s'ils vous voyaient, comme Israël effrayé, le tonnerre et la foudre en main. Mais où m'emporte un saint mouvement de zèle et d'indignation? Pardonnez-le M. F. , à l'affliction de mon cœur. Si je me plains de vous au Seigneur avec douleur et amertume > c'est l'intérêt de sa ,

!

!

,

,

DEVOIR PASCAL. de votre salut qui m'animent. Hélas! bien loin de vouloir solliciter contre vous sa colère, je croirais me rendre coupable moi-même, si je cessais jamais de le prier pour vous. Ministre de

Sflè

gloire

et le désir

,

,

paix et de réconciliation, c'est à moi, dans ces saints jours, de gémir pour son peuple entre le vesc'est à moi de lever les mains au souvent pour vous le sacrifice de propitialion; c'est à moi de m'intéresser particulièrement à votre sanctification : et je me ferai toujours un devoir essentiel d'y travailler avec une

tibule et l'autel

;

ciel, et d'offrir

sollicitude pleine de zèle et d'affection.

Ecoutez donc aujourd'hui notre voix , pécheurs et retournez de tout votre cœur au Seigneur votre Dit u j pour le servir désormais avec crainte et amour, en esprit et en vérité. Ah! M. F., que de moégarés

,

vous y invitent et vous y engagent en ce saint temps! Le grand spectacle de la passion du Sauveur; la nature, qui semble en être dans le trouble et dans le deuil le soleil qui s'obscurcit; la terre, qui se couvre de ténèbres ; les pierres qui se fenilcnt comme si elles étaient sensibles au supplice en un mot, un Homme-Dieu mouîle leur auteur rant en croix pour votre amour, et triomphant ensuite de la mort par une résurrection glorieuse rré sont-ce point là des prodiges de grâce et do force encore plus frappants et plus touchants pour vous , que les miracles des prophètes et les anriennes merveilles du Dieu de Samuel ? Soyons donc vivement touchés, M. C. F., et confus. Affligés de notre extrême ingratitude, reconnaissons humblement, comme Israël, nos infidélités passées, et iléplorons-les amèrement devant Dieu. Que la voix de la pénitence, que le cri de la douleur et de î* aftiour perce les cieux , et monte jusqu'au trône de tifs

;

,

,

;

:

,

EXAMEN la

SUft

miséricorde.

LE HUITIÈME COMMANDEMENT.

305

Que l'abondance de nos larmes,

surabondance des mérites d'un Dieu crupour nous, couvre la multitude et l'abondance de nos iniquités. Que son sang adorable soit sur nous, non pas comme autrefois sur les Juifs endurcis, pour nous réprouver, mais pour nous laveretnom sauver ; afin qu'étant vraiment convertis et purifiés, nous ayons la douce consolation de célébrer la grande fête de Pâques avec une conscience calme, avec une joie pure et sainte, avec un salutaire accroissement de grâces et de mérites pour le temps et pour l'éternité. Ainsi soit-il.

que

la

cifié

A VÊPRES. Examen

commandement de Dieu commandements de l'Eglise.

sur le huitième

et sur les

,

Attendue autem vobis, ne... super veniat in vos repentina dics

Ma. Prenez donc garde

à vous

,

de peur que

ne vous surprenne tout-à-coup. S. Luc

,

21

,

le

jour du jugement

34.

Qui de nous, M. F. ne serait effrayé à l'approche de ce jour terrible où nous serons tous, sans exception, examinés à la rigueur par le souveraiu Juge, jugés sans miséricorde, récompensés ou punis selon nos œuvres, et pour une éternité toute entière? Mais l'apôtre .saint Paul nous apprend à prévenir ce jugement si sévère et à nous le rendre favorable c'est de nous examiner nous-mêmes avec le dernier soin, de nous juger sans nous flatter, et de réformer nos mœurs sur la loi de Dieu. C'est pour cela que depuis longtemps je vous aide à faire cet examen, parcourant l'un après l'autre ,

,

:

EXAMEN

Zbb

commandements de Dieu

et de l'Eglise, vous rappelant ce qu'ils vous ordonnent , ce qu'ils vous défendent, et vous faisant remarquer en quel point, les

en quelle occasion vous avez pu y manquer. Nous

examen par commandement de Dieu et parles com-

allons finir aujourd'hui cet important le

huitième

mandements de

l'Eglise,

dont nous n'avons pas ens'il vous plaît.

core parlé. Appliquez-vous,

Le huitième commandement

Faux témoignage

:

ne diras, ni mentiras aucunement

,

nous défend

le

faux témoignage, le mensonge la médisance, la calomnie, les jugements téméraires. Comme nous avons parlé du faux témoignage dans l'examen du ,

second commandement, nous ne nous y arrêterons pas ici. Mensonge. Mentir, c'est parler contre fia pensée, et dans l'intention de tromper les autres. N'avez-

vous pas menti par malice et de propos délibéré ne vous êtes-vous pas fait un jeu du mensonge? '?

Amusement

ame chrétienne amueux-mêmes avaient hor-

indigne d'une

;

sement dont

les païens

reur

imprime d'ordinaire au menteur un

,

et

qui

caractère de bassesse qui

le fait

mépriser de tout le

monde. Ne vous êtes-vous pas fait une habitude du mensonge, en vendant ou en achetant, assurant, même avec serment, que telle marchandise vous avait coûté tant, que vous en aviez refusé tant, quoiqu'il n'y eût rien de plus faux? C'est, dit-on,

à personne.

un mensonge

qui ne porte préjudice

— Mais le Saint-Esprit vous répond

ici

par l'organe du Sage, que ta bouche qui mcnl donne la mort à l'âme.

,

3(V SUR LE HU1TÏÈME COMMANDEMENT. N'avez-vous point menti par vanité, voulant fair^ croire que vous étiez de meilleure famille , qu-3

vous aviez plus de biens plus de talents que vous n'en aviez en effet?... N'avez-vous pas menti par complaisance pour un maître, pour une maîtresse, pour sauver un enfant de la punition qu'il méritait, ou pour vous épargner à vous-mêmes de justes reC'est, dit-on , pour un bien, pour éviproches ? ter le bruit et conserver la paix. Mais ne savezvous pas, comme l'enseigne l'Apôtre, qu'il n'est jamais permis de faire un mal pour qu'il en arrive un ,





bien ?

N'avez-vous pas usé d'équivoques, de paroles ambiguës, de restrictions mentales, parlant d'une

façon et pensant de l'autre, sachant bien que ceux à qui vous parliez y seraient trompés?.... N'avez-

vous pas soutenu vos mensonges avec opiniâtreté, et même avec serment?— C'est le vice ordinaire des enfants et des domestiques. N'avez-vous point appris

,

et

même commandé

mensonge à vos enfants et à vos domestiques ?<— C'est un des plus mauvais services que vous puis-

le

siez leur rendre et si dans la suite ils viennent à vous tromper, vous devez vous en prendre à vousmêmes. Quand il ne faudrait , dit saint Augustin , qu'un léger mensonge pour empêcher un enfant ;

de mourir sans baptême, ou pour tirer de l'enfer tous les réprouvés , il ne serait pas permis de le dire.

Médisance. N'avez-vous pas médit du prochain ? —Voici, M. F., un des péchés les plus communs dont les suites sont le plus difficiles à réparer, dans lequel on retombe toujours, dont on se confesse le plus souvent, et dont on ne se corrige jamais.

N'avez-vous pas médit du prochain, par haine,

EXAMEN

?3S

par malignité, par jalousie?... N'avez-vous pas dit, par exemple, en parlant d'un marchand Je ne sais comment un tel peut tant gagner , il faut que I\'avez-vous pas médit par légèreté, par humeur? :

i^'avez-vous pas dit, en parlant des fautes

du pro*

Savez-vous ce qui se passe dans une telle maison? savez-vous la faute qu'a fait un tel, une telle? Je vous le dis à vous, mais gardez-vous bien Bel expédient pour coude le redire à d'autres. vrir votre médisance! Langue de vipère, ne voyezvous pas que ce que vous dormez ainsi sous le secret, va devenir public avant la fin du jour ? N'avez-vous pas découvert sans nécessité, des fautes cachées que personne ne connaissait? ehain

:



,

Biais

moi i

réplique-t-on

,

je

,



je n'ai dit

que

la vérité.

— Et

vous demande En avez-vous le droit, et sevous tout ce qui est :

lez- vous bien aise qu'on dît de

vrai?— Mais, ajoutez-vous, tout

le

monde le savait.— Une lui reste

Quoi! votre frère est couvert de boue,

qu'une petite partie de saine, et vous l'achevez! Quelle barbarie! Tout lemonde le savait; mais n'estce pas parce qu'il y avait déjà des médisants comme vous qui l'avaient divulgué? Eh M. F., c'est précisément parce que tout le monde le savait, que vous deviez vous taire, pour épargner un malheureux à qui le bon Dieu avait déjà peut-être p ardonné sa faute. N'avez-vous pas médit par votre silence même ? quand on vous a demandé votre sentiment sur une personne dont vous connaissiez l'innocence, n'avezvous pas répondu Je n'ai rien à dire de cette personne, la médisance n'est pas permise; je ne m'explique pas davantage je veux l'épargner? Vous voulez l'épargner dites plutôt que par cette pitié fausse et hypocrite, vous lui enfoncez plus sûrement le poignard dans le cœur. !

:

;

!



309 ST R LE HUITIÈME COMMANDEMENT. N'avez-vous pas médit du prochain, en relevant f

d'abord ses bonnes qualités, mais finissant par dès réflexions capables de détruire tout le bien quo

vous en aviez dit?--- C'est ici surtout la médisance de certaines personnes qui se piquent de piété et de dévotion. Par exemple, n'avez-vous pas dit Cet :

homme mage

a d'excellentes qualités, c'est bien

dom-

qu'il ait tel défaut ? Cette fille était si sage,

modeste

autrefois

,

si

qui aurait cru qu'elle pût tom-



C'est ainsi qu'à la ber dans une si grande faute ? faveur et sous le voile d'une charité feinte et cruelle, on se croit en droit de déchirer pieusement l'honneur de son prochain. N'avez-vous pas interprété en mauvaise part les actions les plus louables ? Par exemple, un homme remplissait bien exactement ses devoirs de chrétien; n'avez-vous pas dit: C'est un hypocrite, je le connais bien? Une personne a fait une aumône, une

bonne œuvre ; n'avez-vous pas tution;*

il

dit

:

c'est

n'est pas difficile de faire

De

bien d'autrui

?

nales

annoncent l'extinction

,

elles

une

resti-

l'aumône du

pareilles réflexions sont infertotale

de

la

charité.

N'avez-vous pas écouté

la

médisance avec

plaisir,

sans vous y opposer ? Et par vos questions indiscrètes , n'avez-vous pas provoqué les mauvaises lan-



gues à en dire davantage? C'est là se rendre aussi coupable que le médisant ; toute la différence qu'il y a entre les deux, c'est que l'un se perd par la langue , et l'autre par les oreilles; mais l'un et l'autre se damnent égalemeut. Calomnie. N'avez-vous pas imputé au prochain des fautes qu'il n'avait pas faites , ou des défauts qu'il n'avait pas ?... N'avez-vous point fait de faux rapports en secret, pour nuire à des personnes

EXAMEN que vous n'aimiez pas?... N'avez-vous pas publié que certaines personnes étaient sujettes à des maque leurs affaires allaient mal ladies fâcheuses pour leur faire manquer des établissements avantageux?-— ïlélas! M. F., que de personnes déshonorées, que de familles ruinées par suite de ces médisances cruelles de ces noires calomnies, auxquelles on ne daigne pas faire attention, et qui pourtant ne seront pardonnées qu'autant qu'on cura réparé les torts qu'elles auront causés au prochain! JSon enim dimittitur detictum, nisi restituât tir 810

;

,

,

ailatum.

Jugements téméraires. N'avez-vous point fait des jugements téméraires ?.... $'ave2-vous pas coudamné votre prochain au-dedans de vous-mêmes Car si vous êtes sans fondement et sans autorité? ,



obligés de veiller sur la conduite des autres

,

comme

de vos enfants et de vos domestiques, ce n'est point un péché de se défier, et de prendre des précautions pour empêcher le mal... Lorsqu'il vous a manqué quelque chose dans votre maison n'avez-vous pas d'abord soupçonné certaines personnes sans raisons préalables , sans fondement ? N'avez-vous pas prêté de mauvaises intentions aux personnes que vous n'aimiez pas ? N'avez-vous pas cru qu'elles parlaient mal de vous , qu'elles cherchaient à vous faire de la peine, dans le temps même qu'elles ne pensaient pas à vous?... N'avezvous pas jugé témérairement des personnes qui font profession de piété?... N'avez-vous pas soupçonné qu'elles n'affectaient de paraître sages, réglées, que pour mieux cacher leurs desseins ? N'avez-vous pas soupçonné et jugé que les ministres de la pénitence, les confesseurs, n'étaient pas ,

assez secrets et réservés?

— C'est là

le

jugement

le

SUR LES COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE, oïl plus criminel, puisqu'il peut être la source d'une infinité de mauvaises confessions... N'avez-vous pas jugé témérairemeul de la probité de certaines personnes , qui faisaient mieux leurs affaires que les autres ?

— M. F.

,

ne jugez point

afin

que vous ne

soyez pas jugés vous-mêmes, vous dit Jésus-Christ: N otite judic are , ut non j udlcemlnL Il nous reste à parler des coiï^n$cments de Y Eglise.

Les

mes

commandements de

obligés d'observer

,

l'Eglise,

que nous som-

sous peine d'être réputés

païens et publicains,nous ordonnent la sanctification des fêtes, l'assistance à la messe, la confession annuelle et la

communion

stinence du

carême et des autres jours désignés.

ne dirai rien

ici

de

l'assistance à la

pascale

,

le

la sanctification

Messe

,

jeûne et l'ab-

des fêtes

,

Je

ni de

parce que nous en avons

parlé dans l'examen sur le troisième

commande-

ment de Dieu. Les troisième et quatrième commandements de Tous tes péchés confesseras, etc. : Ton Crca-

l'Eglise:

tu recevras

,

nuelle et à la

etc. ,

nous obligent

communion

à la

pascale

confession an-

sous peine d'être privés de l'entrée de l'église pendant la vie, et de la sépulture chrétienne après la mort. En conséquence de ces préceptes , enfants qui avez atteint l'âge de discrétion, n'avez-vous pas négligé de vous instruire

,

, ou de vous faire instruire de votre Catéchisme et des vérités de la Religion ?.., N'avez-vous pas négligé de faire votre confession annuelle et de vous préparer à la communion pascale , en ne vous mettant pas en état de faire votre première communion ?... Pères et mères , n'avez-

vous pas mérité tous

les

anathènies de l'Eglise» en

vous-mêmes vos enfants , ou de les faire instruire; de leur inspirer de bonne heure Ja crainte de Dieu et l'horreur du vice de les fornégligeant d'instruire

;

mer

pour les préparer à l'accomplissement de ces deux grands devoirs ? Quel compte vous aurez à en rendre au tribunal de Dieu Et vous M. F. vous êtes-vous confessés , et avezvous communié à Pâques comme l'Eglise vous l'ordonne?... Et quand vous avez rempli ces devoirs à la piété et à la vertu

,



!

,

,

,

,

l'avez-vous fait avec les saintes dispositions qu'ils

exigent?

— Car ce n'est pas satisfaire au précepte

ni faire ses

Pâques, que de

une communion

faire

une confession

,

et

sacrilèges.

K'avez-vous pas cru qu'il suffisait de se présenter à Pâques, sans vous mettre en état de recevoir les bienfaits de l' absolution et de la communion ? et n'avez-vous pas dit ensuite: Si je n'ai pas fait mes

Pâques, ce n'est pas

ma

faute: pourquoi le confes-



? Pourquoi , mon chère sœur ? c'est que vous ne vour lez pias vous éloigner de ces occasions qui vous perdent; c'est que vous ne faites aucun effort pour surmonter ces vieilles habitudes qui vous damnent; c'est que vous ne restituez pas ces biens mal acquis, ces intérêts usuraires ; c'est que vous persévérez dans vos impuretés , dans vos inimitiés , vos haines et vos injustices c'est que vous ne voulez pas vous convertir sincèrement. Cessez de faire le mal, commencez à faire le bien , à vivre chrétiennement ; et votre confesseur n'aura pas de plus douce consolation que de vous absoudre et de vous envoyer à la table sainte. Voulez-vous qu'il se damne avec vous parle sacrilège?

seur m'a-t-il refusé l'absolution

cher frère

ma

;

SUR LES COMMANDEMENTS DE L'ÉGLISE* 3ÎÎ N'avez-vous pas différé jusqu'au dernier jour do Le vous présenter au tribunal de la Pénitence ? croirait-on , M. F. , si on ne le voyait de ses yeux ,



qu'il se

trouve des chrétiens si lâches, si indifférents salut, qu'ils renvoient jusqu'à la dernière

pour leur

extrémité, et souvent jusqu'à la mort, une démarche qui devrait faire toute leur consolation ? Aussi les voit-on mourir sans sacrements, la plupart; et ceux qui ne les reçoivent qu'alors ne les reçoivent d'ordinaire que pour les profaner. Terrible , mais juste punition du mépris qu'ils ont fait des saintes ,

de l'Eglise. Qualre-temps

lois

entièrement

et le Carémi 9 Vigiles , jeûneras , cinquième commandement de l'E-

:

glise.

Avez-vous observé la loi du jeune ? Avcz-vcrus jeûné le Carême tout entier , les Quatre-temps et



Dans les premiers siècles de l'Eglise, pour un jeûne manqué dans le Carême on en imposait sept autres ; et pour avoir violé les QuatrcTemps , on était condamné à un jeune de quarante jours au pain et à l'eau. Ne vous êtes-vous pas contentés déjeuner trois ou quatre jours dans la semaine, vous imaginant par là remplir suffisamment la loi du Carême ?.... Ne vous êtes- vous point dis pensés du jeûne, sous prétexte que c'était un jour de foire ou de marché, un jour de noces ou de baptême?— C'est alors que le violement du jeûne est les Vigiles ?

,



plus criminel

,

parce

Ne vous êtes-vous

qu'il est

plus scandaleux.

point' dispensés

du jeûne

,

sur

coutume d'alléguer dans le monde, que vous êtes d'un tempérament trop déces raisons qu'on a licat

,

que vous avez des travaux trop pénibles à qu'il y a des personnes dont

faire? Je sais, M. F. la faible

,

santé ne saurait se concilier avec le jeûne;

tome vu.

1U

oiti

mais

EXAMEN

{

alors

propres

il

faut se retrancher certaines choses

à flatter la sensualité, se

réduire au simple

nécessaire, faire plus d'aumônes, et gémir de 1» malheureuse faiblesse qui vous dispense de la pénitence publique. Je sais encore qu'il y a des tra-

vaux pénibles, des métiers rudes alors

il

et fatigants

;

faut accomplir le jeûne, sinon en tout

moins en

partie

,

se rapprocher de la règle le plus

;

qu'il est possible

mais du

;

il

faut s'interdire certains plaisirs

permis dans d'autres temps, sanctifier ses occupations par une prière plus fréquente, et offrir à Dieu ses peines, à la place

pratiquer

:

du jeûne que l'on ne peut pas

l'avez-vous fait?

N'avez-vous pas devancé l'heure du repas par senou par caprice? Autrefois ce repas unique se faisait vers le coucher du soleil l'Eglise, par



sualité

:

condescendance pour ses enfants a permis d2 ,

le



N'avez-vous pas fait des collations trop fortes , et ne vous y êtes-vous pas permis certaines nourritures défendues? —Souvenez-vous que la collation n'est qu'un adoucissement toléré faire un second repas , c'est anéantir l'essence du jeûne. N'avez-vous point, par une civilité mal entendue, provoqué les autres à violer la loi du jeûne?... Avezfaire vers midi.

:

vous sanctifié vos jexines , selon les paroles du Prophète , par les larmes de la componction par par des prières pins la mortification de vos sens fréquentes, par des œuvres de miséricorde , et surtout par l'aumône, qui a une liaison si étroite avec le jeûne? Vendredi Dernier commandement de l'Eglise chair ne mangeras 9 ni le samedi mêmement. Avez-vous gardé l'abstinence les jours prescrits par l'Eglise ? N'avez-vous p^s cru qu'on pouvait, à ,

,

:

.

SUR LES COMMANDEMENTS DS L'ÉGLISE,

olô

compagnie et dans l'occafaire gras ces jours-là et surtout le samedi ?..

sa volonté, ou à cause de la

sion ,

,

Ne vous êtes-vous pas l'abstinence sur

fait

dispenser de la

un faux exposé?

loi

de

— Une dispense

obtenue sans raison peut bien vous justifier aux yeux des hommes mais jamais à ceux de Dieu, à qui Ton ne peut en imposer... Ne vous êtes-vous pas dispensés de l'abstinence, sous prétexte que vous en étiez un peu incommodés les premiers jours du Le maigre dit-on , m'échauffe, m'inCarême ? commode mais vous est-il donc prescrit pour vous accommoder ? Il est bien vrai que si votre santé en était notablement affectée , vous seriez dans le cas de la dispense hors de là, vous vous rendez coubles envers la loi. Avez-vous eu soin , pendant le Carême et aux autres jours de jeûne , de vivre dans une retraite plus exacte , d'assister plus régulièrement à la Messe , aux instructions , à tous les exercices de piété ; de fuir avec plus de soin les plaisirs du monde? Hélas! M. F. , combien de personnes dans le monde , qui ne mettent point de différence entre le saint temps ,



,

:

;



du Carême

et les autres

le

sipation

et peut-être

crimes

,

temps de l'année

même oubli de Dieu

vent dans

,

dans

la

;

qui vi-

même dis-

dans l'habitude de

mêmes

!

Tels sont , M. F. , nos devoirs essentiels renfermés dans les commandements de Dieu et de vous avez du y, reconnaître les infracl'Eglise tions sans nombre dont vous avez eu le malheur de vous rendre coupables. L'examen que nous vous en avons fait successivement, a dû produire sur vos cœurs des impressions profondes et salutaires. Puissent-elles vous conduire efficacement au changement de votre conduite et à la réforme de vos :

mœurs

l

Mu

,,

EXAMEN SUR LES COMMANDEMENTS, ETC. reste-t-il à faire? à nous jeter aux pieds

3ÎG

Que nous

de notre Dieu, comme l'Enfant prodigue , et à lui dire avec les mêmes sentiments mon Dieu ô mon Père! je le confesse publiquement j'ai péché Pater 9 peccavi Enfant inet grandement péché grat et dénaturé , je vous ai outragé en mille manières; j'ai dissipé tous les biens dont vous m'aviez comblé, j'ai méprisé vos saintes ordonnances , et transgressé toutes vos lois Peccavi; j'ai péché con^ tre le ciel et contre vous oui, en votre présence grand Dieu, sous les yeux de vos anges , je me suis permis des actions dont j'aurais rougi devant le plus !

:

,

:

:

;

vil

des

hommes

:

In cœlum et coram

trage à toutes vos perfections

ma malice;

:

te. J'ai fait

à votre bonté

,

oupar

par mon ingratipar mes désordres, et ma folie ; à votre amour, par mes attaches criminelles; et j'ose encore vous appeler du tendre nom de père tude

;

à votre miséricorde,

à votre sagesse

,

î

Non, Seigneur, après tant d'offenses et d'injures, je ne suis plus digne d'être appelé votre enfant Jam non sum clignas vocarl filius tuus. Aussi ne vous demanderai-jepas d'être traité en cette qualité, comme ceux qui vous ont toujours été fidèles. Seulement daignez m'admettre au rang de vos serviteurs trop heureux si, par une compassion dont je suis indigne vous voulez bien me souffrir à la dernière place de votre maison sainte Fac me slcut unumcle mer:

:

,

:

cenariis tais.

Et telle est votre bonté , ô mon Dieu ! qu'attendri par l'excès de ma misère, vous accourez au devant de moi, vous versez des larmes de tendresse en me formant le baiser de paix ; en me faisant rentrer ^ns l'abondance des biens de votre maison, vous Vf*e rétablissez dans tous les droits dont j'étais déchu vous me rendez les habits de ma première ,

CÉRÉMONIES DE LA. SEMAINE SAINTE. 317 innocence, et, pour cimenter à jamais votre clémence et ma réconciliation , vous avez fait préparer le festin de réjouissance ; vous me coiibmandez de m'asseoir à la table des enfants pour y ,

manger avoc eux l'Agneau sans gneur

,

tache.

Ah

l'éternité tout entière pourra-t-elie

2

Sei-

suffire

ma reconnaissance? vous servir , vous bénir et vous aimer dans tous les siècles , sera mon plu» doux partage.

à

Ainsi

soit-il.

ÏJIP.SLSISISLSISLSLSIZÏJISL SLSLSLSISISISISUL SLSlSlSLSSS^SlSLS.SISISISJIS^ SlSlSlSUlS'

£«

POUR LE DIMANCHE DES HAMEAUX. Sur Quœ

mm esl

une

les

cérémonies de

est alla rjeus sic inclyta

,

la

ut

Semaine Sainte.

habeat cœrcmonias

et

v.uher-

legem, quam ego proponam hodiè ante oculos vestros?

un autre peuple

célèbre, qui

ait

des cérémonies



cl touïr

semblable à celle que j'exposerai aujourd'hui à vos) eux!

loi

Peut.

si

4.

,

Tous les ans, M. F. l'Eglise offre a nos yeux un grand spectable de religion , qui doit partager et sanctifier Ja semaine sainte. Tous lc^s ans vous êtes frappés, émus, attendris d'un appareil si lugubre ,

Mais savez-vous entrer comme il cérémonies et des mystères? Y assistez-vous avec tout L'empressement et toute la dévotion convenables ? en retirez-vous toute la consolation et le fruit que ces jours de grâce et de salut

et si intéressant.

faut dans l'esprit des

devraient opérer dans vos cœurs? Voilà ce que je

en vous explicérémonies û> la semaine sainte, pour vous disposer à sauctHïet un temps si

viens vous apprendre aujourd'hui

quant

les

différentes

,

'18 CÉRÉMONIES précieux , qui doit vous sanctifier vous-mêmes et

vous renouveler. Puisse l'Esprit-Saint répandre en ce jour l'onction mes lèvres , et dans vos cœurs le goût de la

sur

piété, iin

tères

sentiment vif et tendre des touchants

mys

que je vous annonce!

Rien de plus frappant, de plus mystérieux que les cérémonies qui vont nous rappeler, dans le cours de cette semaine sainte, les derniers événements de la vie de notre Sauveur , et la consommation du grand ouvrage de notre rédemption. L'Eglise en consacre le commencement à la bénédiction et à la procession des rameaux , pour nous rappeler le triomphe de Jésus-Christ , lorsque six jours avant sa mort, il entra à Jérusalem, monté sur une anesse, et que le peuple accourut au-devant de lui, et le reconnut pour le Messie. Les uns portaient des branches d'arbre à la main les autres jetaient leurs habits sur son passage criant Louanges au Fils de David 1 Béni soit celai qui vient au nom du Seigneur ! Voulant imiter ce zèle de l'ancien peuple de Dieu ses empressements, ses éloges, ses hommages envers le Sauveur entrant triomphant dans sa capitale, l'Eglise nous met en mains des rameaux verts qu'elle a bénits, et nous conduit en procession. Le rameau vert est le symbole du triomphe et de la victoire de la réconciliation et de la paix de l'espérance et de la joie. Et voilà ce que signifie ce que nous annonce la cérémonie de ce jour je veux dire le triomphe de la grâce et la délivrance des captifs du démon par la venue du Messie , la paix rétablie entre le ciel et la terre , la céleste Jérusalem ouverte aux enfants d'Adam par le Roi de gloire et le ,

,

,

:

,

,

,

,

;

DE LA SEMAINE SAINTE. o!9 triomphateur du péché. Vous le savez, M. F. Jésus-Christ , par sa croix , nous a rouvert le ciel que le péché nous avait fermé. Pour nous rappeler ce consolant mystère, voici la 'rémonie qui b'ohserve au retour de la procession on trouve fermée ,

'

,

:

la

la

la

porte de F église, qui est l'image du ciel; le Prêtre frappe du bâton de la croix, et elle s'ouvre : alors

procession entre en triomphe dans l'église. vous est aisé maintenant de comprendre dans

Il

quel esprit vous devez assister à cette procession, Ce doit être avec une tendre piété, reconnaissant Jésus-Christ pour votre Sauveur, vous rejouissant

de son triomphe votre

cœur,

,

le

priant de faire son entrée dans

et d'éloigner tous les

pourraient vous empêcher de il

vous a

fait la

obstacles qui

le suivre

au

ciel,

conquête. Conservez avec

dont

foi les

rameaux

bénits , portez-les dans vos maisons pour y attirent la bénédiction de Dieu , et qu'ils y soient un gage de la protection du Ciel contre la tempête et contre les ennemis de votre salut. Ils pourront encore servir quand on vous administrera les derniers sacrements. L'entrée triomphante du Sauveur dans Jérusalem fut, sans doute , un grand sujet de joie et d'admiration pour ses disciples. Mais ensuite, quel changement étrange à sa passion quel sujet pour eux d'affliction et de larmes! L'Eglise entre dans les mêmes sentiments au retour de la procession des rameaux, elle ne s'occupe, à la Messe, que des humiliations et des souffrances de J. C; on y lit l'histoire de sa passion. Pourquoi ce changement si suhit et si lugubre? Hélas! le Sauveur n'entrait en triomphe à Jérusalem , que pour y mourir bientôt ce même peuple qui l'avait reçu avec tant d'honneur et d'allégresse, le dimanche, demanda sa qu'ils

!

:

;

,

Cérémonies

rV20

mort

à grands cris six jours après. Quelle incons-

îance! quel aveuglement ï quelle inconcevable fu-

reur! N'imitons-nous pas ce malheureux peuple F.? Après avoir reçu Jésus-Christ à la sainte communion avec honneur, avec amour, ne le reje-

AI.

lons-nous pas ensuite par le péché ? ne le faisonsnous pas mourir, autant qu'il est en nous ? Oh quel sujet de confusion pour nous, et de douleur amère! Ce fut le mercredi, que les ennemis de J. C. résolurent de le faire mourir, et que le perfide Judas le leur vendit. Aussi le mercredi est-il regardé comme le commencement de la passion du Sauveur, et, en conséquence, comme un jour de deuil et de pénitence pour les chrétiens, ses disciples; et l'Eglise commence en ce jour à célébrer ses funérailles par l'office des ténèbres, qui se répète les deux jours suivants. Vous remarquerez, M. F., qu'un grand nombre de cierges sont allumés au commencement de cet office, qu'on les éteint successivement à la fin de chaque psaume, que le chant y est lugubre. On y lit les lamentations de Jérémie, et le Célébrant frappe quelques coups à la fin de l'office. Tout cela !

est plein de sens

,

et doit réveiller votre attention et

animer votre foi. En nous rappellent que

qu'on éteint lumière du monde, s'est éteint, et qu'il est mort pour nos péchés ; ce bruit exprime le trouble et le désordre de la nature dans le supplice de son Auteur ; tout cet appareil de deuil et de tristesse doit imprimer dons notre âme les mêmes sentiments d'émotion et de sensibilité que nous aurions éprouvés si nous eussions assisté réellement à la mort et aux funérailles de J. C. ; les plaintives lamentations de Jérémie sur les malheurs et la ruine de Jérusalem, doivent nous faire verser des larmes de pénitence sur le triste état de notre effet, ces cierges

J.

G.,

la

DE LA SEMAINE SAINTE. 321 ame. Pécheurs permettez-moi de vous le demander avec le Prophète , qu'est devenue cette beauté* Cette innocence que vous reçûtes dans le Baptême? Qu'avez-vous fait de ces trésors de grâce dont le Seigneur avait enrichi votre âme Quomodo obscuratum est mirum optimum? Comment vous êtes-vous Comportés envers votre Sauveur? Ne Pavez-vous point fait mourir comme les Juifs ? Pcccatum peccavit Jérusalem. Venez donc pleurer avec nous vos ingratitudes et vos péchés, pendant l'office des ténèbres. Profitez donc de ces jours de miséricorde pour vous convertir au Seigneur votre Dieu Converlere ad Domlnum Deum tuum. Mais, hélas! il en sera, cette année, comme les années précédentes ; beaucoup de pécheurs resteront endurcis, ne paraîtront point aux offices, et ne verseront pas une larme, tandis que l'Eglise leur mère sera, par toute la terre , dans la pénitence, le jeûne et la prière. Les offices sont trop longs, diton; ils sont trop tristes et trop fatigants. Ah! ,

:

:



qu'ils

écoutent

et qu'ils

tremblent, ces cœurs insen-

sibles! qu'ils écoutent l'anathème

l'Ecriture contre l'âme qui

ne

prononcé dans

avec peuple de Dieu, au temps prescrit de la pénitence et de l'expiation publique Elle sera maudite et périra , dit le Seigneur Anima quœ afflicta non fucrit die hâc 9 perihit* s'affligera point

le

:

:

Plus nous avançons, plus le sujet devient intéresLe Jeudi-Saint a été de tout temps une fête ex-

sant.

trêmement rccommandable dans

l'Eglise.

Trois cé-

rémonies importantes distinguent ce saint jour. La première est la consécration des saintes huiles, dont l'Eglise se sert dans l'administration (les sacrements. Ces huiles saintes, que l'Evêque bénit avec un grand appareil, sont de trois sortes: Phuue

;^* cêakmgxïës Tus infirmes, qui sert de matière au sacremecl

d'Extrême-Onction;le saint chrême qu'où emploie pour le Baptême , la Confirmation la consécration ùcs Evoques des églises et des autels et l'huile des catéchumènes, dont on fait l'onction sur ceux qu'on prépare au Baptême, pour l'ordination des Prêtres et pour le sacre des Rois. Cette pompeuse cérémonie se fait le Jeudi-Saint, parce que c'est en ce jour que ,

,

,

;

Jésus-Christ a établi le sacerdoce et institué le plus

grand des sacrements. Les fidèles doivent y prendre une vive part, et remercier en ce jour le divin Sauveur de ce qu'il a institué les sacrements qui sont les canaux de ses grâces, et établi les Evêques et les Prêtres, qui, tenant sa place sur la terre, nous administrent ses sacrements, nous procurent le salut et la vie éternelle. Ah! M. F., notre réconnaissance pourra-t-elle jamais dignement répondre à de si grandes faveurs ? La seconde cérémonie es? la cène ou le lavement des pieds. C'est une pieuse imitation de ce que fit Notre-Seigneur, la veille de sa mort, après la cèn& ,

légale. S'étant levé de table

,

dit l'Evangile,

ses vêtements, se ceignit d'un linge

il

quitta

versa de l'eau dans un bassin , et en lava les pieds de ses Apôtres ; Je vous al donné l'exemple après quoi il leur dit ,

:

Seigneur

maître 9 afinquevous dans l'Eglise, cette pratique si touchante des supérieurs et des monarques qui , au Jeudi-Saint, s'inclinent, comme J. C. , le genou enterre devant les pauvres, leur lavent les pieds, et leur font l'aumône. Imitons M. F., cette humilité de Notre-Seigneur; faisons gloire de ses abaisse-

mol qui

suis le

fassiez aussi de

et votre

même. De

là,

,

ments, rendons à ses membres souffrants tous les services dont ils ont besoin quelque vils qu'ils puissent êtn et soulageons- les par nos aumône* ,

DE LA SEMAINE SATNfS. 3â$ Mais c'est surtout l'institution delà divine Eucharistie qui fait l'objet principal de la solennité du

ne pouvait nous faire un don plus précieux que celui de son Corps adorable, ni nous témoigner qu'il nous aimait à l'excès qu'en nous laissant sa personne sacrée pour résider au milieu de nous jusqu'à la fin des siècles, et pour nous nourrir de sa propre substance. Aussi l'Eglise Jeudi-Saint. Jésus-Christ

,

s'efforce-t-elle

toute la

d'honorer cet ineffable mystère par

pompe

qu'elle déploie à la sainte Messe.

Pour nous préparer plus particulièrement à cet auguste sacrifice, on fait d'abord l'absoute; c'est-àdire qu'après avoir récité avec le

chœur

les sept

psaumes de la pénitence, le Célébrant se lève, et, la main étendue sur les assistants, il leur donne l'absolution. Cette absolution a la vertu de remettre les

fautes vénielles,

et d'inspirer des

sentiments de

componction à ceux qui sont coupables de péchés mortels, pour se disposer à en recevoir le paruoiî dans le sacrement de Pénitence. Tout le momie alors doit se tenir à genoux et s'exciter à une vive contrition.

du très-saint Sacrement inspire lanl que pour la célébrer, elle croit devoir suspendre son deuil et sa tristesse. Elle célèbre donc la Messe avec pompe et magnificence, chante le Gloria in cxcelsis, sonne toutes les cloches, et érige un reposoir richement décoré, pour y déposer le divin Sacrement. Quelle est donc notre obligation alors ? C'est de renouveler, en ce grand jour, notre foi en la présence réelle de Jésus-Christ au très saint Sacrement , de le visiter dans le reposoir, et de lui faire amende honorable et réparation L'institution

tfe joie à l'Eglise,

,

de tous les outrages qu'il y a reçus de notre part, et qui lui sont faits par les hérétiques et les impies.

î^k

Oui

,

CÉRÉMONIES M. F. , c'est dans cet esprit qu'il faudra

Jeudi-Saint, adorer le très saint Sacrement

tmhu le ,

péné-

componction sur nos ingratitudes, nos irrévérences et nos profanations; remplis d'amour et de reconnaissance pour un si grand bienfait, admirant l'amour prodigieux du Sauveur pour nous admirant ses abaissements, adorant ses grandeurs. Noublions pas non plus de compatir à ses souffrances dans les différentes stations de sa passion , que je rie saurais trop vous recommander de méditer au pied ou Saint-Sacrement déposé dans que ne pouvez-vous y passer la le reposoir. Ah nuit toute entière que de grâces vous y puiseriez J Après la Messe solennelle on cesse de sonneries cloches jusqu'au Samedi-Saint, pour exprimer la tristesse que doit nous causer la mort du Sauveur; on dépouille les autels et on les lave , pour nous apprendre avec quelle pureté nous devons assister au saint Sacrifice, et recevoir la sainte communion. Voilà ce qui regarde le Jeudi-Saint ; passons aux cérémonies du Vendredi. trés de confusion et de

,

!

!

La solennité du Vendredi- Saint nous offre un spectacle bien lugubre, mais bien touchant. autels dépouillés, les

ornements noirs

et

Les de couleur

de sang, les cierges éteints , le prêtre avec ses assistants prosternés au commencement de l'office nn un mot , toutes les cérémonies de ce grand jour ;

doivent porter dans l'ame

la

plus profonde affliction.

célèbre pas même le saint sacrifice de la Messe, quoiqu'il soit une vive représentation et une continuation sensible du sacrifice de la croix, parce

On ne

qu'il joie-

renferme d'ailleurs trop de consolation et do substitue un office composé de proplié-

Ou y

DE LA SEMAINE SAINTE. 225 de figures de P ancienne loi qui annoncent et représentent les souffrances et la mort du Sauveur. On y lit la passion; on y fait des prières publiques, accompagnées de génuflexions, pour tous lies et

,

on y prie même schismatiques, les hérétiques, les Juifs et parce que Jésus-Christ est mort pour les païens tOUS les hommes , et qu'il veut leur salut. Ensuite on fait l'adoration de la croix, cérémonie extrêmement instructive et touchante. Vous remarquerez, M. F., que la croix, couverte d'un voile, est portée solennellement par les ministres, qui, à trois reprises, font des prostrations, pendant lesquelles on chante les hnpropcres , c'estles états et toutes les conditions

pour

;

les

,

reproches amoureux que le Sauveur , les son peuple, qui pour ses bienfaits lui a préparé le fiel et le vinaigre, les épines les clous et la croix. Arrivé devant l'autel, le prêtre découvre la à-dire fait à

,

,

,

pour

montrer au peuple. Voici la ce mystère du salut du monde par la croix avait d'abord été caché au monde; mais en ce grand jour il a été consommé et montré à l'univers. Alors le prêtre avec ses ministres ôte ses souliers, va adorer la croix en faisant de profonds prosternements ensuite il la fait adorer aux fidèles. Souvenez-vous dans ce moment, M. F., que ce n'est pas le bois de la croix qu'on adore, mais J.-C, vrai Dieu, qui y a été attaché pour notre salut. Adorez-le donc profondément en baisant la croix, et demandez-lui pardon, du fond de votre cœur, de tous vos péchés, qui l'ont crucifié; prenez aussi la ferme résolution de renoncer pour toujours au péché, et de rompre vos mauvaises habitudes. Hélas! fci vous osiez approcher vos lèvres du crucifix avec

croix, et l'élève

la

raison de cette cérémonie

:

;

,

Cérémonies

£25

un cœur encore attaché au péché, vous renouvel* leriez le baiser du traître Judas. bon Sauveur! éloignez de votre croix: tous les hypocrites et les en ce grand jour de voire miséricorde pour

traîtres

les pécheurs; touchez-les de votre grâce, et triomphez de la dur< té de leurs cœurs par la force de ctre amour. Après l'adoration de la croix , on va chercher la fiiutc hostie qui est au reposoir le Prêtre, arrivé à l'autel, l'élève pour la faire adorer au peuple; il récite I13 Pat r, et communie en silence Ainsi se termine cet office de deuil et de tristesse. Le Samedi-Saint l'Eglise célèbre la sépulture de J. C, et sa descente dans les limbes elle est encore dans les pleurs et l'affliction mais elle commence à ouvrir son cœur à la joie par la bénédiction du feu nouveau, qui nous annonce que J. C-, la lumière du monde, étoit mort, mais qu'il va ressusciter. Sa joie éclate ; elle invite les Anges à partager son allégresse, dans ce beau cantique que le Diacre chante en bénissant le cierge pascal. Ce cierge est la figure de J. C. ressuscité et triomphant. Le Diacre y insère d'abord cinq grains d'encens pour représenter les parfums dont le corps de J, C. fut **

:

:

;

,

embaumé

,

et ces cinq plaies

;

ensuite

il

l'allume

pour annoncer la résurrection du Sauveur Pendant cette cérémonie, M. F., entrez dans les sentiments de l'Eglise réjouissez-vous avec elle de la résurrection de son divin Epoux et soupirez après votre résurrection à la grâce, à une vie toute nou,

,

t

elle et

vraiment chrétienne.

Une autre cérémonie bien remarquable du Samedi-Saint est la bénédiction solennelle des fonts baptismaux. Elle est précédée de leçons et de cantiques qui nous rappellent les grands et principaux

DE LA SEMAINE SAINTE. S27 événements de la Religion, qu'un chrétien doit savoir et ne jamais oublier. Le Prêtre fait ensuite la bénédiction de l'eau par plusieurs cérémonies sen il la divise sibles et parlantes il la touche il en répand vers les quatre parties du monde, en rappelant le commandement que Jésus-Christ a fait de ,

:

,

baptiser toutes les nations de la terre.

Peau pour y

trois fois le cierge pascal

'>

Il

souffle sur

y plonge par pour exprimer que ce

attirer le Saint-Esprit;

il

mérites de Jésus-Christ mort, enseveli et ressuscité, que cette eau peut avoir la vertu de régénérer nos âmes. Enfin, il y infuse du saint chrême et de l'huile des catéchumènes, pour consacrer en quelque sorte cette eau, et la sanctin'est

que par

les

fier

et cette

eau est destinée pour

;

le

Baptême

so-

lennel.

L'eau étant bénite, on en

fait

l'aspersion sur les

que chacun se souvienne de la grâce de son baptême qu'il en demande la conservation ou la réparation s'il a eu le malheur de la perdre. Le peuple prend en même temps de cette eau dans des vases, et l'emporte dans les maisons pour baptiser en cas de nécessité, et pour s'en servir comme d'une eau bénite. Enfin, on retourne à l'autel en chantant les litanies des Saints, soit pour obtenir, par leur intercession, la fidélité à toutes les grâces que le Seigneur vient d'accorder aux fidèles par tant de mystères, soit afin que l'Eglise du ciel s'unisse à celle de la terre pour célébrer la résurrection glorieuse du Sauveur, dont l'Eglise s'occupe désormais. En effet la messe se dit avec solennité on y chante le cantique des Anges pendant lequel on sonne toutes les cloches; on reprend le cantique de joie, aik(nia, -ton annonce la pâque des chrétiens* fidèles, afin

,

,

;

,

CÉRÉMONIES DE LA SEMAINE SAINTE. le plus beau, le plus grand, le plus désiré des jours! M. F., avec quelle magnificence, avec quel concours ne céièbrerons-nouspas cette ravissante solennité où notre divin Sauveur, après avoir triomphé de la mort et du péché, est entré dans une vie nouvelle, est ressuscité pour ne 328

heureux jour!

,

plus moiu ii où il communique à tous ses membres une vie céleste comme la sienne. Mais, dites-moi, combien de temps durera cette ferveur, cet accès .;

de dévotion qui revient tous les ans. Avoir, dans ces saints jours, le zèle et la piété des chrétiens empressés à venir se purifier par la pénitence, et faire à Dieu de nouvelles protestations de s'attacher à son service, <3e suivre désormais sa loi sainte, ne seirible-t-il pas que le monde soit changé et réformé? Mais bientôt la dévotion s'évanouit avec la solennité ; bientôt on oublie ses résolutions et ses promesses; bientôt on retourne à ses premières habitudes; on entretient les mêmes liaisons, les mêmes intrigues ; on retient toujours le bien d'autrui.dans ses mains; on conserve les mêmes ini/jkiés dans son cœur; on est toujours sujet aux mêmes faiblesses , aux mêmes passions, aux mêmes vices; et au lieu d'être véritablement purifié, converti, ressuscité, au contraire on devient plus criminel, parce qu'on devient infidèle et ingrat,

peut-être

même

sacrilège.

Ah! jo vous en conjure, profitez de tous ces jours de grâce etdesalut, de cette semaine sainte par excellence, pour revenir efficacement à Dieu et pour vous affermir dans son amour. Pour cela, célébrez cette sainte semaine avec un redoublement de piété, de recueillement et de ferveur. Soyez assidus aux maints offices méditez sérieusement sur le mysQu'il n'en soit pas ainsi de vous, M. C. F.î

,

;

SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST. tère de

329

chaque jour; ajoutez au jeûne ordinaire

quelque pratique de mortification ; privez-vous des plaisirs même innocents. Ah! si vous étiez à la veille de perdre votro père , votre mère, votre épouse , vous seriez ("ans la tristesse. Mais c'est votre Sauveur, votre Dieu qui va mourir, et mourir dans les plus rigoureux tourments ; et c'est pour vous qu'il va mourir comment donc ne seriez-vous pas plongés dans la douleur, animés d'un vif amour, d'une tendre reconnaissance, d'une piété fervente? L'apotre saint Paul vous le dit Si vous souffrez avec Jésus-Christ, vous serez glorifiés ayec lui si vous mourez réellement au péché , vous ressusciterez à pour rentrer ensuite avec Jésus-Christ la grâce dans le royaume de sa gloire, que je vous souhaite, au nom du Père et du Fils et du Saint-EspriL :

:

:

,

,

,

POUR LE VENDREDI-SAINT. Sacrifice de Jésus-Christ sur la croix. Dilexit et

il

me,

s'esl livré

et

tradidit semetipsum

pro me, Jésus m'a aimé,

à la mort pour moi. Eplies.

,

5.

Le mercredi des Cendres je vous annonçai, M. F., que l'Eglise avait institué le saint temps de Carême pour nous préparer, par la pénitence et par la conversion, au mystère delà Passion et delà mort de notre Sauveur, que nous célébrons en ce grand jour. Vous y êtes-vous préparés, et trouverons-nous aujourd'hui parmi vous beaucoup de péuitcnts^lélas! il est une certaine classe de pécheurs que rien ne touche et que viennent-ils encore Taire ici, dans cette lugubre cérémonie? Ont-ils :

ùoO

SACRIFICE

pendant ce Carême, un seul retour sur le triste état de leur âme ? Se sont-ils approchés du tribunal de la pénitence avec un cœur sincère et contrit? Ont-ils commencé à expier leurs péchés par des pénitences proportionnées à leurs forces? Ah! combien qui n'ont pas plus fait de pénitence pendant le Carême que pendant le reste de l'année qui, pendant ce saint temps, n'ont pas plus assisté aux offices qu'auparavant, et en qui l'on n'aperçoit fait,

;

aucun changement! Ils paraissent ici aujourd'hui, vont approcher leurs lèvres impures de la croix de Jésus-Christ. Ne sera-ce pas le baiser de Judas qu'ils lui donneront? Oui, sans doute, puisqu'ils ne font rien pour se convertir; et que, par leur persévérance dans le péché, ils retiennent leur Sauveur ils

cloué sur la croix. Ah! pécheurs, je vous en conjure, sortez de votre endurcissement ; laissez-vous attendrir à la vue des souffrances de votre Sauveur. C'est son amour pour vous qui l'a crucifié c'est pour vous sauver qu'il a souffert une mort si douloureuse. Donnezlui donc enfin votre amour. En ce grand jour de la miséricorde , venez vous jeter entre ses bras, et vous réconcilier avec lui par une bonne confession. Pour vous engager à cette démarche d'où dépend votre salut éternel, je vous ferai voir la grandeur ;

du sacrifice que Jésus-Christ a ofpour vous, l'amour infini qu'il vous a témoigné dans sa passion et sur la croix. Puissiez-vous en être si touchés , que vous répondiez à son amour par une conversion prompte et véritable

et l'excellence fert

!

Dans il

l'état

fallait

déplorable où était réduit l'univers,

nécessairement un sacrifice pour expier

Ci:

JÉSUS-CHRIST.

331

péchés des hommes, et satisfaire à la justice de Dieu. Tant de crimes de désordres et d'excès qui couvraient la face de la terre, avaient provoqué la colère du Ciel, et allumé le feu des vengeances divines. Les sacrifices de l'ancienne loi étaient le sang des taureaux, défectueux et insuffisants l'immolation des victimes, ne pouvant laver les iniles

,

:

du monde et apaiser la colère céleste, le genre humain était perdu sans ressource, si une Victime d'un ordre supérieur, et proportionnée à la grandeur des offenses, ne s'offrait pour le sauver. Touché de notre triste état, Jésus-Christ, le Verbe étemel, s'offre à son Père en qualité de victime. Père céleste, lui dit-il, je sais que les anciens sacrifices ne vous sont plus agréables, et que vous les avez rejetés. Me voici prêt à prendre sur moi tout le poids de vos vengeances pour attirer sur le genre humain les regards de votre miséricorde. Tune dlxl: Ecce venlo. Quel sacrifice , grand Dieu ! et combien sera-t-il capable de toucher votrecœur! hommes, qui gémissez sous l'esclavage du péché et la tyrannie du démon , admirez et reconnaissez l'excellence de ce grand sacrifice offert pour votre quités

salut! Sacrifice véritable. Ce les figures

de l'ancienne

ne sont pas les ombres et loi, qui ne pouvaient être

agréables qu'autant qu'elles annonçaient

,

qu'elles

par excellence. Les ombres sont changées en lumière, et

prédisaient le vrai sacrifice les figures

ont

fait

,

le sacrifice

place à la réalité.

Sacrifice sanglant. Selon la loi

la rémission des péchés ne pouvait se faire sans effusion de sang. Il fallait donc que le sang de l'Agneau sans tache fût répandu sur la terre, et que la rémission des péchés fût cimentée par ce sang adorable. ,

,

SS2

SACRIFICE

Sacrifice volontaire et libre. Si le souverain libé-

rateur a été mis à mort, c'est parce qu'il l'a voulu est quia ipse volait. Et quei autre motif que :

Oblatas

bonté de son cœur pouvait l'engager à ce dévoûment absolu de lui-même, pour des pécheurs la

qui en étaient

si

indignes

?

Le Sauveur du monde a souffert de tous, dans tout, et pour tous. Telle est M. F., l'étendue de son sacrifice. Il a souffert de la Sacrifice universel.

part de tous

:

les Juifs l'ont

Font condamné,

persécuté, les gentils

bourreaux l'ont tourmenté et déchiré, les impies l'ont blasphémé et maudit, les grands l'ont méprisé, le peuple l'a outragé; tout les

armé contre le Saint des saints. Hélas! ses eux-mêmes, qui devaient faire sa consolation, l'ont abandonné, trahi, reuié. Que cette plaiea été sensible à son cœur! s'est

disciples

Il a souffert dans tout dans sa doctrine qu'on accuse d'impiété; dans sa liberté,]! est vendu à prix d'argent comme un vil esclave ; dans sa gloire, elle est changée en opprobre; dans son esprit, livré à l'amertume de ses pensées dans son cœur, navré de douleur; dans son âme, triste jusqu'à la :

,

;

mort. Il a souffert pour tous ; et chacun de nous, M. F., peut dire avec vérité Il m'a aimé, et il s'est livré :

lui-même pour moi:

Dllexlt

me,

et Iradidit

semet-

ipsum pro me. Sacrifice infiniment douloureux. L'homme avait péché dans tous ses sens, devenus les instruments

du péché il faut que tous les sens de l'Homme-Dieu soient livrés à de nouveaux tour-

et les complices

:

ments que l'enfer a inventés et réservés pour lui. Tous les tourments viendront se réunir à la fois sur sa personne adorable, pour en faire l'homme do

DE JÉSUS CHRIST, douleurs

:

Vlram dolorum. Sa tète

Z%0

sera penchée sou*

une couronne d'épines; ses yeux seront noyés dans larmes; sa langue sera abreuvée d'amertume et de fiel son cœur sera ouvert par le fer d'une lance; ses mains, ses pieds seront percés de clous et attachés à un bois infâme tout son corps meurtri, déchiré, ne sera plus qu'une plaie; son sang ruisselle à grands flots il tombe lui-même, en se traînant comme un ver de terre sur le pavé arrosé de ce sang; les bourreaux, épuisés à force de fraples

;

,

;

;

per, sont obligés de le relever, et la victime suc-

combe sous

la rigueur des coups ! Dieu Sauveur! quels sont vos sentiments, au milieu de tant de douleurs et de tourments ? Vous vous affligez , non de vos plaies, mais de nos péchés vous offrez vos maux, pour attirer notre pardon; vous vous réjouissez de voir couler ces torrents de sang, dans la pensée que nos crimes y seront lavés. Le péché vous paraît si affreux ; nos Hmes vous paraissent si précieuses ; les peines réservées aux pécheurs , si terribles , que vous souffririez, s'il était possible, des tourments encore plus douloureux, pour notre salut. Ah! M. F. , quel autre amour que celui d'un Dieu, est capable de co sentiment? et quels autres cœurs que les cœurs endurcis, seront insensibles à ses douleurs! ;

Enfin, sacrifice solennel, public, offert à la face

de l'univers. Après les amertumes dans le jardin des Oliviers après les opprobres dans les divers tribunaux de Jérusalem, après les horreurs de fci flagellation douloureuse et sanglante, la Victime? sort de la ville de Jérusalem, chargée du pesant fardeau de sa croix elle avance vers le terme, et, »ur les traces de son sang, elle arrive enfin au Calcaire, sur la montagne destinée au dernier supplice ,

:

SACRIFICE

33ft

des criminels. La justice divine l'y attendait depuis plus de quatre mille ans, le glaive à la main, pour l'immoler à ses justes vengeances. O Agneau de Dieu! ô Désiré des nations! ô Messie si longtemps

annoncé au monde! était-ce donc pour cela que vous étiez venu sur la terre; que vous aviez été désiré par tant de patriarches, désigné par tant de figures, attendu pendant tant de siècles? Desseins

de Dieu, que vous êtes adorables! mais que vous

Oh ! M. F. , que le péché est donc affreux, puisque c'est le péché qui a immolé une si grande Victime! Le Saint des saints, le nouvel Isaac, est-il arrivé au lieu de son sacrifice on le dépouille de ses habits; avec eux sont arrachés des lambeaux de chair. Gomme un agneau à qui l'onôte la toison, il souffre et se tait. On lui ordonne de se placer sur la croix, il obéit. On l'y attache, on enfonce les clous avec violence. Le Calvaire retentit de coups redouêtes impénétrables

!

:

les nerfs sont foulés, les os sont brisés , toutes douleurs sont renouvelées. Enfin on l'élève, on le présente à tout Israël, à la vue d'un million d'âmes rassemblées de tout l'univers, et accourues à la grandeur du spectacle. Le voilà suspendu entre le ciel et la terre. 11 s'offre de nouveau à son Père

blés

;

les

céleste, et n'attend plus que le moment qui doit terminer sa douloureuse carrière. A ce moment de la mort d'un Dieu, toute créature doit se taire et trembler; la nature elle-même étonnée se confond, se trouble et se tait. Imitons-la, M. F. , laissons parler Jésus-Christ sur la croix* Ecoutons la voix de ses plaies et de son sang; et, dans ce silence profond, plus éloquent que tous le*

discours, donnons a

nos sanglots

à

un

libre cours à nos sentiments nos larmes. C'est l'unique voix

,

DE JÉSUS-CIIRIST,

que nous devons

faire entendre.

335 Renouvelez voire

a itention,

Le Sauveur du inonde ne mourut pas d'abord qu'il il y vécut trois heures entières sans doute pour y souffrir plus longtemps. Tenons-

fut élevé sur la croix :

nous, M. F., au pied de cette croix, comme des enfants affligés aux pieds d'un père mourant. Recueillons ses derniers soupirs ; écoutons ses dernières paroles; recevons-les comme son testament et son héritage, et gravons-les profondément dans ,

nos esprits Il

;

rien de

si

touchant et de

si

instructif.

nous avait consacré ses travaux durant sa vie

;

il

veut encore nous consacrer ses derniers sentiments, ses derniers soupirs à sa mort Tout ce qui se présente à ses yeux afflige son cœur , renouvelle ses plaies et fait éclater son ,

amour. Il a une mère, elle mérite ses premiers soins. Ah! mère tendre, en voulant les partager, vous augmentez ses douleurs. Mon fils, dit-il en regardant saint Jean, voilà votre mère: Ecce mate?tua. Et vous, mère, voilà votre fils Ecce filais tuas. Quel glaive de douleur dut alors percer votre cœur, ô Mère affligée! Nous prônons part à vos afflictions ; daignez nous recevoir au nombre de vos enfants. Mère de miséricorde , soyez notre tendre mère. Jésus-Christ a des ennemis. Ils n'ont des parotes que pour le blasphémer, et il n'a des sentiments que pour demander miséricorde pour eux. Mon :

ne connaissent pas toute commettent; ils sont mes vrai; mais ils sont votre ouvrage,

Père, pardonnez-leur, l'horreur

du crime

ennemis,

il

et le prix

de

est

mon

ils

qu'ils

sang: Pater

,

dlmltte Mis. Quelle

bonté! quelle tendresse! Hélas! M. F., bien plus

3SG

SACRIFICE

nous connaissons le mal que nous faisons, et nous le commettons malgré nos lumières, contre le témoignage de notre conscience: n'en sommes-nous pas plus coupables devant Dieu ? Parmi les ennemis du Sauveur, il y en a un qui criminels qu'eux

,

l'intéresse plus spécialement , parce qu'il est plus coupable envers lui. Or, c'est en sa faveur qu'il prononce l'arrêt de la justification, et il signe cv( arrêt de son sang. Vous étiez pécheur, vous êtes pénitent, dit-il au Larron; aujourd'hui même vous serez avec moi en paradis Hodiè mecum eris in para" diso. M. F. , aurons-nous un jour le même bonheur? Soyons pénitents comme le bon larron, et nous pourrons être à jamais heureux avec lui. Mais n'attendons pas les derniers moments ; pour u;i qui se convertit à la mort, mille périssent dans leurs péchés. Jésus voit des pécheurs auteurs de ses souffrances et de sa mort , c'est vers eux qu'il tourne ses re:

gards. Ses bras s'étendent, son

leur

marquer son amour

cœur

et le désir

s'ouvre pour

de leur conver-

Il est dévoré de la soif, niais c'est une soif ardente de leur salut SLtïo. Ah M. F. , le salut do notre âme le dévore encore de la même soif: la

sion.

:

!

négîigerons-nous , cette âme , comme nous avons fait jusqu'à présent? Jésus a un Père il est sorti de son sein ; il doit bientôt y rentrer. Mon Dieu, s'écrie-t-il , pourquoi :

m'avez-vous délaissé dans l'abîme de l'angoisse et des douleurs ? Pouvez-vous méconnaître votre Fils bien-aimé, le tendre objet de vos complaisances: Deus meus , ut quid dereliquisti me? Ah! disons aveo lui Mon Dieu ne nous délaissez pas dans nos afflictions! que deviendrions-nous sans votre secours? Vous connaissez notre faiblesse, soyez-en touché. Jésu& a une âme. Oh! qu'elle est sainte! qu'elle :

,

,,

DE JÉSUS-CHRIST.

337

est précieuse! Elle a été triste jusqu'à la

mort;

elle

Il la recommande à son rendre entre ses mains comme c'est de ses mains qu'il l'a reçue In marias taas commendo splrltammeum. Recevez la mienne, mon Dieu! quand je serai dans les derniers moments. Dès à présent je vous fais le sacrifice d'um; vie dont je n'ai que trop longtemps abusé. Enfin , tout est consommé. Les oracles sont remplis , les prophéties sont accomplies , les figures sont terminées , le péché est expié la mort est domptée, l'enfer est consterné, la voie du ciel est ouverte, le grand ouvrage de la rédemption est achevé. Jésus expire.... Jésus est mort: Consamma-

sera

soumise jusqu'à

Père céleste

;

il

la fin.

veut

la

:

,

tam

est» Consommation de justice, consommation de miséricorde, consommation de sacrifice. La Victime est offerte, l'Agneau sans tache est immolée,

tous les desseins de Dieu sur lui sont remplis

summatam

:

Con-

est*

Voilà chrétiens , voilà où l'a conduli son amour; mais aussi voilà où l'ont conduit nos péchés. Venez donc, pécheurs, venez considérer votre ouvrage et déplorer vos malheurs. C'est votre Dieu, votre Sauveur, votre Père mourant qui vous appelle au pied de sa croix : et que vous dit-il à tous ? Venez, considérez. Venez, vindicaîifs, voyez votre Dieu pardonnant à ses hourreaux conserverez-vous toujours de la haine contre vos ennemis ? Venez , ivrognes voyez votre Sauveur abreuvé de fiel et de vinaigre, dévoré d'une soif ardente: vous livrerez-vous toujours aux excès de l'intempérance? Venez, ambi,

:

tieux, considérez les humiliations et les opprobres

dont m'a couvert votre orgueil. Venez, avares, déplorez votre attachement aux biens de ce monde et voyez l'état d'indigence où je meurs, ne laissant

tome vu.

15

*33 SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST. que ma croix pour héritage à mes enfants. V&Let 9 impudiques, libertins, et voyez les plaies profondes

mon cœur vos plaisirs criminels. Et comment ne craindriez- vous pas ne rougiriez-vous pas d'être des membres délicats sous un chef couqu'ont faites à

,

,

ronné d'épines? Attendîtes et videte. Mais enfin , M. F. puisque nous avons eu le malheur de verser ce sang précieux n'en perdons pas le fruit. Disons, mais dans un esprit bien différent Sanguls ejus super nos» Oui, de celui des Juifs adorable Sauveur, que votre sang se répande et coule sur nous. Qu'il coule, ce sang adorable, sur les pécheurs et qu'il les touche , les convertisse , les ramène de leurs égarements. Qu'il coule sur les pénitents, et qu'il les soutienne dans les exercices pénibles de la pénitence qu'ils ont embrassée. Qu'il ,

,

:

,

«ouïe sur les âmes tièdes, et qu'il les anime d'une sainte ferveur, en les retirant de cet état de langueur



elles

gémissent. Qu'il coule sur les âmes

affligées,

dans les épreuves de cette vie. Qu'il coule sur les âmes justes, et qu'il les conduise à grands pas dans les voies de la perfection. Qu'il coule enfin sur nous tous , et qu'il nous purifie, qu'il nous sanctifie, qu'il nous sauve. Ah! M. F. , quel serait notre malheur, si le sang d'un Dieu était pour nous répandu en vain, et, si sous les yeux de notre Sauveur, nous venions à nous perdre Dieu de bonté , Dieu souffrant et mourant! faites donc que, dociles à la voix de votre sang, nous recueillions le fruit de vos travaux ; que nous repondions à votre amour ; que nous gémissions sur nos égarements , et que nous ne vivions plus que pour celui qui est mort pour nous, et qui et qu'il soit leur consolation et leur force

iristes

!

seul doit être notre résurrection et notre vieiDilexit

me s

et

iradldU semct Ipsum pro me,

,

RÉSURRECTION SPIRITUELLE.

339

POUR LE SAINT JOUR DE PAQUES.

Surrexit.

Sur

la résurrection spirituelle.

Il est

ressuscité. S.

Marc, 16.

Le voilà donc arrivé, M, F. ce jour solennel, où changent en triomphe, où les desseins des méchants sont confondus , où celui qui semait dans les larmes, moissonne dans la joie: ,

les humiliations se

Surrexit.

Durant le cours de plusieurs semaines , les larmes ont été votre partage ; nos églises, revêtues de deuil n'ont offert à vos yeux que des objets sombres et

lugubres ; à la vue des souffrances et de la mort ignominieuse de votre divin Rédempteur, votre âme a été plongée clans l'affliction. Mais aujourd'hui le spectacle change; déjà des chants d'allégresse, la figure de cet Alléluia éternel de la Jérusalem céleste, ont réveillé votre âme abattue par la douleur, et vous ont appris que le temps des épreuves

que l'ouvrage du salut était consommé, que Jésus venait de dépouiller l'enfer et d'enrichir

était passé,

les cieux

:

Surrexit.

vous qui avez méconnu ce Jésus au jour de ses opprobres, venez le reconnaître au jour de sa gloire vous qui l'avez vu insulté de toutes les créatures dans ces derniers jours venez le voir aujourd'hui adoré des anges du ciel vous qui avez pleuré sa mort, réjouissez-vous dans sa résurrection Vierge sacrée, sa mère, saintes femmes,essuyez vos larmes; disciples consternés, rassurez-vous; peuple fidèle, venez voir ce divin soleil tout rayonnant de lumière, ;

,

;

ï

15.

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. qui l'avez suivi à la trace de son sang, et qui ne découvriez plus en lui les traits de sa majesté, venez le voir dans tout l'éclat de sa beauté et de sa gloire. Venez, mêlons ensemble et nos cœurs et nos voix, pour rendre à Dieu des actions de grâces sur les victoires de son Fils. Que tout ce o40

âmes

justes

,

qui respire loue aujourd'hui le Seigneur; que toute créature chante L'Agneau qui a été mis à mort est :

digne de recevoir gloire, honneur, puissance, force et divinité. Jour des jours, jour d'espérance et de salut pour tout le peuple fidèle; jour de gloire et de triomphe pour les membres comme pour le chef; jour où le péché est détruit, l'enfer vaincu, le démon terrassé, le règne de la grâce établi, le ciel

ouvert! Surrexitl

Ne croyez pas cependant M. F. que je me borne du triomphe glorieux de JésusChrist dans sa résurrection. Le premier fruit que vous devez retirer de cette solennité étant de rendre ,

,

à vous entretenir

,

votre résurrection spirituelle semblable à celle de

ce divin Sauveur, je m'attacherai à vous fournir sur sur ce sujet les instructions norez ? etc.

Notre résurrection

les plus solides.

Ho-

spirituelle consiste à prendre,

comme Jésus-Christ, une vie nouvelle. Elle doitêtre véritable et réelle

comme

,

et

non point fantastique et ima-

de la plupart des chrétiens dans ces jours de solennité. Car, hélas! M. F., qu'avons-nous vu , et que voyons-nous tous les ans à Pâques ? Ce que vit autrefois le prophète Ezéchiel des morts de plusieurs années se lever de leurs séginaire,

celle

:

pulcres, et composer une armée florissante ; c'està-dire une foule de pécheurs invétérés errer pen-

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. olil dantces jours autour du saint Tribunal, et former un peuple de nouveaux pénitents. Mais ce merveilleux spectacle n'est-il pas, au fond, une pure vision ? Et la plupart de ces résurrections annuelles:

de ces pénitences pascales sont-elles autre chose que des ombres de pénitence et des fantômes

et

de résurrection surrection

?

ombres de pénitence

J'appelle

,

et

fantômes de ré-

toutes ces dévotes apparitions que font

durant ce saint temps, dans nos églises, ces prétendus chrétiens qui, hors de là , n'y viennent que rarement; qui passent les six mois, souvent même les années entières dans un éloignement criminel des sacrements; qui n'assistent aux offices qu'avec dégoût etcontrainte; qui, pour toute sanctification du dimanche, se contentent d'une Messe basse, sans se mettre en peine des lois de l'Eglise et du scandale qu'ils donnent à leurs frères. J'appelle ombres de pénitence et fantômes de résurrection, toutes ces coniessions précipitées, faites

sans recherches suffisantes, sans examen, avec une conscience aveugle sur ses devoirs, sans contrition, sans

un ferme propos de changer de vie, sans un mot, que la honte de l'aveu

autre sentiment, en

d'une prompte absolution. ombres de pénitence et fantômes de résurrection, toutes ces communions hasardées, qui n'ont point été précédées d'une épreuve suffisante, qui sont accompagnées d'une sécurité criminelle qui ne diminue pas, aux yeux de Dieu, l'horreur et l'attentat du sacrilège, et qui sont suivies d'un endurcissement encore plus funeste. Péniten-

et t'envie

J'appelle enfin

ces fausses

publiques traités

!

!

!

résurrections chimériques saints mystères

,

comment

!

illusions

étes-vous

.

RESURRECTION SPIRITUELLE,

Ztë C'est

cependant là, M.

l'Eglise et le triste sujet

F. , la plainte ordinaire de de ses gémissements, qu'à

Pâques même les vrais changements sont rares, que tout ce que l'on voit de nouveau dans ces saints jours n'est qu'une pure cérémonie, et qu'après les ,

têtes tout se

trouve dans le

même

état

qu'aupa-

ravant.

En voulez-vous

savoir la raison

point de vraie conversion

?

C'est qu'il n'y a

eomme

il n'y a point de résurrection véritable, qu'elle ne soit surnaturelle. Jésus-Christ n'est ressuscité que par sa vertu divine;

et

,

nul ne peut reprendre comme lui une vie nouque par un principe surnaturel. Or, quel est

velle,

de ces dévotions du temps de Pâques? que des sentiments humains et des dispositions purement naturelles. On donne dans ce saint temps quelques signes de religion: mais c'est la bienséance qui l'ordonne le ressort

Elles n'ont point d'autre principe

;

c'est le le

monde même,

demande

;

il

corrompu qu'il est, qui faut tromper des yeux qui nous obtout

servent; éluder les anathèmes de l'Eglise qui nous

menace. On obéit donc, mais à contre-cœur ; chacune des démarches que l'on fait, semble dire, par Quare inquiet asti ie trouble qui les accompagne :

nos? Devoirs onéreux, obligations importunes, pour-

quoi venez-vous troubler notre paix

nos plaisirs, suspendre nos habitudes

,

interrompre ? C'est là tout

mystère des pieux mouvements que les pécheurs donnent dans ces saints jours. Or, dites-moi, M. F., un retour à Dieu ainsi forcé, sans esprit intérieur, par respect humain, par crainte servile quelque spécieux qu'il soit au-dehors, peut-il jamais être au fond réel et véritable, et le démon n'y a-t-il pas plus de part que Dieu? Aussi, dit saint Jean, quoiqu'il paraisse, aux yeux le

se

,

,

,

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. des

343 ces pécheurs aient repris une vie sont toujours au nombre des morts :

hommes, que

nouvelle,

ils

JSomen habes quod vlvas , etmortuus es. Mais en quoi consiste donc cette vie nouvelle qui doit être le fruit de cette grande solennité? Saint Paul, dans son Epître aux Corinthiens, a exprimé quelle est la vie nouvelle que doit mener un chrétien après Pâques. M. F. ,dft ce grand Apôtre, si vous êtes ressuscites avec J. C.

.,

cherchez ce qui

dans le ciel > où J. C. est assis à la droite de sort Père; n'ayant d'affection que pour les choses du ciel, est

détachez-vous de celles de la terre. Changement de pensées et de désirs voilà donc, M. F., la preuve de votre résurrection, yoilà des règles qui ne sonr point équivoques. C'est l'esprit et le cœur qui déterminent toutes nos actions. Or, l'illusion dans l'esprit et la corruption dans le cœur, tel était votre état avant votre résurrection. Aujourd'hui votre esprit est-il éclairé par la foi? votre cœur est-il purifié par la grâce? :

vivez-vous de la foi , comme le juste ? vos jugements? est-elle la source de vos pensées? êtes-vous pénétrés delà grandeur de votre Dieu, de l'importance et de la nécessité de votre salut? Connaissez-vous la vanité des choses

D'abord

,

règle-t-elie

d'ici-bas, l'inutilité des occupations de la terre, les

dangers que l'on court dans le monde, lacorruplion de ses maximes, le faux brillant de ses honneurs ? En second lieu, votre cœur est-il d'accord avec votre esprit ? L'éloignement du monde et de ses plaisirs, la prière, le recueillement, la vigilance, la mortification, feront-ils désormais vos plus chères délices ? Pourra-t-on dire de vous , en parlant du lieu de votre chute , ou plutôt de votre mort, ce que les

Anges disaient du sépulcre de Jésus-Christ:

îl

r,Èsunur.CTiON spirituelle.

olxk

n'est plus ici,

il

est ressuscité

:

Surrexit 9 non est hic?

Ne vous trouvera-t-on plus clans ces cabarets, qui ont été pour vous la cause funeste\le tant de crimes où vous avez dissipé un argent nécessaire à votre famille; où vous avezblaphémé le saint nom de Dieu, fait tant d'imprécations , tenu tant de mauvais pro;

pos , occasionné tant de querelles; où, enfin, vous vous êtes mis, par l'ivresse, au-dessous de la bête ? Ne vous verra-t-on plus dans ces compagnies dangereuses , où la médisance se repaît des faiblesses et des défauts du prochain ; où tant de fois l'on a blessé votre pudeur et corrompu votre cœur par des discours et des libertés criminelles? Sera-ce bientôt et pour toujours que cette église deviendra le lieu de vos délices ; que vous viendrez pleurer, au pied des autels, les égarements de votre vie passée; et que vous y réparerez, par votre recueillement et votre modestie, les irrévérences que vous y faisiez, les scandales que vous y donniez par votre dissipation et par vos parures mondaines? Ah! jusqu'à ce que vous donniez ce spectacle édifiant; jusqu'à ce que nous vous voyions plus adonnés à la prière, plus recueillis dans la maison du Seigneur, plus assidus à fréquenter les sacrements; jusqu'à ce que vous montriez moins d'attache à vos intérêts, moins de sensibilité sur les injures, moins d'emportement et d'impatience dans vos peines ; en un mot, jusqu'à ce que nous vous voyions changer de langage et de conduite, permettez-nous de douter de votre résurrection, et de dire, comme le Disciple incrédule Je ne le croirai point, que je ne le voie Nlsl vider o , non cretlam. :

:

Quand un

chrétien est ressuscité

comme

Christ, le ciel est l'objet de ses désirs jet

de ses dégoûts i

le

monde, celui de

;

Jésus-

la terre, l'ob-

ses aversions.

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. S4-5 Car , encore une fois, qu'est-ce que ressusciter avec Jésus-Christ? C'est reprendre comme lui une vie nouvelle ; or, le signe de la vie, c'est l'action. Par conséquent , le signe d'une nouvelle vie , ce sont de nouvelles actions, de nouvelles pensées, de nouveaux désirs, de nouveaux sentiments, de nou-

veaux exercices. Donnez-nous donc cette consolation. Menez désormais une vie chrétienne, M. C. F. ; ne nous faites pas repentir de l'absolution que nous vous avons donnée. Nous vous avons accordé ce bienfait, parce que nous avons compté sur vos promesses. Quel crime, si vous veniez à y manquer! vous joueriezvous donc de Dieu, des sacrements et de votre éternité ? Cependant rien de plus commun. Quelle est la cause de ces rechutes? Nous allons l'examiner.

D'où viennent les rechutes? D'où vient, M.

F.,

qua

votre résurrection de la mort du péché à la vie de la grâce , en ces saints jours , est si peu constante et

peu durable? D'où vient que les Pâques ne font que des conversions passagères, et que vous conservez si peu de temps la grâce que vous avez reçue? Hélas si

!

cause d'un mal si déplorable n'est pas difficile à trouver: 1° ^On ne prend aucune précaution pour conserver cette grùce. 2° On oublie bientôt tout ce qu'on a promis à Dieu, et l'on viole sans scrupule la

toutes ses résolutions.

,

D'abord on ne prend aucune précaution pour conserver la grâce que l'on a reçue. Que dis-je? on regarde le temps pascal comme un temps de relâchement, de repos et de plaisir. On dirait, s'écrie S. Bernard, que la résurrection du Sauveur est devenue comme un temps de péché , et le terme fatal

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. ohù de nos rechutes. Le deuiî dans lequel l'Eglise était plongée ces jours derniers, les mystères douloureux qu'elle célébrait, les saintes austérités qu'elle prescrivait à ses enfants

ce ; et îe

comme

,

tout cela arrêtait la licen-

Epouse de Jésus-Christ, dans auquel elle se livre à la vue de

cette

si

transport de joie

son divin Epoux ressuscité, lâchait la bride à toutes les passions , on voit renaître les parties de plaisir, les jeux, les dissolutions, les débauches, tous les excès les plus honteux. On dirait qu'il y a dans la Religion des jours où la retenue et la vertu sont de saison et d'autres où la licence et le libertinage ont droit de dominer; ou, pour parler plus juste, on dirait qu'on ne doit être chrétien que durant quelques jours consacrés à la pénitence et ,

aux larmes, et que parce qu on s'est fait alors quelque violence, on a acquis le droit d'être pécheur pendant tout le reste de l'année! Erreur, M. F. funeste illusion Dieu ne change ,

:

!

pas ; sa sainte loi est toujours la même. Ces parties de plaisir, ces débauches auxquelles vous avez re-

noncé, que vous avez dû pleurer et détester pendant Pâques, ne peuvent redevenir légitimes et innocentes après les Pâques. Il faut donc les fuir constamment , si vous voulez conserver l'innocence de votre âme, cette grâce précieuse que vous venez les

de recevoir clans les sacrements. Je dis, en second lieu , qu'une autre cause de vos rechutes , après 1 a solennité de Pâques est que vous oubliez bientôt tout ce que vous avez promis à Dieu, et que vous violez sans scrupule toutes vos résolutions. Vous avez fait à Dieu mille promesses, en approchant du saint Tribunal où vous avez trouvé une ,

Les accomplissez-vous après être ressuscites? Et peut-on dire de vous comme de Jésus-

nouvelle

vie.

,

ïtÊâTJfcRÈCTION SPIRITUELLE*

que

S&7

persévérance de votre résurrection et de votre nouvelle vie prouve la sincérité de vos promesses passées? Au contraire, ces résolutions si essentielles à votre salut, ces projets de mener une vie chrétienne, ces propos d'éviter à jamais lés occasions du péché, de recourir souvent aux sacrements, s'évanouissent bientôt. Tout au plus vous y êtes fidèles pendant quelques jours , parce que vous auriez honte de violer vos promesses un moment après les avoir jurées au pied des autels. Mais cette fidélité est bientôt passée. Vous commencez à penser que vous vous êtes imposé un joug inutile et trop pesant, que vous pouvez vous dispenser de tant de gêne et de contrainte , et qu'il n'est pas nécessaire de vous faire mie obligation de ce qui n'est, dites-vous, que de pure dévotion. Christ

j,

la

comme on oublie ces résolutions, comme, promesses s'évanouissent, comme le plan qu'on s'était formé d'une nouvelle vie ne subsiste plus, même dans le souvenir. L'on reprend ainsi ses anciennes habitudes, et Ton retombe comme auparavant dans les mêmes péchés; et c'est ainsi que toute la vie n'est qu'un retour continuel de la vie à la mort, de la grâce au péché. Faut-il être surpris, après cela si Ton s'endurcit toujours de plus en plus clans le péché? Que dis-je? faut-il être surpris si l'on meurt dans le péché, puisqu'il est sensible et é\ ident qu'on reçoit, à l'heure de la mort, les sacrements dans les mêmes dispositions qu'on les avait reçus pendant qu'on était en santé; c'est-à-dire qu'à l'heure de la mort on lait de belles promesses comme on en avaitjfait pendant la vie, et qu'on n'est pas plus changé ni converti que dans un autre temps? ainsi, l'on meurt dans le péché, et, par conséquent, en réprouvé. Malheur infiniment déVoilà

les

,

g&8 plorable

,

RÉSURRECTION SPIRITUELLE. Frères mais qui n'est que trop

mes

,

commun. Ah! pour vous en préserver, profitez de l'avis que Paul adressait aux fidèles nouvellement convertis à la Foi. Mes frères , leur disait-il demeurez donc, fermes , et ne vous engagez plus sous la dure servitude du démon , dont la grâce de Jésus-Christ vient de vous délivrer. Tout ce que vous venez de souffrir pour purifier votre conscience, pour en éclaircir les abîmes au Tribunal sacré, ces larmes, cette honte, ces aveux qui ont tant coûté à votre faiblesse ces déchirements de cœur , tout cela l'auriez-vous souffert en vain Tanta passi estis slnè causa ? Ne rentrez donc plus dans les voies amères de l'iniquité, qui sont si tristes et si difficiles ne vous replongez plus dans ces crimes qui ont fait votre tourmente Vous êtes devenus des enfants de lumière, la victoire de Jésus-Christ, le fruit de sa mort, le trophée de sa résurrection ne diminuezpas la gloire de son triomphe, en rentrant encore sous la servitude du démon. Conservez donc soigneusement le trésor que vous avez reçu, jusqu'au jour du jugement, afin de ressusciter pour l'éternité bienheureuse. J<" vous le souhaite , au nom du Père, etc. S.

,

,

,

:

;

;

,

SUR LA PAIX DE LA CONSCIENCE.

349

POUR LE PREMIER DIMANCHE APRÈS PAQUES.

Sur Pax

vobis,

la

La paix

paix de la conscience. soit

avec vous. S. Jean

,

20.

Que nous serions heureux, M. C. P. , si l'autorité que nous avons reçue de Jésus-Christ pour la conduite et la sanctification de vos âmes, s'étendait jusqu'à vous donner cette paix qu'il apporta sur la terre, que les Anges publièrent dès sa naissance qui devait être le fruit de sa mort, et qui fut le premier don qu'il fit à ses disciples après sa résurrection! Mais l'exercice de notre ministère ne va point jusque-là. Nous pouvons bien vous dire dans 1(5 tribunal de la Pénitence Je vous absous au nom du Pire , et du Fils et du Saint-Esprit ; nous pouvons bien vous distribuer le pain de sa divine parole comme nous le faisons dans ce moment-ci le faire descendre lui-même sur nos autels et vous donner à manger sa Chair adorable. Mais la paix du cœur celte paix délicieuse que les impies cherchent en vain , que les hypocrites ne sauraient goûter que les mauvais chrétiens ne connaissent point; celte paix qui est le trésor du juste, l'image et comme Pavant-goût de ce repos, de ce bien-être éternel dont il espère jouir dans le ciel, il n'y a que JésusChrist eu personne qui puisse vous la donner; il n'y a que ses vrais disciples qui la reçoivent. Tout ce que nous pouvons faire est donc de vous la souhaiter, et de vous apprendre à ne pas la confondre avec ,

:

,

,

,

;

,

,

,

SUR LA PAIX

350

malheureuse tranquillité dans laquelle vivent beaucoup de chrétiens et qui est chez eux le fruit la

,

d'une fausse conscience. Appliquez-vous, M.

F.

,

donnez toute votre attention à cette vérité sur quelle vous n'avez peut-être jamais réfléchi. ,

la

et la-

La conscience est le cri intérieur de la vérité, de raison, de Dieu lui-même qui est la raison éter,

par essence. Dieu a imprimé cette divine lumière dans le cœur de tous les hommes. D'où vient donc que cette conscience ne tient pas à tous le même langage ? D'où vient que ce qui paraît mauvais aux uns, paraît bon ou indifférent aux

nelle

,

autres

et la vérité

?

C'est

que la plupart des

à la véritable conscience

,

hommes

substituent

qui est la pure lumière

de la raison, une conscience fausse qu'ils se font à ; et cette fausse conscience est l'ouvrage des passions , de l'ignorance , des préjugés qui les

eux-mêmes aveuglent. Je

ne dirai rien ici, M.F., de ceux

à qui Jésus-Christ

n'a point été annoncé. Vous les jugerez,

mon Dieu

,

non pas sur l'Evangile, dont ils n'auront eu aucune connaissance, non pas sur la loi qu'ils se seront eux-mêmes forgée; mais sur cette loi intérieure que vous avez gravée dans le fond de leur cœur, et qui leur est commune avec les autres hommes. Je parle de la conscience des chrétiens , de nous, M. F. , qui avons eu le bonheur de naître et d'être élevés dans le centre de la vraie lumière, et à qui l'ignorance ou les préjugés ne pourront jamais servir d'excuse, parce qu'étant environnés d'une foule de Docteurs et de Pasteurs qui expliquent la loi et nous la prêchent, notre ignorance ne peut être que volontaire; notre conscience, quand elle est fausse, ne peut

,

DE tA CONSCIENCE. 351 que l'ouvrage de notre malice de notre corruption du mépris ou tout au moins de l'indifférence que nous avons pour la loi de Dieu. Si notre conscience n'est point éclairée comme si elle ne nous dicte point ce elle devrait l'être qu'elle devrait nous dicter; si elle ne crie point pour nous accuser et pour nous reprendre lorsqu'elle devrait crier, ce n'est pas que nous ne puissions c'est que nous ne voulons pas nous instruire; et, dans cette misérable disposition, l'homme jouit d'unefausse paix qui est le signe de sa réprobation, comme une longue et profonde léthargie est le signe et l'avant-coureur d'une mort prochaine. Donnons-en quelques exemples* Le vindicatif a été à confesse,, il a fait ses pâques. Que lui a dit son Pasteur? Pardonnez-vous à votre ennemi ? Taimez-vous? Je ne lui veux point de mal ; je l'aime en Jésus-Christ. —Vous Paimez en Jésus-Christ! Mais savez-vous ce que cela signifie? Aimer ses ennemis en Jésus-Christ, c'est les aimer comme Jésus-Christ a aimé les siens , et il les a aimés jusqu'à donner sa vie pour eux. Il a prié pour ceux qui l'avaient couronné d'épines, qui lui avaient craché au visage, qui avaient déchiré son corps à coups de fouets, qui l'avaient cloué sur la croix, qui l'avaient abreuvé de fiel et rassasié d'opprobres. PauEst-ce ainsi que vous aimez votre ennemi ? vre Pasteur! vous aurez beau dire, vous n'aurez Je ne lui veux jamais que cette froide réponse point de mal. Que si vous pensez devoir exiger de votre pénitent quelque marque de ce pardon et de cet amour prétendus, quelque démarche qui blesse son amour-propre, vous ne trouverez plus en lui être

,

,

,

;

,





:

ni la

douceur d'une brebis fidèle qui écoute et suit la voix de son Pasteur, ni la droi-

avec simplicité

LA PÀiX

SVl\

252

ture d'une

âme timorée

qui tremble toujours de ne

pas faire tout ce qu'elle doit ce ne sera plus une confession, mais une dispute. Et combien de fois ne F avons-nous pas vu ! Est-ce que sa conscience ne lui reproche rien au sujet de ce prétendu pardon? La parole de Jésus-Christ est claire : Aimez vos ennemis, faites du :

bien à ceux qui vous font

du mai, bénissez ceux qui

vous maudissent , priez pour ceux qni vous persécutent. Jamais rien au monde ne fut plus clair et

une conscience droite mais le vindicatif se fait une conscience à lui; il ne donne point ce sens à ces paroles de Jésus-Christ. Il pardonne à son ennemi, dira-t-il; mais il conserve tous les griefs qu'il a ou qu'il prétend avoir contre lui ; mais il pense, il parle il se conduit en tout comme quelqu'un qui est foncièrement plein d'aversion et de mépris, ou tout au moins de froideur et de la plus parfaite indifférence. N'importe, il ne lui veut point de mal, sa conscience est tranFaux pardon faux amour quille à cet égard fausse paix fausse conscience, mauvaise confesplus précis. Oui, clair pour

:

,

,

,

,

,

sion,

communion

incligne, profanation sacrilège.

au cœur, à la conscience, à l'Evangile, et non aux sentiments de la nature perverse Redite, prœvaricaîores, ad cor. Fausse paix, fausse conscience, quoi de plus commun dans tous les états? Que disent les personnes mondaines pour justifier leur manière indécente de s'habiller? C'est la mode; je ne saurais paraître autrement dans le monde ; je suis Vindicatif!

:

,

habillée

comme



les autres

— Lisez

;

ailleurs

,

c'est bien

écoutez l'Apôtre parler aux femmes chrétiennes de leurs ajustements lous vos raisonnements ne sont que les pré-

autre chose.

l'Evangile,

,

:

,

DE LA CONSCIENCE. 353 Il est des personnes de votre état qui remplissent les bienséances, et qui ne vont pas découvertes comme vous. La décence vous parle; nous vous l'avons souvent rappelée nous-mêmes cette modestie chrétienne, nous rougissons de revenir si souvent sur cet article ; et si vous voulez être de bonne foi, vous ne pourrez disconvenir que vous êtes en contradiction avec l'Evangile. Mais cette règle sainte ne s'accommode point avec vos goûts , et vous lui donnez le sens que vous voulez ; vous la faites plier à votre vanité* textes de votre vanité.

Que

dis-je ?

on

rompt, on

la

la

brise

,

on met

l'E-

vangile en pièces pour l'ajuster à sa fausse conscience. Cependant le Confesseur ne veut pas se il exige qu'on s'habille décemment. On le promet, on fait ses pàqucs et le lendemain on paraît à demi nu comme auparavant! Au cœur, au cœur, à la conscience, et non pas à la coutume, à la mode, à la corruption du siècle Redite, preevarlcalores, adcor.Non Dieu, éclairez, redressez cette fausse conscience moyennant laquelle on fait un. horrible mélange de votre culte et des maximes du

perdre, lui

,

,

:

,

monde. Misérables cabaretiers

,

qui êtes la perle el

la

ruine de nos paroisses! que vous dit la conscience, lorsque les enfants volent leurs parents, lorsque le père arrache le pain de la bouche de sa femme et

de ses enfants, pour payer les parties de débauche qu'ils font chez vous?-—-C'est mon métier; il faut bien que je vive que voulez-vous que je fasse ? Ce que je veux que vous fassiez? Que vous :



obéissiez à Dieu et à l'Eglise. Je voudrais que voua ne donnassiez point à boire pendant les offices ni pendant la nuit. Je voudrais que votre porte fût impitoyablement fermée, non - seulement à des

SUR LA PAIX 35k heures indues, mais dans tous les temps, aux ivrognes, à tous ceux pour qui votre maison peut être une maison de dérangement. Ah ! si la police savait, comme nous , tout le mal que vous occasionnez; si elle savait les disputes , les querelles les horreurs que votre cabaret amène dans l'intérieur des ménages elle ferait murer vos portes , raser vos maisons. M. C. F. , pardonnez-moi ; le zèle m'emporte , je le sens bien. Mais combien de fois ne vous ai-jepas fait en particulier les représentations les plus douces et les plus amicales Combien de fois ne vous ai-je pas forcés de convenir que vous ne pouviez pas être innocents des désordres dont votre cabaret est la cause , et qu'il ne tient qu'à vous d'empêcher! Est-ce que vous ne voyez pas cela ? Est-ce que votre conscience ne vous reproche rien sur cet article? A la conscience, au cœur, à la vérité, à la justice, et non pas au métier, à l'intérêt Redite, prcevaricatores, ad cor. Que vous dit cette conscience lorsque nous prêchons sur l'usure? Vous retirez les intérêts d'une dette à jour fixe cela est-il dans les règles? L'intérêt est-il légitime, quand on conserve le droit de propriété sur le capital? Que répondez-vous? J'ai rendu service à mon débiteur; j'aurais fait vaPlaisant serloir mon argent d'une autre manière. vice , par lequel vous sucez le meilleur et le plus liquide de ses sueurs et de sa substance Plaisant service, par lequel votre argent vous rapporte clair et net, sans travail, ce que ne vous rapporte assuJe l'ai rément pas le plus fertile de vos fonds! tiré d'embarras. A la bonne heure, pour le moment. Mais l'argent que vous lui avez prêté ne fait que passer par ses mains et se consume. Où pren &ra-t-il ensuite de quoi vous Dayer l'intérêt? Sur ,

,

!

:

:





!





, ,

Ï)E LA CONSCIENCE. 335 rognés d'une année à l'autre, passeront enfin clans la masse de vos propres fonds ? Et voilà comme vous tirez d'embarras ce misérable ! Mais, ajoute voilà comme vous lui rendez service

ses fonds

qui

,

,

!

l'usurier, j'ai des enfants,

nourrisse et

que

;

des affaires

j'ai

je profile

de

,

il



que je les que je les fasse

faut bien

il

faut

mon argent. — Oui,

faites valoir

votre argent, mais d'une manière légitime. Achetez-en des fonds, ou placez-le dans le commerce,

en en courant

les risques.

Que

l'un ni l'autre de ces partis

,

si

vous ne voulez ni

aliénez votre argent

placez-le à contrat de rente, et alors vous en reti-

un

Pour nourrir et vêtir vovous est-il permis de voler le blé dans le grenier de votre voisin, et l'étoffe dans la boutique du marchand ? Non, sans doute. Et il vous serait permis de le voler par l'usure ? Au cœur, à la justice, à la conscience Redite^ etc. Entrons dans rerez

intérêt légitime.

tre famille,

:

un autre

Le

détail.

delà Pàque que nous venons de célébrer la paix, la vraie paix de la conscience. Est -elle acquise à ceux dont nous venons de parler? Non , sans doute ils ne jouissent que d'une fausse paix. Et ceux qui n'ont point fait de Pâques peuvent-ils avoir la paix? Jésus-Christ a déclaré formellement que quiconque ne mangerait pas sa chair et ne boirait pas son sang, n'aurait point la fruit

devrait être

,

vie éternelle. L'Eglise

menace d'excommunication

celui qui ne fait pas ses pâques. Ils

ne les ont pas en paix? Pour cela , il faueussent perdu la foi et alors leur con-

faites; peuvent-ils être

drait qu'ils

;

science peut-elle être tranquille? sont-ils intime-

ment convaincus que

la religion est

fausse

?

Quoi!

SUR LA PAIX parce que je suivrai une route qui c56

à l'enfer

,

faudra-t-il

que

mène

tout droit

je dise qu'il n'y a point

un impudique, faudra-vque ce qu'on appelle impudicité no soit pas un mal ? Parce que je ne vivrai pas suivant la religion, faudra-t-il que j'accuse la religion de d'enfer ? Parce que je suis

il

que

je dise

faux? Mais cette religion je la trouvais si belle, si vraie, si aimable, lorsque je menais une vie chrétienne; lorsque mon cœur, innocent et libre, n'était point encore assujetti à ces passions qui aujourd'hui le dominent! Ce qui me paraissait alors si vrai , si beau, si honnête , a-t-il cessé d'être tel depuis que mon cœur est devenu faible? Les lumières de la raison deviennent-elles plus pures, plus vives, à mesure que le cœur se gâte? Incrédules, voilà

ce que vous crie la conscience à certains

moments. La la

tranquillité d'esprit

que vous

affectez,

paix intérieure dont vous prétendez jouir, n'est

que le fruit malheureux des efforts que vous faites pour étouffer vos remords, pour rejeter la lumière, pourvous aveugler et vous endurcir: Dlcenles : Vax ,

et

non crat pax.

Que

dirai-je des hypocrites, qui

cachent

la cor-

ruption de leur cœur sous les apparences de ia Religion; qui prient, se confessent, font des pâques, et vivent de sacrilèges? Non, il n'est pas vraisemblable que de telles âmes jouissent d'au-

cune espèce de tranquillité. Quand on agit contre sa conscience , quand sciemment on cache ses péchés , ou qu'on les déguise ; quand on foule volontairement aux pieds ce que Ton sait être de plus saint et de plus sacré quand on n'embrasse Jésus-Christ que pour le trahir, comme l'infâme Judas, on n'évite point les re;

mords qui Jai déchirèrent

les entrailles

,

et ia

DE LA CONSCIENCE. crainte de périr misérablement

comme

357 lui est

un

guère possible de se défendre. A les voir cependant au confessionnal et ailleurs, ne dirait-on pas qu'ils ont la paix? Paix fausse Pax 9 et non erat pax. Combien d'autres qui, sans en venir à cet excès, sont tranquilles, et cependant ne peuvent avoir la paix! Ce sont des chrétiens lâches, indifférents, qui croient avoir tout fait parce qu'ils ont satisfait au devoir pascal. Maintenant qu'ils ont fait leurs pâques, quelle sera leur vie? Ce qu'elle a été les années dernières : quelques promesses qu'ils nous aient faites, on ne les verra que rarement à la messe de paroisse et aux vêpres. Dans quelques péchés qu'ils aient le malheur de tomber pendant l'année, ils attendront tranquillement, pour se confesser, que les pâques prochaines arrivent. Estce dont là le fruit que vous retirez, M. F. , de la grâce précieuse que Jésus-Christ vous a faite, et des sacrements que vous avez reçus ? Ames tièdes, Jésus-Christ commence à vous vomir , et vous ne le sentez pas ? Il vous vomira enfin , il vous rejettera tout-à-fait, et vous ne vous en apercevrez pas vous mourrez enfin dans votre fausse paix Pax , et non erat pax» Hélas ! M. F. , il y en a bien d'autres ; et quand on y regarde de près , on voit avec douleur que la plupart des chrétiens suivent malheureusement cette voie funeste dont il est dit qu'elle paraît droite, et qu'elle aboutit à l'enfer. Les uns crousentiment dont

il

n'est

:

;

:

pissent dans l'ignorance des premières vérités et

des obligations les plus importantes de la Religion.

Nous avons beau les expliquer et les faire toucher au doigt , on ne veut pas nous entendre , et on nous écoute à peu près comme si nous contions

ST3R LA PAIX des fables. Ceci vous regarde, mon C. P., vous qui oubliez aujourd'hui ce que vous avez entendu hier, et qui ne vous souviendrez plus demain de ce que

358

vous avez entendu aujourd'hui. Lorsque vous venez à confesse, vous n'avez presque rien à nous dire; et cependant vous n'êtes pas un saint. Mais vous ne voyez pas vos péchés parce que vous ne connaissez pas vos devoirs. Ignorance coupable, en ce que vous pouvez et devez vous instruire. Avec cela, vous vivez tranquille, et votre conscience est en paix. Fausse paix, parce qu'elle est le fruit de l'ignorance la plus coupable Vax , et non erat pax. D'autres, avec des lumières suffisantes, se font une conscience aisée , qui ajuste qui concilie l'esprit de Jésus-Christ avec l'esprit du monde, les maximes de l'Evangile avec les inclinations de la nature, la sévérité de la loi avec la corruption du siècle ; et embrassant, au lieu de la vérité qui trou,

:

,

blerait et redresserait leur fausse conscience,

em-

un fantôme de leur façon, ils vivent et s'endorment dans une paix qui les conduit à la mort éternelle Pax, et non erat pax. brassant, dis-je,

:

Ah! M. F., sila fausse paix et la fausseconscience dont nous parlons, se trouvent quelquefois chez ceux mêmes dont la vie paraît la plus régulière et la plus fervente, qu'est-ce donc que notre conscience et la paix dont nous jouissons nous qui n'avons aucune espèce de ferveur, et dont tout le mérite se réduit à remplir en gros les pratiques extérieures de la religion; nous qui prions par routine, qui nous confessons par habitude qui recevons ,

,

Jésus-Christ dans

Sauveur!

la

un cœur glacé? Mon aimable

paix que vous donnez à vos vrais diselle est fondée sur le

ciples n'est pas ainsi faite

:

témoignage d'une conscience droite

et éclairée, qui

DE LA CONSCIENCE. 359 pour règle, non pas la coutume, les maximes, le langage du monde; non pas les inclinations de la nature, mais votre Evangile seul. Que si, par une suite de la fragilité humaine, l'homme d'une conscience droite s'écarte malheureusement de cette règle, aussitôt sa conscience crie, les remords le piquent; hien loin de s'excua

condamne, il se repent, il se de Jésus-Christ, il se cache dans ses plaies, il s'enfonce dans son côté ouvert; il va, sans différer, au tribunal de la pénitence, et il y retrouve la paix, la paix de Jésus-Christ. Ah pécheurs si vous sentiez , si vous pouviez ser,

il

s'accuse,

il

se

jette entre les bras

!

,

comprendre quelle est la douceur de cette paix si vous pouviez comparer le trouble des passions !

avec la tranquillité d'une conscience pure ! Mais ce trésor est caché à vos yeux, et la joie du SaintEsprit, ce sentiment inestimable qui fait le bonheur des âmes justes, vous est absolument inconnue. Que vous êtes à plaindre de ne pouvoir goûter un instant de paix, qu'en étouffant les

remords de

votre conscience, et en détournant les yeux pour

que vous êtes! Affreuse posine veut pas se soumettre à l'aimable joug de l'Evangile, et qui est en guerre avec son Dieu! Car enfin, malgré lui, sa conscience crie quelquefois. Eh que devient alors cette paix dont les pécheurs se vantent de jouir? Non, nos, ils ont beau faire et beau dire, il n'y en a point pour eux Non est pax impiis. ne pas vous voir

tels

tion d'un chrétien qui

!

:

M. C.

P..,

que

la

paix de Jésus-Christ garde donc

vos esprits et vos cœurs

âme d'une joie

Je vous souhaite,

donne

le

,

et fasse

tressaillir votre

toute sainte et toute céleste,

monde,

non et

la

que

paix les

,

la fausse

hommes

Pax DeL paix que

cherchent

SUR LA PATIENCE.

SbO

en vain dans

les plaisirs passagers

,

dans

les biens

monde mais la paix de Dieu, la paix une âme qui s'attache uniquement à

fragiles de ce

;

dont jouit Dieu Vax DeL Je vous souhaite, non la paix, la fausse paix d'une conscience qui cherche à s'aveugler et à s'étourdir, mais la paix d'une conscience droite qui cherche la lumière et la suit Vax Del :

:

exsultet in cordibus vestrls.

Donnez-nous-la vous-même, ô Jésus! cette paix désirable, comme vous la donnâtes à vos disciples. Et parce qu'elle doit être le fruit delà victoire que nous remportons sur nos passions donneznous la force de les vaincre. C'est ainsi, et non autrement, que nous goûterons en vous, ô Dieu de paix et de toute consolation! cette paix délicieuse et ineffable qui est, sur la terre, le gage précieux de la paix dont vos élus jouiront éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il. si

,

SJISISLSLISISLSLSLSLSLSLSLSISLSISLSISI

&JUUUL2JLÎL2JUUU

POUR LE SECOND DIMANCHE APRÈS PAQUES.

Sur

la

patience.

Chrîstus passiis est pro nobis

t

vobis relînqicèns

exemplum

ttt

sequamini vestigia ejus. Mes chers Frères, Jésus-Christ a souffert

pour nous

,

vous laissant un exemple, afin que vous marchiez sur

ses pas. 5. Pierre, ch. 1, de l'Epître de ce jour.

Tout

temps pascal, M. F, , est consacré par l'Eque lui inspire la résurrection de son Epoux. Elle veut que tous ses enfants la partagent cette joie; mais elle craint qu'au milieu de tous ces transports d'allégresse, ils ne viennent à le

glise à la sainte joie

SUR LA PATIENCE. 361 oublier ce qu'il en a coûté à leur Sauveur pour es-

suyer leurs larmes et dissiper leurs inquiétudes. encore plus qu'ils ne viennent à méconnaître cet esprit de soumission et de patience, qui sont les fruits d'un si grand mystère. C'est Elle craint

pourquoi, dans l'épitre de ce jour, elle nous remet sous les yeux la conduite de Jésus-Christ pendant sa passion; cette soumission parfaite aux ordres de son Père céleste , cette patience inaltérable au milieu de ses souffrances et sur la croix ; et elle nous exhorte, avec le prince des Apôtres, à imiter ce divin modèle. Patience , M. F.

,

patience vis-à-vis de Dieu

,

vis-

du prochain, vis-à-vis de nous-mêmes. C'est à cette vertu que je viens vous exhorter commencez aujourd'hui à la pratiquer, en m'écoutant favoà-vis

:

rablement.

Kous sommes

de la fortune, qui place, console les misérables humains , et les berce au gré de ses caprices tel est le langage du monde; mais les chrétiens ne pensent, ne parlent point ainsi. Tout ce qui arrive au dernier des hommes aussi bien qu'aux plus grands rois , n'arrive et ne peut arriver sans une permission expresse de Dieu , dont la sagesse est infinie. C'est sa main toute sage et toute puissante qui nous a placés dans ce bas monde , pour nous conduire , à travers un mélange continuel de biens et de maux , à ce bonheur suprême dont il nous inles jouets

déplace, élève, abaisse,

afflige,

:

spire le désir

,

et qu'il

donne parfaitement

toutes justes. C'est la

fortune ou le hasard

tome vu.

promet

à

quiconque s'aban-

à ses volontés toutes saintes et

,

main de Dieu et non pas la met tantôt dans une ,

qui nous

16

SG2

SUR LA PATIENCE.

position, tantôt dans

comme bon

hii

une autre qui nous fait passer, la joie aux afflictions, ;

semble, de

des afflictions à la joie ; des richesses à la pauvreté,

aux richesses

et de la pauvreté

humiliations

;

de

aux

la gloire

des humiliations à la gloire ; de la santé à la maladie, de la maladie à la santé; et celui-là est ce que j'appelle patient avec Dieu, qui supporte, sans s'émouvoir, et les biens et les maux, conservant l'égalité de son âme, dans quelque situation qu'il se trouve: toujours ferme et plein de confiance sous la main de Dieu, quand elle le frappe toujours humble et plein de retenue et de circonspection sous la main de Dieu, quand elle l'élève ; de sorte que la prospérité ne l'enfle point, et qu'il ne soit jamais abattu dans la disgrâce. ,

;

Vous êtes dans M.

C. P.

;

le

malheur

,

dans

l'affliction

n'en accusez point les créatures

main de Dieu qui

,

,

c'est la

est sur vous armez-vous donc courage , tenez ferme , supportez la main du Seigneur, et attendez avec patience qu'il votis console. L'affliction passera, mais le fruit que vous en retirerez ne passera point , et la suite vous en fera connaître le prix. Je vous entends quelquefois dire Ah que je souffre ! ah que cette maladie est longue Que cet enfant me donne de chagrin Les inquiétudes me rongent , les soucis me dévorent, le malheur me poursuit ! Non, M. C. F. , ce n'est pas le malheur qui vous poursuit, c'est la main gauche du Seigneur qui est posée sur vous Lœva ejus sub capite meo. Patience, patience ; bientôt vous sentirez sa main droite vous embrasser. Après la tempête et le froid, viennent le calme et le beau temps: Dex~ fera illtus ample xabit arme* La prospérité elle-même est une épreuve. Tout vous rit, M. C. F. vous êtes dans l'abondance les :

«le

:

!

!

!

!



:

,

:

363 SUR LA PATIENCE, autour de vous, vous jouissez d'une bonne santé. Ah ! la main de Dieu est sur vous, pour vous éprouver. Défiez-vous de ce bien-être ; gardezvous des dangers qui en sont la suite; prenez garde plaisirs sont

que ces biens ne vous éblouissent, que ces plaisirs ne vous corrompent que la santé ne vous porte à contenter vos passions. Cette épreuve ne vous y trompez pas , est pins dangereuse que l'adversité. Tel a montré, au temps de l'adversité, une force et une patience admirables, qui a paru ensuite , dans ,

,

la

prospérité

,

le plus

vain et

le

plus faible des

hommes. Examinez donc M. ,

de votre cœur dans

C. P.

,

les divers

mouvements

les positions différentes et le*

événements divers qui partagent votre

vie. Voyez vos discours, votre conduite dans le temps de l'affliction. Voyez ensuite quelles sont vos pensées , vos attaches votre façon de penser et d'agir dans un autre temps où la Providence vous comble de ses faveurs. Ce ft'est qu'en vous regardant vous-mêmes dans ces différentes situations , que vous apprendrez à vous Connaître. Souffrez donc que la main de Dieu vous éprouve , et soutenez ces épreuves de manière qu'il vous trouve fidèles en tout et partout. Fidèles et inébranlables dans l'abondance, comme dans la pauvreté ; dans les tribulations , comme dans la grâce dans lamaladie, comme dans la santé. Fidèles en particulier, et plein d'une confiance inébranlable dans certains moments où il semble que tout soit perdu. €'est alors qu'il faut espérer contre toute espérance, h l'exemple de ce patriarche devenu si célèbre par sa foi et par les bénédictions dont elle fut récom-

quelles sont vos pensées, vos désirs

,

,

;

pensée.

Abraham

,

lui dit le

Seigneur

,

prenez votre 1G.

fils

SUR LA PATIENCE.

o6U Isaac

et allez

,

— Mais

me

l'offrir

en sacrifice sur cette mon-

Seigneur, vous avez donc oublié vos promesses au sujet de cet enfant? Ne m'avez-vous tagne»

;

pas assuré qu'il serait

le

père d'un grand peuple

,

et que toutes les nations de la terre seraient bénies



Voilà , M. F., ce qu'Abraham aurait pu en lui? répondre. Point du tout, il ne dit mot, il se soumet,

obéit; c'est là tout ce qu'il sait faire. Une doute pas que Dieu ne tienne sa parole, lors même qu'il paraît l'avoir rétractée. Et pourquoi ? Parce qu'il est juste et fidèle dans ses promesses. Rien n'est plus capable d'exercer la foi et la patience de l'homme juste , que la prospérité des méchants à qui Dieu permet quelquefois de persécuter le** gens de bien, et de persécuter Jésus-Christ luimême. Où êtes-vous, Seigneur, où êtes-vous? Voyez ce qui se passe sur la terre: vos ennemis triomphent; cependant ils vivent tranquilles dans le sein des plaisirs et de la gloire. Où êtes-vous, dans le temps de ces furieux orages qui s'élèvent contre votre Eglise , et qui la menacent d'une entière destruction ? Vous gardez un silence profond , et il semble que vos yeux soient fermés sur tous ces désordres. Oui, M. F. , il semble , et c'est là ce qui exerce la foi et la patience des Saints. Mais ne vous pressez pas, et attendez le Seigneur ; il voit tout , il a ses raisons pour souffrir ce qu'il ne tiendrait qu'à lui d'empêcher ; ses raisons sont justes, et vous les connaîtrez dans il

la suite.

Encore un peu de temps

,

et

vous ver-

rez éclater sa justice. Encore un peu de temps , et vous le verrez déployer les richesses de sa miséricorde, vous verrez quelle sera la fin des justes et celle des pécheurs. Le temps vous paraît long, les jours vous semblent des années

Dieu

,

mille années sont

:

comme un

mais devant jour. Laissez

SUh

donc

faire sa

LA.

PATIENCE.

365

providence , et souffrez ses retarde-

ments.

Soyons donc patients avec Dieu, de manière que nous ne soyons jamais ni abattus par les plus grands malheurs, ni enorgueillis par la plus brillante prospérité , ni ébranlés à la vue des plus grands désordres. Soyons-le aussi avec les hommes , avec notre prochain, quel qu'il soit. Seconde réflexion.

Portez Le fardeau les ans des autres , dit saint Paul. Plus on réfléchit sur cette parole , plus on en sent toute la justesse FApôtre ne dit point, que chacun ;

de vous porte son fardeau non, parce que le fardeau des uns ne pèse que sur les épaules des autres. Nos propres défauts ne nous pèsent point , ou du moins ne nous pèsent que très peu. Ce sont nos frères qui en portent tout le poids , et qui en sentent taule la pesanteur. Vos vivacités, votre colère, vos emportements :

sont un grand fardeau ; et pour qui ? pour votre mari, pour votre femme, pour vos enfants, pour vos domestiques pour tous ceux qui ont affaire à vous et qui contrarient vos volontés. Les défauts des enfants sonl un fardeau pour le père , les défauts du père sont un fardeau pour les enfants. C'est ainsi, M. F., que nous nous chargeons les uns les autres. C'est un échange dont il n'est pas possible de nous défendre. La vertu ne consiste pas précisément à porter le fardeau du prochain, nous y sommes bien forcés; mais à le supporter, à le souffrir avec patience , en quoi nous ne faisons rien que de juste à la rigueur , parce que ce prochain qui nous charge de son fardeau, est forcé à son tour de porter le nôtre. Pourquoi donc cependant sommes-nous si ,

,

SUa LA PATIENCE. 366 indulgents pour nous, tandis que nous ne pouvons supporter les défauts d'autrui ? La raison en est toute simple c'est que l'orgueil nous aveugle, et nous empêche de voir et de sentir nos propres mi:

sères. D'où vient que les personnes les plus sévères pour elles-mêmes sont ordinairement les plus indulgentes à l'égard d'autrui, et que ceux qui ne se pardonnent rien, pardonnent aisément aux autres? Gela vient d*abord de ce qu'ayant les yeux continuellement ouverts sur leurs propres défauts ils ne prennent pas garde à ceux de leurs frères, à moins que le devoir ne les y oblige. Cela vient ensuite de ce que travaillant à vaincre leurs passions, ils sentent combien il en coûte, et plaignent par conséquent tous ceux qui ont des passions à vaincre. Rien ne les révolte, rien ne les choque rien ne les étonne , ils ne se récrient sur rien. Ils voient les défauts du prochain, sans être émus autrement que par un sentiment de compassion , parce qu'en s'étudiant eux-mêmes ils ont appris que le cœur de l'homme est un abîme de misères. En travaillant à se réformer, ils ont appris combien cette réforme ,

,

est pénible et difficile. Mais la plupart des

mes

se

autres les



pardonnent tout,

et

hom-

ne pardonnent rien aux

toujours criant, toujours se plaignant, tout

choque, tout

les inquiète, ils se scandalisent de

tout; et c'est principalement le caractère des faux dévots.

Cela est insupportable , cela est affreux , diront-ils.

Oui, tous les vices sont d'affreuses maladies de l'àme: mais les malades n'en sont que plus à plaindre ; ceux-là surtout qui, comme vous , ne sentent point leur mal , et ne s'occupent qu'à considérer celui qu'ils voient , ou qu'ils s'imaginent voir dans les autres. Cela fait trembler : vous avez raison ; mais

SUR LA PATIENCE» vrai chrétien

le

commence

367

à trembler

pour

lui-

même. Tremblez donc de ce que vous

n'êtes conque de vous-mêmes, de ce que vous ne prenez patience qu'avec vous-mêmes. Revenez, revenez à votre cœur ; apprenez à connaître et à sentir la faiblesse humaine. Descendez dans cet abîme où votre amour-propre se cache et vous perd. Descen dez, approfondissez, voyez et apprenez à être plus tents

compatissants, plus indulgents, plus doux, plus charitables, quand il est question des défauts de votre

En embrassant n,ême temps tous

de J. C. embrashumains dans les en-

prochain*-

la croix

sez en

les

,

de sa miséricorde, parce que tous y sont renfermes.

trailles

mon adorable Sauveur ia nature humaine perdue ; vous l'avez cherchée vous l'avez prise, vous l'avez chargée sur vos divines épaules. Ah Jésus, quel fardeau les iniquités de tous les hommes ! de tout l'univers! de tous les siècles et vous Pavez porté sans murmurer. Vous en étiez acOui,

,

s'était

,

!

!

!

de cet énorme fardeau , clans le jardin des âme en parut effrayée ; vous fûtes saisi de frayeur en le voyant, et néanmoins vous l'avez porté , vous l'avez élevé avec vous sur la croix. Vous avez succombé sous sa pesanteur, il vous

cablé

,

Oliviers. Votre

a coûté la vie. Quelle bonté! Vous n'aviez aucune part dans la masse de nos iniquités, et vous avez pris sur vous cette masse entière. C'est ainsi, ô bon Jé-

sus! que le fardeau de chaque homme en particulier

devenu le vôtre ; lorsque nous supportons notre prochain, c'est vous-même que nous supportons ; c'est vous qui êtes devenu l'objet de cette douceur, de cette patience avec laquelle les hommes doivent se supporter les uns les autres. O admirable artifice de l'amour divin! adorable invention de la Sagesse

est

éternelle

!

,

368

SUB LA PATIENCE. Cela étant ainsi, M. F., il est inutile de vous faire de longs discours pour vous exhorter à souffrir

avec patience les infirmités de votre prochain. Ce aux hommes que vous avez affaire , c'est à J. C. supportez donc J. C. et J. C. vous supportera ; fermez les yeux sur les iniquités de vos frères , et il fermera les yeux sur les vôtres , comme il s'y est formellement engagé. Ne jugez point, et vous ne serez point jugés; ne condamnez point , et vous ne serez point condamnés , vous dit-il. Prenez-y garde , et souvenez-vous-en bien La mesure dont vous vous servirez envers votre prochain , me servira pour vous mesurer n'est plus :

,

:

vous-mêmes. Je pèserai vos actions dans la balance où vous aurez pesé les actions de votre prochain. Troisième réflexion.

Les défauts , les faiblesses , les infirmités du prochain exercent noire patience ; mais nos propres misères ne l'exercent pas moins , si nous y re-

gardons de près si nous travaillons à devenir tels que nous devons être et que nous voudrions avoir lorsque Dieu nous redemandera notre âme. été Oui M. F. tout homme sage et chrétien tout homme qui pense qui raisonne, ne trouve rien de plus insupportable que lui-même. Il trouve dans sa propre personne, je veux dire dans sa chair, dans ses ,

,

,

,

,

,

,

sens

,

dans ses passions, un maître qui

un esclave qui

se révolte contre lui,

le tyrannise,

un ennemi qui

tend toutes sortes de pièges. L'Apôtre S. Paul le ce fardeau , et en gémissait quand il s'écriait: Helas! je fais le mal que je hais: malheureux que je suis ! qui me délivrera de ce corps de mort? Votre vie sur la terre sera donc un combat perpétuel

lui

sentait

à

,

moins que vous ne cédiez

,

à votre

ennemi,

comme

,

SDR LA PATIENCE, 369 , lassés des violences qu'il

les lâches chrétiens qui

pour marcher dans le sentier étroit de la vertu, prennent le large , et courent, au gré de leurs passions , dans cette voie spacieuse qui aboutit à l'enfer. Malheur à eux dit le Saint-Esprit Malheur à ceux qui ont perdu la patience , qui ont

faut se faire

!

quitté les voles droites

!

Que

:

deviendront-ils

lors-

,

que le Seigneur leur fera rendre compte de leurs œuvres ? Si vous ne voulez pas renoncer à votre salut mon C. F. , il faut donc vous armer de patience avec vous-même, et combattre avec courage. Malheureux que je suis je voudrais pratiquer la douceur; et la colère m'agite , le feu me monte au visage , il faut que je me fasse la plus grande violence. Je voudrais être chaste je fuis , j'ai en horreur tout ce ,

!

;

qui pourrait insinuer ce détestable poison dans

mon âme

;

et

qui

me

néanmoins mille idées

me

souillent

me

mon

tourmentent. Ah délivrera de cet ange de Satan , qui m'hu-

imagination,

me

troublent,

ï

Ce n'est point là, mon C. F. S. Paul avait souvent demandé à Dieu la même grâce ; elle ne lui fut point accordée. Ces combats vous sont nécessaires pour vous tenir dans l'humilité, pour vous faire recourir à J. C. avec plus de ferveur, et pour perfectionner votre vertu. Patience donc , patience ; ne la perdez jamais, ne vous découragez point lors même que vous vous sentez ébranlé, pas même lorsque votre ennemi a prévalu contre vous. Que vos péchés vous humilient, vous affligent mais qu'ils ne vous découmilie et

soufflette

!

ce que vous devez espérer.

,

;

ragent point.

Vous avez fait une chute terrible et honteuse. Apprenez donc ce que vous êtes. Devenez sage à vos dépens ; vous avez trop compté sur vous ; vouï 16..

o/O Stîfc LA PATIENCE. n'avez pas assez pris de précautions. Vous ne vous êtes point assez appuyé sur la main toute-puissante

de celui sans lequel il est impossible de se soutenir. Ta retirée un instant, pour vous faire voir de quoi vous êtes capable sans elle. Patience donc, regarde? J. C. , tendez-lui les bras, prenez la main que sa miséricorde vous présente. Levez-vous, marchez, et soyez dorénavant sur vos gardes. Mes rechutes m'inquiètent , m'affligent me 11



,

désespèrent. Çhioi

!

toujours

même

faiblesse et

mêmes imperfections

; toujours se confesser, et toutoujours promettre , et ne point tenir; toujours nouvelles grâces, et toujours nouvel-

jours tomber

les infidélités

;

!

Tout cela

me

trouble, et je perds

patience.



C'est encore amour-propre , plutôt qu'amour de Dieu. Il faut sans doute gémir et s'humilier à la vue de tant d'infidélités. Mais , bien loin de vous impatienter reprenez courage et patience. Au lieu de perdre le temps à vous désespérer, prenez des mesures efficaces pour réparer le mal que vous avez fait. Il faut se reprendre , se châtier soi-même, comme on corrige les autres, sans vivacité sans humeur , sans impatience. Il faut regarder J. C. , et se jeter dans le sein de son infinie miséricorde. Jésus! soutenez ma faiblesse; ne m'abandonnez pas mon Dieu , ma patience , ma force et mon ,

,

salut

!

quelle doit être notre ressource et , M. F. motif de notre patience , soit que Dieu nous

Voilà le

,

,

éprouve par des afflictions, soit que les hommes nous inquiètent soit enfin que la cause de notre tristesse soit renfermée dans nous-mêmes c'est en Jésus-Christ et en lui seul , que nous la trouverons , cette patience d'où dépendent essentiel,

:

,

?

SÛR LÀ frUÈRÊ.

iement

le

repos

§7l

la tranquillité

,

le

,

bonheur dé

notre vie.

mon Dieu que je sois toujours paenvers vous, et toujours fidèle, par quelque épreuve que vous me fassiez passer; toujours patient envers mon prochain, quelque imparfait, quelque vicieux qu'il puisse être; toujours patient avec moi-même, dans quelque situation que mon âme puisse se trouver et je goûterai les douceurs de cette paix inestimable qui est le fruit de la patience, et l'image du repos éternel dont les élus jouissent en vous, dans ceUe terre de bénédiction où l'on ne peut arriver que par la patience. Je vous le souhaite, Faites donc, ô

!

tient

;

mes

Frères

,

au

nom

du Père,

etc.

POUR LE TROISIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES. Sur Amen , amen meo

,

dico vobis

dabil vobis.

En

*

vérité

la prière. si ,

quid petieritis Patrem in je vous le dis

demanderez à mon Père en mon nom S.

y

:

il

nomme

Tout ce que vous vous le donnera.

Jean,lG.

Rien n'est plus consolant pour nous M. F. que la promesse que Jésus-Christnous a faite, ennous assit* rant que Dieu son Père nous accordera tout ce que nous lui demanderons en son nom. C'est pourquoi ce divin Sauveur ajoute Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine et parfaite. Si donc nous sommes si pauvres et si dépourvus des biens de la grâce, c'est que nous les demandons mal. Une infinité de chrétiens ne savent ce que c'est que prier, ,

:

,

,

,,

SUR LA PRIÈRE.

§72

n'ont

mémequede

l'aversion pour ce saint exerétonnant qu'ils demeurent toujours dans une indigence affreuse des biens spirituels ? D'autres prient^ mais ils ne sont pas exaucés ils

cice

est-il

:

parce qu'ils prient mal, dit saint Jacques. Ainsi tous nos maux viennent de ce que nous ne prions pas, ou de ce que nous prions mal. 11 est donc bien important, mes G. F. , que vous soyez solidement instruits de ce qui concerne la prière ; c'est ce que je me propose dans cette Instruction. Je vous parlerai d'abord de la nécessité de la prière , ensuite de son efficacité , et enfin des qualités qu'elle doit avoir.. ..*

Donnez-moi votre

attention.

une élévation de notre esprit et de Dieu, pour lui demander les choses qui nous sont nécessaires. C'est le gémissement La prière

est

notre

cœur vers

d'une

âme touchée de son

indigence, qui s'adresse

à l'auteur de tous les biens

,

pour

solliciter sa

misé-

ricorde, et en attirer les secours dont elle a besoin.

La prière est un devoir indispensable, qu'on ne peut omettre sans pécher. Jésus-Christ nous en a fait un commandement exprès , et ce précepte est souvent répété dans l'Evangile Veillez, nous dit-il :

et priez. Il faut toujours prier, et le faire.

De



ce reproche qu'il

Jusqu'ici vous n'avez rien

ne point se lasser de fait

à ses Disciples

:

demandé en mon nom. De-

mandez, et vous recevrez. Jésus-Christ a pratiqué luimême ce qu'il nous commande ; il passait souvent les nuits à prier, ou, pour mieux dire, toute sa vie a été une prière continuelle. Cet Homme-Dieu, M. F., n'avait rertainementpas besoin de prier pour lui-même, mais il voulait nous donner l'exemple et nous engager par là à nous livrer à ce saint exer-

SUR LA PRIÈRE.

373

Nous avions besoin qu'il priât pour nous , et qu'il nous montrât l'obligation où nous sommes de prier. « Voyez, dit saint Ambroise, ce que vous de* « vez faire pour votre salut, puisque notre divin « Sauveur a passé les nuits à prier, pour vous oheice.

«

tenir les grâces qui vous sont nécessaires.

salut n'est

promis qu'à

la prière,

il

Le

»

n'est possible

que par la prière, il n'est accordé qu'à la persévérance dans la prière. Ce saint exercice est donc d'une nécessité indispensable.

Eh M. C. F. , quand l'Evangile ne nous ferait pas une loi positive de prier et de prier sans cesse, le sentiment de notre misère suffirait seul pour en prouver la nécessité. Rentrons un momenten nous!

mêmes

les besoins toujours renaissants de notre de notre corps, ne nous avertissent-ils pas continuellement de recourir à celui qui seul "peut y remédier ? Un pauvre cesserait-il de demander, si cela suffisait pour obtenir ce qu'il souhaite? Or, notre indigence est extrême; les biens qui nous manquent sont d'un prix infini: Dieuestprêt à nous les accorder. Non-seulemeut il nous permet, mais il nous commande de les lui demander. Ce n'est pas qu'il ignore nos besoins; il les connaît mieux que nous ne les connaissons nous-mêmes. Il exige cependant que nous les lui exposions, pour nous tenir dans l'humilité et dans la dépendance; pour nous faire désirer avec plus d'ardeur les biens qu'il

âme

:

et

nous prépare

;

et

pour nods rendre, par ce désir,

plus capables de les recevoir. Le désir des biens

s'enflamme par l'exercice de la prière et plus on reçoit de Dieu II remplit ceux qui sont affames, et il renvoie ceux qui spirituels

plus ce désir est ardent

;

s'Imaginent n'avoir besoin de rien, Vierge.

:

,

dit

la sainte

%%

SUR LA PRIÈRE.

Telles sont les raisons pleines de sagesse, pour lesquelles Dieu

nous

fait

un commandement de

prier, et de prier sans cesse. Appliquez-vous donc

à ce saint exercice, M. F. Ne croyez pas que, pouf remplir ce devoir essentiel, il suffise d'y employer quelques moments rapides , et de passer le reste du

temps sans penser à Dieu : il faut avoir souvent recours à la prière, et y persévérer longtemps. Diea veut être sollicité, pressé, importuné il neselasse pas de nous écouter; oh! quelle bonté! Les rois do ia terre ne permettent pas à toutes sortes deperson» nés de leur parler c'est une faveur qu'ils n'accordent qu'à leurs favoris , et encore dans certains moments. Il n'en est pas ainsi de notre Dieu il nous permet de lui parler à toute heure, de lui présenter nos besoins, et de réclamer son secours; il nous ordonne même de 1 é faire en toute liberté ; et si l'on ne se présente pas devant lui, il s'en offense, Ah ! quel honneur pour une vile créature, de s'approcher ainsi de son Dieu; de lui communiquer ses pensées, ses inquiétudes, ses désirs, avec une sainte liberté, avec une douce confiance! Ne seraitce pas mépriser sa bonté, que de ne pas profiter de ia faveur qu'il nous accorde de nous écouter, et de s'intéressera tout ce que nous désirons? Ne serait-* ce pas vouloir renoncer à notre salut puisque sans la prière nous ne pouvons l'obtenir, et que par la :

;

:

,

,

prière nous sommes assurés d'obtenir tout ccque nous demandons?.... Seconde réflexion.

Tout est promis à la prière; la prière obtient quand elle est bien faite. C'est une vérité répétée presque à chaque page de l'Ecriture; et la promesse de Jésus-Christ est formelle Demandez y tout,

:

SUR LA PRIÈRE.

£7*5

vous recevrez; cherchez, et vous trouverez; frap* pez , et l'on vous ouvrira. Tout ce que vous demanderez et

demandez avec foi , vous l'ot* ne s'est pas contenté de nous déclarer que la prière bien faite est toujours exaucée il nous l'a assuré avec serment En vérité 9 en vérité , je vous le dis tout ce que vous demanderez à dans ta prière ,

si

vous

le

tiendrez. Jésus-Christ

:

;

9

mon Père en mon nom,

il

vous

Après une promesse formelle,

si

9

l

accordera.

claire,

si

précise,

si

faudrait avoir perdu la foi pour dou-

il

ter de l'efficacité de la prière.

Eh

De notre

venir cette défiance?

!

d'où pourrait

indignité? Mais la

bonté de Dieu pour nous n'est-elle ras toute gratuite? mais n'est-ce pas au nom de Jésus-Christ que

nous prions,

et

notre indignité n'est-elle pas cou?

Non jamais la prière

du pécheur qui s'humilie n'a

été rejetée. Est-il quel-

verte par ses mérites infinis

,

qu'un, dit le Prophète, qui ait invoqué le Seigneur et qui en ait été méprisé? Nos peines ont crié vers le Sel*

gneur ,

et ils

Seigneur,

ont été délivras;

et ils n'ont point été

invoquera le

ils

ont espéré dans

U

confondus. Quiconqut

nom du Seigneur sera sauvé.

Voulez-vous

,

l'efficacité, et,

M. C. F.

pour

,

des exemples frappants ât

m exprimer avec un saint Docr

teur, de la toute-puissance de la prière? L'Ecrituro

Sainte nous en fournit

un grand nombre: Moïse prie

sur la montagne, et les ennemis du peuple de Dieu sont vaincus. Judith prie, et sa patrie est délivrée.

Le pieux roi Ezéchias prié, et Dieu révoque l'arrêt de mort qu'il avait prononcé contre lui. Lepublicain prie dans le temple, et il en sort justifié. La femme pécheresse prie, et ses péchés lui sont remis. Le

bon larron prie sur

la croix,

souillé des crimes les plus le

pardon.

et,

énormes,

quoiqu'il et

il

soit

en obtient

SUA LA PRIÈRE.

»*,76

N'alléguez dottô plus votre faiblesse, M. F., quand

on vous exhorte à pratiquer la vertu. Ne dites pas que vôtre penchant vous entraîne, que vous ne pouvez résister à la violence de vos passions. Vous pouvez prier, et la prière soutiendra votre faiblesse ; vous pouvez prier, et la prière vous fortifiera contre vos mauvais penchants; vous pouvez prier, et la prière modérera la violence de vos passions. Vous

avez besoin de grâces et de force pour observer les commandements", pour pratiquer la sagesse; demandez-les, et Dieu vous les accordera, dit saint Jacques.

Seigneur, la prière sera désormais ma ressource, mon soutien mon repos et ma consolation. Oui, mon Dieu, dans toutes mes peines dans tous mes ,

,

mes

besoins, dans toutes

vous, je

tentations, je recourrai à

me prosternerai à

vos pieds, je

me jetterai

entre les bras de votre miséricorde ; et je suis assuré

que vous aurez pitié de moi, et que vous m'exauceMais, pour cela, mes Frères, il faut que nos

rez.

prières soient faites avec les dispositions requises....

Troisième réflexion.

Les grands avantages de la prière sont attachés à manière dont on s'acquitte de ce devoir. Pour bien prier, il faut que ce soit au nom et par les mérites de Jésus-Christ il n'a promis de nous accorder que ce que nous demanderons en son nom. C'est pour cela que l'Eglise termine toutes ses prières par ces paroles Nous vous en prions par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Mais qu'est-ce que prier au nom de Jésus-Christ ? C'est demander des choses dignes de Dieu, et les demander avec attention , avec conla

:

:

fiance

rance.

,

avec pureté d'intention

,

et

avec persévé-

SUR LA PRIÈRE. 577 Dieu avec attention, c'est-à-dire penser à Dieu et à ce qu'on lui demande. Dieu écoute bien plus les paroles du cœur que celles de la bou-

L

II

faut prier

che. La prière est essentiellement une élévation de notre âme vers Dieu. Ce n'est donc pas prier, que

dépenser

chose qu'à Dieu, quand on que les distractions, quand elles sont involontaires, ne rendent pas la prière mauvaise; mais Dieu est offensé par celles auxquelles on donne occasion par sa faute , ou qu'on ne rejette point après qu'on s'en est aperçu. On mérite alors ce reproche que Dieu faisait autrefois aux Juifs : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur « est loin de moi. » Eh comment voulez-vous que Dieu vous écoute, quand vous ne vous écoutez pas vous-mêmes ? Si vous parliez à un prince , certainement vous feriez attention à ce que vous lui diriez ; combien ne devez-vous pas être plus attentifs, lorsque vous avez le bonheur de parler à Dieu. lui parle.

à toute autre

Il

est vrai

!

II. Il

faut prier avec confiance.... Notre-Seigneur,

en nous promettant d'exaucer nos prières y met toujours cette condition pourvu qu'elles soient faites avecfoL II disait ordinairement à ceux qui s'adressaient à lui pour obtenir leur guérison Qu'il vous soit fait selon votre foi. Certes , notre foi , notre confiance, ne saurait être trop ferme, étant appuyée sur la puissance de Dieu, qui peut faire infiniment plus que nous ne lui demandons; sur sa miséricorde, qui n'a point de bornes ; et sur ies mérites infinis de Jésus-Christ, au nom duquel nous prions. Tout cela nous est montré dans l'exemple de la femme malade d'une perte de sang. Elle s'approche de Jésus-Christ, en disant Si je touche seulement sa robe, je serai guérie. Elle croyait avec une entière certitude àla puissance du Sauveur, et elle attendait ,

,

:

:

SUR LA PRIERE. de sa bonté, avec une grande confiance

37S

,

une gué-

rison qu'elle désirait ardemment. Elle ne fut pas trompée Votre foi vous a guérie , lui dit Jésus-Christ. :

C'est à cette foi, à cette confiance,

que tout

est

permis. e

condition. La pureté d'intention

« Il ne faut Bernard, mêler dans nos prières les « choses vaines avec les véritables, les périssables « avec les éternelles , les intérêts bas et temporels avec ceux de notre saluU » C'est bien prier, dit S. Augustin , que de ne chercher que Dieu seul ; c'est mal prier, que de chercher par lui d'autres biens. Ne demandez donc rien qui ne soit digne de celui à qui vous le demandez. Si vous lui demandez des III

:

« point, dit S.

choses temporelles, tion de vos biens

,

ne

comme les

la santé, la

conserva-

demandez qu'autant

qu'el-

ne seront pas nuisibles à votre salut. Est-ce ainsi que vous priez, SL F. ? Hélas dans vos prières, vous avez peut-être moins à cœur votre salut que vos avantages temporels peut-être même demandezvous ce qui peut satisfaire vos passions, ou vous garantir des croix dont Dieu connaît que vous avez besoin. Mais sachez que quand il vous aime il vous refuse ce que votre amour-propre ou votre ambition vous fait demander et que c'est au contraire dans sa colère qu'il vous accorde ce qu'il est dangereux que vous obteniez. les

!

;

,

,

;

e

et dernière condition, la persévérance. Dieu, par une conduite pleine de sagesse et de bonté, dif. fère quelquefois de nous accorder ce que nous demandons. Ce délai n'est pas un refus, mais une épreuve. Il veut par là nous faire connaître le prix de ses dons, augmenter l'ardeur de nos désirs, et nous disposer à les recevoir avec plus d'abondance. Nous ne devons donc pas nous décourager, ni nous IV

,

LA PRIÈRE.

StJR

lasser de prier, quoique

379

nous n'obtenions pas ce que

nouS'demandons.Car, retenez-le bien, M. F., c'est la prière qui demande, mais c'est la persévérance qui obtient.

Vous vous excusez quelquefois de ne pas prier sur vos occupations. Mais les premiers chrétiens qui priaient sans cesse, n'étaient-ils pas ce que vous êtes, des pères et des mères de famille? des domestiques soumis à des maîtres? des propriétaires oc-

cupés

à faire valoir leurs terres ? des laboureurs des journaliers, des artisans, des hommes tenus à des devoirs quelconqu.es, tout aussi ennemis que ,

vous delà paresse et du désœuvrement ? Etes-vous plus occupés que David, chargé d'administrer un grand royaume et de gouverner un peuple innombrable? Le soir, le matin, à midi, ce saint roi exposait à Dieu sa misère, et se délassait en célébrant ses miséricordes. Sept fois le jour

il descendait de son trône pour se prosterner devant Dieu, et lui offrir un sacrifice de louanges. Tl se levait au milieu de la nuit pour prier, et il déclare que, comme les yeux des serviteurs sont attentifs sur les mains de leurs maîtres, de même ses yeux étaient fixés vers le Seigneur son Dieu, en attendant qu'il eût pitié de lui. Non, non, mes Frères, ce n'est pas le temps qui

nous manque, c'est la volonté, c'est la foi. Nous pensons peu à Dieu, parce que nous l'aimons peu. Nous ne prions pas ou nous prions rarement, ,

parce qu'indifférents sur l'état présent et sur le sort futur de notre âme, nous n'avons pas même le sentiment de nos besoins. Je ne demande pas qu'une mère abandonne le soin de sa maison; un domestique, son ouvrage; un laboureur» sa charrue ; un ouvrier, son travail»

SUR LA PRIÈRE.

380

pour vaquer du malin au soir à réciter des prières non, M. F. mais je demande qu'au moins le matin et le soir, vous fléchissiez les genoux devant Dieu le Père deNotre-Seigneur Jésus-Christ, pour reconnaître sa souveraine grandeur et votre dépendance, pour lui exposer vos besoins et solliciter ses grâces que quelques courtes, mais ferventes élévations de :

;

;

cœur

vers Dieu, consacrentet sanctifient vos repas, vos travaux et vos actions. Je demande que vous produisiez des actes de soumission, dans la pauvreté; de patience, dans le travail; de résignation dans la

maladie

;

de charité

prochain. Je

,

dans

les torts

que vous

fait le

demande que, aux premiers mouve-

ments de colère, de haine, de vengeance, aux premières attaques du démon impur, vous recouriez douceur, l'amour des ennemis, pardon des injures, l'horreur de tout ce qui souille l' àme. Je demande que , au moment même où vous vous apercevez d'avoir offensé Dieu, vous sachiez vous en humilier, et lui en faire réparation. Je vous demande, et aurez-vous assez peu de religion pour me le refuser ? je demande qu'aux jours de dimanches et de fêtes, le temps consacré à la prière publique, à la sainte Messe et aux Vêpres, vous ne le passiez pas au jeu ou au cabaret. Enfin, je demande que, sans rien prendre sur vos travaux et vos occupations, vous priiez le plus souvent possible; vous marchiez, autant que vous le pourrez, en la préà celui qui inspire la

le

sence de Dieu; et que, convaincus, comme moi, de de la prière, vous joigniez vos vœux à

la nécessité

ceux que je porte aujourd'hui à l'autel, pour obtenir de Dieu qu'il fasse de vous des hommes de prière et d'oraison. Ainsi soit-il.

,

RECOURS A

DIEt?.

381

POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES. Il

Dieu dans tous nos besoins.

faut recourir à

Omne datum optimum

et

,

omne donum

perfectitm desursùm est

descendens à Pâtre luminum. Toute grâce excellente parfait vient d'en haut

Jacques

,

et

,

et tout

,

don

descend du Père des lumière?. SaivA

1. Epître de ce jour.

Puisque toute lumière

,

toute grâce

vient de Dieu, c'est donc à lui

,

,

don

tout

M. F., que nous

devons recourir dans tous nos doutes, dans toutes nos peines, dans tous nos embarras. Mais, hélas aveugles sur nos propres besoins, nous les connaissons à peine ; muets quand il s'agit de demander, nous ne savons pas entretenir de nos misères celui qui peut les soulager et les dissiper. Fautil s'étonner si nous restons toujours si misérables? Cependant tout est promis à la prière : Demandez, !

et

vous recevrez.

Oui, M. F., c'est la prière qui fait descendre la pluie du ciel; c'est elle qui écarte les nuages, et

ramène

la sérénité

;

qui, dans les lléaux publics,

arrête le bras de Dieu. C'est la prière qui apaise

Dieu, quand raît il

il

endormi

;

est irrité; qui l'éveille,

qui

le

paraît fuir loin de nous.

les

passions

augmente

,

quand

il

pa-

rappelle et le ramène, quand C'est elle qui

qui déracine les vices

et perfectionne

nous puisons dans

,

dompte

qui produit

toutes les vertus. Par

de Dieu la lumière, grâces qui nous sont nécessaires dans cette misérable vie, où nous

elle

le sein

la force, la consolation, toutes les

,

RECOURS A DIEU.

382

sommes environnés

d'erreurs et d'infirmités. Recourons-y dans tous nos besoins ; c'est le devoir de tout chrétien je viens vous y exhorter. :

Ochozïas,

roi d'Israël étant dangereusement envoya ses gens consulter Béelzébuth , faux dieu d'Açcaron, pour savoir s'il se rétablirait Le prophète Elie alla au-devant d'eux, par ordre du

malade

,

,

Seigneur, et leur

dit

:

Est-ce

qu'il n'y a

pas un

Dieu en Israël que votre maître envoie consulter le dieu d'Açcaron ? Retournez sur vos pas, et dites* lui qu'il en mourra certainement. Il mourut, eh effet, peu de temps après, suivant la parole du prophète. Combien y a-t-il de chrétiens à qui nous pourrions faire un reproche semblable On se donne des mouvements infinis, on met son esprit à la torture, chacun forme des projets suivant son goût et sa passion; vous n'y êtes jamais, ou presque jamais pour rien, ô mon Dieu! quoique vous seul sachiez ce qui doit nous être avantageux ou nuisible. Moïse n'entreprenait rien et ne faisait rien sans entrer auparavant dans le tabernacle^ pour conainsi que sulter le Seigneur. Le peuple d'Israël ceux de ses rois qui avaient de la piété, consultaient le Seigneur dans toutes les occasions de quelque importance. Les païens, soit dans leurs affaires publiques, soit dans leurs affaires particulières ,

!

,

avaient recours

à

leurs idoles;

ils

consultaient

en attendaient la réponse pour se déterminer. Et nous qui connaissons le vrai Dieu nous qui avons un libre accès auprès de lui par Jesus-Christ, nous croirons pouvoir nous passer de ses lumières , et nous ferons tout sans le consulter! Avons-nous oublié qu'il y a au-dessus et au milieu

leurs oracles

,

et

,

RECOURS A DIEU. de nous une providence qui sait tout

et

tout? Avons-nous oublié que l'esprit

humain

sujet à

une infinité

d'erreurs, qu'il se

gare nécessairement

,

quand

il

385

gouverne

trompe

n'est pas guidé par

celui qui est la source de la vraie lumière, le

est

et s'é-

comme

principe unique de tout bien? Représentez-vous

un aveugle qui marche sans guide voilà précisément ce que nous sommes, lorsque Dieu ne nous :

main. Nous sommes aveugles âme, et nous fasse connaître ce qui est vrai, ce qui est bon, ce qui nous est le plus utile. Aveugles sur nos défauts l'amour-propre nous les cache, nous ne les voyons jamais tels qu'ils nous n'en consont. Aveugles sur nos péchés naissons ni la grièveté ni le nombre. Aveugles sur les moyens de sanctification que Dieu nous a préparés, qui nous sont propres, et sans lesquels nous n'opérerons jamais notre salut il faut les connaître ces moyens les saisir , les mettre en usage. Aveugles pour les choses de ce monde dans une infinité d'occasions nous ne savons quel parti prendre. Ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que très souvent, après avoir pensé qu'il n'y avait rien de mieux à faire, il se trouve, par l'événement et par les suites, que l'on a mal fait, et qu'on a tout lieu de s'en repentir. Sans entrer dans un détail inutile, ne voyons- nous pas tous les jours des gens qui se repentent de ce qu'ils ont fait, de ce qu'ils ont dit, lors même qu'ils ont cru bien faire ou bien dire? Ah! si j'avais su! ah! si j'avais pu prévoir! conduit pas par

la

en tout, à moins

qu'il n'éclaire notre

:

:

:

,

:





consulter celui qui sait tout et qui prévoit tout. Ne faites rien sans avoir demandé conseil, dit l'Esprit-Saint , et vous n'aurez jamais M. G. F.,

lieu

il

fallait

de vous repentir. Eh! quel autre que vous,

RECOURS A DIETT. peut donner des conseils si sages et tellement infaillibles, qu'on ne puisse jamais se repentir de les avoir suivis? il n'y a que vous, Sei-

38&

mon

Dieu

!

il n'y a que vous qui ne puissiez ni vous tromper, ni tromper ceux qui vous consultent. C'est donc à Dieu qu'il faut nous adresser, dans quelque situation que nous nous trouvions. Mais est-ce là ce que vous faites , mon C. F, ? Vous êtes fort occupé de vos affaires, de votre fortune, de l'établissement de votre famille. Vous avez tel pro-

gneur ,

pour votre fils, tel autre pour votre fille, tel aupour vous-même, et vous prenez humainement toutes les mesures que vous croyez les plus propres pour faire réussir vos desseins à la bonne heure. Mais êtes-vous entré dans votre chambre,

jet

tre

:

suivant le conseil de Jésus-Christ, et là, fermant la porte sur vous, seul avec Dieu, répandant votre cœur en sa présence, lui avez-vous dit : Seigneur, qui êtes offre

mon

mes

Père et

le

Dieu de

ma

vie

,

je

vous

enfants afin que vous les bénissiez, et je

vous conjure de me faire connaître le parti que je dois prendre pour celui-ci et pour celui-là? Ne permettez pas que je fasse rien de contraire aux vues que vous avez sur eux ; et si ce que je me propose devait être nuisible à votre gloire , à leur salut, ou au mien, rompez mes desseins, renversez mes projets, et rendez toutes mes démarches inutiles. Me voilà sur le point de choisir un état de vie, je viens vous consulter, ô mon Dieu et je vous conjure, par Jésus-Christ, de me faire connaître celui auquel vous m'avez destiné, celui dans lequel vous m'avez préparé les grâces nécessaires pour en remplir les devoirs en honnête homme, en vrai !

chrétien.

Parlez, Seigneur, votre serviteur écoute. Provi

RECOURS A DIEU. 385 dence aimable, qui veillez sur les plus petits mou-

vements des moindres créatures,

veillez sur les

miens, guidez mes pas, tenez-moi par la main, et ne permettez pas que je me trompe. J'aurais dessein défaire telle entreprise ; ce dessein vient-il de vous ? Répandez dans mon esprit, ô mon Dieu un rayon de votre lumière, qui dissipe mes ténèbres !

et

me fasse connaître M.

C. F.,

votre volonté.

pour avoir un bon conseil

,

il

faut s'a-

dresser à des personnes dont les lumières et la sagesse soient connues. Eh! où trouvcrcz-\ous plus

de sagesse que dans la source même de la sagesse? Qui est-ce qui pourra vous conseiller plus infailli-

blement que celui qui sait et ordonne lui-même toutes choses? Cela est vrai, me direz-vous; mais Dieu ne parle point aux hommes on a beau l'interroger , il ne répond rien, et sa voix ne se fait point entendre. Ecoutez-moi, et vous allez voir qu'il est un langage de Dieu que Ton entend lors:

qu'on s'adresse à

lui

avec ferveur et confiance.

voix de Dieu ne se fait point entendre aux du corps, vous ne le verrez point face à face comme Moïse; il ne vous parlera pas d'une manière sensible, comme il lit à l'égard d'Abraham, La.

oreilles

de Jacob, de Samuel et d'autres , auxquels il envoyait un ange qui prenait la figure et la voix humaine. Non, mon Frère, il ne faut pas vous attendre à de pareilles faveurs, ni compter sur des révélalions; mais Dieu parle à l'esprit,

il parle au cœur, dispose de tous les événements, et il vous fera connaître sa volonté par des voies qui n'auront rien d'extraordinaire. Il vous donnera des pensées que Vous n'auriez pas eues ; vous ferez des réflexions tome vu. 17

il

RECOURS A DIEU.

386

que vous n'auriez jamais faites; il inspirera, soit à vous, soit à d'autres certaines démarches qui changeront la face de vos affaires , qui vous mettront dans le cas, même dans la nécessité de prendre le parti que Dieu sait vous être le plus avantageux. N'est-il pas le maître de tourner les cœurs et les esprits comme bon lui semble? et ne voyonsnous pas, tous les jours, qu'il donne de nouvelles idées, de nouveaux sentiments, une façon nouvelle de penser, à ceux qui s'adressent à lui avec con,

fiance, avec des intentions pures, dansle dessein de faire sa volonté,

ne craignant rien tant que de ne

pas la faire? D'où vient qu'une affaire traitée devant Dieu et avec lui, au pied de ses autels, en demandant les lumières du Saint-Esprit, paraît quelquefois toute différente de ce qu'elle a paru quand on n'a consulté que soi-même, ou que l'on s'est borné à con-

hommes? Les choses se présentent alors sous un autre point de vue on aperçoit des circonstances que l'on ne voyait point; on prévoit des événements auxquels on n'avait pas pensé; on sent naître des doutes, des scrupules que l'on n'avaitpas auparavant. D'où cela vient-il? sinon que Dieu répand sa lumière dans l'esprit de ceux qui le consulter les

:

sultent, suivant cette promesse qu'il en a faite: Exposez vos œuvres au Seigneur , dècouvrez-kd vos desseins

>

Je suis à

et

il

vous fera connaître

s'ils

même de faire un tel ce parti-là me paraît

entreprise

sont justes»

commerce, une

:



telle

avantageux

,

je

n'y vois rien qui blesse la probité, j'y ferai bien mes affaires.

— A la bonne heure. Mais, avant tout, allez devant

otre desSaint-Sacrement. Découvrez à Dieu de vous priez-le lui. avec entretenez-vous-en sein,

le

RECOURS A. DIEU, 387 vous réponds, non sur ma parole, qui n'est rien, mais sur la sienne, qui est infaillible, que si vous le consultez dans toute la droiture de votre cœup> dans la vue de connaître sa volonté, vous sortirez de cet entretien avec de nouvelles lumières. Ce que vous regardez comme permis vous éclairer

;

et je

une injustice. Telle et telle chose que vous avez crue praticable en sûreté de conscience ou sans inconvénient ne sera plus à vos yeux ni si simple ni si innocente, et, en un mot, si le Seigneur approuve votre dessein, il vous y affermira, il vous suggérera les moyens les plus propres à le faire réussir. Que s'il ne lui est point agréable, il vous en détournera en vous donnant d'autres pensées ; ou bien il disposera les choses de manière que vous serez forcé de l'abandonner: Révéla Domino opéra tua, et dirigent ur cogitaliones paraîtra peut-être

,

luœ. Interrogez-le,

femmes

chrétiennes, sur les affai-

res de votre

ménage. Prenez quelque temps chaque jour pour vous entretenir avec lui sur vos devoirs, sur l'éducation de vos enfants , sur le soin de vos domestiques et de vos servantes, sur votre parure, sur l'emploi de votre temps; demandez-lui si dans tout cela il n'y a rien de criminel, si dans yos dé-

penses

il

n'y a rien de superflu.

Vous êtes sur le point d'avoir un procès, mon C. P.; vous croyez votre cause juste consultez d'abord le Seigneur, c'est lui qui enseigne toute vérité. Au crucifix, au crucifix: voilà le grand livre, le grand oracle des chrétiens. :

Consultez-le, M. F., dans quelque état que vous soyez placés; que sa réponse vous détermine et vous serve de règle dans tout ce que vous avez à faire, sur ce que vous avez à dire, sur la manière dont 17.

388

RECOURS A

DÏET7.

vous devez vous comporter en quelque occasion que ce puisse être. Et vous, M. C. P., qui, n'ayant point reçu d'éducation, n'avez pas les lumières qu'elle donne; vous qui semblez n'avoir ni mémoire ni entendement quand il s'agit des choses spirituelles; vous que nous instruisons sans cesse et qui êtes toujours ignorants; vous qui, sur une infinité d'articles, vous faites une fausse conscience attentifs, scrupuleux jusqu'à la superstition pour certaines choses, opiniâtres et inilexibles pour d'autres bien auconsultez le Seigneur , et trement essentielles priez-le de vous éclairer sur les points où il vous semble que nous sommes trop difficiles et trop ri,

;

;

gides.

Consultez-le sur la sanctification du

dimanche

,

demandez-lui s'il est vrai qu'après avoir assisté, tant bien que mal, à la Messe et à Vêpres , il vous soit permis d'employer le reste du jour à vos divertissements ou à vos affaires. Consultez-le sur les cabarets, et demandez-lui si vous pouvez en conscience passer dans ce lieu maudit deux ou trois heures de suite , malgré les péchés de toute espèce dont vous y êtes témoins , et que vous y commettez vous-mêmes. Demandez -lui, jeunes personnes, si vous pouvez aller en conscience dans ces apports, dans ces veillées où les bonnes mœurs sont foulées aux pieds. Demandez-lui si vous pou\ez acheter ces habits si fins, si recherchés; si vous pouvez suivre les modes si contraires à la modessi vous pouvez reslie et à l'humilité chrétienne ter dans cette condition où votre vertu est exposée entretenir cette fréquentation si dangereuse pour vous. Consultez-le, M. F., sur cet intérêt que et

;

;

vous exigez de votre argent, de votre blé; deman-

RECOURS A DIEU.

383

dez-lui si, en agissant de la sorte, vous

ne perdez Au crucifix, au cru-

pas votre âme pour l'éternité. cifix , M. F.: c'est là votre oracle, votre véritable pasteur. Consultez-le donc, et nous verrons si sur tous ces articles et sur tous les autres, il vous répondra des choses plus agréables que celles dont

nous vous rabattons continuellement les oreilles, que vous ne voulez pas entendre. Ah! quelle réforme dans nos mœurs, si nous ne faisions rien sans consulter ce divin oracle! Oui, nous deviendrions des saints, si nous prenions seulement un quart d'heure par jour pour nous entretenir avec Dieu sur les devoirs de notre état, sur nos affaires temporelles et sur celles de notre conscience, sur nos goûts, sur nos inclinations et sur nos fantaisies. Mais on se garde bien de le consulter, et pourquoi? parce qu'on craint la réponse, et qu'on ne veut renoncer ni à ses projets ni à ses idées. De là qu'arrive-t-il ? que Dieu nous laisse faire et nous abandonne à nos propres lumières, c'est-à-dire à nos ténèbres et à notre sens réet

,

prouvé.

A la prière, M. F., à la prière: ne décidons rien, ne nous déterminons à rien, n'entreprenons quoi que ce soit,, ne faisons aucune démarche sans avoir consulté celui qui connaît toutes choses, dont les lumières et la sagesse sont infaillibles. Ayons recours à Dieu dans toutes les occasions, découvronslui nos pensées, répandons notre cœur en sa présence , avec foi, avec confiance, avec pureté d'intention, et il viendra à notre secours lievcla Domino viam tuam, et ipsefacict. Père de miséricorde dans ces jours destinés à la prière, apprenez-nous à prier. Père céleste, nou* :

sommes

vos enfants, nous n'avons rien de nous-

590

ROGATIONS. attendons tout de vous par JésusChrist au nom de Jésus-Christ, venez à notre secours dans tous nos besoins; au nom de Jésus-

mêmes, nous :

Christ, donnez-nous voire grâce dans ce

monde,

et la vie éternelle clans l'autre. Ainsi soit-il.

POUR LE CINQUIÈME DIMANCHE APRÈS PAQUES.

Sur Petite

,

et accîpiefiSf

les llogaiions.

Demandez,

et

vous recevrez^ S» Jean\, 16;

Qu'il est consolant pour nous,

dans

la sainte Eglise

ses enfants

,

sensible à leurs besoins

demander pour eux le secours du faits,

M. F.

,

d'avoir

une mère compatissante pour ,

attentive à

Ciel et ses bien-

priant avec sollicitude, pour écarter de des-

sus nos têtes les fléaux

cle

la colère

de Dieu, les

injures des saisons, les calamités publiques; afin

que, jouissant d'un temps favorable aux biens delà nous puissions les voir avec satisfaction croî-

terre,

prospérer; les recueillir avec reconnaissance;

tre,

en user avec sagesse et modération pour la gloire de leur auteur et pour la conservation de l'homme! Cartels sont les motifs de l'institution du saint temps des Rogations, que l'Eglise vous annonce aujourd'hui, en vous exhortant à joindre vos prières aux

nôtres dans cette intention, et vous assurant, de la part de Jésus-Christ, que si nous demandons tous ensemble avec confiance, nous serons exaucés du Père céleste, qui mérite bien qu'on le prie, qui veut firc prié, et qui accorde ce qu'on lui foi

:

Pclile,'ct accipicli$ t

demande avec

ROGATIONS.

r. l>

X

M. F. choisir un sujet d'instruction à la circonstance du temps , et plus propre plus conforme à votre goût ? car nous sommes naturellement intéressés , et cet intérêt personnel excite î ouiTais-je

,

,

volontiers l'attention de notre esprit et les désirs de

notre cœur. Entrons donc dans les vues de l'Eglise ; et apprenons aujourd'hui à faire un usage chrétien d'une cérémonie de religion que nous pratiquons tous les ans, mais dont peut-être nous n'avons pas

encore hien compris

l'esprit et la fin.

L'histoire de l'Eglise gallicane nous apprend que Rogations tirent leur origine de l'Eglise devienne

les

cinquième siècle fut afPendant plusieurs mois consécutifs, cette ville alarmée vit ses édifices embrasés par des causes inconnues, ou ébranlés par des tremblements de terre. Pendant la nuit pasinistres préraissaient des monstres effrayants sages , signes menaçants de nouveaux malheurs qui répandaient dans les esprits le trouble , l'épouvante et l'horreur. Dans celle consternation générale, S. Mamert, son respectable Evoque , à la tête de son clergé et de son peuple, s'efforça d'apaiser le Seigneur par des supplications publiques, accompagnées de jeûnes. 11 consacra spécialementles trois jours qui précèdent l'Ascension de Jésus-Christ, en chaque année, à la pénitence, à la prière, et à l'invocation des Saints , pour attirer sur la terre la bénédiction du ciel et en éloigner les Iléaux de sa

en Dauphiné qui dans ,

,

le

,

iligée des plus horribles iléaux.

,

,

,

un miracle si frappant mit en vénération celte pratique salutaire, qui fut adoptée par toute l'Eglise. Or, M. F. , ce religieux usage Qèt aujourd'hui bien

colère.

Alors la calamité cessa, et

o92

ROGATIONS.

digne de noire piété

,

bien nécessaire dans ces

et

temps malheureux où nous éprouvons depuis si longtemps l'indignation du ciel et ses châtiments. Oui, vous le savez et une dure expérience vous l'a fait sentir, le dérangement des saisons, la con,

,

éléments, la stérilité des campagnes, guerre et ses funestes suites un concours d'événements fâcheux et un en-

trariété des

les désastres de la triste

,

,

chaînement déplorable d'années malheureuses, ont paru depuis longtemps nous annoncer la malédiction du Seigneur, et même quelque chose d'extraordinaire dans la nature. Une foule de maux accumulés a semblé, plus d'une fois, nous présager cette affreuse désolation qui est si bien décrite par un prophète. (Habac. S. Hélas il n'est que trop vrai; plusieurs fois nous avons vu la nature , dépouillée de ses ornements , éprouver encore les frimas do l'hiver dans les jours du printemps et pour entrer dans le détail comme ce prophète nous avons vu les blésetla vigne, frappés jusque dans le cœur, périr tristement dans le temps même ou tout devait renaître et fleurir. Nous avons vu les arbres fruitiers flétris ou dévorés, les prairies desséchées ou inon!

)

;

,

,

dées

,

les

campagnes tardives

et languissantes re-

fuser de seconder le travail et les

vœux du laboureur

inquiet et désolé.

Reconnaissons-le, M. F. ce sont autant de fléaux de la colère de Dieu dont le bras vengeur est levé sur nous. Eh comment ne serait-il pas irrité contre son peuple dans un sièrîe dépravé où l'on ne ,

,

!

,

,

voit presque plus sur la terre ni foi, ni piété, ni

ieligion

,

ni charité

de Dieu

?

mœurs

,

ni

benne

foi

,

ni probité

,

ni

pudeur, ni crainte dans un siècle incrédule et licencieux, où

justice, ni

,

ni vertu, ni

l'impiété et l'irréligion, l'usure et l'impudicité inon-

dent

ROGATIONS. 203 d'un torrent d'iniquités qui crient ven-

la terre

geance vers le ciel? Comme c'est la providence du Seigneur qui préside aux éléments et qui les gouverne c'est aussi sa justice qui les arme contre nous quand il veut : qui envoie sur nous , tantôt ,

,

les bises glaçantes

insectes dévorants

guerres

,

et tantôt les vents brûlants

,

,

maladies contagieuses

les

;

les

les grêles, les inondations, les et les

calami-

pour punir les habitants de la terre. M. F. que quand Souvenons-nous cependant notre Dieu nous châtie ainsi, c'est encore en père non point pour exterminer et détruire comme autrefois le genre humain, mais pour le contenir et le réformer; pour corriger nos vices, pour abaisser notre orgueil, pour nous faire sentir et reconnaître notre dépendance pour réprimer notre ingalitude, pour réveiller notre foi, et pour nous obijger de recourir à sa clémence. Car il aime à pardonner et sa bonté le porte à prendre soin de ses ouvrages. Mais il est juste aussi que l'homme humilié, soumis, adore avec respect ses ordres suprêmes, et qu'on tés,

,

,

:

,

,

demande avec

religion ses grâces, ses faveurs, ses

bienfaits.

donc temps

C'est

saint

que l'Eglise ordonne , en ce des supplications publiques et des

à cette fin ,

prières extraordinaires. Vous le savez, la prière est

un hommage, un tribut que l'homme doit au Créateur; un exercice de piété qu'il doit à la religion une pratique salutaire qu'il se doit à lui-même et à ,

ses besoins. Or,

parmi

générales et

les supplications

solennelles qui se font dans l'Eglise,

il

faut distin-

guer et observer religieusement celles qui sont en usage dans ces trois jours d'abstinence et de Rogations pour demander à Dieu , d'abord et par-dessus tout, les dons de la grâce: ensuite la conservation ,

17..

ROGATIONS. l'augmentation des biens de la terre, qui sont d'autant plus en danger dans cette saison inconstante et critique que leur germe étant encore faible, tendre et délicat peut, en se flétrissant, perdre tout d'un coup le fruit dans sa fleur, et ravir dans

*>\)Li

et

,

,

un matin

les espérances d'une année. dans cette appréhension que l'Eglise fait faire des processions parles campagnes, qu'elle invoque les anges de la Providence et les Saints du ciel , pour qu'ils soient nos protecteurs et nos intercesseurs auprès de Dieu ; qu'elle répand ses bénédictions sur la terre pour sanctifier ses nouvelles productions , pour éloigner de nos héritages les insectes rongeurs , les malignes influences de l'air , les gelées , les grêles et les orages destructeurs. Enfin, elle offre au Très-Haut le saint sacrifice de la

C'est

messe ce sacrifice d'expiation et d* impétration pour l'intéresser à nous faire du bien par ce ,

,

,

qu'il

y a de plus sacré et de plus^Olcace dans

la

religion.

dans ces intentions et dans le que vous le pourrez , à une cérémonie si édifiante , et à des prières si salutaires, Je veux dire, avec un esprit de religion et de piété avec un esprit de foi et d'espérance en Dieu avec un esprit de confiance et d'union aux mérites de Jésus-Christ; avec un esprit de soumission et de dépendance à la volonté du souverain Maître ; avec un esprit de sagesse et de pureté d'intention. C'est ce qu'il faut vous expliquer. C'est aussi, M. F.

même esprit

,

qu'il faut participer, autant

;

;

Renouvelez,

etc.

Je dis qu'il faut assister aux processions et aux

prières des Rogations

,

avec religion et piété» Sans

sans des dispositions d'esprit et de cœur Vraiment chrétiennes comment le Seigneur exauceracela

,

,

nos prières en les voyant si peu dignes de sa sainteté et de sa grandeur? De quel œil nous regardera-l-il au pied de ses autels avec une bouche impure avec une langue souillée par la médisance et le jurement si nous lui parlons avec des yeux égarés avec un esprit distrait, avec un cœur glacé ? 11 faut donc apporter aune action si sainte, si édifiante, de la dévotion, du recueillement , de la modestie, dé l'attention, de la ferveur, afin que parie concert et l'ardeur de nos vœux réunis, nous puissions faire une sainte violence au ciel. J'entends, en second lieu, avec un esprit de confiance et d'union aux mérites de Jésus- Christ, qui a dit dans l'Evangile: Si vous demandez quelque chose à t-il

,

,

,

,

mon Père en mon nom, II vous l'accordera* Et l'Eglise ne manque jamais de supplier le Père éternel par ,

son divin Hélas

!

Fils

M. F.,

notre propre

,

si

d'exaucer ses prières et ses vœux. nous demandions au Seigneur en

nom,

,

et

s'il

nous

traitait

selon nos

propres mérites , que devrions-nous en attendre sinon des châtiments plutôt que des bienfaits ? Mais si nous nous adressons à lui par son adorable Fils qui est l'objet chéri de ses complaisances , et dont les mérites sont à ses yeux d'un prix infini , Jésus,

,

,

Christ sera pour nous

un intercesseur puissant et demander et de tout

efficace, parce qu'il a droit de

obtenir par la dignité de sa personne. Unissons-nous

donc à ce Médiateur si puissant, et offrons à Dieu 9 par son entremise, le tribut de nos lèvres et les désirs de notre cœur. J'ajoute, en troisième lieu , avec un esprit de foi et d'espérance en Dieu , c'est-à-dire dans une persuasion vive et intime , que le souverain Etre , qui a

Ô9Ô ROGATIONS. créé l'univers par sa puissance,

le gouverne aussi par sa sagesse et sa bonté que rien n'arrive en ce monde que par sa volonté ou par sa permission que c'est sa providence équitable c^ni dispense sur ;

;

les biens et les maux les châtiments et récompenses. Rappelons-nous, M. F. avec une sainte frayeur, comment, dès les premiers jours du monde, ce Dieu créateur donna sa mi lédietion à la terre et au travail de l'homme, en punition dupérhé mais souvenons-nous aussi, avec consolation, qu'après le déluge il a donné encore sa bénédiction au genre humain dans la personne de Noé et de ses enfants ; qu'il a marqué son arc-en-ciel dans les nuées , pour être à l'homme un signe mémorable, un témoignage perpétuel de son alliance j de sa miséricorde et de sa fidélité à ses promesses ; qu'il a solennellement promis alors que dans le cours des siècles à venir, les moissons se reproduiraient régulièrement pourla nourriture de l'homme. Croyons donc , sans hésiter, que ce Dieu puissant et libéral, qui produit tout, et qui nourrit jusqu'aux insectes, qui a bien su alimenter son peuple dans le désert avec une manne céleste , saura bien encore pourvoir à nos besoins , et multiplier les semences de nos champs comme il a multiplié les cinq pains du désert. Mettons bien moins notre espérance dans notre industrie et dans notre travail, que dans son secours. Aimons à tenirprincipalement de lui-même

les

mortels

,

les

,

;

,

les bienfaits

de sa

libéralité. Allons à lui

comme des

avec affection et candeur. Ah ! quoi de plus propre à toucher son cœur paternel et à intéresser pour nous sa Providence, que cette con-

enfants à leur père

fiance vive et cet

,

amour filh 1 ?

en quatrième lieu , avec un esprit de dépendance et de soumission à la volonté du souverain 3'ai dit,

,

ÎIOGATIOKS.

397

Maître, parce qu'il est certain qu'une des principales causes de sa colère et de la malédiction qu'il les Liens de la terre vient de l'ingratitude de l'homme et de son indocilité, de ses défiances injurieuses de ses injustes révoltes de ses plaintes, de ses murmures de ses reproches aussitôt qu'on manque de contre la Providence quelque chose , ou seulement qu'on craint de manquer. Gomme si le Seigneur nous devait tout ce que désire notre cupidité, tandis que c'est nous-mêmes qui lui devons tcut. Comme si ce n'était point à nous de dépendre entièrement de lui, et de respecter ses ordres suprêmes, quels qu'ils puissent être. Comme s'il n'était pas fort juste qu'il nous punisse quand et comme il lui plaît; et comme si nous ne devions pas accepter en esprit de pénitence et de résignation ses châtiments , encore bien modérés auprès de ce que nous méritons. Hélas M. F. au lieu de nous plaindre si fort que les temps sont durs et malheureux , nous devrions bien plutôt hénir Dieu en comparant notre situation à C( lie de tant d'autres peuples bien plus misérables, qui n'ont pas seulement vu, comme nous leurs terres, leurs récoltes exposées à l'inclémence des saisons et aux fureurs des orages, mais encore

répand quelquefois sur

,

,

,

,

,

,

,

!

,

,

,

leur patrie livrée en proie à la désolation et

à

tous

désordres de la guerre ; qui ont vu tant de fois leurs maisons au pillage et leurs héritages en feu l'espérance de leurs moissons arrachées dès le prin-

les

;

temps, dévorées en herbe leurs plus belles campagnes ravagées et changées en déserts , ou inondées de sang et de carnage. Pour nous, libres et tranquilles dans le sein de noire patrie et de nos foyers instruisons-nous par ces exemples étrangers , et sentons combien la Providence nous me;

,

,

ROC ATI 0X3.

S98

nage encore et nous favorise , en nous faisant du moins jouir en paix et en sûreté de ce que nous possédons. Ajoutons enfin que nous devons assister aux prières et aux processions des Rogations , avec un esprit de sagesse et de pureté d'intention. Car, en

demandant

Dieu des prospérités temporelles et 9 si nous le faisons par un attachement inquiet et dominant aux biens de la terre plutôt qu'au souverain bien ; si nous recherchons dans ces prières intéressées les biens de la terre par préférence à ceux de la grâce ; si ce n'est pas afin qu'ayant les choses convenables et nécessaires à la vie présente, nous puissions remplir plus facilement nos obligations pour sa gloire, et le servir avec plus de tranquilité, avec plus de fidélité et de reconnaissance pour lors , ce ne sera plus prier en chrétiens, mais plutôt en infidèles ou en juifs à

des biens terrestres

;

charnels.

royaume de Dieu à de peu Ai foi que nous sommes au lieu de chercher, en effet, d'abord le royaume de Dieu et sa justice, c'est-àCherchez donc premièrement

le

sa justice, dit l'Evangile. Hélas!

hommes

,

, le service de Dieu , le salut éternel souvent au contraire, notre principale occupation, notre plus grande inquiétude, nos premiers soins sont les soins de la terre, le soin de notre subsistance, le soin de notre établissement, le soin de

dire la vertu

*,

,

notre fortune, le soin de notre famille, le soin de nos affaires domestiques. On a l'esprit si plein de son propre intérêt, si animé de l'avidité du gain, si occupé de son travail de son négoce de son emploi , qu'à peine pense-t-on seulement à adorer Dieu le matin et à lui rendre grâces le soir comme si Ton croyait pouvoir réussir et prospérer sans ,

,

,

;

noarnoxs.

S99

son secours et sa bénédiction comme si cet avide empressement d'amasser et ces inquiétudes trop vives, ne marquaient pas une sorte de défiance de la Providence et de ses promesses. Comme si ce ;

,

et bon qui pourvoit avec tant d'attention à Fentreiien et à la conservalion des animaux mêmes , pouvait oublier ses serviteurs, et abandonner l'homme, qui est, dans ce monde, son plus excellent ouvrage. enfants du Père céleste ! ne craignez donc point tant de manquer des choses nécessaires. Priez, demandez, agissez, travaillez, économisez; aprè»

grand Dieu, toujours puissant

,

cela reposez-vous du soin de votre subsistance sur celui de qui vous tenez l'être, et soyez sûrs

que

le

Créateur, qui vous a donné là vie, ne vous refusera point ce qu'il vous faut pour la conserver. Voyez

avec quelle prévoyance ce Père commun nourrit les oiseaux, qui ne savent point semer ni cueillir. Comment donc son cœur paternel pourrait-il négliger ses enfants sible

aux prières

connaissent

et

qui l'aiment

?

?

Comment

Non pas, cependant M. ,

prouve

pourrait-il être insen-

aux besoins de ceux qui l'adorent; de ceux qui le servent et

F.

,

le

et

que la religion désap-

qu'on peut avoir de son entretien, de son établissement, de sa famille. Au contraire, ce serait tenter Dieu que de les soins jusles et raisonnables

négliger les moyens ordinaires que sa providence nous a donnés pour se procurer l'honnête nécessaire, chacun dans son état et suivant son état Mais ce que l'esprit de l'Evangile réprouve et cendamne, c'est une inquiétude mal réglée; c'est la défiance, les dépits, les

murmures,

l'avarice, l'oubli de Dieu et

du monde.

du

la

cupidité,

salut pour les choses

,

rogations. 500 Considérez encore, vous dit Jésus-Christ, la fraîcheur et l'éclat des fleurs des champs , qui n'ont pas

besoin du travail des bellir.

Que

hommes pour

croître et

cette réflexion est noble et sensée!

emPour

comparons ces belles étoffes faites par humaine, avec les productions de la nature. Dans le fond, qu'est-ce que cet art, auprès des ouvrages du Créateur? Oui, une simple Heur la sentir,

l'industrie

surpasse en finesse de nuances , et en vraie beauté la

plus parlaite imitation de Fart ingénieux de

l'homme. Or, si Dieu décore si magnifiquement uno herbe des champs, une Heur qui ne fait que passer à combien plus forte raison conclut le Sauveur du monde, aura-t-ii soin de l'homme, qu'il a formé à son image, et qu'il destine à l'immortalité Ne vous inquiétez conc point trop, encore une fois, et ne dites pas sans cesse, avec amertume et défiance Mon Dieu que faudra-t-ii que je devienne ? Mes forces diminuent, et mes infirmités augmentent chaque jour avec l'âge; ma famille se multiplie et me surcharge. J'ai fait bien des pertes; les temps ;

,

!

:

,

sont difficiles, les dépenses doublées, les impôts augmentés, les moyens épuisés; comment suffire à tout cela

?

Laissez, laissez, sans tant de prévoyance,

ces réflexions chagrines aux païens. Pour vous, qui

royaume, vous serait honteux d'occuper uniquement votre

êtes le peuple de Dieu et les héritiers de son il

cœur des

sollicitudes et des soins de ia terre. Qu'il

de savoir que voire Père céleste connaît vos besoins, et qu'il vous aime, qu'il entend nos

vous

suffise

prières pour vous, et qu'il sait

exaucer.

Du

quand

il

faut vous

reste, ayez, avec de la conduite, de

l'économie et du travail bien de la vertu, bien do la confiance en Dieu et sa Providence prendra soin ,

,

de vous. Croyez-en l'oracle de l'Evangile

:

Clwrchcz

SACHES EST D EXTRÊME-ONCTION. premièrement Le royaume de Dieu et sa justice,

tiOt et ta

nécessaire ne vous manquera point. Vous aurez de plus, avec les Liens de la terre, les dons de la sagesse et le contentement du cœur, qui valent

mieux que

les richesses

de l'Auteur

même

f et ensuite la possession de tous les biens dans la céleste patrie, où nous conduisent le Père, le Fils et le SaintEsprit! Ainsi soit-il.

POUR LE JOUR DE L'ASCENSION. L'instruction sera la

de l'histoire ,

mémo

qui se trouve au tome II

pag*. 200.

Si SLSLSULSlSlSLSL&SLSLÏ

Sl2£JISISLSLSLSUISISISISLSLSISLSL Q.SISLSLSLSISIS!JISLS13.SISI$ SLSL *

POUR LE DIMANCHE APRÈS i/ASCENSION.

Sur

le

sacrement de l'Extréme-OnctioH*

Univcrsum stratum ejus versâsti vous avez soulagé

le

malade dans

in mfirmitafe

le

lit

cjwï

Mon Di'u

de sa douleur. Ps. 40.

Avouons-le, M. F., avec une vive reconnaissance, bonté de Jésus-Christ envers nous est inépuisable. Dès que nous entrons au monde, il nous régénère et nous donne une vie nouvelle dans lePaplenie. Avons-nous le malheur de perdre cette \ie précieuse? il nous la rend dans le sacrement de Pénitence; et pour nous faire croître de jour en jour dans cette vie spirituelle, il s'abaisse jusqu'à nous nourrir de son corps et de son sang par l'Eucharistie. Mous voilà donc pourvus de tout ce qui peut contribuer au salut de notre àme, tant que nous conserla

vons la santé et la vie.

SACREMENT &G2 Mais l'homme est sujet à la maladie et à

la

mort;

combien cet état est triste et effrayant] Si JésusChrist lui-même, lorsqu'il se vit sur ïe point de souffrir la mort à laquelle il a ien voulu se soumettre pour nous, éprouva de telles angoisses qu'il en répandit une sueur de sang, à quoi ne devons-nous pas nous attendre, lorsque nous nous trouverons

et

1

dans cette position critique! Rassurons-nous cependant notre bon Sauveur y a pourvu ; il a institué un sacrement particulier pour les malades et les mourants, de manière que la mort, aussi bien que la vie, ne peut plus nous présenter que des consolations. Vous voyez, M. F., que je veux vous parler de TExtrême-Onctîon. Je vais vous instruire de tout ce qui regarde ce sacrement. :

La maladie est une grâce miséricordieuse que Dieu nous fait pour nous rappeler à lui et à nous-mêmes , pour nous détacher elumonde et du péché. On doit donc la recevoir avec une humble soumission, il faut se prépaet dès qu'elle devient dangereuse rer sérieusement à paraître devant Dieu. Souvent il est nécessaire alors défaire une confession géné,

Ton avait différé jusque-là de se réconcilier avec ses ennemis, de réparer les torts que l'on a laits au prochain, ou les scandales qu'on lui a donnés il n'y a plus à retarder, si l'on ne veut pas pérale. Si

,

rir

éternellement. Bailleurs, tout attriste, tout ef-

fraie

en ce moment

:

il

faut se séparer de tout,

faut comparaître au tribunal

qui ne tremblerait alors

?

mais écoutons notre bon Sauveur est-il malade parmi vous, nous dit-il par bouche de l'apôtre saint Jacques? qu'il appelle

Oui, M. Quelqu'un

k

il

du souverain Juge. Ah!

F.

;

:



D' EXTRÊME-ONCTION, tes

Prêtres de V Eglise

l'oignant d'huile au foi

sauvera

s'il est

le

,

et qu'ils prient

nom du Seigneur;

malade ;

le

coupable de péchés ,

Seigneur ils

lui

le

pour

lui, en

la prière

de la soulagera, et

seront remis.

L'Extrême-Onction est clone un sacrement do force et de consolation, que Jésus-Christ a établi pour le soulagement spirituel et corporel des chrétiens dangereusement malades. Comme les autres sacrements, L'Extrême-Onction est

un signe sensible des

effets ïnvibles r,[\m la

opère clans nos âmes. Ce signe consiste dans une huile sainte bénite par l'Evêque, dans les onctions que le Prêtre en fait sur les sens du malade, et dans les prières qui accompagnent ces onctions. On l'appelle extrême, non pas pour signifier que c'en est fait du malade qui fa reçue, et qu'il soi! à l'extrémité, sans espérance de guérison mais parce que c'est la dernière onction qu'on fasse au chrétien. La première se fait auBaptême; la seconde, dans la Confirmation et la troisième, dans la maladie. En instituant les sacrements, Jésus-Christ a choisi les signes les plus propres à désigner, à faire connaître les effets qu'ils produisent. Quoi de plus propre à marquer qu'une âme est purifiée de ses péchés par le Baptême, que l'ablution que l'on y fait avec de l'eau? que Jésus-Christ est notre nourriture dans l'Eucharistie que les espèces du pain et du \in, sous lesquelles il s'y donne à nous? &èél (•race

;

;

,

aussi ce que fait pour l'âme, l'huile sainte dans J'Extrême-Onction. Quelles sont les propriétés de l'huile? Elle guérit certaines blessures ; elle apaise les douleurs; elle fortifie les membres sur lesquels

on l'applique;

elle

sert à la consécration des Prê-

symbole dé la déluge , voulait sortir de l'arche

tres et des autels; enfin elle est le

paix.

Noé, après

le

,

SAGJREMEST

tt«4

ne savait pas si les eaux s'étaient retirées et si la terre était suffisamment desséchée. Il fit donc sortir par deux fois une colombe qui, en retournant îa seconde fois dans l'arche, apporta à son bec une branche d'olivier. A ce signe, le saint Patriarche reconnut que Dieu lui annonçait que sa colère était apaisée , que le châtiment qu'il venait d'exercer contre le genre humain était fini, et que l'a paix était de retour sur la terre. Et voilà aussi ce que l'Extrême-Onction opère dans l'âme d'un malade

mais

il

,

bien disposé.

de ses péchés et des restes du pésacrement de Pénitence nous a été donné pour guérir notre âme des blessures que le péché lui a faites: mais il peut arriver qu'an malade ne puisse y recourir, parce qu'il perd subitement l'usage de la parole ou de la raison. Dans cette triste extrémité, quelle sera sa ressource? l'ExtrêmeOnction. S'ii a la contrition de ses péchés mortels, ils lui seront remis par ce sacrement. L'ExtrêmeOnction efface encore les péchés véniels dont le malade n'a pas reçu le pardon , à défaut de contrition et ceux qu'il a commis depuis sa confession. Manquer un peu de soumission à la volonté de Dieu, s'occuper trop de son mal ou de ses affaires temporelles, se laisser aller aux impatiences, aux murmures, à la mauvaise humeur désobéir aux ordonnances du médecin voilà des fautes que fait ordinairement le malade et qui bien que légères, l'exposent à souffrir beaucoup dans l'autre vie, s'il n'en reçoit pas le pardon en celle-ci. Or, l'Extreme-Onction les lui remet. Mais qu'entend-on par les restes du péché? Après la guérison d'une maladie, de la fièvre, parexemple, il reste au corps de la faiblesse, des langueurs, un malaise. 11 en est de même de 1° Elle le purifie

ché. Le

,

:

,

,

,

D' EXTRÊME-ONCTION.

rame, après

405

qu'elle a été guérie, purifiée de ses

péchés par la pénitence. Il lui reste un funeste penchant pour son péché; elle éprouve de la faiblesse, une espèce d'engourdissement pour îe bien. Or, la vertu de l'Extrême-Onction est d'effacer ce qu'il peut y avoir de coupable de notre part dans ces restes, dans ces suites malheureuses de nos péchés. Et c'est pour cela que les SS. Pères l'appellent le complément, la perfection du Sacrement de Pénitence. 2° Elle nous fortifie contre les tentations et les attaques du démon à l'heure de la mort. Cet ennemi des hommes, dit saint Pierre, tourne sans cesse autour de nous, cherchant à nous dévorer. M ai s à la mort, sa rage, sa fureur, ses efforts redoublent; parce qu'il sait qu'il ne lui reste plus > pour nous perdre , qu'un peu de temps. Il tente les uns par le désespoir , les autres par la présomption. Il met du troubie dans l'âme des autres, par la crainte excessive de la mort. Il se sert de tout ce qui entoure un malade pour le tenter, pour lui faire différer de recevoir les sacrements, pour le détourner de faire les restitutions dont il est chargé. Quelquefois il a fait trembler les âmes les plus justes. Oh! que nous avons besoin alors d'un secours extraordinaire ! Eh bien M. F. ce secours Jésus-Christ nous l'offre dans le sacrement d'Extrême-Onction la force que l'huile donne au corps pour le combat, cette onction sainte la donne à l'âme contre les attaques du démon. Elle produit un trqjsième, effet. Vous avez appris, par expérience, combien on est à plaindre lorsqu'on est malade; mais vous ne savez pas encore ce qu'il y a à souffrir pour mourir. Ah! que la mort est amère! qu'elle est cruelle! Mais comme l'huile dissipe et amortit les douleurs ,du corps, ainsi l'Extrême-Onction dissipe et adoucit la crainte et les !

,

,

:

sacïu^ïsnt

fcOG

amertumes de la mort. 11 y a plus elle arrache à ses coups ceux pour qui la prorogation de la vie peut être salutaire. La prière, qui vient delà foi, sauvera :

Jacques ; le Seigneur le soulagera : si Dieu prévoit qu'il sera plus utile au malade de vivre encore , pour qu'il ait le temps de mieux expier ses péchés, de réparer encore mieux les mauvais exemples qu'il a donnés, de croître encore en mérite, il lui rendra la santé par la vertu de ce sacrement. Et Dieu seul sait à combien de malades l'Extrême-Onction a prolongé la vie! Ce qui rend la mort plus effrayante, ce sont ses suites. Il faut aller paraître devant son Juge, rendre compte de toute sa vie. Ace moment terrible , nous serons semblables à un criminel à qui Ton va lire sa sentence de mort. Ne serait-il pas bien consolant pour nous de voir alors , comme Koé lorsqu'il pensait à sortir de son arche, de voir, dis-je, une colombe nous apporter r olivier delà paix, un envoyé du Ciel nous donner un gage que la colère de Dieu que nous avons méritée est apaisée, et qu'il n'a pour nous que des pensées de miséricorde? Eli bien mes Frères, ce sont ces consolants témoignages que nous donne l'Extrême-Onction. Far ce sacrement le Saint-Esprit, qui, auBaptême de Notre-Seigneur, se manifesta sous la forme d'une colombe, vient dans notre âme, et y répand cettepaix délicieuse qui est un de ses dons. Enfin , par cette onction, devenus les oints du Seigneur, entièrement purifiés et sanctifiés, nous remettons avec confiance notre esprit entre les mains de notre Créateur et nous nous déterminons d'autant plus volontiers à voir notre corps condamné à être jeté dans rne terre sainte, que nous savons que le

malade 9

dit S.

c'est-à-dire que,

!

;

le

Seigneur y veillera jusqu'au grand jour de

surrection..

la ré-

, ,

d'ëxtrême-onction.

407

Telles sont, M. F., les grâces merveilleuses et

consolantes que l'Extrême -Onction produit dansnôtre âme. Ce ne peut donc être que par défaut de foi ou d'instruction, qu'il se trouve des chrétiens qui

appréhendentce sacrement, dans l'idée qu'il les fera mourir plus tôt. Vous êtes dangereusement malade M. C. F., vous craignez la mort; vous la craignez surtout, parce que vous ne vous sentez pas encore en état de paraître devant Dieu ah! bien loin de :

craindre l'Extrême-Onction , hâtez-vous de la recevoir; elle vous mettra en état de paraître devant votre Juge. Vous pensez qu'il vous serait important de vivre encore pour expier vos fautes", pour acqué-

quelques mérites devant Dieu oh! la foi vous dans ce sacrement vous recevrez le temps et les grâces que vous désirez. rir

:

le dit,

Le sacrement de l'Extrême-Onction n'est pas d'une nécessité absolue pour être sauvé; mais si on négligeait de le recevoir, on se rendrait coupable, parce

qu'on désobéirait à Jésus-Christ et à l'Eglise, qui l'ordonnent; on se priverait du moyen établi pour

nous

fortifier

contre les attaques de l'ennemi de no-

on s'exposerait au danger de faire unemauvaise mort, ce qui est le plus grand de tous tre salut; enfin,

les

malheurs.

Quand doit-on

recourir à l'Extrême-Onction ? Dès qu'on est dangereusement malade. Mais parce que le malade ne voit pas toujours le danger où il se \e trouve, c'est à ses parents et à ses amis à prendie des précautions pour cela. Quels reproches n'auraient-ils pas à se faire si

, par leur faute, le malade venait à mourir sans ce sacrement! Lesenfants eux-

mêmes,

quoiqu'ils n'aient pas encore

communié

SACREMENT

&08

pourvu qu'ils aient l'usage de raison,, doivent le recevoir quand ils sont en danger, parce qu'ils ont pu se rendre coupables de quelques péchés, et qu'ils ont besoin aussi d'être fortifiés dans leur dernier moment. Que les parents y fassent donc attention, Et prenez garde, M. F., qu'il ne faut pas attendre

qu'un malade

soit à l'extrémité

pour

lui faire

rece-

voir l'Extrême-Onction. Ce serait tenter Dieu, que

de

lui

demander la guérison dans un temps où il un miracle évident. D'ailleurs, pour retirer

faudrait

plus de fruit de ce sacrement,

il

faut, autant qu'il

un jugement sain et libre; dispose mieux ,onpeut s'unir aux priè-

se peut, le recevoir avec alors

on

s'y

res de l'Eglise, entrer dans les sentiments qu'elle

exige; ce qui n'est plus possible, lorsqu'on aperdu

connaissance, ou qu'on est trop accablé parle mal. Vous savez tous, je pense, qu'on peut recevoir l'Extrême-Onction plus d'une fois pourvu que ce ne soit pas dans la même maladie. Mais si l'on était ,

,

du danger de mort, et que l'on y retombât de nouveau, on pourrait la recevoir encore. Oh! quelles actions de grâces nous devons rendre à Dieu, de multiplier ainsi ses secours à mesure que nos maux augmentent ou se prolongent! Parlons maintenant sorti

des dispositions qu'exige ce sacrement.

Trois dispositions sont nécessaires pour le sacrecrement d'Extrême-Onction se mettre en état de grâce; s'exciter aune grande confiance en la miséricorde de Dieu; et avoir une entière résignation à :

sa volonté.

Recevoir l'Extrême-Onction en état dépêché morce serait un sacrilège. Si donc l'on se sent coupable de quelque péché mortel, il faudrait d'abord tel,

d'extrême-onction.

609

en avoir reçu l'absolution avec un cœur bien préparé, je veux dire avec une vive douleur de l'avoir commis, et un ferme propos de l'éviter à l'avenir. Si l'on

ne peut se confesser, parce qu'on est privé de

l'usage delà parole,

il

faut le désirer

ardemment

;

témoigner ce désir s'il est possible, par quelque Mgne, et s'exciter vivement à la contrition. 2.° Il faut s'exciter à une grande confianctfin i«* miséricorde de Dieu. La plupart des chrétiens , pendant qu'ils sont en santé, vivent dans une pleine tranquillité à l'égard des jugements de Dieu et des peines de l'autre vie: ils ne commencent à craindre que lorsqu'ils sont dangereusement malades. Il faudrait faire tout le contraire, craindre beaucoup pendant la santé, parce que cette crainte salutaire porte à bien vivre et, dans la maladie, avoir beaucoup de confiance en la miséricorde divine, et ne conserver de crainte que ce qu'il en faut pour se tenir humble et vigilant. Oui, M. F. espérons surtout avec confiance que Dieu, par les mérites de 3ésus-Christ, et par la vertu du sacrement d'ExtrAme-Onction nous donnera toutes les grâces dont nous avons besoin pour supporter patiemment la maladie, pour nous défendre contre les tentations du démon, et môme pour nous rendre la santé, si ,

;

,

,

elle doit être profitable à notre salut. Jésus-Christ exigeait cette foi des malades avant de les guérir; et c'était en quelque sorte pour les en récompenser,

qu'il faisait des

miracles chleur faveur. La troisième disposition est une entière résignation à la volonté de Dieu. Nous pouvons bien, lorsque nous sommes malades, désirer le soulagement

de nos douleurs et

H

le

rétablissement de notre santé.

par défendu de chercher tous les moyens établis de Dieu pour nous procurer l'un et l'autre, tous vu, 13 n'est

SACREMENT 610 nous pouvons prier et faire prier pour demander a Jésus-Christ en a donné Dieu notre guérison l'exemple au jardin des Oliviers, quand il disait Mon Pire , que ce calice de ma passion s'éloigne de mol , s'ilest posslbleMvàs, nous devons ajouter comme lui :

*

:

Cependant, ô mon Dieu , que votre volonté et non la mienne.

soit faite,

Outre ces dispositions intérieures et qui regardent l'âme, il en estd'autres qu'exige le respect qui est dû au sacrement. Il faut qu'on ait lavé auparavant les parties du corps sur lesquelles doivent se faire les onctions. Il faut encore que le lit et la chambre du malade soient dans la propreté et la décence convenables , et surtout qu'il ne s'y trouve aucun tableau indécent. Tout étant préparé, le Prêtre administre l'Extrême-Onction, et voici com-

ment

:

Après que le malade, ou quelque autre personne en son nom, a dit le Confiteor, et après quelques prières, le Prêtre fait l'onction sainte aux yeux, aux oreilles, aux narines, à la bouche, aux mains, aux pieds et à la poitrine sur le malade, en disant: Que le Seigneur , par cette oncllon sainte , et par sa très grande miséricorde , vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par la vue 9 par l'ouïe et par

les

On

autres sens.

l'onction sur les yeux , pour les purifier des péchés qu'on a commis par les regards curieux, impudents, lascifs. Sur les oreilles , pour les nettoyer des péchés fait

dont on s'est rendu coupable en écoutant des discours contre la religion , contre la charité, contre la modestie; des paroles qu'on a entendues avec plaisir ou indifférence, et qu'on n'a pas eu soin de faire cesser ou de détourner.

d'extrême-onction,

[il i

Sur les narines, pour sanctifier le sens de l'odorat. Non-seulement Dieu a pourvu à notre nécessaire,

il

a bien voulu encore répandre des agréles choses qu'il a créées à notre usage,

ments sur dans fleurs

les

mets

dont

et la boisson

,

dans

les différentes

parfum agréable nous récrée. Ce sont là sans doute des plaisirs innocents mais ; nous devons les rapporter à Dieu, ne fut-ce, comme dit saint Paul , qu'en lui en témoignant notre reconnaissance. Loin de là, combien de fois nous avons joui de ces bienfaits sans penser à Dieu, uniquement pour nous satisfaire! C'est pour purifier le malade de ces fautes qu'on lui fait l'onction sur le

les narines.

Ensuite à la tant de péchés

bouche

, qui a été l'instrument de sensualité, intempérance dans le boire et le manger, violation du jeûne et de l'abstinence , jurements paroles grossières, , indécen:

tes, railleries

du prochain, médisances, calomnies, mensonges, paroles aigres, injurieuses, discours contre la Religion et ses ministres, murmures contre la Providence. Puis sur les mains, pour les laver du

usage qu'on en

mauvais

a fait,

par vols, badinages malhon-

nêtes, attouchements contre la modestie, travail les jours de dimanches et de fêtes. Il en est de môme des pieds lorsqu'ils se sont portés aux lieux qui étaient une occasion de péché, aux jeux publics, aux cabarets, aux danses , aux vogues ; et lorsque, sans nécessité, on a voyagé les saints jours. Outre qu'on s'en est servi

pour faire mal en mille occasions, combien de fois a-t-on négligé, refusé de s'en servir pour le bien que la le

religion et la gloire de Dieu, la justice 3u la charité

dues au prochain, nous prescrivent! Combien da 18.

,

SACREMENT pas négligé d'assister aux saints offices , d'aller à confesse, de visiter le Saint-Sacrement ou les malades, quand on le pouvait! G'esÇ pour purifier le malade de ces espèces de péchés, que le prêtre lui fait l'onction sur les pieds. Enfin, il en fait une au haut de la poitrine, pour demander à Dieu qu'il daigne pardonner au malade tous les mouvements déréglés auxquels il aurait eu le malheur de consentir et de prendre plaisir Jil2

fois n'a-t-on

pendant la vie. Pendant ces onctions, le malade doit s'offrira .Dieu en sacrifice pour la réparation de sa gloire, unir ses prières à celles du prêtre , et ranimer la douleur de ses péchés particulièrement de ceux qu'il a commis par les sens. Ainsi, quand on lui fait l'onction sur les yeux, Lidoit dire intérieurement Pardon, ô mon Dieu, pardon de tous tes péchés que j'ai commis par la vue. Et de même pour chacun des autres sens. Finissons. Par une concession de N. S. P. le Pape , nous donnons aux malades, après l'Extrême-Onction ,

:

l'indulgence plénière.

Comprenez

,

M. F.

,

la

gran-

deur de cette grâce. Par les sacrements de Pénitence et d'Extrôme-Onction, le malade reçoit, il est vrai, le pardon de tous ses péchés ; mais il lui reste à subir une peine temporelle en l'autre vie, si sa satisfaction en celle-ci n'est pas pleine et entière. Or, est bien disposé, cette indulgence plénière lis* appliquant la satisfaction infinie du Sauveur, avec celles de la sainte Vierge et des Saints, il reçoit la remise entière de cette peine temporelle ; en sorte que, s'il ne fait plus aucune faute jusqu'à son dernier soupir, il entrera sans délai dans le ciel. Quelle s'il

faveur, M. F,! quel bienfait

deur

le

malade

quelle ferveur

!

Avec quelle sainte ar-

doit désirer cette indulgence

il

doit la recevoir

I

avec

d'extrême-onction.

ûl

Après avoir reçu ce dernier gage de la

>

misera

corde divine, le malade a deux devoirs à remplir i doit remercier Dieu, et s'occuper plus que jamais de son salut et de l'éternité. Ah! M. F., si le malade considère combien est précieuse la grâce que Dieu vient de lui faire parle sacrement de l'Exti ême-Onction quelle ne sera pas sa reconnaissance! Et que ne doit-il pas à Jésus-Chris!, à qui il en a coûté, pour le lui procurer, des souffrances inouies,ragonie la plus douloureuse,

il

,

la

mort

la

plus cruelle

!

eu

la précaution de faire son testament en santé, il faut le faire alors, et le faire de manière qu'on ne blesse point sa conscience, et qu'on ne laisse après soi, s'il se peut, aucun embarras, aucune semence de division et de procès. Si l'on

n'a point

Pour cela, on

exactement conformer ses disil faut poulois. Enfin voir s'assurer qu'on ne laisse à ses enfants ou à ses héritiers, pas la moindre chose qui ne soit bien acdoit

positions à l'équité et aux

,

quise.

Le temporel

réglé, les

sacrements reçus,

le

ma-

lade ne doit plus s'occuper que de Dieu et de l'éter-

Eh! M. devant Dieu

F.,

nité.

;

sur

sur

le

le

point peut-être de paraître

point de

commencer

notre

une éternité de bonheur, ou une éternité de malheur, pouvons-nous, devons-nous nous océternité,

cuper d'autre chose? Les moments sont alors si précieux! pourrions-nous ne pas les employer à l'affaire l'affaire

uniquement importante, l'affaire unique, du salut? Oui, M. F., lorsque nous nous

trouverons dans cette circonstance décisive , oublions toutes les choses de ce monde qui vont nous échapper; détachons-en notre cœur; nous y avons assez, nous n'y avons peut-être que trop pensé peu-

SACREMENT UUi dant ia santé puisque nous avons tant oublié celles de l'éternité ; employons au moins le temps qui nous reste , et qui sera peut-être bien court , employons-le à penser à ce beau ciel pour lequel nous avons été créés, et où Dieu nous réserve une place. Tâchons de le mériter, du moins en finissant saintement notre vie. Cette pensée salutaire ne nuira point au rétablissement de notre santé. Au contraire, Dieu nous voyant dans de saintes dispositions, bénira les remèdes que nous prendrons il nous rétablira , si la prolongation de notre vie doit être utile à notre salut. Ce dégagement des choses de la terre , dans lequel nous tiendrons notre esprit et notre cœur, en nous délivrant de beaucoup d'inquiétudes qui n'accablent que trop un malade, ,

:

sera bien propre aussi à contribuera notre rétablissement. Disons maintenant un mot à ceux qui assistent

de PExtrême-Onction. Que doiDieu avec F Eglise de pardonner au malade les péchés quïl a eu le malheur de commettre et de lui donner une ibi vive, une espérance ferme, une charité ardente, à l'administration

vent-ils faire ? Se tenir à genoux, prier

,

une contrition sincère, une

parfaite soumission à

sa sainte volonté, et le rétablissement de sa santé, si

elle doit lui être salutaire.

ne faut donc pas assister à l'Extrême-Onction uniquement par curiosité comme font quelques personnes qui ne sont occupées pendant la cérémonie qu'à regarder ce qu'on fait qui ne font point •le prières ou, si elles en disent, c'est avec si peu de dévotion, qu'elles ne sont guère propres à attirer Il

,

;

,

grâces de Dieu sur le malade. Souvenons-nous, M. F., que jamais une personne n'a autant besoin de nos prières, que lorsqu'elle so

les

d'extrême-onction. /lî5 trouve dangereusement malade ; et que , comme nous nous conduirons envers les autres, Dieu per-

mettra que les autres, quand nous serons dans ce cas, se conduisent à notre égard. Intéressons-nous donc vivement pour le salut, pour le soulagement spirituel et corporel des malades et d'autres s'intéresseront de même pour nous , dans cette triste ;

extrémité.

Sur le point de mourir, un père, une mère, rassemble ses enfants, leur fait quelque leçon touchante, et leur donne sa bénédiction , à l'exemple des patriarches. Ainsi le vertueux Tobie sentant sa dernière heure arriver, fit approcher son fils et ,

ses petits-enfants; et les regardant avec tendresse

Mes enfants, leur

:

servez Dieu avec fidélité et cherchez à faire toujours ce qui sera agréable à «

dit-il,

,

Recommandez à vos enfants la pratique des bonnes œuvres, la charité pour les pauvres, la piété envers Dieu , et transmettez-leur ces vertus ses yeux.

comme un

héritage de famille.

»

Après quoi ce

bon père mourut en paix, plein de mérites

et d'an-

nées.

heureux, heureux celui qui, après avoir imité pendant sa vie un si beau modèle, lui ressemble encore à la mort! Dieu nous fasse cette grâce !

t&

h

EXHORTATION AUX ÉLÈVES

16

EXHORTATION AUX ÉLÈVES DU PETIT SÉMINAIRE DE SEMUR» Pour

la

consécration à

de

la sainte

Vierge

,

au jour

la Purification.

Sub tuum prœshlium confugimus , sancta Dei Genitrix. Nous avons recours à voire protection

,

ô sainte Mère de Dieu

!

C'est la prière que l'Eglise adresse à Marie au nom les fidèles , et c'est faction que vous venez

de tous

faire aujourd'hui,

jeunesse chrétienne, en vous de la sainte Vierge avec tout l'appareil et la solennité que mérite une si sainte cérémonie. Vous voici réunis pour attirer sur vous les secours d'une si puissante médiatrice. Jour de grâce et de salut, si vous savez pénétrer toute l'importance de la consécration que vous allez lui faire, et les suites avantageuses que vous devez en attendre. Réfléchissez-y donc, M. C. E., et vous verrez que rien ne doit davantage engager la mère de Dieu à vous protéger, que cet acte authentique de respect et de confiance ; et que rien ne doit plus vous engager vous-mêmes à lui être fidèles, que cet aveu solennel et cette profession ouverte «le vouloir vivre sous sa protection. Pour moi plus j'examine les circonstances de

mettant sous

la protection

,

cérémonie, plus je suis convaincu que rien n'est plus propre à engager Marie à vous être favorable, soit que je considère ceux qui vous inspirent une si sainte pensée > soit que je fasse attention à vous qui l'exécutez avec tant d'empressement, soit cette

,

que je lève

DU PETIT SÉMINAIRE DE SEMUR. les yeux sur ce lieu saint qui lui

417 est con-

sacré.

Qui sont ceux qui vous inspirent cette pensée ? Ce sont ces sages et zélés directeurs que notre respectable évoque a chargés de votre éducation. Destinés à vous rendre habiles dans les sciences humaines et plus encore dans la science du salut, pour perpétuer dans ce vaste diocèse le ministère de Jésus-Christ, et sauver les âmes qu'il a rachetées au prix de son Sang , ils connaissent toute l'importance d'un emploi si sublime et en même temps ils sentent tout le poids d'une entreprise si difficile, et l'impuissance de leurs forces. Ils peuvent bien prier, veiller, travailler sans relâche, vous insinuer à propos tout ce qu'une charité ardente peut leur inspirer; mais ils n'ont pas en main la " grâce du ciel. Or, îe zèle leur suggère aujourd'hui un expédient admirable pour suppléer à leur faiblesse. Ils savent que Marie est la dispensatrice des faveurs célestes ; que c'est par elle que Dieu verse sur les hommes les plus riches trésors de la grâce son pouvoir et sa bonté leur sont également connus. Ils remettent donc entre ses mains ceux que notre prélat a bien voulu confier aux leurs ; et par là n'en doutons pas, ils engagent cette divine Mère à vous protéger efficacement. Non, Vierge sainte, ce n'est point sur nos forces que nous comptons, c'est sur votre secours. Vous voulez que ces enfants aillent à votre divin Fils ; nous tâcherons de les y conduire, mais c'est à vous à les présenter. L'Eglise, inspirée du Saint-Esprit, vous met dans la bouche ces paroles si consolantes pour les fidèles Quiconque me trouvera, trouvera la vie étemelle, et recevra du Seigneur le salut. Ee ,

,

:

:

615 EXHORTATION AUX ÉLÈVES vain on cherche hors de moi la vie de la grâce et la vertu: ce n'est que par mon entremise que Ton doit l'attendre

:

In

me

ornnis spes vit ce et virtutls. Je-

yeux sur toutes les nations, sur tous les siècles passés, et voyez si quelqu'un peut se plaindre de m* avoir invoquée en vain Respicitenationes, fdii Mère de Dieu ï c'est sur des assurances hominum. si souvent réitérées dans les prières si expresses de l'Eglise que nous osons conduire aujourd'hui cette intéressante jeunesse au pied de votre trône. C'est à vous à faire en sorte qu'ils y trouvent la protection que vous nous faites espérer. Mais, M. C. E., si nous engageons Marie à employer sa puissance en votre faveur par l'aveu de notre faiblesse, rien n'est plus capable de réveiller sa tendresse et sa bonté envers vous , que l'aveu public que vous faites de la vôtre , et l'empressement que vous avez d'implorer la protection de cette tendre mère. Vous le voyez, Vierge sainte, ce ne sont pas des pécheurs qui aient vieilli dans les voies corrompues du siècle; c'est une jeunesse tez les

:

,

,

chrétienne, susceptible des impressions de la vertu, dans la fleur de cet âge que Dieu chérit particuliè-

rement. Ils trouvent de l'attrait et de la complaisance dans le service de Dieu; mais, environnés de pièges, assaillis par les ennemis du salut, ils se jettent dans le sein de leur mère, comme dans un asile assuré :Sub ambra alarum taaram protège me. Oui, M. E., jetez-vous avec confiance dans ce sein de la meilleure , de la plus puissante des mères. Elle vous regardera

comme

ses enfants chéris, elle

vous défendra comme ses fidèles serviteurs. Voici, dira-t-el!e, ceux qui me consolent des pertes que l'irréligion et le libertinage me font essuyer dans ce siècle pervers. Je saurai les reconnaître et les

£19 DU PETIT SEMINAIRE DE SEMUR. récompenser, et réunir dans leurs personnes les bienfaits que méritent leur dévoûment à ma gloire, leur fidélité à mon service Ecce ego et pueri mei, quos dédit ml kl Dominas. ïl me semble même que ce lieu saint suffit pour l'engager à s'intéresser pour vous. Son image que vous avez placée au-dessus de l'autel, dans l'endroit le plus apparent, n'est-elle pas un aveu solennel que c'est par elle que vous attendez les grâces du Seigneur? Là, tandis que la divine Victime est :

offerte à Dieu, Marie s'y trouve présente

comme elle

au Calvaire, pour répandre sur vous les fruits du sang de son Fils. Là, tandis que vous assistez au service divin, Marie s'y trouve pour présenter au Ciel vos prières peuvent-elles passer par des mains plus favorables? Là, tandis que vous vene& vous réconcilier avec Dieu et déplorer vos péchés aux pieds du prêtre Marie fait son devoir de médiatrice, et se met entre son Fils et vous :elle apaise sa colère, et vous inspire de meilleurs sentiments elle demande pour vous des grâces de conversion, elle arrête le bras de et vous presse d'y répondre la justice de Dieu et vous remplit de la crainte de ses jugements. Eh M. C. E. à qui croyons-nous être redevables de cette longue patience dont Dieu use à notre égard? Tout bon qu'il est, le croyonsnous si lent à punir? Ah! rendons grâces à Marie: c'est elle qui attire sur nous la miséricorde du Seigneur. Qu'il en coûterait à son Fils de prononcer en sa présence l'arrêt de votre réprobation ! JésusChrist sait que vos intérêts lui sont chers, c*en est assez pour suspendre sa colère. Seriez-vous assez ingrats pour le forcer à une telle extrémité? Oh! sans doute, il faudrait que sa Mère vous désavoua!, avant que l'indignatiQi) du Fils pût éclater. S'ouvel'était

:

,

;

;

,

!

,

&20 EXHORTATION AUX ÉLÈVES nez-vous, mon Fils lui dira-t-elle, que cette maison m'est consacrée. Je vous le demande par ce sein virginal qui a eu l'honneur de vous porter, ne me refusez pas le prix du Sang que je vous ai donné. Sauvez ceux que j'aime, et qu'ilne soitpas dit qu'un serviteur de Marie puisse périr. Heureux, M. E., si vous connaissez bien le trésor que vous possédez! Non, jeunesse chrétienne, je ne voudrais point d'autre remède pour guérir toutes les plaies de vos âmes. La passion la plus ardente viendrait s'éteindre à ses pieds son auguste présence serait capable de vous sanctifier, comme autrefois Jean-Baptiste. Ce jeune homme qui m'écoute sentirait une impression de grâce tout extraordinaire, goûterait une joie pure, un plaisir exquis de ,

;

se voir à l'abri du vice, commencerait à être touché des beautés de la vertu, prendrait un esprit Exulîavit infans in et un cœur tout nouveaux :

utero»

Vierge sainte, répandez sur cette jeunesse cette abondance de grâces. Qu'ils ressentent aujourd'hui

de votre protection; qu'ils jouissent de l'heureuse liberté des enfants de Dieu; qu'ils la recouvrent, s'ils l'ont perdue. S'il en est ici quelqu'un qui soit encore dans le malheureux état du péché, que les larmes de repentir et de joie coulent en même temps de ses yeux; qu'il reconnaisse qu'une puissante Reine préside en cette maison, et qu'il bénisse la main secourable qui aura rompu ses (ers. Vous le pouvez, ô Mère de Dieu! Ah! que cette

l'effet

fête

ne se passe point sans que vous

l'ayez fait re-

vivre à la grâce. C'est alors que votre gloire sera

pleine; que

le ciel

en joie vous

félicitera sur la

brebis égarée que vous aurez reconduite au bon

Pasteur; que vous-même, heureuse d'avoir sauvé

DU PETIT SÉMINAIRE DE SEMUR. 421 une âme, inviterez les esprits bienheureux à chanter avec vous ce cantique céleste Magnificat anima me a Dominum. Mais, M. E., il ne faut pas tellement vous iîatter :

de la protection de Marie, qu'elle vous fasse oublier ce que vous lui devez. Si la consécration solennelle que vous lui faites aujourd'hui de vos personnes l'engage à vous être favorable , elle ne vous oblige pas moins à lui être fidèles. N'oubliez donc jamais que, dès ce moment, vous contractez l'obligation de L'appeler à votre secours dans toutes vos tentations et dans tous vos besoins de lui rendre vos devoirs avec respect; de vous appliquer tous les jours de ;

son ardent amour le prochain, sa parfaite obéissance, son admirable modestie, sa constante fidélité à tous ses devoirs. Que ce jour mes amis soit pour vous tous un jour de salut. Edifiez-vous les uns les autres. Qu'il règne parmi vous une sainte émulation à qui sera plus fervent dans le service de Dieu plus exact à votre vie à imiter ses vertus

;

pour Dieu, sa tendre charité pour

,

,

,

la

règle, plus soumis à ses maîtres

,

plus appliqué

en un mot. Conservez cette l'ornement de la jeunesse, et sans laquelkfvous ne pourriez plaire ni à Dieu ni aux hommes. Suivez les bons exemples que vous avez devant les yeux ; fuyez les mauvais s'il s'en présente jamais. Montrez alors que vous avez du courage, et que rien n'e.^t capable de vous faire oublier la crainte du Seigneur retenez bien cet oracle, M. E. il est plus facile de se préserver du péché, que de s'en relever quand on y est tombé. Donnez à vos parents, à vos maîtres à votre évêque, à vos anges tutélaires à Marie , votre tendre mère, la conà l'étude

,

plus chrétien

pudeur modeste qui

,

fait

.

,

:

:

,

,

solation

quMs

attendent de vous. Imitez vos saints

,

EXHORTATION AUX ÉLÈVES, ETC. patrons François de Sales et Hugues , qui , à l'âge où vous êtes, furent les parfaits imitateurs du jeune Tobie dont il est dit, dans l'Ecriture, que, tout en622

fant qu'il était,

on ne

se ressentît de son âge

dans sa conduite qui que quand ses compagnons

vit rien ;

,

allaient adorer les idoles,

avait la force de se séparer d'eux, et seul allait au temple adorer le Dieu d'Israël. Par là, il mérita les bénédictions du ciel et par là aussi , M. C. E. , vous en attirerez sur vous il

toutes les grâces.

Vierge sainte tel est le vœu que nous formons pour cette intéressante jeunesse. Aidez-nous à l'accomplir Montrez toujours que vous êtes leur Mère: Monslra te esse Malrem* Et vous, mon Dieu, bénissez cette maison, qui est !

:

sous la protection de Marie ; remplissez-la de votre répandez votre grâce , et sur les maîtres, et sur les enfants ; car, avec cela, que ne pourrons-

esprit;

nous pas faire ? Donnez-nous un cœur de père pour eux, afin que nous puissions graver dans leur âme votre crainte et votre

cœur

d'enfant

,

amour;

et

donnez-leur

afin qu'ils suivent les conseils

un que

de leur salut nous suggère. Que , de retour dans leurs familles, la corruption du monde ne puisse jamais leur arracher les principes de religion et de vertu que nous nous efforçons de leur inspirer. Discernez parmi eux ceux que vous appelez au plus saint Aç tous les états. Que de celte maison sorte ua grand nombre de prêtres saints, de bons pasteurs qui édifient l'Eglise et conservent la foi dans notre le zèle

diocèse; qui y détruisent les vices, et y fassent régner Jésus-Christ et sa sainte Mère ; qui soient la couronne de ces édifiants Directeurs qui se dévoueai à

leur éducation.

Pour obtenir ces grâces, allons, mes chers Con-

t23

SUR LA CROIX. frères

allons

,

,

mes chers Enfants nous prosterner ,

aux pieds de Marie nous vouer à son service la pour notre Mère et notre modelé et renouveler en sa présence, nous, les promesses de notre ordination Dominas pars hœredllatls meœ; vous les vœux de votre baptême: Abrenuntio Satanœ , adhœreo ttbi, Christe. Les uns et les autres tous ensemble, allons nous mettre sous la protection de la Mère de Dieu Sub tuum prmldium confugimus > sancla Dei ,

,

choisir

,

,

:

,

:

GenïtriXj

etc.

FOUR LE VENDREDI-SAINT, ou l'invention de la croix.

Sur Mihi autan absit gloriari Christié

GaL,

la croix,

y nisi in crïtce

Domini

nostri Jesu

6.

Que les pécheurs et les mondains cherchent leur bonheur et leur gloire dans les honneurs, les biens, monde pour moi, les plaisirs et les folles joies de ce ;

cherM. F. , à l'exemple de l'apôtre S. Paul , je ne les dans que Jésus-Christ de , croix la dans cherai que glorifier, Jésus crucifié. Car en quoi pourrais-je me de Jésusô sainte croix! toute teinte encore du sang ma félicité Christ, si vous ne faisiez vous seule toute entre vos et toute ma gloire ? N'avez-vous pas porté réconsalut notre , notre Rédempteur , bras notre notre bonciliation , notre unique trésor , et tout heur ? N'êtes-vous pas le monument éternel de l'ad'un Dieu pour les hommes, une source

mour infini

inépuisable de miséricorde pour les pécheurs.

l'a-

SUR LA CROIX. assuré des malheureux, Tunique ressource de9 chrétiens , l'espoir et la plus douce consolation des élus ? Ah M. F. , ne cessons donc poiut de rendre à ce signe auguste de notre salut de nouvelles mar-

l&ll

sile

!

ques de notre respect , de notre piété et de notre en ce grand jour renouvelons nos sentiments , et > pour qu'ils soient vraiment chrétiens,

culte. Mais

attachons-nous particulièrement à trois différentes et qui font l'éloge le plus parfait de la croix. La croix, dit ce ^aint Docteur, est un autel sanglant où Jésus-Christ ^'immole et se sacrifie Ara sa r ficantis ; elle est

idées que nous fournit S. Bernard

,

;

:

une chaire sacrée cù Jésus-Christ nous enseigne et nous instruit: Cathedra doanlis; elle est un trône glorieux où Jésus-Christ règne sur les cœurs et ,

juge les nations: Thronusjudicantis; trois réflexions qui vont nous édifier aujourd'hui , et qui doivent

nous occuper toute

Levez

les

la vie.

yeux vers

regards. C'est



la croix

,

M. F. ., et fixez-y vos

cet autel sanglant



le Fils

du

Très-Haut s'immole pour vos péchés et se sacrifie pour votre amour. Et quel holocauste , quel sacrifice plus complet que celui de ce divin Sauveur ? C'est sur cette crcix qu'il se sacrifie tout entier

,

qu'il se

pour tout l'univers qu'il est lui-même le prêtre et la victime de son sacrifice. C'est là qu'il sacrifie tout ce qu'il aettoutee qu'il est ses biens, son honneur , sa chair et sa vie. Ah! pécheurs, comprenez de là ce que c'est que l'offense d'un Dieu, puisqu'il a fallu que tout ce qui avait servi au péché dans l'homme criminel servit à l'expiation du péché dans la victime innocente qui venait le sacrifie

,

:

,

détruire.

,

SUR LA CROIX. £25 Jésus-Christ sacrifie sur la croix ses biens, parle plus entier dépouillement. En effet, mes Frères, à est-il arrivé sur le Calvaire, que les soldats lui ôtent tous ses vêtements et le dépouillent de la ma-

peine

nière la plus humiliante. Quel spectacle plus digne d'horreur! on ôte la robe à celui qui revêt les lis de leur blancheur, qui orne les Heurs des

campagnes

de ces hautes qui nous charment! On ne craint pas d'exposer nu à des yeux impurs et barbares ce corps adorable, ce corps divin dont la pureté des anges n'approcha jamais. Cieux, ne vous abaisserez-vous pas ? Chérubins, n'étenclrez-vous pas vos ailes pour couvrir votre Créateur et votre Roi si ignominieu* sèment dépouillé ? Non, M. F. , non ; parce que c'est ainsi ù divin Jésus! que vous voulez nous apprendre à nous dépouiller d'esprit et de cœur de tous les biens , de toutes les vanités de ce monde; et que c'est pour nous mériter ce saint détachement , que vous voulez être privé et dépouillé de tout sur la croix. C'est ainsi, divin Sauveur, que vous voulez réparer la nudité humiliante où le péché nous a réduits ; que vous voulez expier notre vanité , notre luxe, toutes les immodesties des femmes et des filles peu chrétiennes parce que c'est ainsi qu'il nous est plus aisé de voir que tout votre corps n'était qu'une seule plaie et qu'il n'y avait rien en vous qui aa souffrit pour notre amour. Jésus-Christ sacrifie sur la croix son honneur par les plus indignes opprobres. Que vois-je, en effet sur le Calvaire et autour de Jésus crucifié? Ah j'aperçois , d'une part des bourreaux qui se jouent de lui; de l'autre, les Princes des Prêtres, avec les Scribes, qui en font l'objet de leurs railleries. Je vois ceux qui passent ne s'arrêter devant sa croix que pour le charger d'injures , et pour lui dire, en ,

;

,

!

,

,

SUR LA. CR)IX. 426 branlant la tête: Toi qui détruis le temple de Dieu et le rétablis en trois jours ; toi qui sauves les autres, ah ! que ne te sauves-tu toi-même? Je le vois , pour surcroît de malédiction et d'opprobre , mis au nom. bre des scélérats, et crucifié entre deux voleurs , dont l'un n'ouvre la bouche que pour le blasphémer.

souffrirez-vous toutes ces insultes Grand Dieu ne lancerez-vous pas vos foudres sur tous ces ï

et

impies qui insultent à la divinité de votre Fils , lui dont la majesté remplit tout le ciel , dont l'éclat éblouit les anges mêmes ? Non , M. F. et n'en soyez pas surpris. C'est pour expier notre orgueil qu'il se soumet à des humiliations si profondes. C'est pour ,

réparer l'injure que

péché a

au Très-Haut, et devenir la risée du peuple. C'est pour nous rendre précieux les mépris et les humiliations , qu'il a voulu porter luimême la confusion et l'opprobre éternel que nous avions mérités par nos péchés. Ce n'est pas encore le

faite

veut être rassasié d'opprobres

qu'il

,

assez.

croix sa chair par les vous tous qui passez ! vous dit-il par son Prophète , considérez et voyez s'il est douleur semblable à la mienne» Quelles douleurs, en effet, et qui peut les exprimer ? Est-il partie dans son corps sacré qui ne souffre ? Ce corps déjà tout couvert de plaies par une cruelle flagellation ; ce corps déjà épuisé de sang et de force par le fardeau d'une pesante croix, sous laquelle on l'avait vu souvent succomber ce corps desséché d'une soif brûlante, et presque sans vie, est étendu sur la croix par des bourreaux inhumains. On le tire on le disloque pour l'étendre sur ce lit de douleur. On ajoute de nouvelles plaies aux anciennes f en perçant ses pieds et ses mains avec de gros clous

Jésus-Christ sacrifie sur

la

plus cruelles douleurs.

;

,

SUR LA CROIX*

pour

attacher.

l'y

On élève la

croix, afin

que

le

£27 poids

de son corps augmente ses douleurs et ses plaies. enfonce la croix dans la terre , et chaque coup que l'on frappe est pour Jésus un nouveau martyre»

On

Dans ce

tous ses sens sont également triste état son goût, par le vinaigre et le fiel dont on l'abreuve ; son odorat , par l'infection des cadavres pourris déposés au Calvaire ; ses oreilles , par les paroles de malédiction et de blasphème qu'on vomit contre lui; ses yeux, par le spectacle le plus accaaffligés

,

:

blant et le plus

triste, Il voit, à la vérité,

près de

sa croix, Marie et son Disciple bien-aimé, plongés dans l'affliction la plus amère. Mais un spectacle si

touchant ne redouble-t-iJ pas ses douleurs et ses tourments ? et le même glaive qui perce le cœur de Marie ne perce-t-il pas en même temps le cœur de Jésus, son Fils? Que dis-je, son Père céleste, loin de tempérer son calice par quelques douceurs, n'en augmente-t-il pas l'amertume par la privation de toute consolation sensible, jusque-là qu'il ne peut s'empêcher de s'en plaindre avec amour Mon Dieu, mon Dieu! pourquoi m'avez-vous abandonné? Oh! qui pourrait entrer dans le Cœur de Jésus souffrant et mourant sur la croix, et voir ce qui s'y passe; dans quelle amertume ne verrait-il pas cette sainte àme plongée Voilà donc l'homme de douleurs. Approchez , pécheurs, pécheresses; approchez de la croix, venez et voyez les souffrances d'un Dieu voyez ce que vous lui avez coûté pour vous sauver. Enfin, il veut sacrifier sa vie même par la mort la plus san,

:

!

:

glante.

Hélas ! que vois-je mon divin Sauveur ? une triste pâleur couvre déjà votre visage vos yeux obscur,

:

cis se

ferment à

la

lumière

;

votre bouche est

mou-

SUR LA CROIX. &28 ran te, vos forces sont épuisées, une sueur froide et mortelle se répand par tout votre corps adorable ; votre précieux sang ne coule plus que lentement et goutte à goutte de vos plaies sacrées ; votre tête penchée ne se lève plus que par les derniers soupirs. Ah mon âme , Jésus se meurt , Jésus expire Jésus est mort. Il est mort , et ce sont mes péchés qui ,

!

Font

fait

mourir

!

oui, ce sont

mes péchés

qui l'ont

porté à s'immoler, à se sacrifier sur cette croix. Ah! mes yeux , pleurez et fondez en larmes ; mon cœur,

soyez déchiré de douleur ; et vous, mon âme, soyez noyée et abîmée dans une mer de tristesse. ciel o terre ! soyez les témoins de Fexcès de mon repentir, puisque vous l'avez été de mes crimes et de mon horrible déicide. Ah péché cruel, détestable péché, qui as immolé mon Sauveur et mon Dieu quel regret pour moi de t'avoir commis î serais-je encore assez malheureux pour te commettre et ne dois-je pas être disposé à souffrir plutôt mille morts, que de te commettre de nouveau ? La voilà donc , M. F. , cette Victime sanglante qui vient d'être immolée pour le salut de l'univers î Le voilà donc ce Prêtre adorable qui vient d'offrir au Très-Haut tout son sang, dont une seule goutte aurait suffi pour [laver tous les péchés du monde. Le voilà sur cette croix qui est devenue l'autel du monde, parce que c'est effectivement pour le salut du monde entier qu'il s'immole sur cette croix et qu'il se sacrifie! Ara sacrlficantls. C'est sur la croix encore que comme d'une chaire sacrée, il nous instruit !

î

,

,

,

:

Cathedra docenlls.

Chrétiens, arrêtons-nous au pied de cette croix, cette chaire auguste , ce livre tout divin où

Ce st ici

,

SUR LA CROIS* Z|20 ne tient qu'à vous d'apprendre toute la science des Saints. Toutes les actions de Jésus-Christ , dit S. Augustin, ont été autant de leçons édifiantes pour l'homme, autant d'expressions sensibles des divines vérités qu'il venait nous apprendre. Mais où est-ce que ce souverain Législateur ; où est-ce que ce Maître, ce Docteur de l'univers , nous a instruits d'une manière plus efficace et plus parfaite, que sur la croix ? Où nous a-t-il appris plus de vérités importantes, plus de mystères relevés , plus de sublimes vertus ? où nous les a-t-il appris d'une manière plus touchante et plus vive? Ah! Seigneur nous ne connaissions pas l'étendue de votre miséricorde, ni la grandeur de votre amour: mais pouvons-nous douter de la tendresse et de la bonté d'un Dieu , quand nous le voyons souffrant et mourant pour nous sur une croix ? Voilà, s'écrie saint Jean, jusqu'à quel point Dieu a aimé le monde, jusqu'à lui donner son Fils , jusqu'à le livrer à la mort, et à la mort de la croix, pour le salut des hommes Nous ne connaissions pas non plus, Seigneur, ni la sévérité de votre justice, ni la haine implacable que vous portez au péché. Non , mon Dieu , non les anges rebelles précipités dans l'abîme; Adam chassé il

,

!

,

honteusement du paradis terrestre et condamné à mort avec toute sa postérité ; le monde entier inondé par le déluge Sodome et Gomorrhe consumées par le feu du ciel Pharaon submergé avec son armée entière et englouti dans les eaux de la mer Rouge six cents mille Israélites exterminés dans le désert tous ces exemples si terribles de votre colère ne suffisaient pas pour nous convainla

;

;

;

:

cre parfaitement de la rigueur de votre justice et de

haine infinie que vous aviez pour le péché. Mais (niand nous voyons v otre Fils unique , l'objet de vos

la

SUR LA CROIX.

&30

complaisances éternelles, expirer sous les coups de votre plus terrible vengeance quand nous le voyons frappé meurtri, blessé pour nos iniquités et brisé pour nos crimes, ah nous comprenons aisément que vous êtes le Dieu juste le Dieu sévère, le Dieu vengeur, qui hait souverainement le péché, puisque vous n'avez point gardé de bornes ni de mesures dans les châtiments et les douleurs de votre propre Fils, qui ne portait cependant que l'apparence du péché. Nous comprenons et c'est ce qui nous jette l'effroi dans l'âme, que, puisque vous n'avez'pas ép argné le Saint des s aints,combien moins épargnerez-vous des pécheurs et des coupables tels que nous sommes Si in virldl llgno hœc faciunt in ;

,

!

,

,

:

.,

arido quidfiet?

Aveugles que nous étions ! nous ne connaissions pas non plus encore le prix de notre salut ; nous

comptions le salut pour rien, nous le négligions , nous l'exposions un vain intérêt, un faux honneur, un moment de plaisir infâme nous le faisait abandonner. Mais quand nous voyons un Dieu qui meurt au milieu des tourments les plus cruels pour nous le mériter; quand nous entendons un Dieu crucifié qui nous dit par la voix de son sang Approchez, pécheurs, approchez de ma croix ; aux dépens de ce que je souffre instruisez-vous du prix , de l'excellence et du mérite de votre âme; ah nous comprenons parfaitement qu'un bien qui a coûté la vie à un Dieu, et pour lequel un Homme-Dieu n'a point cru trop faire que de se sacrifier lui-même doit être d'un prix infini, et doit mériter désormais tous nos :

:

,

!

,

soins les plus vifs et les plus empressés.

Combien d'autres vérités importantes, M. F., n'apprenons-nous pas de la croix du Sauveur! N'est-ce pas au pied de cette sainte croix que l'âme

SUR LA CROIX. fidèle

comprend parfaitement

4SI toutes les vérités de

si incompréhensibles à la crucifiantes, si rebutantesàla

l'Evangile, ces Vérités

raison, ces vérités

si

nature? Oui, je comprends que bienheureux sont pauvres d'esprit, parce que, par leur détachement et leur pauvreté, ils se rendent conformes à Jésus-Christpauvre et dépouillé sur la croix. Je comprends que bienheureux sont ceux qui sont doux, parce qu'ils ressemblent à ce doux Agneau qui a souffert qu'on regorgeât, sans se plaindre; que bienheureux sont les pacifiques, parce qu'ils ontl'esles

Médiateur qui a pacifié par sa mort que bienheureux sont ceux qui souffrent pour la justice, parce que Jésus-Christ a été persécuté pour elle, et que notre bonheur et toute notre gloire consistent à lui ressembler. Ici, je comprends enfin la nécessité de se renoncer soimême, de faire pénitence et de porter sa croix pour entrer dans le ciel, parce que j'y vois le Maître des cieux, qui, malgré toutes les répugnances de la naprit de ce divin

le ciel et la terre;

ture, porte la sienne jusqu'au

sommet du Calvaire

;

qui veut y être attaché et y mourir pour entrer par là dans la gloire. Telles sont les importante vérités

queJésus-Christ m'apprend au piedde sa croix. répliquer à

un tel maître? qu'opposer

Que

à ses leçons?

et qui peut résister à l'impression de ses actions et

de ses souffrances ? Mais de quelles sublimes vertus ne me donne-t-il pas encore, sur cette croix, les leçons et les exemples! Ah! mon âme, jette encore les yeux sur cet adorable modèle qui t'est proposé sur la montagne, et pratique enfin les vertus dont il te donne l'exemple. Quelle humilité plus profonde que celle d'un Dieu qui veut être méprisé, baffoué, outragé, crucifié, traité,

non comme un homme, mais comme

SUR LA CHOIX.

&32

du peuple Quelle obéissance plus parfaite que celle du Fils unique de Dieu, égal en tout à son Père, grand, éternel, saint, toutpuissant comme lui, et qui cependant, pour lui obéir, se soumet à la mort, et à la mort de la croix! Quelle charité plus ravissante que celle de ce divin Sauveur, qui veut mourir pour les pécheurs , pour des coupables et des ingrats, et prier pour les bourreaux mêmes qui le crucifient! Quelle plus aimable douceur, que celle de ce divin Agneau qui ae rend point injure pour injure ni malédiction pour malédiction , et qui souffre en silence les ou-

un ver de

terre et le rebut

!

,

,

trages les plus cruels! Enfin, quelle plus ineffable

patience que celle qui éclate dans toute sa passion! Il souffre la perfidie de Judas, l'impiété d'Hérode,

de Pilote, la barbarie et la cruauté de tous les bourreaux, sans jamais rien laisser échapper de l'impatience de l'homme, quoiqu'il fût revêtu l'injustice

de sa faible nature. Ah! M.

F.

,

nous apprenons

tout dans Jésus-Christ, et dans Jésus-Christ crucifié. Ses paroles et son silence, ses actions et ses souffrances ; tout nous instruit également dans ce divin Jésus avec quel respect ne devons-nous donc pas nous approcher de votre croix! avec quelle attention ne devons-nous pas y divin Maître.

!

considérer, sur votre corps adorable , les plaies sacrées qui nous y parlent comme par autant de bouches, et qui nous instruisent de tout ce qu'il y a de plus important dans la religion ! Cette attention et ce respect doivent redoubler

encore

,

si

nous considérons

comme le trône ïantis*

glorieux



la il

croix de Jésus-Christ règne: Tlwonusjudi-

,

SUL LA CHOIX.

/i-o

Quel trône de gloire! une croix destinée aux suptel est cependant grand mystère de notre foi; et jamais royauté n'a paru avec tant d'éclat que celle de Jésus-Christ

plices des plus infâmes criminels

!

le

sur la croix! C'est sur la croix qu'il a régné; c'est parla vertu et les exemples de sa croix qu'il règne et qu'il régnera à jamais sur tout l'univers. Ah! Chrétiens , s'écrie S. Augustin , ne jugez point de la ,

gloire et de la royauté de votre Dieu par le triste ap-

pareil de ce Roi souffrant et mourant. Ce qui fait

le

puissance et l'autorité, c'est la gloire de ses victoires et de ses triomphes. Or, quels triomphes et quelles victoires égalèrent jamais la puissance et l'autorité de Jésus-Christ sur la croix? Les roi, c'est la

rois

du monde n'ont de puissance

sur les corps

:

et d'autorité

que

c'est sur les esprits et sur les cœurs»

que Jésus-Christ crucifié exerce son empire. Il attendrit les plus rebelles et en dispose à son gré. V sait faire servir à ses

ses

ennemis qui

sait se faire

desseins les dispositions de même le plus opposjs *i

y sont

reconnaître roi, malgré toutes

tradictions des Juifs. Cette inscription

les

que

con-

Pilate

parune inspiration secrète, fait mettre sur sa croix, ne nous apprend-elle pas que Jésus-Christ, malgré Pilate et tous les Juifs, veut être regardé

comme

le

du monde entier? C'est sur cette croix, en eiîet, qu'il décide en souverain du sort éternel de deux voleurs coupables des mêmes crimes qu'il justifie l'un et qu'il réprouve l'autre; qu'il sauve l'un par miséricorde, tandis qu'il abandonne l'autre par justice. C'est sur cette croix que, maître absolu des esprits et des cœurs les plus endurcis, il convertit le Centenier, les Juifs, tes soldats, ses bourreaux, TOUS vu. id roi

;

,

SUR LA

Û-3/4

CI\ÙIX*

et qu'il les remplit d'une si

amère douleur pour F atcommettre

tentat et le déicide qu'ils viennent de

du Calvaire en gémissant, en en criant à haute voix , qu'ils ont crucifié le Fils de Dieu. C'est sur cette croix enfin que meurt Jésus-Christ le maître souverain de toute la nature ; mais il faut qu'à sa mort le soleil s'éclipse tout-à-coup, que les ombres delà nuit couvrent la terre au milieu de la clarté du jour que les rochers se brisent , que les sépulcres s'ouvrent, que les morts ressuscitent, que le voile du temple se déchire. Il meurt; mais il faut que toute la nature pleure la mort de son Auteur. Ah M. F. où trouverez-vous un roi plus puissant que celui qui meurt ainsi quand il veut et comme il veut, et qui par sa mort trouble Tordre de la nature et bouleverse l'univers ? Divin Jésus puissant Roi du ciel et de la terre, c'est à vous seul que ces prodise

qu'ils

retirent

se frappant Ja poitrine

,

,

!

,

,

,

,

ges sont réservés.

Eh

!

quelles plus glorieuses victoires que celles

remporte sur

la croix ? N'est-ce pas là , dit saint Paul, qu'il détruit par sa mort celui qui avait l'empire même delà mort, et qu'il renverse sa puis-

qu'il

sance? N'est-ce pas par l'humilité de sa croix, qu'il confond l'orgueil de cet esprit infernal; par ses souffrances qu'il le désarme par son sang, qu'il nous délivre de sa cruelle tyrannie? N'est-ce pas par la croix enfin qu'il triomphe de toutes les puissances de l'enfer et du siècle? A ces traits, M. F. ne reconnaissez-vous pas le Roi du ciel et de la terre ? Oui, divin Sauveur je reconnais que malgré votre faiblesse apparente, vous êtes le Roi grand, le Roi fort, tout-puissant, et que votre force est dans vos mains: je dis dans vos mains percées, attachées, clouées sur la croix puisque c'est par elle que vous ;

,

,

,

,

,

sur la Croix. &33 triomphez de la chair, du monde et de l'enfer. G'est ainsi, M. F., que Jésus-Christ a glorieusement régné sur la croix ; et c'est encore par la vertu de la croix qu'il règne et qu'il régnera à jamais sur l'univers. En effet, la croix prêchée et reçue par toute la terre; la croix, autrefois un objet d'horreur, devenue malgré tous les efforts de l'enfer et de toutes les puissances du siècle , l'objet de notre suite et le sujet de notre gloire ; la croix arboréepartout commv le signe auguste du salut ; lacroix placée sur le front ,

des empereurs et des rois pour être

le

plus bel or-

nement de leur couronne mais plus que tout cela encore, la croix purifiant le monde, sanctifiant le monde, renouvelant le monde; la croix, d'une part, chassant le démon, ce fort armé, brisant les idoles, confondant Terreur et le mensonge; de l'autre, at;

,

tirant à Jésus-Christ, ainsi qu'il l'avait prédit à ses

Apôtres, tant de sectateurs de sa doctrine, tant d'imitateurs de ses vertus, tant de confesseurs de son saint nom, tant de glorieux martyrs, témoins irréprochables de sa Religion, tant de disciples zélés pour sa gloire; que dis-je ? tant de millions d'hom-

mes,

tant de

royaumes

et d'états

;

cette croix enfin

qui, selon l'Evangile, plus brillante que

le soleil,

doit être produite à la fin des siècles et au jour des

vengeances du Seigneur, comme le signe glorieux de tous ses triomphes, comme le monument éternel de ses miséricordes pour les élus, comme l'instrument redoutable de sa colère la plus terrible pour les réprouvés Tune pareblt signum Filll homlnls in cœlo ; oui, pécheurs, écoutez et tremblez : cette croix vous sera confrontée et celui qui ne s'y trouvera pas conforme portera le caractère et le sceau :

;

,

d'une réprobation éternelle. Ah tout cela, M. F., doit-il pas nous convaincre que Jésus-Christ, !

ne

19.

,

LA CROIX. élevé sur la croix comme sur un trône glorieux, est véritablement le Fils de Dieu , le vrai , le grand Roi, îe Souverain de l'univers , le Roi immortel de tous tioQ

les siècles ?

Après toutes ces réflexions, M. que vous rougissiez jamais de

F., à

Dieu ne plaise

la croix

!

elle doit

au contraire, toute votre gloire et tout votre bonheur? elle doit être à jamais le grand objet de votre foi et de votre amour. Ah! M. F. , venez donc faire

,

au pied de la croix comme à un autel sacré; et, puisque ce divin Sauveur s'y immole pour votre

amour, sacrifiez-vous-y mille pour sa gloire

:

fois

votre esprit, par la

foi

vous-mêmes ;

votre cœur,

par l'amour; votre corps et tous vos sens, paria pénitence et la mortification chrétienne. Venez au pied de la croix comme aune chaire auguste et respectable; et, puisque ce divin Maître daigne vous y enseigner et vous y instruire, écoutez ses divines leçons, et suivez avec docilité les saints exemples de vertus qu'il vous y donne. Venez au pied de la croix comme à un trône glorieux où il règne; et puisque c'est ici le trône de sa miséricorde plus que recueillez-y avec reconnais. sance tous les ctons , tous les secours et toutes les grâces que sa divine bonté vous y présente. Vênez-y pécheurs , c'est au pied de la croix que les Juifs endurcis et les bourreaux de Jésus-Christ se convertirent; c'est aussi au pied de la croix qu3 vous recevrez des grâces de pénitence et de conversion. Venez-y, âmes fidèles ; c'est au pied de la croix que le Disciple bien-aimé et Magdeleine s'attachèrent plus inviolablement à leur divin Maître; c'est aussi au pied de cette croix que vous recevrez des grâces de persévérance et de sanctification qui vous affermiront dans la pratique de vos devoirs, et qui vous

celui de sa justice

SIR LA CROIX. kol élèveront aux plus sublimes vertus. Venez-y, vous tous que ï'afîliction accable ; c'est au pied de la croix que les Saints ont nourri leur piété, et puisé clés forces contre toutes les tentations et les adversités

de la vie; et c'est aussi au pied de cette croix que vous recevrez des grâces de soutien et de consolation qui vous relèveront, qui vous remettront dans la tranquillité et la paix, qui vous adouciront les

douleurs les plus vives et les maux les plus cuisants de la vie. Enfin, venez-y, chrétiens , qui que vous soyez et soyez persuadés que vous y serez toujours secourus à propos et selon vos besoins. Venez-y tous les jours, et soyez assurés qu'après avoir été votre consolation dans cette vie, votre plus doux espoir à l'heure delà inovl, elle féru le sujet de votre triomphe et de voire gloire dans l'éternité bienheureuse que je vous souhaite, mes Frères, ,

FH

DXT

TOMK gEWl&MEi

QSS SULSLSLSL^SL2.$LSLS~^SLSLSLSUISISISLS12. SUUlSLSLZSLSlSLSULSUlSLa.SUl2JlSlSlSLSlSL%

TABLE DES INSTRUCTIONS CONTENUES

DANS CE SEPTIÈME VOLUME.

Le premier dimanche de V Avenu Sur l'Avent. pag.

Le second dimanche de l'Avent. Sur les sentiments de Jésus-Christ dans le sein de sa mère. Le troisième dimanche de l'Avent. Sur les antiennes O 9 et le péché mortel. Le quatrième dimanche de l'Avent. Sur la solennité de Noël. Le jour de Noël. Sur le mystère du jour. Le dimanche après NoeL Sur la reconnaissance envers Dieu. Le jour de l'An. Sur le saint Nom de Jésus. Le dimanche après la Circoncision. Sur les devoirs de tous les états. Le premier dimanche après l'Epiphanie. Sur l'éducation des enfants. Le second dimanche après l'Epiphanie. Sur les cérémonies du Mariage. Le troisième dimanche après l Epiphanie. Sur le saint Viatique. Dispositions.

1

13

20

32 &â 51

63 73 85

96 109

Le quatrième dimanche après l'Epiphanie. Sur le saint Viatique. Ses effets. Le cinquième dimanche après l'Epiphanie. Sur le support du prochain.

120 130

TABLE. 439 Le sixième dimanche cifràs l'Epiphanie. Sur la correction fraternelle. pag. 140 Sepluagésime. Examen sur le sacrement de Pénitence. 451 Sexagésime. Sur l'éternité et la parole de Dieu. 164

Quinquagésime. Sur

la nécessité

de

la

péni-

tence.

174

Le mercredi des Cendres. Sur Autre. Sur la cérémonie

la

mort.

du jour.

Le premier dimanche de Carême* Examen sur le premier commandement de Dieu.

A

vêpres.

Examen

sur le deuxième

201

comman-

dement de Dieu. Le second dimanche de Carême. Examen sur le troisième commandement de Dieu. A vêpretu Examen sur le quatrième commandement de Dieu. Le troisième dimanche de Carême. Examen sur le quatrième commandement de Dieu.

213 226 236

250

Suite.

A

187

196

sur le cinquième commandement de Dieu, et sur les péchés capi-

vêpres.

Examen

261

taux.

Le quatrième dimanche de Carême. Examen sur les sixième et neuvième commandements de Dieu. A vêpres. Examen sur les septième et dixième commandements de Dieu; Le dimanche de ta Passion. A ta messe. Sur la préparation au devoir pascal. A vêpres. Examen sur le huitième commandement de Dieu et sur les commandements de l'Eglise. Le dimanche des Rameaux. Sur les cérémonies de

la

Semaine-Sainte.

272 283

294

305 317

TAHLE. Le Vendredi-Saint. Sacrifice de Jésus-Christ pag. 329 sur la croix. Le saint jour de Pâques. Sur la résurrection spirituelle et la cause des rechutes. 339 Le premier dimanche après Pâques. Sur ia (iâO

fausse paix.

349

Le second dimanche après Pâques. Sur

la

pa360

tience.

Le troisième dimanche après Pâques. Sur

la

prière.

371

Le quatrième dimanche après Pâques. Sur le recours à Dieu clans nos besoins. Le cinquième dimanche après Pâques. Sur les Rogations.

381

390

Le jour de l'Ascension. Sur le mystère. Le dimanche après l'Ascension. Sur le sacrement d'Extrême-Onction.

llid.

Exhortation aux élèves du petit séminaire de Semur , pour ta consécration à la sainte Vierge , au jour de ta Purification.

41(j

U01

Le Vendredi-Saint, ou l'invention de la sainte croix.

Sur

FIN

la croix,

DE LA TàSlt DU

423

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SEPTIÈME.

La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance

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